CHAPITBB VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DBS HOPITAUX
Tapeur, il y a des chocs dans les tuyaux et des bruits incommodes ; il y a lieu de faire remarquer que d'habitude le chauffage n'est pas intermittent dans un hôpital ; d'ailleurs, en cas de cessation et de reprise, il faut agir comme on le fait dans les usines, ne pas donner tout d*abord la vapeur en plein, puis se servir des robinets souffleurs, des robinets de purge, disposés de côté et d'autre à Lariboisière; c'est aux agents à se conformer à cette règle de service.
2984. On a encore objecté que les chaudières à vapeur sont sujettes à explosion. Or ces chaudières sont toujours à grande distance des malades, et cet accident, qui devient de plus en plus rare, n'aurait que des conséquences restreintes. Les poêles à eau chaude à haute pression, tels qu'ils existent dans l'appareil Duvoir, sont un danger bien autrement redoutable; on sait, en effet, qu'ils peuvent faire explosion, et comme ils sont placés au milieu des salles de malades, la rupture d'un seul d'entre eux aurait des effets désastreux.
2985. Les poêles à eau à basse pression ne sauraient faire explosion ; si, par un défaut de construction, l'un d'eux venait à se déchirer, comme cela est arrivé, il n'y aurait qu'un écoulement d'eau à une température inférieure à celle de l'ébullition.
2986. Le général Morin, qui n'est pas favorable à l'emploi de la vapeur comme chauffage, ajoute un autre reproche aux précédents. i( Les chaudières sont, dit-il (Études sur la ventilation^ t. II, p. 69), placées dans l'intérieur des bâtiments et particulièrement dans les caves, ce qui est leur emplacement naturel dans les bâtiments habités qui ne sont pas des ateliers ; les maçonneries de voûte, les charpentes, etc., sont attaquées par Faction de la vapeur. C'est entre autres exemples ce qui est arrivé à l'hôpital Lariboisière. » On sait que les règlements de police défendent absolument de placer les chaudières à vapeur sous des voûtes ni dans des locaux habités dès qu'elles dépassent des proportions infimes. Aussi celles de Lariboisière qui présentaient i 00"* environ de surface de chauffe n'ontelles jamais été dans une cave voûtée. Il est toujours possible, surtout quand on construit un hôpital, un théâtre, etc., de trouver un emplacement en plein air pour les chaudières, comme on le voit à Paris à Lariboisière, à l'hospice des vieillards à Issy, au nouvel Hôtel-Dieu, à l'hôpital nouveau de Ménilmontant, à Vienne (Autriche) au grand Opéra, etc. Il y aurait lieu d'avoir des inquiétudes plus sérieuses au sujet des chaudières à eau et à haute pression du
chauffage à Teau chaude, lesquelles sont établies dans les caves de chaque pavillon à Lariboisière.
2987. On a dit encore que le ventilateur ne pousserait pas Tair jusqu'aux salles éloignées, et que, dans tous les cas, une portion notable de Tair se perdrait en route. La pratique des usines métallurgiques où Tair insufflé parcourt dans des tuyaux en tôle, comme ceux de Lariboisière, des trajets beaucoup plus considérables, sans aucune perte de ce genre, prouve la non-valeur de cette objection. L'installation de plusieurs ventilateurs, répartis en différents points, serait une disposition plus coûteuse et moins pratique que celle d'une seule machine ventilante.
2988. On avait aussi prétendu que, quand on ouvrirait les fenêtres, l'air, prenant pour sortir la voie la plus facile, s'échapperait en masse par cette ouverture nouvelle, ne passerait plus par les canaux d'évacuation et qu'une partie de l'air vicié qui a déjà commencé à monter dans les gatnes, en redescendrait pour pénétrer de nouveau dans les salles, au grand détriment des malades. Quand on ouvre une fenêtre, on augmente la somme des 'orifices de sortie ; la vitesse d'écoulement par la gaine diminue par conséquent, mais elle ne devient jamais nulle et ne change jamais de signe, comme l'indique le simple raisonnement et comme le prouve Texpérience. L'ouverture des fenêtres ne saurait modifier cet état de choses que dans le cas où, pendant l'hiver, on aurait réglé les registres des ventouses d'évacualion de manière à obtenir une dépression sensible ; elle annulerait alors évidemment l'effet de ce règlement, c'est-à-dire la dépression.
2989. La Commission des architectes de la ville, que le préfet de la Seine consulta, parmi les objections qu'elle fit au projet, donnait la suivante, dont elle faisait grand cas : en prenant l'air au clocher, le bruit des machines, celui des ventilateurs et celui des cloches se transmettraient dans les salles par les tuyaux qui conduisent l'air et y affecteraient péniblement les malades. L'expérience a également fait justice de ces erreurs ; dans la salle Saint-Augustin, qui est la plus proche des machines, on ne les entend ni de jour, ni de nuit. A plus forte raison plus loin, dans les autres salles, où les tuyaux de ventilation pourraient seuls transporter le bruit ; ce qui du reste n'était pas admissible.
2990. La faveur si peu fondée, dont jouissait vis-à-vis des administrations publiques, auprès desquelles l'opinion de certains savants l'appuyait obstinément, le procédé du chauffage par circulation de