CHAPITRE IV. — REFROIDISSEMENT DES CORPS, ETC
et qu'on maintient dans cet état en la recouvrant d'une couche d'huile ; un serpentin à très-large surface et dans lequel circule de Teau froide maintient la température de Teau de cette bâche qui s'échauffe par suite de l'absorption. Le condenseur est divisé dans sa longueur par des cloisons qui n'occupent qu'une partie de sa hauteur et qui forment ainsi à sa partie inférieure des vases séparés qui contiennent la dissolution de chlorure de zinc; celle-ci venant de la bâche de la pompe entre dans le condenseur par l'extrémité opposée à l'évaporateur, sort du premier compartiment par un tuyau qui se contourne en serpentin pour se rendre ensuite dans le deuxième compartiment ; chaque compartiment est mis ainsi en communication avec le suivant par un serpentin qui se développe dans l'eau de la bâche du condenseur. Au dernier compartiment elle est prise par une pompe au moyen d'un tuyau de trop-plein, et cette pompe envoie le liquide à l'appareil de révivification.
Le liquide renfermé dans l'évaporateur et qui est convenablement refroidi est pris par une pompe placée en contre-bas et envoyé dans un faisceau tubulaire d'où il retourne à l'évaporateur ; on voit que c'est toujours le même liquide qui circule, il faut seulement lui rendre, en eau distillée et privée d'air, toute la quantité qui s'évapore pour produire le froid. Autour du faisceau tubulaire circule un autre Uquide qui se refroidit au contact du premier et qu'on transporte ensuite où cela est nécessaire.
Dans cette installation, toutes les parties de l'appareil, évaporateur, condenseur, pompe pneumatique, plongent dans un liquide privé d'air, et par suite les rentrées d'air sont impossibles ; enfin le liquide employé est sans danger et facile à régénérer.
Ici, comme dans l'appareil de M. Carré atné, une calorie positive produira une calorie négative si l'on ne tient pas compte des pertes, puisque dans le révivificateur il faudra évaporer une quantité d'eau égale à celle qui aura été évaporée dans le condenseur. S'il y avait nécessité d'alimenter l'évaporateur avec de l'eau distillée, la consommation de chaleur serait double ; mais on pourrait, pour éviter ce surcroît de dépense, ou bien se servir d'eau de pluie, ou bien disposer le régénérateur de façon à condenser la vapeur d'eau résultant de la concentration.
Afin d'obtenir un vide parfaitement effectif, on s'arrange de façon à ce que le volume engendré par le piston de la pompe soit égal à une fois et demie celui de l'espace vide contenu dans l'évaporateur et le condenseur.
loi
Nous n'avons point de renseignements sur la force motrice nécessaire au mouvement des différents organes et qui dans ce cas doit être notable, nous n'avons pas non plus de données sur le rendement pratique de l'appareil.
2329. Appareils à produire le froid basés sur la vaporisation d'un liquide^ qiCtme action mécaniqf/e sert ensuite à liquéfier.
On indique dans tous les cours de physique élémentaire les effets frigorifiques produits par Tévaporation des liquides ; la température que l'on peut obtenir dépend de la volatilité du liquide, et comme loi générale on peut poser qu'un liquide soumis à la vaporisation dans un espace qui n'est occupé que par sa propre vapeur pourra acquérir, par le refroidissement dû à l'évaporation, la température pour laquelle la tension de sa vapeur est égale à la tension qui existe dans le récipient où se produit la vaporisation. D'une façon générale aussi on voit qu'il faudra maintenir dans ce récipient une pression ne dépassant pas une valeur donnée, ce qui exigera qu'on enlève les vapeurs au fur et à mesure de leur formation. On pourra y arriver par différents procédés ; dans les appareils précédemment décrits nous avons vu recourir à l'emploi de différents absorbants : eau, acide sulfurique, chlorure de zinc, etc. On peut aussi recourir à l'emploi d'une pompe qui aspire ces vapeurs et qui, les comprimant ensuite, les ramène à l'état liquide pour servir à une nouvelle vaporisation ; c'est des appareils fondés sur ce principe que nous allons maintenant nous occuper. Différents Uquides sont employés dans ces appareils et il est utile, comme nous l'avons vu plus haut, de connaître la tension de la vapeur de ces liquides pour les températures diverses auxquelles ils peuvent être amenés ; voici ces valeurs telles qu'elles ont été déterminées par M. Regnault :
TEUPERATURES.