‹ Traité de la chaleurChapitre 29 sur 301 · CHAPITRE VII. — APPAREILS D'ÉCONOMIE DOHESTIOUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — APPAREILS D'ÉCONOMIE DOHESTIOUE

roulante, conclut au rejet en se fondant sur ce que ce système, employé à poste fixe, était de beaucoup inférieur à celui de M. Égrot comme emploi, et qu'il coûtait davantage.

M. Fraise-Peters réduisit ensuite son appareil à des dimensions moindres et l'appela fourgon- cuisine de beUaillon ; il est destiné au service de 600 hommes ; la voiture est alors très-mobile et peut passer partout où passe une voiture d'artillerie de campagne ; elle doit être attelée de quatre chevaux. M. Corhin établit que ce fourgon-cuisine ne peut servir ni à poste fixe parce qu'alors il ne serait pas économique,-ni en campagne parce qu'il accroîtrait d'un kilomètre environ la longueur d'un corps d'armée, et que d'autre part un éclat d'obus suffirait à enlever à un bataillon entier ses moyens de subsistance ; ce qui forcerait à conserver le matériel de cuisine individuelle pour parer à ces éventualités ; mais si l'on apportait à l'appareil des modifications de détail qu'il indique, M. Corbin croit qu'on pouri'ait l'employer utilement dans les marches à l'intérieur, dans les campements ou dans les cantonnements autour d'une place assiégée et principalement dans les ambulances à la suite de l'armée.

Je vais maintenant donner quelques détails sur plusieurs petits appareils destinés à préparer les aliments; au point de vue industriel, ils ne sont pas actuellement d'une grande importance, mais ils présentent de l'intérêt, soit par leurs dispositions ingénieuses, soit par les résultats économiques qu'ils ont produits : ils peuvent d'ailleurs conduire à des applications plus vastes dans d'autres industries.

2134. Fourneau potager d'Harel. — La figure 567 est une coupe verticale de la marmite ; la figure 568, une coupe du fourneau en supposant qu'on ait enlevé cette dernière ; OC, espace dans lequel circule

pace udiis it^^uu! circule la fumée avant de se f rendre dans la chemi- XJ

née D ; E, marmite en poterie, recouverte extérieurement et à la partie inférieure d'une feuille de tôle; F, casserole de fer-blanc qui repose sur les bords de la marmite par trois

Fig. 507.

Fig. sas.

52 LITRE Xn. — €HilUFFA<Se DES LIQUIDES.

oreilles; G, autre casf^erole qai se place sur la précédente ; H, vase cylindrique en fer-bianc à double enveloppe ; il reoferme nn diaphragme I au tiers de sa hauteur, et on le ferme par un couveiY^le K ; ce seau repose sur ks bords supérieurs de la marmite et emlH*asse les casseroles F et G ; lorsqu'il est retourné, il n'en embrasse qu'une seule. Yoid de qoeUe manière on emploie Fappareil que nous venons de décrire. Après avoir mis la viande et Teau dans la marmite, on allume le feu dans le fourneau, et on fait écumar ; on remplit ensuite le fowtieau de charbon ; on met dans les casse* rôles F et G les ragoûts qu'on doit préparer^ et dans la partie supéneure «du vase enveloppant, des pommes de terre ou d'autres légumes et de l'eau ; on ferme les portes du foyer et du cendrier, et on abandonne lappareil à luinnéiDe; af»rès quatre beures, le pot au feu, tes ragoûts et les légumes sont cuits. M. Harel a imaiginé une foule d'autres petits ustensiles de ménage fort ingénieux et très-économiques. 2135. M. Harel a introduit dans les fourneaux potagers une amélioration très-importante et qm devrait êitt généralement adoptée. On sait que ces fourneaux sont toujours diauffés au charbon de bois, et que les gaz qui proviennent de la combusition se dégagent autour des Yases placés s«r le (omieaii, et se répandent néoessairement

dans les cuisines, quand les

r^T ^ 7™' potagers ne sont pas pla-

i / ces ^ous <Bi manteau de

V»»»»^f cheminée . Mais, même dans

Ft^. 569. Fig.bio, ^^ ^^s, il OH cst encorc

ainsi, parce qne les cheminées étant très-grandes^ et les appels extérienrs linsuflisants, il se forme toujours dans la cheminée deux courants opposés, et celui qui est dirigé de haut en bas amène dans li^ pièce une partie des gaz provenant de la combustion. M. Harel est parvenu à éviter cet inconvénient, en fermant les portes des cendriers et en faisant communiquer cSiaque fourneau par un orifice latéral {fig. 569 et 510) avec une cheminée en tôle ; par cette disposition, l'air qui alimente la combustion arrive sur le combustible par la partie supérieure du fourneau, et les produits de la combnstion s'échappent par Torifice latéral.

