‹ Traité de la communion, ou, Conduite pour communier saintementChapitre 16 sur 105 · PREMIERE. PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE. PARTIE

)) vous aveztant d'admiration pour la figure, » qu'elle estime devez-vous faire de ce pain )) céleste, dont la figure est si admirable ? »

IV. Il est encore à remarquer que ces délices spirituelles, au sentiment de l'illustre Cardinal de Cracovie (Dial. de freq. Commun.), sont comme une propriété attachée à la Communion. (( Dieu, dit-il, en renfermant » dans ce Sacrement la vive source de toutes » les consolations célestes, n'a pas seule- « ment prétendu nous conférer la grâce » sanctifiante, mais exciter aussi dans nos » cœurs les plus tendres sentiments de la )) dévotion. De manière que quand une âme » bien disposée ne recevrait aucune aug- )) mentation de grâce , elle ne laisserait )) pasde ressentir la douceur de cette céleste » nourriture. C'est, continue ce savant Évè- )) que , ce qui arriva au Sauveur, lorsqu'a- )) prés avoir témoigné un si grand désir de » faire la dernière Pàque avec ses disci- » pies, il y mangea son propre Corps. Car » il ne reçut aucun accroissement de -grâce; » cependant, comme il est à présumer, il fut » rempli de joie. %

V. Vous me direz sans doute que bien <h'± gens communient sans ressentir nulle douceur. Saint Thomas (Opus. 58.) a prévu cette

objection; et pour y répondre, il dit qu'un

objet peut nous causer du plaisir en deux manières, ou par soi-même, ou par Uinlage que nous nous en formons. Il en cause par lui-môme, quand il fait actuellement impression sur les sens , et qu'on le voit ou qu'on le goûte ; il en fait par son image, lorsque l'esprit s'occupe de l'idée avantageuse qu'il en a conçue. Car la seule pensée d'un bien, surtout quand on le possède ou qu'on l'espère, produit , dans l'âme un sentiment agréable. Un avare qui tient son trésor renfermé clans ses coffres, sans le voir, sans le toucher, ressent de la joie toutes les fois qu'il y pense. La médecine, quelqu'amère quelle soit, ne laisse pas de réjouir le malade par l'espéranee de la santé qu'il en attend ; l'Eucharistie nous donne du plaisir, tantôt en l'une , tantôt en l'autre de ces manières. ]S'est-ce pas un grand sujet de joie pour une âme fidèle, de savoir sûrement qu'elle reçoit en communiant un trésor où toutes les richesses du ciel sont renfermées ; qu'elle reçoit le véritable Médecin des âmes qui guérira ses maladies, et le Roi des vertus qui en ornera ses puissances. Cette seule pensée, sans autre consolation, ne doit-elle faire plaisir à un

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