‹ Traité de la communion, ou, Conduite pour communier saintementChapitre 12 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

( >n peut autoriser cette comparaison par la

coutume do l'Église, qui mêle toujours un peu d'eau avec le vin dans le calice de la consécnition. Car ce mélange, selon saint Cyprien, signifie l'union que les lidèles, représentas par l'eau, contractent avec Jésus-Christ dans ce sacrement, et la ressemblance suit naturellement l'union.

Cet effet est si propre de l'Eucharistie, que l'illustre patriarche de Venise, saint Laurent, en tire une preuve de la présence réelle de .it'^us-Christ dans ce sacrement. « Si le )) Corps du Fils de Dieu , dit-il (Serra, de » VEuchar.), n'était point dans l'Eucharistie, » comment un peu de pain et de vin pour- » rait-il opérer tant de miracles ? D'où vien- » drait cette force dans le corps et dans )) l'àme? D'où viendrait ce renouvellement )) de l'homme intérieur, celte ferveur de la » charité, ce goût si délicieux de la douceur )) spirituelle, cette abondance de paix, cet )) ardent désir d'avancer dans la vertu, et

» ces ferventes actions de grâces? Par la

>) dévote réception de ce sacrement, les bai-

)) nés cessent, les dissensions s'apaisent, les

» procès finissent, les vices déplaisent, en

» aime la chasteté, et l'on méprise la terre.

» Pai elle, l'homme devient tnin autre, il

» change en mieux, non par nature, mais » par grâce. Il arrête sa langue, il aime le » silence, il s'applique à l'oraison, il conserve » l'union fraternelle, il s'étudie à la pureté » de cœur, et à tout ce qu'il sait être agréable » à Dieu. Car ces progrès spirituels n'ont » point d'autre cause que la bonté du Saint- » Esprit, et l'aimable présence de Jésus- » Christ, qui opère ces merveilleux change- » ments ; non pas également en tous , mais » selon la disposition de celui qui communie, » et selon celle de Jésus-Christ qui les pro- » duit par sa miséricorde. » Mais cela étant, vous qui lisez ceci , si vous êtes encore si imparfait, si vous ressemblez si peu à Jésus- Christ, c'est bien votre faute. Assurément ou vous communiez trop rarement, ou vous manquez, en communiant, d'apporter les dispositions qu'il faut.

VII. Quand une fois nous portons l'image de Jésus-Christ, et que nous avons les mêmes inclinations que lui , il est tout naturel que nous imitions sa conduite et que nous suivions ses exemples. C'est comme le dernier trait par lequel la sainte Eucharistie achève de nous rendre semblables à lui. Saint Thomas l'explique par une troisième comparaison, au même endroit d'où j'ai tiré les deux autres ;

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