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CHAPITRE IV. — REFROIDISSEMENT DES CORPS, ETC

rempile dans des bâtiments construits au-dessous du sol. On prend peu de précautions pour transporter la glace aux Indes occidentales, voyage qui dure de dix à quinze jours. Le fond de la cale du navire et ses parois sont tapissés d'une couche de tan de 4 pouces d'épaisseur. La glace, après y avoir été placée, est couverte d'un lit très- épais de foin ; puis on ferme hermétiquement les écoutilles, et on ne les rouvre qu'au moment du déchargement. Pour transporter la glace aux Indes orientales, à Calcutta ou à Madras, il est nécessaire d'employer d'autres moyens afin de la conserver, pendant un trajet qui dure ordinairement cinq à six mois. Le récipient de glace, isolé de toute part, s'étend depuis l'écoutille d'avant jusqu'à récoutille d'arrière, sur une longueur de 50 pieds ; il est construit de la manière suivante : on dispose à fond de cale un plancher composé de planches d'un pouce d'épaisseur, sur lequel on répand un lit de tan ; on recouvre cette couche d'un autre plancher, et on construit de même les autres parois du récipient, qui doivent être entièrement isolées des parois du navire ; on isole de même la pompe et le grand mât. Les cubes de glace sont rangés l'un à côté de l'autre, le plus près possible, afin de laisser le moins d'espace entre eux ef de former une masse solide du poids de 180 tonneaux environ. On recouvre cette* masse d'un pied d'épaisseur de foin, qu'on comprime fortement, et le tout est mis à Tabri du contact de l'air par une couverture en planches. Entre cette couverture et le pont, on tasse fortement un lit de tan. Une espèce de flotteur, dont la tige passe à travers un tube gradué, s'appuie sur la surface de la glace et indique la dépression qu'elle éprouve par la fusion. La perte sur la quantité indiquée, 180 tonneaux, a été évaluée à 5S tonneaux dans le trajet de Boston à Calcutta {Mechanies Magazine j 1836).

2311. En 1838, une patente fut prise en Amérique par Tudor pour la conservation de la glace pendant son transport en mer ; le procédé consiste à remplir de sciure de bois les vides laissés entre les morceaux de glace ; ce procédé est celui qu'on suit actuellement, sans autre disposition spéciale du navire ; on dépose une couche de sciure entre la paroi du vaisseau et la glace, et on remplit de sciure les interstices que laisse la glace au chargement.

L'exportation de la glace d'Amérique sur l'Europe a presque complètement cessé ; cela tient à ce que la glace arrive plus facilement et plus rapidement de Norwége aux ports de France et d'Angleterre.

2312. Production artificiel le du froid, — Dans les pays chauds et

dans ceux où les hivers sont peu réguliers ou peu froids, la glace naturelle revient à un prix très-élevé et on a cherché des procédés qui permissent soit d'en obtenir directement, soit de produire les effets qu'on peut en attendre, soit même de produire des refroidissements spéciaux pour lesquels la glace eût été d'un emploi peu avantageux. On peut ramener tous les moyens employés à trois catégories : 1* remploi des mélanges frigorifiques ; 2"* l'emploi de la vaporisation d'un liquide ; 3"" la détente d'un gaz comprimé.

Congélation de l'eau par les mélanges frigori/iqiœs. — Dans tous ces mélanges, l'abaissement de température provient de la liquéfaction d'un ou de plusieurs des corps mis en contact. Les effets produits par un certain nombre de ces mélanges ont été indiqués dans les notes placées à la fin du premier volume.

2313. En 1845, M. de Yilleneuve a présenté à l'Académie des sciences un appareil destiné à la congélation de Teau par un mélange frigorifique, et sur lequel il a été fait un rapport favorable. Le mélange frigorifique employé était formé d'acide chlorhydrique et de sulfate de soude cristallisé. L'appareil se composait d'un premier vase en fer-blanc, légèrement conique, renfermant Teau qui devait être congelée ; ce vase portait un pivot à sa partie inférieure, et une manivelle au-dessus du couvercle ; il était garni latéralement d'appendices en fer étamé. Un autre vase, également en fer-blanc, mais à double enveloppe, contenait le mélange frigorifique ; l'intervalle était rempli d'un corps mauvais conducteur. Ce dernier vase était percé à la partie inférieure d'une ouverture garnie d'une soupape conique, portant une crapaudine ; cette soupape pouvait être soulevée au moyen d'un levier. La partie supérieure de la double enveloppe était rétrécie de manière à toucher le cylindre intérieur et à lui servir de guide dans le mouvement de rotation qu'on lui imprimait à l'aide de la manivelle ; au-dessous de cet appareil se trouvait un récipient, également en fer-blanc, dans lequel tombait le mélange qui avait produit son effet ; il était percé de plusieurs ouvertures par lesquelles on introduisait des bouteilles à rafraîchir. Pour se servir de cet appareil, on remplit d'eau le vase mobile, et on introduit dans le vase enveloppant l'',500 de sulfate de soude cristallisé, et 1^,200 d'acide chlorhydrique ; on tom'ne vivement la manivelle, et, après 5 à 6 minutes d'agitation, on fait écouler le mélange dans le récipient inférieur ; on le remplace par le même poids des mêmes matières, et, après 10 à 12 minutes d'agitation, on renouvelle le mélange, et, enfin, une troisième fois,

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