PREMIÈRE SECTION
Travaux préparatoires.
§ I . — Elude d’une situation et formation cC un
plan.
Toutes les fois que l’on veut avoir recours à un paysagiste , à un ingénieur , il faut lui
î4a ÉXECUTION DES JARDINS.
remettre .un plan complet du domaine, avec une description détaillée des localités et de toutes les particularités qu’elle présente, en lui indiquant les points qui devront surtout fifcer son attention. Alors, après un examen topographique des environs et une résidence de quelques jours ou de quelques semaines , en raison de l’étendue du domaine et de la saison (le printemps, ayant que les feuilles soient développées , étant l’époque la plus convenable), il sera en état de se procurer toutes les données nécessaires et de fixer dans sa mémoire tout ce qui est relatif à la situation et à l’appréciation exacte, des différentes scènes. Il pourra coordonner et mûrir ses idées , et dirigera d’abord son attention sur la situation et l’aspect du bâtiment et des communs, sur le développement du parc, sur l’emplacement du potager; de là il passera ' aux masses générales de bois, et déterminera successivement l’espace des éclaircies ou pelouses , la situation et le caractère de l’eau , le terrain d’agrément, la ferme et les autres détails.
Avant de s’arrêter à une décision défini-
ÉTUDE d’une situation. i43 tive,.il étudiera paitiellement le terrain, le niveau des sources et des rivières, etc. Il emploiera, selon le besoin, des jalons pour ses directions, des perches surmontées d’im drapeau pour se rendre compte de l’effet des arbres , et des cadres en charpente, couverts en parties de planches, pour imiter celui des hâtimens. 11 pourra creuser des puits pour s’assurer de la nature des couches cjui constituent le terrain. Il marquera sur son plan provisoire les points arrêtés, et la ligne des opérations d’embellissement, indiquant les effets du terrain par des sections géométriques faites dans différentes directions.
Il indiquera l’effet de l’ensemble, avec les modifications qu’amènera la succession des années, soit dans le tout, soit dans des
scènes particulières. Il ne négligera point de motiver dans un mémoire écrit tous les plans qu’il propose, parce que son opinion reste comme une autorité à consulter pour les travaux futurs, et comme pièce de justification en faveur de son goût et de celui du propriétaire. A cet égard, il pourra suivre l’ordre suivant : i° Les instructions don-
nées , a 0 les traits caractéristiques.du terrain et du pays, 3° la description motivée du plan général d’embellissement , 4° celle des opérations particulières , 5° un aperçu des travaux ultérieurs, 6° des instructions sur le mode d’exécution , 7 0 un devis approximatif des dépenses.
Il aura souvent occasion de renvoyer aux plan£ et au croquis; son style sera clair; une partie essentielle de ce travail sera de simples esquisses qui devront peu de lenr effet aux ombles, et moins encore au coloris et au fini du dessin^
M. de Gifardin a indiqué le premier les avantages de cette manière de procéder, et Repton l’a introduite en Angleterre avec quelques modifications, qui peuvent être quelquefois d’un usage utile.
Lorsque le plan d'embellissement est ter- # miné, il faut dresser le plan d’opérations qui servira de guide au jardinier ou à la personne chargée de la direction des travaux.
C’est ensuite au propriétaire à aider sa propre expérience de celle des personnes compétentes en cette matière.
Avec un plan général , tel à peu près que