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CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE A DES TEMPÉRATURES ÉLEVÉES, ETC. l

leur inflammation et à nettoyer les gaz développés dans ces fourneaux, ainsi que divers foyers pour les brûler; nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit à ce sujet ; mais, comme les hauts fourneaux offrent un intérêt tout particulier, nous ajouterons quelques indications sur le travail du fer obtenu au moyen de leurs gaz et sur remploi des gaz en général.

2244. En juin 1841, MM. Laurens et Thomas, conjointement avec MM. d'Andelarre et de Lisa, maîtres de forges à Tréveray, communiquèrent à l'Académie des sciences les résultats qu'ils obtenaient d une manière régulière dans la fabrication du fer, par la combustion des gaz des hauts fourneaux. Cette application manufacturière était venue à la suite de plusieurs années de recherches et d'études de MM. Laurens et Thomas, sur les divers éléments qui entrent dans la constitution du système du travail du fer par les gaz combustibles.

Au mois d'août suivant, M. Faber-Dufaur fit lire à l'Académie des sciences une note dans laquelle il annonçait qu'il était lui-même parvenu, dans l'usine allemande de Wasseralfingen, depuis plusieurs années, à fabriquer du fer par les gaz des hauts fourneaux ; mais que tous ses essais avaient été tenus secrets par ordre de l'adminis- Iralion.

On voit que les essais relatifs au chauffage des fours employés au travail du fer par les gaz qui se dégagent des hauts fourneaux ont été tentés simultanément en France et en Allemagne. Mais la priorité scientifique appartient aux métallurgistes français qui ont fait connaître les premiers leurs procédés. La priorité légale de cette importante amélioration dans l'industrie métallurgique leur fut acquise également par des brevets antérieurs à ce qui avait été exécuté en Allemagne.

Du reste, les principes et les appareils employés en France sont très-sensiblement difTérents et ils me paraissent bien supérieurs a ceux dont on s'est servi en Allemagne.

2245. D'abord le recueillement des gaz ne doit être opéré qu'au gueulard des hauts fourneaux, quel que soit d'ailleurs l'usage de ces gaz qu'on ait en vue ; car il est bien évident qu'on ne gagne rien à le faire beaucoup au-dessous, l'excès de matières combustibles que renferment alors les gaz devant nécessairement être compensé par un accroissement de consommation du charbon dans le haut-fourneau. D'ailleurs une prise des gaz, sensiblement en contre-bas du gueulard, change l'allure du fourneau ; car, si l'on prenait tous les gaz, tout se passerait comme si le fourneau se terminait au niveau

de la prise. Enfin on doit chercher à utiliser la totalité des gaz produits et non simplement une fraction de ceux-ci.

Le mode de recueillement des gaz décrit, étant basé sur les principes que nous venons de poser, devait produire de meilleurs ré- ' sultats que celui d'abord employé à Wasseralfingen : c'est, en effet, ce qui eut lieu dans la pratique.

Un nettoyage attentif des gaz, d'après les expériences faites aux forges de Tréveray, est une précaution fort utile ; car les matières entratnées nuisent au soudage dû fer et en altèrent souvent la qualité. G'est le système de nettoyage décrit qui a été employé pour le travail du fer.

2246. Les appareils de combustion, qui furent appliqués en France dans la même circonstance, sont bien plus complets que ceux qui ont éié essayés par M. Faber-Dufaur ; Tair et les gaz y sont plus divisés, de sorte qu'on obtient une combustion parfaite alors même qu'on réduit le volume d'air introduit à la proportion théorique exactement nécessaire à la combustion ; enfin les gaz, ainsi que l'air de la combustion, étaient portés à une très-haute température dans des cornues réfractaires avant leur arrivée au foyer ; ces diverses circonstances exercent de l'influence sur le degré de température obtenue et sur sa constance.

2247. C'est également en France que fut effectuée pratiquement la conversion préalable des combustibles solides en gaz, au moyen des gazogènes de MM. Laurens et Thomas et sa première application au puddlage et au réchauffage du fer ; nous avons dit antérieurement quelles circonstances empêchèrent alors le procédé de se répandre, quoiqu'il eût réussi.

Depuis quelques années, les idées se sont reportées sur le travail du fer au gaz. Les applications en ont été jusqu'ici peu nombreuses et faites seulement pour des cas particuliers, tels que les fours pour la fabrication de l'acier, la refonte des déchets d'acier et quelques réchauffages spéciaux. Le travail au gaz ne prendra sans doute de l'extension que quand le mode encombrant et irrégulier de génération du gaz, qui est actuellement employé, aura été modifié et ramené probablement au gazogène originel.

2248. Le puddlage au gaz des hauts fourneaux, quoiqu'il eût été complètement résolu au point de vue technique, a été abandonné, notamment pour ce motif que la possibilité de son application ne se présente que rarement. En effet, pour un travail réguher, il convient de ne pas recourir au gaz d'un seul haut fourneau ; nos fourneaux au

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