EXÉCUTION D’UNE SITUATION
nous venons de l’indiquer, accompagné d’autres plus détaillés représentant le potager, le terrain d’agrément, la terrasse, etc., et à l’aide des explications circonstanciées clonnées dans la notice des renseignemens, un jardinier d’une intelligence ordinaire pourra exécuter le dessin le plus compliqué. Si les plans ont été levés avec exactitude, qu’on y ait joiut le nombre convenable de vues générales, le jardinier paysagiste peut annoncer avec confiance l’effet des embellissemens futurs, et abandonner les instructions écrites au jardinier praticien, qu’elles dirigeront aussi sûrement qu’un architecte peut diriger un maçon.
Les propriétaires dont la demeure se trouverait à une distance considérable, et qui seraient jaloux d’exécuter des conceptions neuves en fait de beautés champêtres, pourraient opérer d’après des plans de cette sorte, au lieu de s’en rapporter à leur goût peu exercé, et de produire des scènès qui ne plairont qu’à eux seuls, et aussi long-temps seulement qu’ils resteront dans leur ignorance première.
J 4^ EXÉCUTION DKS JARDINS.
§ II. — Levée d’un plan.
L’art de lever un plan est essentiel à un jardinier. S’il s’agit d’une simple plate-bande, d’une bordure, etc., il peut retrouver dans sa mémoire les indications convenables; mais, en général, il aura besoin du secours de la plume et du crayon. Les iustrumens nécessaires sont la chaîne, le mètre , et parfois le grapliomètre. Les figures irrégulières, telles que les parterres, les contours des plantations pittoresques et des eaux , les plans des allées sinueuses, exigent une grande attention. En pareil cas , il faut d’abord tracer des lignes provisoires de repaire, appartenant à des figures régulières, et les indiquer sur le terrain dont il s’agit de lever le plan. On prendra ensuite des mesures en rapport avec celles que l’on connaît , en se réglant sur les lignes ou figures simples, et en abaissant sur elles des perpendiculaires; il sera facile alors de représenter et mesurer un emplacement irrégulier avec tous ses détails.
Les surfaces inégales exigent un double arpentage ; il faut d’abord les mesurer ho-
JLEvill d’üK n.AN. 147
rizontalement pour obtenir le plan de surface, puis mesurer les parties convexes et concaves au moyen de ces lignes horiontaies, afin de déterminer leur élévation et leur abaissement. Il y a peu de jardins dont le terrain soit un niveau parfait. Les bordures des potagers forment ordinairement une saillie du côté des allées, et la beauté d’un parterre résulte en partie de l’irrégularité de sa surface. Il faut mesurer l’étendue horizontale et verticale des étangs , des excavations , des serres et même des maisons et des arbres. Pour exécuter ces opérations avec exactitude, quatre personnes sont nécessaires ; deux pour tenir la chaîne, une autre pour toiser, et la quatrième pour noter les dimensions.
Pour le rapport sur le papier des élévations et des enfoncemens, la méthode la plus simple consiste à représenter les sections au moyen de lignes ponctuées , ou d’une manière analogue, afin de les distinguer des • lignes de surface. Les chiffres pourront être employés pour indiquer les divers degrés d’élévation au-dessus d’un niveau donné. Se propose-t-on de former des pièces d’eau, les
l48 EXÉCUTION DES JARDINS.
variations de niveau doivent être précisées avec toute l’exactitude possible. Dans certains cas , il faut recourir à des coupes pour représenter soit des arbres, soit des fabriques, ou la profondeur de l’eau, etc.
Quant aux collines et aux montagnes, dont l’appréciation rigoureuse s’obtient au moyen du quart de cercle et du graphomètre, nous dirons simplement que leur profil sera ipdiqué sur le papier de la même manière que celui des inégalités moins caractérisées.
. La hauteur des arbres et des bâtimens se calcule par les ombres qu’ils projettent , ou au moyen du quart de cercle. Des perches servent à mesurer la profondeur des puits et de l’eau. Quant aux autres dimensions, elles s’obtiennent par des procédés trigonométriques.
Mais ces lignes générales ne suffisent point; il faut, pour rendre un plan complet, marquer les distances respectives des arbres, indiquer la direction de leurs tiges, et d’autres détails. Cette précaution ne sera point à négliger à l’égard des murs , des fabriques et autres objets saillans. Nous ne
LEVÉE d’un PLAN.
nous arrêterons pas aux différens signes adoptés par les arpenteurs pour les diverses indications topographiques, mais nous dirons quelques mots des méthodes en usage pour dessiner le plan d’une terre.
L«i première et la plus ancienne consiste à tracer seulement les lignes de terrain , c’est-à-dire à indiquer les routes, la direction des eaux , la situation des fabriques et des arbres. Ce procédé peut bien offrir les dimensions d’une manière exacte, mais il ne donnera à ceux qui n’auraient point vu la propriété d’autre idée que celle de son étendue et de sa conformation générale.
Dans la seconde méthode , on ajoute à ces lignes des plans d’élévation, mais il en résulte une confusion sensible, quand les détails se trouvent multipliés. Ce procédé, judicieusement appliqué, est peut-être le plus propre à donner une notion générale d’une propriété; il est vrai qu’il est trop souvent mis en usage par des artistes dénués dégoût, étrangers aux principes les plus simples de l’optique et de la perspective.
La troisième méthode offre un profil vertical en vue d’oiseau; c’est-à-dire qu’elle pré-
l5t) EXECUTION DES JARDINS,
sente les objets rapportés à une certainë échelle, comme les verrait un spectateur élevé en ballon à une hauteur considérable.
Ce procédé , le plus propre de tous à donner une idée précise de tout ce qui garnit ia superficie du sol , et même des accidens du terrain, est le plus généralement suivi.
On peut joindre à un plan de cette nature d’autres plans partiels des terres voisines, et les disposer à l’entour dans leür situation respective.
Si, laissant de côté les dimensions et l’étendue, on veut se borner à l’effet ou l’apparence générale d’une scène , on supposera l’œil du spectateur à une élévation considérable au-dessus du centre de la propriété; les objets, dans cette vue d’oiseau, seront représentés tels qu’il les verrait, plus grands vers le centre, et diminuant progressivement à mesure qu’ils s’éloigneraient de la perpendiculaire.
Vient ensuite la vue de panorama, dans laquelle l’observateur, placé sur une éminence et promenant sa vue autour de lui, dessine tout ce qu’il aperçoit.
Enfin, la dernière méthode consiste h