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CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE A DbS TEMPÉRATURES ÉLEVÉES, ETC

adoptées, et par conséquent il n'y a pas lieu de supposer la combustion plus complète, mais peut-élre, au contraire, est-elle moindre, ce qui rendrait la température de combustion moindre aussi.

Quoi qu'il en soit, 2500' dans le cas de Thydrogène ; 4000' à 5000 dans le cas du carbone, telles sont les températures qui pourraient être obtenues par la combustion dans l'oxygène pur.

2229. Si, au lieu de se servir d'oxygène pur, on employait un mélange d'oxygène et d'azote plus riche du premier gaz que ne l'est Tair atmosphérique, les températures obtenues seraient intermédiaires entre celles des n'' 290 et suivants et celles que nous venons de calculer, et se rapprocheraient d'autant plus de ces dernières que l'air employé serait plus riche en oxygène ; dans tous les cas un calcul fort simple permettrait d'obtenir cette température.

2230. On pourrait se procurer non de l'oxygène pur, mais de lairplus riche en oxygène que l'air atmosphérique, par une simple

action mécanique. En elTet, l'eau dissout ^^ de son volume d'oxygène, et ^ de son volume d'azote, ces gaz étant mesurés sous des

pressions égales à celles de ces deux gaz dans l'atmosphère qui pèse sur l'eau, quelle que soit d'ailleurs la force élastique totale de cette atmosphère. Il résulte de là que le volume d'air renfermé dans l'eau à la température ordinaire est composé de 0,32 d'oxygène et de 0,68 d'azote. Supposons maintenant qu'on comprime de l'air dans de l'eau sous une pression de 2 atmosphères, qu'on fasse passer cette eau sous un gazomètre, qu'on recueille l'air qui se dégagera, on obtiendra de l'air qui renfermera 0,32 d*oxygène. Mais le travail mécanique consommé serait très-considérable, à cause de la masse d'eau sur laquelle il faudrait opérer. En faisant le calcul du prix de revient de 1"' d'air, on trouve qu'il serait au moins équivalent au prix de &" de houille ; ainsi cette méthode est loin d'être industrielle. Cependant, si l'on pouvait disposer d'un courant d'eau sur lequel on établirait une large cloche de tôle dans laquelle une pompe aspirante maintiendrait un vide de 1 à 2"", l'air extrait de l'eau, qui se renouvellerait constamment, reviendrait à un prix beaucoup moins élevé. Cette disposition mériterait d'être étudiée dans le cas où il serait important d'obtenir des températures supérieures à 3000'' ; le combustible devrait être un gaz très-riche en carbone brûlé dans un des foyers décrits précédemment (835) ; mais ici encore oii se trouverait probablement arrêté par le prix de revient élevé de l'oxygène.

2231 . Le procédé chimique qui était autrefois le plus économique

pour obtenir de l'oxygène consistait à calciner du peroxyde de manganèse dans un cylindre de fonte chauffé au rouge ; 1 kilogramme de cette matière fournit à peu près 80 litres d'oxygène ; ainsi i mètre d'oxygène exigerait !2'',50 de peroxyde de manganèse, qui coûteraient 6 fr. 25 c. , somme à laquelle il faudrait ajouter le prix du combustible consommé et celui de la main-d'œuvre.

2232. Dans les laboratoires, on emploie plus fréquemment le chlorate de potasse ; mais, comme le précédent, ce procédé est coûteux ; c'est donc dans une autre voie qu'on a cherché à trouver une préparation économique de l'oxygène.

2233. L'origine et le point de départ des procédés employés se trouvent dans la célèbre expérience de Lavoisierpar laquelle il établit la composition de l'air. On sait qu'il absorbait d'abord l'oxygène de l'air en chauffant celui-ci au contact du mercure ; l'oxyde de mercure formé , étant ensuite chauffé plus fortement, fournissait l'oxygène . M. Boussingault proposa plus récemment l'emploi de la baryte ; son procédé consiste à faire passer sur ce corps chauffé au rouge sombre un courant d'air qui lui cède son oxygène ; le bioxyde de baryum ainsi formé, étant ensuite chauffé au rouge vif, laisse dégager l'oxygène qu'il avait absorbé et se trouve ramené à l'état de baryte qui peut subir à nouveau pour les mêmes actions. MM. Sainte-Claire Deville et Debray proposèrent ensuite de décomposer l'acide sulfurique qui résulte, comme on le sait, de la combinaison dans les chambres de plomb de l'acide sulfureux et de l'oxygène de l'air. L'acide arrivait goutte à goutte dans une cornue en grès rempUe de fragment^y de briques et de rognures de platineet chauffée au rouge-blanc. Le mélange de gaz, acide sulfureux et oxygène, résultant de la décomposition était soumis à l'action de l'eau ou d'une base, potasse ou chaux, pour absorber l'acide sulfureux. M. Mallet, ancien élève de l'École centrale, employa le sous-chlorure de cuivre qui absorbe l'oxygène à la température ordinaire et le rend à une température peu élevée. Le procédé de MM. Sainte-Claire Deville et Debray, coûteux et complexe, était d'ailleurs subordonné à l'emploi de l'acide sulfureux ou des sulfites obtenus comme résidus, et il ne fut jamais considéré comme pouvant devenir sérieusement industriel. Dans le procédé de M. Boussingault et dans celui de M. Mallet, le véhicule qui emprunte l'oxygène à l'air pour le rendre ensuite, baryte ou sous-chlorure de cuivre, doit être successivement porté à des températures différentes ; il en résulte des manipulations coûteuses, des pertes de temps, de matière et de chaleur. De plus, au bout dun certain

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