PREMIÈRE PARTIE
19. S. 4. et suie). Il fuyait les persécutions de la cruelle Jésabel, et après avoir erré dans une solitude affreuse, sans nul rafraîchissement, fatigué du chemin, épuisé de forces, il se couche à terre pour prendre un peu de repos. N'est-ce pas là une peinture naïve de l'état où vous vous trouvez ? Que ferez-vous pour en sortir ? Le reste de l'histoire vous l'apprendra. A peine ce prophète fut-il endormi, qu'un ange le réveille, en lui criant : Levez-vous et mangez. Il obéit ; et sitôt qu'il eut goûté d'un pain cuit sous la cendre, qu'il trouva auprès de sa tète, ses forces revinrent, et il marcha sans peine jusqu'à la montagne d'Oreb. On vous dit la môme chose, âme faible et languissante, levez-vous, prenez, mangez le Corps de Jésus-Christ, dont le pain d'Elie n'était, comme dit Paschase, que la ligure, et vous vous sentirez fortifiée : vous marcherez à grands pas dans les sentiers de la vertu, vous vous élèverez à la plus sublime perfection, représentée par cette montagne, dont le nom signifie vision de Dieu. Il est vrai que ce prophète, après avoir mangé la première fois de ce pain, retomba dans son assoupissement. Mais l'ange lui ordonna d'en manger de nouveau, pour
nous apprendre que si une Communion ne réchauffe pas entièrement votre cœur, vous devez la réitérer jusqu'à ce que vous ayez rallumé votre première ferveur. Levez-vous donc encore une fois ; mangez, car vous avez bien du chemin à faire avant que de parvenir à la perfection où Dieu vous veut conduire : Surge, comede ; grandis enim tibi restât via (I. Reg. 19. 7.).
VI. La liberté que vous avez donnée à vos sens, la jouissance de ces plaisirs trop naturels, et de ces divertissements humains que vous avez accordés à votre coeur, ontils diminué l'ardeur de votre amour pour Dieu? Ne désespérez de rien, renoncez-y au plus tôt, et recourez à la Communion. Ce charbon ardent que prit un Séraphin sur l'autel (Tsai. 6. et 7.), était, au sentiment des Pères, le symbole de l'Eucharistie.
(( Un charbon, dit saint Jean de Damas » (Lib. 4. de Fide, c. 4.), n'est pas simple- » ment du bois, c'est un bois tout pénétré » de feu. De même, le pain de l'Eucharistie » n'est pas un pain commun, mais un pain » où se trouve la divinité. Nous le man- » geons, afin que le désir d'aimer Dieu s'en- » flamme, et que le feu divin qui sort de » ce mystérieux charbon, consume nos pé-