‹ Traité de la communion, ou, Conduite pour communier saintementChapitre 20 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE. M · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. M

convaincre do la possibilité do cotte merveille, continue Albert le Grand, le Disciple bien-aimé ajoute incontinent ces paroles : le verbe s'est fait chair (Joan. I. 14.); comme s'il disait: Ne doutez point que l'homme no puisse être enfant de Dieu, puisque Dieu est devenu le fils de l'homme. Nous ne sommes à la vérité que des enfants adoptifs, mais cette adoption est d'une nature toute autre que celle qui se pratique parmi les hommes. Qu'un homme adopte quoiqu'un pour son fils, il ne lui communique par là, ni son esprit, ni ses inclinations, ni les traits de son visage. Mais Dieu en nous adoptant, imprime dans nos âmes sa ressemblance, et nous remplit de son esprit. C'est de cette faveur, au sentiment de saint Cyrille d'Alexandrie, et de saint Hilaire, que parlait le Sauveur quand il disait à smi Père qu'il avait rendu les hommes participants de la gloire qu'il avait reçue de lui. Mais après ce signalé bienfait, pouvons-nous manquer do respect ou d'amour pour notre Père céleste, sans être les plus ingrats et les plus dénaturés des hommes? 111. En second lieu, il est évident par ce que je viens de dire, et par ce que. j'ai dit encore ailleurs, que L'Eucharistie dans nos

âmes, perfectionne l'union et le règne du

Saint-Esprit. En effet cette grâce si propre du Nouveau Testament est le fruit de la passion du Sauveur ; mais c'est particulièrement par ce Sacrement qui en est une vive représentation, qu'il nous en applique les mérites. De plus, c'est par la charité que le Saint-Esprit habite en nous, et l'Eucharistie a été établie pour l'augmenter: c'est la cupidité qui met opposition à son règne, et qui lui dispute l'entière possession de notre cœur, et la Communion l'affaiblit et la modère.

Ainsi c'est par elle que le Saint-Esprit s'unit plus parfaitement avec nous, qu'il devient comme l'âme de notre âme, et qu'il s en rend absolument le maître. Et par conséquent nous devons avoir pour lui, en vertu de ce Sacrement, le même amour, le même attachement que le corps a pour l'âme dont il appréhende autant de se séparer, qu'il aime la vie, et qu'il craint la mort.

IV. J'ajoute que la sainte Eucharistie nous honore encore du glorieux titre d'enfants de Marie, et nous inspire pour elle un amour filial. Car, comme dit saint Augustin, puisque nous sommes les membres de Jésus- Christ, comment la sainte Vierge pourrait-

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