CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX
généralement admise par les médecins c' est qu'il y aurait avantage dans tous les cas à disséminer autant que possible les hôpitaux, à réduire autant que possible leur nombre de lits, à multiplier les secours à domicile et surtout à se préoccuper sérieusement de Tisolement des malades atteints d'affections épidémiques ou infectieuses. A cet égard, des résultats d'expériences importantes et longuement continuées ont été faites sur différents points et en particulier en ce qui concerne les tnaternités ; un travail important du docteur Stolz, de Saint-Pétersbourg, fournit les résultats obtenus dans cette ville.
3060. Depuis le 20 décembre 1868, on a ouvert successivement dans cette capitale des asiles d'accouchements dans les édifices publics des différents quartiers de la ville ; ces asiles contiennent trois lits et une chambre séparée pour le travail; ils sont réunis par des fils télégraphiques ; les femmes atteintes de maladies contagieuses n'y sont pas admises, elles sont dirigées sur un asile spécial. En cas de fièvre puerpérale, l'asile est fermé pendant quelque temps; les accouchées bien portantes sont transportées dans d'autres asiles; les malades restent dans Tasile ou sont transportées dans un hôpital où il n'y a pas de section pour les accouchées; l'asile, après que les malades l'ont quitté, est aéré et purifié pendant IS jours.
Voici les résultats obtenus par cette organisation :
Nombre
Nombre total
Nombre
Années
d'asiles exisUnt.
des accottcbées.
des mortes.
3 soit
On voit que la mortaUté diminue avec le chiffre moyen de personnes reçues dans chaque asile et tend à devenir égale à la mortalité en ville qui s'élève d'après le docteur Hugenberger à 6 ,66 p. 100 à Saint-Pétersbourg.
Voici, d'autre part, les résultats observés pendant la même période dans des maternités et des hôpitaux de Saint-Pétersbourg où l'agglomération des femmes en couches est notablement plus considérable.
PtfCLET. ui.
Nombre total Nombre des Nombre des dei lits dam une morles.
Hôpitaux. Période. aceouehées. même salle.
Kalinkowski \ 870-75 584 7 soit \ .2 Vo-
Mariinski 1872-75 1951 10 à 15 40 2.0
Institut des sages-femmes. i8H9-75 6046 30 à 40 155 2.6
Maternité 1870-75 12266 70 486 4.0
Nous n^avons pu résister au désir de citer ces chiffres dont on peut tirer une conclusion immédiate.
3061 . La théorie qui rattache la production des maladies infectieuses et épidémiques à des germes particuliers à chaque genre de maladie, et qui a pris dans ces derniers temps une grande valeur à la suite des travaux de M. Pasteur, donne un poids considérable à une considération à laquelle on ne s'est pas peut-être suffisamment arrêté jusqu'ici : Que deviennnent les miasmes des hôpitaux et les germes morbides lorsqu'ils ont été rejetés dans l'atmosphère avec l'air vicié de la ventilation des hôpitaux? Ces germes ne vont-ils pas servir de véhicule à des maladies qui vont se répandre avec eux sur les populations agglomérées autour des bâtiments hospitaliers ? C'est en vue d'éviter cette diffusion du danger que divers inventeurs ont cru devoir proposer des systèmes destinés à porter l'air vicié des hôpitaux à une température élevée avant de le rejeter dans l'atmosphère; par, cette opération, on détruit complètement les germes qui peuvent se trouver dans l'air ; M. Wœstyn a proposé de faire traverser à l'air vicié une colonne d'amiante chauffée par des rampes à gaz. A l'exposition d'hygiène et de sauvetage de Bruxelles en 4876, M. Moulin, mécanicien à Bruxelles, avait exposé un appareil partie en métal, partie en terre réfractaire et au moyen duquel l'air vicié serait porté à une température de 300^ Il n'est pas douteux qu'en principe l'emploi d'une température élevée soit un moyen efficace et le seul probablement qu'on connaisse pour arriver à la destruction des germes morbides ; mais les inventeurs n'ont certainement pas réfléchi à la dépense énorme qu'entraînerait l'emploi de leur système, du moins dans les conditions où ils veulent l'appliquer.
3062. En supposant un hôpital de 400 lits et une ventilation de 60 mètres cubes par lit et par heure, le nombre de calories à produire serait par heure égal à 400 X 60 X 1,3 x 0%24 x 300 = 2246400 calories, et comme un mètre cube de gaz fournit à peu près 5300 calories, cette production de chaleur suppose qu'on brûlerait 415 mètres cubes de gaz ; en le comptant seulement à