‹ Traité de la communion, ou, Conduite pour communier saintementChapitre 2 sur 105 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Du dessein que Jésus-Christ s'est proposé en établissant le sacrement de l'Eucharistie.

•l est de la dernière conséquence, pour profiter de la Communion, de pénétrer avec les yeux de la Foi le dessein que le Sauveur s'est proposé dans l'institution de l'auguste sacrement de l'Eucharistie. Outre que cette connaissance flous en donnera une haute idée, et nous inspirera du respect et de l'amour pour cet adorahle mystère, elle servira encore à nous instruire , et de la fin que nous devons nous proposer nous-mêmes, et des préparations qu'il faut apporter

pour on recueillir les fruits. Car les intentions de Jésus-Christ doivent être la rode des nôtres, et les dispositions nécessaires pour communier dignement ne sont que des moyens propres à seconder son dessein.

II. À parler en général, on peut dire que ce dessein est grand. Sans cela le Fils de Dieu aurait-il , pour l'exécuter , opéré tant de miracles et changé les lois ordinaires de la nature, en détruisant la substance du pain et du vin, en conservant leurs accidents sans nul soutien , en renfermant son corps , son âme , sa divinité dans un si petit espace , et en cachant sous des voiles si vils et si obscurs tout l'éclat de sa Majesté? S'il avait seulement prétendu produire par ce Sacrement, comme par les autres, la grâce sanctifiante, était-il nécessaire qu'il se trouvât présent en personne dans celui-ci ? Ne pouvait-il pas la donner , cette grâce , avec un morceau de pain dans l'Eucharistie, de même qu'il l'a conférée, avec un peu d'eau dans le Baptême?

III. Mais quel est ce grand dessein qui relève si fort ce Sacrement nu-dessus des mitres, et qui en fait le caractère particulier? Personne ne peut mieux nous instruire que celui qui en est l'Auteur. Voici comme il

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