‹ Traité de la communion, ou, Conduite pour communier saintementChapitre 15 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

)) sang. » Tous les ouvrages dos Pères sont remplis des mêmes sentiments. Pour ce qui est de l'Écriture sainte, elle nous fait assez entendre par les symboles dont elle se sert, lorsqu'elle parle de l'Eucharistie, combien cette divine nourriture est délicieuse. Tantôt t un vin exquis, tantôt une viande délicate, et tantôt un pain t'ait de pur froment. Quand elle nous invite à la Communion, c'est à un grand régal , à un festin magnifique, et aux noces d'un roi, qu'elle nous invite. Fecit cœnam maijnam (Luc. 14. 16.). Fcc'it nuptias Fllio suo. (Math. ±1. 62.) En un mot, les Pères, les théologiens appliquent à ce pain (•'leste tous les endroits où elle parle de vin, de lait , de miel , et de tout ce qu'il y a de plus doux et de plus agréable en matière de breuvage et de nourriture. On peut en voir l'explication dans le Traité d'Albert le Grand sur l'Eucharistie.

III. Je me contente de dire ici qu'on trouve dans ce Sacrement, l'avantage que la manne, qui en est la plus noble figure, avait sur toutes sortes de viandes. Les autres ont chacun.' leur goût, la manne avait tous les goûts, h*' Sage, s'adressant à Dieu, en parle en ces tennis [Siip. 16. 20. 2L)\ Vous avez donné à voire peu pic la nourrit are des anges. Sans

qu'il eut besoin de travailler, ce pain lui venait du Ciel tout préparé; et renfermait toutes les saveurs les plus délicieuses. Cette nourriture était un témoignage de la bonté que vous avez pour vos enfants. Elle s'accommodait à leurs inclinations, et changeait de goût selon que leur appétit changeait. Voilà un bel éloge de la manne, mais qui convient parfaitement à l'Eucharistie. (( Ce Sacrement , dit saint )) Cyprien (Scrm. de Cœna Boni.), renferme » aussi bien que la manne, tous les goûts » imaginables, et par une vertu mcrveil- » leuse, il fait sentir à chacun de ceux qui » le reçoivent dignement et avec dévotion, tel » plaisir qu'il désire ; il rassasie l'appétit, et » surpasse en suavité toutes les autres dou- » ceurs. » On peut passer encore plus loin. Car après tout, comme le Sauveur le disait aux Juifs, Moïse n'a pas donné le véritable pain du ciel : c'est du Fils de Dieu que nous l'avons reçu. L'Eucharistie surpasse autant la manne, que la vérité l'emporte sur la simple figure ; que les délices propres de l'esprit sont plus excellentes que celles du corps. Tout était matériel dans la manne , mais dans le Sacrement de l'autel, tout est spirituel et divin. (( Si donc, conclut saint xYni- » broise (Lib. de Us qui rnyst. 'mit. c. #.),

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