CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE A DES TEMPÉRATURES ÉLEVÉES, ETC
D'ailleurs, comme les cheminées doivent toujours avoir un excès de puissance due à un excès de section, une plus grande ouverture du registre compense la perte de tirage, pourvu que les moyens employés pour le refroidissement ou l'utilisation ne causent pas une trop grande résistance.
2238. Mais quand on a remploi de toute la chaleur perdue, et qu'on peut disposer d'une action mécanique, il y a bien plus d'avantage à produire l'appel de l'air dans le foyer par une machine, que de conserver à Tair brûlé une température assez élevée pour effectuer le tirage, surtout quand l'action mécanique peut provenir d'un moteur à vapeur ou à eau, car le travail des hommes et des animaux n'est pas assez régulier, et d'ailleurs revient à un prix beaucoup plus élevé.
2239. Il y a même des circonstances dans lesquelles un tirage mécanique, ou uhe introduction forcée de l'air dans le foyer évite de graves inconvénients ; je citerai comme exemple les verreries. Dans les fours où l'on fond le verre, il n'y a point réellement de cheminée ; le tirage résulte de la forcée ascensionnelle de l'air chaud dans la hauteur du four, et ce faible tirage est souvent influencé par les vents. D'après des renseignements qui m'ont été donnés par M. de Fontenay, ancien élève de l'École centrale, ingénieur chimiste, la fonte dans un four à verre, dont la halle était placée dans une vallée étroite, ne marchait que par certains vents ; mais, en établissant à côté des cendriers un ventilateur à force centrifuge mis en mouvement par un homme, il rendit le travail indépendant du vent. Le ventilateur fonctionne seulement pendant la fonte, qui dure quatorze heures ; deux ouvriers, qui se relayent d'heure en heure, suffisent pour effectuer une combustion de près de 200 kilogrammes de bois par heure. Les creusets ont 1 mètre de hauteur sur 0",30 de largeur, et les grilles sont en terre cuite.
2240. La révivification du noir animal, dans les fabriques et raffineries de sucre, s'exécute quelquefois dans des cyhndres de fonte que l'on chauffe progressivement jusqu'au rouge obscur. On conçoit facilement que ces cylindres pourraient être portés sur deux rails parallèles entre eux, perpendiculaires à la direction des barreaux de la grille, qui se prolongeraient dans l'espèce de four qui se trouve à côté du foyer, et qui seraient un peu inclinés vers lui ; les cylindres arriveraient progressivement vers le foyer au-dessus duquel Topération se terminerait. L'air brûlé reviendrait au-dessus de la voûte du four, sous des plaques de tôle, pour dessécher le noir animal
<|ui aurait d'abord été étendu sur la surface. Celte disposition a été essayée et a donné d'assez bons résultats. La figure 583 représenle une coupe verticale de l'appareil par le milieu du foyer.
2241. Mais on emploie ordinairement des dispositions toutes différente''s; ce sont généralement des fours coulants dans lesquels sont installées des batteries de tubes verticaux ou inclinés qu'on charge par le haut et qu'on décharge par le bas. Généralement ces tubes sont en fonte; dans certains cas les appareils sont cependant complètement céramiques; des registres qu'on fait fonctionner à des moments donnés permettent de faire écouler tout ou partie de la charge, rouge ou partiellement refroidie dans des étouffoirs ; nous l'envoyons aux ouvrages spéciaux pour la description de ces divers appareils.
2242. Indépendamment de la perte de chaleur provenant de la haute température h laquelle l'air brûlé est abandonné dans la plupart des appareils de chauffage, il existe dans quelques-uns, comme nous l'avons déjà dit, une cause de perte beaucoup plus considérable encore, qui provient de ce que les gaz qui se dégagent renfer^ ment une proportion notable de gaz combustibles. C'est ce qui arrive pour les fours à coke, pour les hauts fourneaux et quelques autres appareils métallurgiques à foyers soufflés, dans lesquels le combustible se transforme presque uniquement en oxyde de carbone.
Fiy. &8a. Pour utiliser la chaleur perdue, il
faut effectuer la combustion des gaz avant de les faire passer dans les appareils qui doivent en absorber la chaleur.
2243. Nous avons déjà, en parlant des fours à coke, indiqué un moyen d'utiliser leurs chaleurs perdues ; nous avons également vu que le premier emploi de la flamme des hauts fourneaux avait été fait en 1812, par M. Âubertot, pour la cuisson de la chaux et des briques, et qu'elle fut beaucoup plus tard appliquée au chauffage des appareils à air chaud, deschaudières,àlacarbonisationdes bois, etc. Nous avons ensuite décrit les appareils servant à recueillir avant