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CHAPITRE IV. — REFROIDISSEMENT DES CORPS, ETC

2330. Dans certaines parties des États-Unis, on avait réussi à produire la congélation de Teau sur une très-grande échelle par Tévaporation de l'éther dans le vide. Des vases de fonte, contenant de 14 à 15 kilogrammes d'eau, sont placés dans une enceinte environnée d'une couche épaisse de charbon ; autour des vases on a ménagé des rigoles, destinées à l'écoulement de Télher. On fait le vide dans l'enceinte au moyen d'une puissante machine pneumatique, et on fait écouler de l'éther dans la rigole en maintenant l'action de la machine, qui enlève continuellement la vapeur d'éther, la refoule ensuite, la condense et rejette le liquide dans un vase extérieur. Le thermomètre descend, dit-on, jusqu'à — 9" centigrades, et la glace ainsi produite ne revient qu'à IS centimes le kilogramme ; l'opération ne dure pas plus d'une heure. La chaleur totale de la vapeur d'éther étant de 109, en supposant l'eau à 15% la chaleur qu'il faut enlever à 1 kilogramme d'eau étant de 79 -|- 15 = 94, on voit qu'il faut évaporer un peu moins de 1 kilogramme d'éther pour congeler 1 kilogramme d'eau. L'éther est préférable à l'eau et à Falcool, malgré sa plus faible chaleur la-' tente, à cause de la plus grande densité de sa vapeur sous la pression correspondante à la congélation de l'eau. En admettant la loi de Dalton, qui consiste en ce que les vapeurs des différents liquides ont des tensions égales à des températures également éloignées de celle de leur ébullition, l'éther bouillant à 36**, et ce liquide étant maintenu sensiblement à 0"*, la tension de la vapeur d éther sera égale à celle de l'eau à 100 — 36 =64% c'est-à-dire à 0"»,178 de mercure, ou à 0,234 d'atmosphère (d'après M. Regnault elle serait de 0,241) ; et comme la densité de la vapeur d'éther, relativement à l'air, est 2,58, un litre de Vapeur d'éther à 0* pèserait 2,58. 1,3. 0,234 = 0«',784, et la quantité de chaleur qu'il renfermerait serait de 0,000784 . 109 = 0%085. Pour l'eau, la tension de la vapeur à 0*» étant de 0,0046 de mercure, ou de 0,0060 d'atmosphère, et la densité de la vapeur d'eau, par rapporta Tair, étant de 0,622, le poids de 1 litre de vapeur d'eau sera de 0,622 . 1,3 . 0,006 = 0«',0048, et la quantité de chaleur qu'il renfermerait serait de 506 . 0,0048: 1000 = 0,0024.

2331 . M. Carré s'est occupé, il y a quinze ans environ, en France, de la construction d'un appareil basé sur le même principe. Il se compose, comme celui que nous venons de décrire, de trois organes principaux : un réfrigérant, la pompe à l'éther, et le condenseur. Le réfrigérant est un cylindre de cuivre, placé verticalement, et dans lequel Téther liquide arrive d'une manière continue. La paroi supé-

Heure esl percée d'un certain nombre de Irous circulaires dans lesquels s'engagent des tubes, fermés par le bas, ouverts par le haut, soudés sur le bord du trou et suspendus ainsi dans l'intérieur du cylindre. Ces tubes renferment de l'alcool dans lequel plongent d'autres tubes contenant l'eau à congeler. La pompe ■ fait le vide dans le réfrigérant à 0",67 de mercure, el envoie dans le condenseur la vapeurd'éther qui, après être repassée à l'état liquide, revient dans le réfrigérant. Ces appareils ne sont pas entrés dans la pratique.

2332. H. Ch. Tellier em- » ploie, pour produire le Troid, '^ des machines dans lesquelles '^ le liquide vaporisé estl'éther méthylique. L'appareil est représenté (fig. 598} ; il se compose essentiellement d'une pompe D,d'un condenseur E el d'un réfrigérant ou frigorifère; ce dernier, qu'on voit en B dans la figure, se compose d'une bâche en fer W, entourée dune enveloppe en bois W, dont elle est écartée de lOà 15 centimètres de façon à placer dans l'intervalle une couche isolante, charbon, liège, paille d'avoine, etc. Dans cette bâche esl installé un cylindre en fonte aa que traverse un faisceau tubulaire ; à la

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