‹ Traité de la communion, ou, Conduite pour communier saintementChapitre 18 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

purifier, si nous no les ressentons pas, c'est notre faute, c'est que nous sommes encore trop attachés aux plaisirs des sens. Car, comme Albert le Grand l'a remarqué dans son Traité de l'Eucharistie, il faut qu'il y ait de la convenance entre la nourriture et celui qui la prend, afin qu'en la mangeant il y trouve du plaisir. Tous les hommes n'ont pas le mémo goût, il est différent selon la diversité des tempéraments, et l'un rejette comme insipide ce qui paraît agréable à l'autre. De môme l'homme spirituel goûte avec plaisir ce qui vient de l'esprit de Dieu. Au contraire, l'homme terrestre et sensuel, selon saint Paul, est incapable de le goûter. C'est pourquoi si vous voulez ressentir ces délices célestes, cessez d'être terrestres; si vous voulez goûter Jésus- Christ, étudiez-vous à lui ressembler. Mais pour ce qui est du plaisir que produit la connaissance des grands biens que ce Sacrement renferme, il n'y a point de chrétien qui no dût le ressentir. Il ne faut pour cela qu'estimer les biens de la gniro, désirerson salut, soupirer après le ciel, et se souvenir que oo Sacrement est lu source de

lentes les lie] K 'SS. >S Spi ritllelb 'S, <f llMl est

le moyen le plus propre pour contenter tous

ces saints désirs. La joie no manquera jamais do se faire sentir à un cœur qui approchera avec ces dispositions de la sainte Table.

VII. Hé bien, Ames chrétiennes, entrezvous maintenant dans le dessein du Sauveur ? Comprenez-vous pourquoi il a voulu être présent dans le Sacrement de l'autel ? Reconnaissez-vous que c'est pour s'unir à nous, nous rendre semblables à lui, nous combler de joie, et par tant de moyens si efficaces, nous inspirer ce saint amour en quoi consiste l'excellente vie qu'il nous a promise ? Oui, mon aimable Sauveur, je le reconnais, je vous en rends mille actions de grâces, et je proteste que votre amour sera désormais l'unique vie de mon âme ; que je mourrai volontiers à tout le reste, afin de ne plus vivre que de vous seul, en n'aimant rien que vous ! L'affreuse mort que d'être privé de votre amour ! Mais la noble, la douce, l'heureuse vie, que de vous aimer, ot d'être aimé de vous !

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