‹ Traité de la composition et de l'exécution des jardins d'ornement ... Extrait, sur un nouveau plan, de l'Encyclopédie du jardinage de M. J.C. Loudon, et traduit de l'anglaisChapitre 30 sur 60 · DIFFORMITES DU TERRAIN. IO · texte numérisé non relu

DIFFORMITES DU TERRAIN. IO

beautés pittoresques, surtout si le terrain est sec ou susceptible d’être aisément desséché»

Quoi qu’il en soit, il est rare qu’on puisse introduire ce caractère comme trait primitif et essentiel. Mais dans un terrain quiconduit naturellement à l’emploi de lignes anguleuses et brisées , il convient mieux de perfectionner cette expression que de s’efforcer de créer une surface plus unie. Dans les cas de cette nature, presque tout dépend de l’emploi des futaies, des taillis et du gazon dans les endroits rocailleux, pour mettre en harmonie les divers accidens de la surface.

Les éminences naturelles , aussi bien que les ravins, ne sont point rares dans certains terrains qui n'ont point été soumis à l’agriculture. Lorsque ces élévations sont peu considérables, on peut les faire disparaître avec le secours de la charrue, comme pour les terres en jachère. Lorsqu’elles ont plus de saillie, elles peuvent souvent contribuer à l’effet pittoresque. Si elles sont nombreuses et tellement réparties que la destruction des unes puisse servir à l’agrandissement des autres, elles peuvent servir comme ondulations, surtout si la surface est naturel-

lto EXÉCUTION DES J ARDINS.

lement irrégulière. Lorsqu’on op^re sur un terrain en pente, où se trouvent des rocs et de grosses pierres , un mélange de lignes, tour-à-tour gracieuses et brusques , peut être heureusement employé.

Toutes ces observations regardent la portion de terrain qui avoisine l’habitation. Les scènes Tes plus distantes d’un parc, les collines , les montagnes , etc. , ne peuvent s’embellir qu’au moyen des plantations.

SECTION II

Des plantations.

Presque tous les grands effets , dans les deux genres de composition , sont produits par les arbres. Soit qu’ils forment des forets, des bocages et des groupes, soit qu’ils représentent des carrés réguliers, des avenues et des bordures , ils constituent le plus grand charme de la campagne. L’architecture la plus variée leur doit des embellissemens ; ils jouent le premier rôle dans les ornemens d’une résidence. En effet, l’arbre est l’objet le plus noble dans la nature inanimée; il réunit tous les genres de beautés , depuis la sublirrûté de son ensemble , jusqu’au carac-

. PiAKTATIOlTS. m

1ère le plus délié de délicatesse qu’offre I chacune de ses feuilles. On trouve en lui cette uniformité majestueuse et cette variété infinie qui constituent l’essence de la beauté relative. Les expressions naturelles des diveises especes sont aussi variées que leurs formes, leurs hauteurs, leur utilité pour l’homme, les différences de situation, de sol et de climat, et les autres circonstances généi aies et accidentelles qu’ils servent à caractériser. Nous nous bornerons à un petit nombre d’observations sur l’effet des plantations dans les styles symétrique et moderne.

§ I* — Dcs plantations dans le style symétrique.

Dans les plantations de cette espèce, la première chose à considérer, c’est la nature de l’ensemble ou du dessin général. Ici, comme sur le terrain, les formes symétriques domineront encore ; et, tandis que les masses sont en quelque sorte la contre-partie des formes de 1 habitation et représentent des figures régulières, les parties d’une dimension plus réduite sont caractérisées par des lignes plutôt que par des formes , telles

tl» EXÉCUTION DES JARDINS.,

que les avenues, les rangées d’arbres, les massifs, les étoiles, etc., et sont renfermées dans des parallélogrammes, des cercles ou des carrés. Les masses et les avenues doivent s’étendre, à partir de la maison , dans toutes les directions, de manière à ce que tout réveille autour d’elle l’idée d’un plan ou dessin. Ce principe doit être d’une application encore plus immédiate dans les directions particulières, autant que le comportent la nature de la surface et le caractère de la propriété, ou que l’exigent les scènes reculées. En disposant ces masses sur un terrain plat ou irrégulier, il faut avoir soin de laisser à découvert un espace de gazon assez considérable pour laisser l’air circuler librement , la* lumière se répandre sans obstacle, et les grandes masses de bois déployer leurs formes. Les avenues, les allées, les portiques de verdure, doivent, autant que possible, servir de routes, de clôtures , d’ombrages et d’abris : si cette condition ne pouvait s’obtenir, ils doivent aboutir à quelqu’objet intéressant. Les extrémités les plus distantes des plantations artificielles peuvent se lier à des bois natu-

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