PREMIÈRE PARTIE
s'en explique. C'est ici, dit le Sauveur, (Joan. 6, 50, 52, 54, 55, 58) le pain qui est venu du Ciel; si quelqu'un mange de ce painj il vivra éternellement. Le pain que je donneraij c'est ma Chair pour la vie dît monde. Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang, a la rie éternelle. EnvéritéA si roi' s ne mangez la chair du Fils de l'Homme et si vous ne Itérez son sang, vous n aurez point la vie en vous. Comme mon Père qui est vivant m'a envoyé, et que je ris pour mon /V'/v , de même celui qui me mange vivra pour moi. Remarquez avec saint Chrysostninc, que le Sauveur, toutes les fois qu'il parle de l'Eucharistie, nous promet toujours de nous donner In vie. Pourquoi cela? si ce n'est, pour nous apprendre que c'est là son effet propre, et pour nous porter en même temps, ajoute ce Père, à en approcher. Car il n'y a rien de plus doux que de ne pas mourir, et la passion la plus violente et la plus universelle, c'est le désir de vivre.
IV. Ainsi Jésus-Christ, en nous donnant son Corps ;i manger et son Sang à boire, a dessein de nous communiquer la vie.
Mais quelle sorte de vie? « On ne peut
)) douter , dit saint Anselme (Tract, de Suer. )) M/.), qu'en prenant celte nourriture ce-
)) leste , nous ne cherchions plutôt la vie de )) l'âme que la vie du corps. D'ailleurs il est » certain que Dieu est la vie de l'àme, comme » l'àme est la vie du corps. Or , Dieu est la . » charité qui est la vie de l'àme raisonna- )) ble. Et par conséquent , la vie que le Fils » de Dieu nous veut communiquer , est une )) vie divine et toute d'amour. » Mais on peut demander encore , si c'est précisément dans l'habitude ou dans les actes de l'amour divin que cette vie consiste? Je réponds que c'est moins dans l'habitude que dans l'exercice de la charité.
Posséder cette sainte habitude, c'est avoir le principe de la vie ; mais en vivre , c'est agir, c'est aimer, c'est se conduire ordinairement par le motif de cette excellente vertu. Quoiqu'un enfant ait une âme spirituelle, on ne dit pas qu'il vive d'une vie raisonnable, tandis qu'il ne se sert point encore de sa raison, ou qu'il en fait seulement paraître quelque étincelle. De même on ne doit pas dire qu'un chrétien vive de cette vie divine, quand la charité est presque toujours oisive dans son cœur. La Foi sans les œuvres, selon saint Jacques , est une Foi morte ; et un amour sans action, selon saint Grégoire, est un amour fort imparfait. De là il est aisé de