1136. Calé facteur de Lemare. — Cet appareO est représenté en coupe verticale {fig. 571). Il est composé d'un vase cyhndrique ÀfiCD, soudé à un autre semblable k'B'CD' concentrique, qui l'envelojqïe de toute part. An fond du vase à double enveloppe se trouve une ouver-

CDAPITBE Tn. — APPAREK^ D'ËCfWOHIl BOMESTIQUE:. 53

Inre E, fermée par un registre m. L'espace compris entre les deux enveloppes a trois ouvertures : l'une, située à la .partie supérieure, est destinée à inlrodoire l'ena que cette capacité doit contenir; une aatre, située à la partie inférieure, est ^roie d'uB robinet ; enSo la dernière est destinée à faire écouler la vapeur par un tuyau qo'on y adapte, lorsque l'on couvre Tappareil d'nne enveloppe ouatée, ou qttand on utilise la vapenr. Le vsse dont nous venons de parler et qui fonne le corps du fourneau, reçoit à la partie supérieure un vase concentrique M, d'un diamètre plus petit de 0-,00!^, d'nne moindre hauteur, et soutenu par des rebords qui s'appuient sur ceux du vase enveloppant. L'espace qui se trouve libre au-dessous d« vase M forme le foyer ; on y place un disque en i tôle à rebords, dontle fond percé d'un ' ...

grand nombre de trous est soutenu par

trois petits pàeds à (r,006du fond du vase double. N est un vase de ferblanc fermépar un couvercle de même métal et qu'on phice sm-le premier. Pourse servir de cet appareil, on commence par mettre l'eau et la viande dans le vase M, on allume le feu, et on met ce vase en place, demanièreque ses bords ne s'appliquent pas exactement sur ceux de l'enveloppe, afin que l'air brillé puisse se dégager; pour cela on a ménagé sur les rebords du vase trois petites saillies qui le maintiennent soulevé quand ils ne sont pas en regard de Irms petites entailles correspondantes pratiquées sur les bords de l'enveloppe. Aussitôt que l'ébullition se manifeste, on écume ; alors on tourne la marmite de manière que les saillies dont nous avons parlé entrent dans les échancrures des bords du vase ; on place le vase N qui doit contenir les légiraies ; on ferme le registre m, et on couvre l'appareil de l'enveloppe ouatée PQ. Après six heures, la viande et les légumes sont cuits. On peut remplacer le vase M par deux autres demi-circulaires de même hauteur, dont l'un sert pour le pot au feu, l'autre pour faire un bœuf à la mode ou d'autres mets analogues. Pour faire des rdlis, on remplace le vase M par un four de campagne, et on met le vase M dans un autre, placé à côté, où il est chauffé par )a vapeur qui s'échappe. Dans cet appareil, la chaleur nécessaire est produite par une faible combustion, alimentée par une petite quantité d'atr qui passe à travers les fissures du r^istre m, et qui s'échappe par

les orifices très-étroits qui restent autour des rebords de la marmite M.

Cet appareil est très-économique, car il utilise presque toute la chaleur développée par le combustible. Dans une expérience faite par M. Thenard, on a versé 13'',5 d'eau à 22" dans le vase extérieur, et 15'', 5 à la même température dans le vase intérieur. En S'^jSO on a brûlé 918 grammes de charbon. Le vase intérieur ne renfermait plus que I3^fi9 d'eau, et le vase extérieur 9, par conséquent on avait vaporisé 6'',31 d'eau. L'effet utile a donc été de 6,31 X 537 = 3388, plus 29 X 78 = 2262, ou 5650 unités; et les 918 grammes de charbon brûlé ont développé 0,918 X 7000 = 6426 unités; ainsi l'appareil utilise 5650 : 6426 = 0,88 de la chaleur produite. Pour un pot-au-feu de 3 kilogrammes de viande et de 4'',5 d'eau, on consomme 280 grammes de charbon.

Le caléfacteur de Lemare est très-économique et il n'exige aucun soin ; mais il est sujet à des accidents, car ce n'est que par des tâtonnements qu'on parvient à régler la combustion pendant la cuisson.

2137. En 1820, Lemare avait livré au commerce un grand nombre d'appareils de ménage sous le nom d'autoclaves^ destinés à cuire les viandes à une tempérdiure élevée, et par conséquent sous une grande pression. Ces appareils étaient des marmites en cuivre, dont l'orifice rétréci et elliptique était fermé par un couvercle ovale dont les axes avaient de plus grands diamètres que ceux de l'orifice ; la pression de la vapeur pressait le couvercle contre les bords, et la fermeture était d'autant plus étanche que la pression était plus forte. Les autoclaves étaient garnis d'une soupape de sûreté. Au moyen de ces appareils, on préparait un pot-au-feu dans un temps très-court; cet avantage les répandit promptement, mais plusieurs accidents fâcheux les firent abandonner.

2138. Appareil culinaire de Sorel. — La figure 572 représente une coupe de l'appareil réduit à sa plus grande simplicité. Il se compose d'un vase enveloppant formé de deux cylindres concentriques dont l'intervalle est rempli de charbon menu ; d'un vase B à double paroi verticale, garni extérieurement de petits appendices, qui s'appuient sur la surface de l'enveloppe A; il est fermé par un autre vase C garni d'un couvercle. Les vases B et C renferment les liquides qui doivent être échauffés, l'espace D de Teau. Ce vase annulaire communique avec un cylindre vertical E, dans lequel se trouve un flotteur F, qui agit par l'intermédiaire d'une chaine sur le registre

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