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CHAPITRE VII. — APPAREILS D'ÉCONOMIE DOMESTIQUE

grandes dimensions, et que les surfaces de fonte ne sont pas recouvertes d'une forte épaisseur de brique, ce qui a lieu ordinairement, il y a une certaine quantité de chaleur perdue par la haute température que prennent les parois ; la surface supérieure, qui est presque toujours formée d'une seule plaque de fonte, casse souvent, par suite de l'inégalité de dilatation de ses différentes parties ; et ce qu'il y a de plus fâcheux, les gens de service se trouvent constamment soumis à une température très-élevée, qui altère leur santé, surtout quand les cuisines sont mal ventilées, ce qui a lieu le plus souvent. J'ai eu plusieurs fois l'occasion de reconnaître, dans les cuisines des lycées. de France, les inconvénients que je viens de signaler.

2128. Fourneaux des casernes, — Dans les anciens fourneaux, un seul foyer servait à chauffer deux marmites circulaires. La flamme frappait d'abord une plaque de fonte horizontale et l'air brûlé se divisait en deux courants, qui, après avoir chauffé chacun une marmite, se réunissaient ensuite pour circuler autour d'une chaudière à eau chaude. Par cette disposition, les marmites ne s'échauffaient pas également, et la plaque de fonte placée au-dessus du foyer se détériorait promptement. Ces inconvénients avaient fait donner la préférence aux fourneaux ne renfermant qu'une seule marmite d'une capacité double. En 1832, M. Choumara a introduit dans la forme des marmites et dans la construction du fourneau, des modiflcations ingénieuses qui ont produit une grande économie de combustible. Les chaudières sont au nombre de deux ou de quatre. Dans le premier cas, elles ont chacune pour section horizontale un demi-cercle, et elles sont réunies par leurs faces planes, mais de manière qu'il y ait entre elles une distance de 0'",05. Quand les chaudières sont au nombre de quatre, chacune a pour section un secteur égal à un quart de cercle, et elles sont groupées autour d'une ligne verticale, de manière que la section commune soit un cercle et que les faces planes des chaudières soient écartées les unes des autres à peu près de 0",05. Dans tous les cas, les chaudières se placent sur des croisillons en fer fixés dans le fourneau ; le foyer est au-dessous, et l'air brûlé circule autour du système avant de se rendre sous la chaudière à eau chaude et de là dans la cheminée.

Les marmites ont 0",40 de hauteur et une capacité de 72 litres, afin que, sans être complètement remplies, elles puissent servir à la préparation de 64 kilogrammes de soupe (viande et légumes compris), ration d'une compagnie de 64 hommes. Les fonds des chau-

dières sont chauffés par le foyer, et les faces latérales libres par le courant d'air brûlé.

Voici les résultats des expériences faites en 1829. A la caserne du Mont-Blanc, à Paris, dans un fourneau à deux chaudières on a consommé moyennement 8*,08 de bois par marmite, fournissant 64 kilogrammes de soupe. A la caserne de TAve-Maria, pour la même quantité de soupe, la consommation a été seulement de 4^,85 de bois, ou de2*,67 de houille. Avec les anciens appareils la consommation de houille s'élevait à 5 kilogrammes. Dans les fourneaux à quatre chaudières, établis à la caserne de rAve-Maria,la consommation de bois a été de 3^832, et celle de houille de 2^208.

Dans des expériences qui avaient pour objet de déterminer la quantité de chaleur utilisée, on a introduit dans les quatre chaudières d'un fourneau 224 litres d'eau à 14*' ; on les a vidées aussitôt que rébullition s'est manifestée : alors on a introduit le même volume d'eau froide qui a été chauffée à 38°, par la braise qui restait dans le foyer et par la chaleur de la maçonnerie. La quantité de chaleur absorbée par l'eau a été de 224 X (100— 14) -f 224 (38— 1 4) = 24040. On avait consommé 10 kilogrammes de bois, et par conséquent on avait produit dans le foyer 3000 x 1 0 = 30000 unités de chaleur ; ainsi l'effet utile a été de 24640 : 30000 = 0,82.

Dans une autre expérience, faite en employant 7 kilogrammes de houille et 3 kilogrammes de bois, on a chauffé à l'ébullition 224 kilogrammes d'eau, et le même volume d'eau de 1 1*» à 65^ L'effet utile a été de 224 (100 — 11) H- 224 (65 — 11) = 32032. Et comme la quantité de chaleur produite était 7 X 8000 -^ 3 X 3000 = 65000, il s'ensuit que l'effet utile a été seulement de 0,49. La houille employée était probablement de mauvaise qualité ou elle a été mal brûlée, car ce résultat est bien inférieur au premier.

En prenant d'autres nombres pour la puissance calorifique du bois et de la houille, le capitaine Choumara conclut que ses appareils à quatre marmites utilisent les deux tiers de la chaleur produite quand on emploie de la houille, elles trois quarts quand on brûle du bois; que dans les appareils à deux marmites, pour le bois et pour la houille, l'effet utile est seulement 0,6; et que l'économie annuelle qui résulterait de l'emploi de ses appareils dans toutes les casernes de France, s'élèverait à plus de 50000 francs.

La disposition des fourneaux de M. Choumara à deux chaudières en demi-cercle a seule subsisté, la disposition à quatre chaudières a

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