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CHAPITRE IV. — REFROIDISSEMENT DES CORPS, ETC

verse TT. Le mouvement de rotation se donne au moyen d'une manivelle M, du volant V, de Tarbre H reposant sur les deux montants P , P' , et d'une série d'engrenages E, F, I, K. Il y a ordinairement deux sorbetières mises en mouvement par la même manivelle ; mais chacune d'elles est pourvue d'un embrayage N, manœuvré par un levier à contre-poids L, comme l'indique la figure. Au moyen de cet appareil, en faisant faire à la sorbetière 30O tours par minute, on produit de 4 à S kilogr. de glace en 5 minutes, avec le travail d'un seul homme.

2321. Refroidissement par la vaporisation d*ien liqinde. — On sait que les liquides volatils en s'évaporant déterminent un abaissement de température d'autant plus notable que leur volatilité est plus grande ; les corps mis en contact avec le liquide devront se refroidir comme lui, et on pourra obtenir ainsi soit de la glace, soit un refroidissement spécial.

On peut séparer tous les appareils destinés à obtenir ce résultat en deux groupes principaux : Le premier comprend tous les appareils fondés sur le principe de l'expérience de Leslie, et dans lesquels on trouve un liquide volatil renfermé dans une capacité où on fait le vide et en communication avec laquelle se trouve un récipient contenant une substance qui absorbe les vapeurs du liquide, de façon à maintenir le vide et par suite la rapidité de révaporation. On pourrait employer l'eau comme liquide volatil et le chlorure de calcium comme absorbant. L'appareil se composerait de deux cylindres en fonte, placés verticalement, communiquant entre eux par leurs parties supérieures, environnés de matières non conductrices, renfermant, l'un de l'eau, l'autre du chlorure de calcium, et communiquant avec une puissante machine pneumatique. Lorsque le vide aurait été fait dans les deux cylindres, une évaporation rapide s'établirait, par suite de l'absorption de la vapeur par le chlorure de calcium, et refroidirait promptement Teau au-dessous de 0*. Pour que l'évaporation se fît plus rapidement, il faudrait que l'eau, dans l'un des vases, fût constamment rejetée en pluie, et que le chlorure de calcium fût distribué sur des cloisons, de manière à présenter beaucoup de surface à la vapeur. Si les corps environnants ne restituaient pas de chaleur à l'eau, en la supposant primitivement à lO"*, la congélation de 1 kilogramme d'eau exigerait l'émission de 10 + 79 = 89 unités de chaleur, et, par conséquent, l'évaporation de 89 : 540 = 0'',155 d'eau ; mais comme il y aurait toujours de la chaleur fournie par les corps environnants, et surtout par le vase de condensation, la quantité de vapeur à fournir serait beau-

coup plus considérable. La dépense de travail pour produire et maintenir le vide serait peu importante, ainsi que la dépense de combustible pour la calcination du chlorure de calcium. Le degré de perfection qu'on a obtenu dans les appareils à cuire dans le vide, ne permet pas de douter qu'on arriverait très-facilement à maintenir le vide pendant le temps nécessaire à la congélation. Mais, de ces considérations générales à Texécution, il y a encore loin, et des essais sur une assez grande échelle seraient indispensables, non-seulement pour s'assurer qu'on ne rencontrera pas des difficultés imprévues, mais encore pour étudier les détails dç construction et pour déterminer approximativement le prix de revient de la glace obtenue.

Depuis l'époque où Péclet écrivait ces lignes, un assez grand nombre d'appareils ont été établis d'après ces principes, et un certain nombre d'entre eux prennent place parmi ceux qui fournissent actuellement les résultats les plus avantageux.

2322. M. Carré aîné prit, le 24 août 1859, un brevet pour la production du froid au moyen d'appareils divers qui se rapportent à ce principe. Les appareils de M. Carré, construits et perfectionnés par MM. Mignon et Rouart, peuvent être comptés parmi ceux qui produisent les meilleurs résultats.

L'ammoniaque liquéfiée est le liquide volatil qui a été choisi par M. Carré; elle peut être obtenue facilement; elle est très-volatile ; elle bout à — 34** sous la pression ordinaire ; sa chaleur latente de vaporisation est d'environ 500 calories. L'eau a été choisie comme absorbant de l'ammoniaque ; on sait, enefiet, qu'un volume d'eau dissout 783 volumes d'ammoniaque à 15% et que cette dissolution se fait avec une rapidité énorme. L'appareil est donc fondé, comme on le voit, sur l'expérience de Faraday de la liquéfaction de Tammoniaque. Faraday avait observé, pendant la réabsorption de l'ammoniaque par le chlorure d'argent contenu dans son appareil, que la branche qui contenait l'ammoniaque se refroidissait notablement, tandis que celle qui contenait le chlorure d'argent s'échauffait.

2323. Les appareils construits par MM. Mignon et Rouart se rapportent à trois types différents. Deux sont intermittents et servent pour les faibles productions et les productions moyennes ; le troisième est continu et sert pour obtenir une production plus considérable et plus économique.

Les appareils se rapportant au premier type servent à produire de 1 à 2 kilogrammes de glace par opération ; ils sont destinés à l'usage des familles ou des laboratoires. Ils se composent de deux réservoirs,

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