CHAPITRE VI
Chauffage des corps solides à des températures élevées et utilisation des chaleurs perdues.
2222. Dans certaines industries, et principalement dans la métallurgie, il faut chauflTer des corps solides à des températures trèsélevées. Les fours à puddler, à réchauffer et les hauts fourneaux remplissent ce but. Dans tous ces appareils, on n'utilise qu'une faible partie de la chaleur que produit le combustible, soit que les gaz s'échappent à une haute température, comme dans les fours à puddler et à réchauffer^ soit que, par la nature même des foyers, le combustible ne cède pour l'opération principale que la portion de chaleur résultant de la formation de l'oxyde de carbone, comme dans les hauts fourneaux. Nous allons d'abord résumer les moyens de produire des températures très-élevées, et ensuite passer en revue les appareils imaginés pour l'utilisation des chaleurs perdues.
2223. Moyens de produire une température très-élevée. — La température obtenue par la combustion augmente très- rapidement à mesure que le volume d'air qui échappe à la combustion est plus faible, parce qu'alors la chaleur' produite, qui est toujours la même, se répartit dans une plus petite masse et par suite lui donne une température plus élevée ; mais, comme nous l'avons vu (n"" 282 et suivants), la dissociation réduit considérablement la température qu'on peut obtenir et cela dans une proportion d'autant plus grande que cette température est elle-même plus élevée. Quoi qu'il en soit, les plus hautes températures qu'on puisse obtenir par la combustion dans l'air seront obtenues quand l'air brûlé ne contiendra pas d'oxygène ; dans ce cas la température produite s'approche de 2000'' pour les houilles et le coke; avec l'hydrogène on n'obtiendrait guère plusdelSOO\
2224. La transformation du combustible en gaz dans les gazogènes et leur échauffement préalable ainsi que celui de l'air de la combustion au moyen du régénérateur Siemens et autres ( 1 91 8 et suivants) ont permis d'obtenir des températures plus élevées que les précédentes : en effet, d'après M. Bunsen, les conditions de la dissociation restent à peu près les mêmes pour des températures comprises entre 1200 et 2400* pour l'eau (290) et entre 1146" et 2471* pour l'acide carbonique (291) ; il semble donc résulter delà qu'avec un échauffement