PREMIÈRE PARTIE
» chés, éclaire nos cœurs, embrase nos
» âmes jusqu'à les transformer en Dieu. » Saint Ephrem (De natur. Dei non ser. c. 5 ) ajoute que Jésus-Christ, en nous donnant son Corps et son Sang, nous a donné du feu à boire et à manger. L'expression est un peu forte, mais elle nous marque très-bien que la vertu propre de l'Eucharistie est d'exciter dans nos cœurs de ferventes affections.
VII. Enfin, de quelque principe que vienne votre relâchement, votre faiblesse, et les autres maladies de votre âme, vous trouverez dans ce Sacrement un remède aussi universel qu'il est infaillible, pourvu que vous désiriez sincèrement guérir. Vous savez qu'il y avait au milieu du paradis terrestre un arbre qu'on nommait l'arbre de vie, parce que ses fruits avaient la vertu de conserver la vie, et de rétablir la santé dès qu'elle commençait à s'altérer. Ne regrettons point ce bel arbre, qui après tout n'était utile qu'à La vie corporelle. Jésus- Christ, selon saint Augustin, est un arbre de vie planté au milieu de l'Église pour produire dans L'âme les mêmes effets que L'autre ne produisait que selon Le corps. Car,
mme 'lit Salomon, la Sagesse est un arbre
de vie pour ceux qui la possèdent ; et Jésus- Christ, qu'est-ce autre chose que la Sagesse incarnée ? Approchez donc de ce bel arbre, cueillez, mangez-en le fruit, recevez l'Eucharistie. Etes-vous malade? elle vous rendra la santé. Etes-vous languissant ? elle vous fortifiera. Etes-vous lâche? elle vous donnera du courage. En un mot, après avoir détruit en vous le vieil Adam, elle vous communiquera une florissante jeunesse qui renouvellera en vous l'homme intérieur et le règne du nouvel Adam qui est Jésus- Christ par la pratique et l'imitation parfaite de ses vertus: Renovabitur ut aquilœ juv entas tua (Ps. 102. 5.).
VIII. « En effet, dit saint Bernard {Serm. » 14. in cant.) au moment que l'Époux cé- » leste entre dans l'àme fidèle , il la ré- » veille incontinent ; et comme il est vif et » agissant, il la tire du profond sommeil où » elle était ensevelie. Il la blesse pour la » guérir, il la pénètre ; et fut-elle aussi du- » re que le marbre, il l'attendrit, il déra- » cine ses méchantes habitudes ; et après » avoir détruit ses inclinations déréglées, » il plante à leur place les vertus. Si son » cœur est sec, il l'arrose des eaux de sa » grâce ; s'il est dans les ténèbres, il l'é-