CHAPITRE II. — FOURS A. CHAUX
SOUS le rapport économique aussi bien que sous celui de la facilita du travail, les foura à couches alteroalives bien conduits sont prérërables.
2(93. Tout ce que je viens de dire suppose que le calcaire employé produit des chaux grasses, dont on se sert, généralement pour les mortiers ordinaires et pour l'agriculture. Mais quand les pieires à chaux ou les mélanges artiCciels sont de nature à produire des chaux hydrauliques ou des ciments, il y a dans la cuisson des conditions particulières à remplir, qui exigent des dispositions spéciales dans les Tours, que la nature de cet ouvrage ne me permet pas d'examiner. Je dirai seulement que si la température que doit supporter la matière devait être inférieure à celle qui est nécessaire pour la combustion, on parviendrait facilement à reH>plir cette condition, en employant des foyers au delà desquels on introduirait de l'air extérieur de manière à abaisser la température de l'air brûlé.
2194. On a utilisé, pour produire la chaux, les gaz des hauts fourneaux, recueillis éteints au gueulard, et on en a obtenu dans ce cas une bien plus grande production en les appliquant à des fours coulants qu'en se servant de la
flamme au gueulard. Lefourà chaux est établi sur le sol de l'usine et les gaz lui sont donnés vers le tiers de sa hauteur par un certain nombre de Jets répartis sur sa circonférence. En contre-bas de ces foyers, la chaux cuitedescend dans une capacité d'où on la retire de temps à autre ; l'air qui s'échauffe en passant sur elle sert k l'alimentation des foyers h gaz.
La conversion préalable des combustibles en gaz, pro- pj, ^gg.
posée en France pour les
chauffages industriels en 1841, s'applique également à cette fabrication.
2195. MM. Leroy-Desclosages et L. Yigreux, tous deux anciens élèves de l'École centrale, ont utilisé, au moyen de dispositions qui leur sont particulières, la transformation préalable du combustible
PicuT. ui. 3
Hi LIVRE XIII. — CHAUFFAGE DBS CORPS SOLIDES.
on gai pour la cuisson de la chaux ; leur four est établi à Champignv-sur-Mame. C'est un ancien four coulant ordinaire qu'on a motlilîV pour Tusage nouveau auquel il devait servir; il est représenté tig. 580. Les gaz, obtenus au moyen du coke dans un gazogène orilinaiiv, arrivent dans une galerie circulaire A qui règne autour de la chomise du four. Cette galerie est surmontée d'un nombre de ooutpartiments B isolés les uns des autres dans lesquels Tarrivée des gax est réglée par des registres horizontaux C. De chaque comparlimont, un ou plusieurs orifices rectangulaires verticaux 0 distribuent 00 gnz dans Tintérieur du four, où il brûle au sein de la pierre à oniro vers le tiers de la hauteur du four.
Le chargement et le déchargement du four se font à la manière ordinaire iTair nécessaire à la combustion du gaz entre par la fournaise (ouverture de défournement) et monte dans Tintérieur du four on traversant la chaux cuite qu'il refroidit.
Les gaz fournis par le gazogène avaient la composition suivante en volume:
Oxyde de carbone 28,50
Oxygène 0,50
Acide carbonique 2,50
Azote (par différence) 68,50
Les analyses ont été faites au moyen de l'appareil Orsat, muni de trois cloches, ce qui permet de doser directement l'oxyde de carbone sans avoir recours aux tables de M. Fichet; on employait, pour absorber ce gaz, le sous-chlorure de cuivre dissous dans l'acide chlorhydrique; l'absorption dans ce réactif est instantanée ; les analyses ont été faites par M. Lorin^ préparateur de chimie à TÉcole centrale.
Les analyses faites sur les gaz sortant du gueulard du four n'ont fourni aucune trace d'oxyde de carbone.
La pression du gaz dans le gazogène, en airière du combustible, est mesurée au moyen d'un manomètre à eau, à branche très-inclinée du système de Péclet ; cette pression varie d'un demi à 1 millimètre d'eau. Quand le chaufournier, en consultant ce manomètre, s'aperçoit que la pression est nulle, il ringarde un peu la grille du gazogène.
. Dans la galerie circulaire A et dans le cône de combustion du four, la pression du gaz varie de 0,2 à 0,4 de millimètre.