CHAPITRE II
Do la manière d'entretenir Notre-Seigneur après l'avoir reçu ou de la manducation spirituelle de l'Eucharistie.
«Wf^E temps In plus précieux do la vie est <<Xj$l assurément celui durant lequel, après avoir reçu la sainte Hostie, nous possédons le Sauveur : quel changement de vie ne verrait-on pas dans les chrétiens, s'ils savaient profiter de sa présence et des dispositions où est son cœur à notre égard, quand il descend dans \i'< nôtres? Sainte Thérèse crevait
que notre négligence à profiter de ces heureux moments, était la cause la plus ordinaire du peu de fruit qu'on tire de ce Sacrement. Apprenons donc à les bien employer. II. Quand nous avons reçu l'Eucharistie, il la faut manger spirituellement, cVst-àdire, comme nous l'avons expliqué au chapitre troisième delà seconde partie, qu'il faut entretenir Notre-Seigneur et exercer des actes des principales Vertus. Nous entretenons les hommes par la parole et par le son de la voix, nous leur faisons comprendre par là les pensées de notre esprit et les affections de notre cœur. Mais Dieu, outre qu'il voit le fond de nos âmes et qu'il en découvre les mouvements les plus secrets, il demande particulièrement le culte du cœur. Ainsi la plus excellente manière de l'entretenir consiste dans les actes intérieurs. Ce n'est pas qu'on ne le puisse aussi faire avec la langue, pourvu que le cœur lui dicte ce qu'elle prononce et qu'il la fasse parler. Il arrive même quelquefois, lorsqu'on se sent un peu dissipé, ou un peu tiède, que la récitation de certaines paroles vives et ardentes, tirées ou de l'Ecriture, ou des ouvrages des Saints, rappelle notre attention et aide nos cœurs à former les actes dont elles sont l'expression. D'autres fois l'àme
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, que, né pouvant contenir toute l'ardeur qu'elle ressent, elle
ite en soupirs et en paroles toutes de feu et d'amour. De sorte que la parole est tantôt un moyen pour entretenir intérieurement
re-Seigneur, et tantôt un effet de rentre- Ben intérieur que nous avons avec lui.
III. Mais de quelque manière qu'on le fasse, il faut se souvenir que dans un entretien on parle et on écoute; et que s'il est nécessaire d< déclarer à Notre-Seigneur nos sentiments, il ne Test pas moins d'entendre les enseitnts et les ordres qu'il veut nous donner.
Dieu disait autrefois à. Moïse : parlez à la pierre, et elle vous donnera de l'eau: Loquiminl ad petram,... et Ma dabit aquas (Num. 20. 8.). Cette pierre est Jésus-Christ,
Ion saint Paul, parlez-lui, et vous verrez couler avec abondance les eaux de sa grâce. Mais il dit pareillement à l'âme fidèle par la bouche de David : Écoutez, ma fille, rendezvous attentive, et cou z bien ce que je vous dis : Audi, plia, ci rie .
. 44. 11). Si l'Épouse du C
[ue pai on Époux, elle écoute ai
L'Époux quand il parle. Je m'en vais tracer et mettre par ordre quelqu< ac-
tes qu'on peut produire pour entretenir Notre-Seigneur. Mais pour lui donner le temps de parier, s'il veut bien nous faire cet honneur, il sera bon, à la fin de chacun, de demeurer quelque moment en silence.