CHAPITRE VII. — • APPAREILS D'ÉCONOMIE DOMESTIQUE
M. Renou, de Rouen, avait à TExposition un appareil composé de plusieurs brûloirs disposés à la méthode ordinaire, mais de grandes dimensions, et mis en mouvement par une petite machine, dont la vapeur était produite par la chaleur de Tair brûlé qui avait chauffé les cylindres ; l'axe de rotation était creux, et renfermait un thermomètre qui permettait d'opérer la torréfaction à une température à peu près constante.
2146. Le torréfacteur à cacao, de M. Devinck {Bulletin de la Société d encouragement y tome XLIX), se compose d'un foyer à large grille, qui rayonne sur une plaque de tôle forte, percée de trous, placée à une certaine distance, et qui a pour effet de distribuer uniformément la chaleur ; au-dessus de cette plaque se trouve l'appareil de torréfaction, formé de deux cylindres de tôle concentriques, soumis à un mouvement de rotation continu ; le cacao est placé dans le cylindre intérieur ; l'air brûlé parcourt la surface du cylindre extérieur ; l'axe de rotation est creux et peut recevoir une sonde, qui permet de reconnaître à chaque instant l'état de l'opération ; un thermomètre, qui communique avec l'espace qui environne les cylindres, en donne la température.
Je pense que, pour la torréfaction des graines sur une grande échelle, il y aurait avantage à employer le mode ^'opération imaginé par M. Rolland pour la torréfaction du tabac à fumer.
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2147. J'ai dit (302 bis), à l'occasion de la chaleur développée par les différents combustibles, qu'un kilogramme de gaz d'éclairage produisait par sa combustion 10269 calories, et qu'au prix de 0 fr. 30 le mètre cube, le prix de revient de 1000 calories était de 0 fr. 056, tandis que celui de 1000 calories obtenues par la combustion du charbon de bois était, à Paris, de Ofr.,0286. La différence peut se trouver certainement compensée par les pertes de chaleur qui ont lieu pendant l'allumage du charbon et lors de l'extinction du foyer, pertes qui n'existent pas quand on emploie le gaz comme combustible, parce que l'allumage et l'extinction ont lieu instantanément. Il est important de remarquer que les charbons de Paris et tous ceux de même nature, dont l'usage est maintenant très-répandu, coûtent à peu près autant que le charbon de bois. Au prix de 4 francs rbectolitre comble de charbon de 22 kilogrammes, les 100 kilogrammes reviendraient à 18 fr. 18 ; le charbon de Paris, à 0,20 de
cendres, revient à 16 francs. En retranchant 0,14 de cendres pour Fassimiler au charbon de bois, le prix s'élèverait à 18 fr. 61. Le grand obstacle qu'on rencontra dans l'établissement du chauffage au gaz, appliqué à la préparation des aliments, a consisté dans les frais d'installation et dans la crainte des explosions qui peuvent résulter d'une négligence dans la fermeture des robinets, ou des fuites dans les tuyaux de conduite. Actuellement, ce mode de chauffage tend à se répandre beaucoup.
2148. Les appareils de chauffage au gaz sont tous fondés sur le même principe : à savoir, brûler le gaz mélangé à une quantité d'air au moins égale à celle qui est nécessaire à la combustion complète de façon à éviter ainsi un dépôt de noir de fumée sur les surfaces des appareils chauffés et l'odeur désagréable résultant de la combustion incomplète, en même temps qu'on obtient la meilleure utilisation possible du combustible. Une des dispositions primitivement employées a consisté à faire arriver le gaz par un tuyau vertical dans une enceinte fermée à la partie supérieure par une toile métallique. Le gaz, en s'épanouissant sous la toile, se mêle avec de l'air extérieur, et, quand on l'enQamme au-dessus, il produit un grand nombre de petites flammes courtes, peu lumineuses. On arrive, en employant ainsi un excès d'air, à répartir la flamme sur une plus grande surface, et à produire une combustion complète. Si on se servait de becs ordinaires, la flamme s'éteindrait au contact des surfaces froides des vases à chauffer ; il en résulterait une dépense plus grande, et en même temps un dépôt de noir de fumée sur les vases, ce qui serait encore un inconvénient.
On pourrait penser qu'avec cet appareil il est facile de faire varier la quantité de chaleur dégagée dans un temps donné, et qu'il suffit pour cela d'ouvrir plus ou moins le robinet du tuyau qui amène le gaz : il n'en est pas tout à fait ainsi. Si on ferme un peu ce robinet, les flammes deviennent plus courtes, et le moindre courant d'air suffit pour les éteindre ; si on l'ouvre davantage, la flamme s'allonge et vient s'éteindre contre les surfaces froides, et on a les inconvénients que nous avons signalés plus haut. Afin d'obtenir la variation d'intensité du foyer, indispensable dans l'économie domestique, on a imaginé plusieurs appareils, et la figure 575 représente la disposition adopté par MM. Thauvin et Georgi.
2149. L'appareil se compose de 3 cylindres concentriques mm, nn, pp, fermés par le haut par une toile métallique tt qui est recouverte par une plaque de fonte, a jour, portant des saillies destinées