CHAPITRE YI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX
Teau chaude avec ventilation par appel , a permis à ce dernier système une lutte prolongée qui a donné lieu à des mémoires, à des brochures remplies d'assertions aventurées ou fausses, qui ne méri^ tent pas d^étre réfutées.
2991. Frais d'installation et et entretien du chauffage et de la ventilation d Lariboisière. — Nous terminons Texposé des deux systèmes en usage dans cet hôpital par Texamen des frais de premier établissement et d'entretien qu'on attribue à l'un ou à l'autre système dans certaines publications.
On a cherché à établir un prix de revient comparatif du mètre cube d'air de ventilation obtenu dans le cas de Tappel ou de la pulsion, et peut-être n'a-t-on pas tenu compte d'une façon complète des différents éléments de cette comparaison.
Quant à la question du prix d'établissement il eût été nécessaire et équitable de remarquer que les deux systèmes avaient été établis dans des conditions bien différentes. En ce qui concerne l'appel, l'architecte de l'hôpital, dès avant 1848, comptait sur l'installation des appareils Duvoir, et les choses avaient été disposées en vue de la réaUsation de ce système, et l'application en devenait dès lors plus facile et moins coûteuse ; de plus Tentrepreneur des travaux, exercé à la pratique des appareils, avait intérêt, dans la situation particulière qui lui était faite, à réduire ses prix pour la construction et le service journalier. Il n*en était pas de même pour le système de la pulsion, dont on faisait une première application à l'hôpital Lariboisière et qui dut s'installer après coup, dans une construction déjà faite et qui n'était pas disposée à le recevoir. Il n'est pas douteux que des installations ultérieures faites, en profitant de l'expérience acquise, n'eussent été plus économiques, et, dans tous les cas, ce système n'eût pas eu à supporter les faux frais provenant de démolitions, de percements de murs, de raccordements, etc., si l'on avait disposé l'édifice en vue de son installation.
Il y avait donc, lorsqu'il s'agissait d'étabUr une comparaison définitive des deux systèmes, un aléa difficile à estimer peut-être, mais dont le système de l'appel devait nécessairement profiter.
2992. Quant au prix de revient du mètre cube de l'air de la ventilation, les chiffres qui ont été fournis paraissent devoir subir des . modifications considérables si l'on se reporte à ce qui se passe actuellement dans l'hôpital Lariboisière. Il ne faut pas oublier d'ailleurs que, lors des expériences faites, l'entretien, les frais de personnel, la fourniture de charbon, étaient pris à forfait, à tant par Jour, par
494 LIVRE XV. — CHAUFFAGE ET VEliflJ^ATION DES LIEUX HABITÉS.*
Tentrepreneur, tandis que du côté de la polsion, Tadministration fournissait le charbon à ses chauffeurs et que tee choses marchaient sans surveillance intéressée. Il y avait donc là des ^nditions complètement différentes, toutes au désavantage du système de Tappel ; on peut ajouter que des expériences comparatives ne peuveni donner de résultats légitimes qu'autant qu'on prend le même élément de mesure pour les dépenses de même ordre ; c^est ce qui n'arrive pas dans le cas de la comparaison que fait M. Morin des prix de dépenses d'entretien des deux systèmes, quand il prend pour base de son évaluation les dépenses qu'il suppose réellement faites quand il s'agit de la pulsion, tandis que dans le cas du système de l'appel il accepte, comme dépenses vraies et sans les contrôler autrement, le prix payé à l'entrepreneur pour l'entretien.
2993. Si l'on considère ce qui se passe depuis la cessation de l'abonnement Duvoir, on aura sans doute des conditions d'appré- .ciation plus comparables.
Actuellement le personnel qui était antérieurement employé uniquement à la pulsion fait aussi le service de l'appel, ce qui diminue la moitié des frais portés de ce chef par la pulsion, une autre diminution doit aussi être accordée à ce dernier à cause de la buanderie qui est considérable à Lariboisière. Eu égard aux consommations en combustible, il est un élément dont les expérimentateurs n'ont pas tenu compte dans l'examen des prix de revient ; ce n'est pas seulement la quantité du combustible qu'il importe de considérer, mais encore la qualité, car le dernier élément fait varier considérablement le prix du combustible employé. Or, dans les appareils Duvoir, on ne peut brûler et on ne brûle en effet que de la gaillettey tandis que sous la chaudière à vapeur de la pulsion, on ne brûle que du tout-venant de quahté fort ordinaire, comme dans les usines. Le charbon se payant en raison de sa valeur comme combustible, il y a un rapport marchand à peu près constant entre le prix de la gaillette et celui du tout-venant ordinaire, en charbons maigres, employés ordinairement à Paris ; ce rapport est de 1.55 à 1.
2994. D'après le général Morin (page 542, tome P'), le relevé des livres de la maison Duvoir avait fourni, comme consommation annuelle du côté de l'appel, 233740 kilogrammes de houille dont on ne spécifie pas la sorte ; il est intéressant de rappeler que l'abonnement de l'entrepreneur l'exonérait de toute ventilation de pur pendant l'été, c'est-à-dire pendant les cinq ou six mois pendant les-