DISPOSITION DES ARBRES. I
L’effet des plantations dans le paysage résulte en grande partie de la forme parti culière des différais arbres , qu’on peut classer sous ce rapport en arbres à têtes rondes, à têtes oblongu.es, et pyramidaux. Nous avons déjà remarqué que la plupart des plantations étaient destinées à être aperçues de profil, et que la ligne formée par leurs sommités par rapport au ciel et au terrain , constitue le trait le plus saillant de leur physionomie ; la différence de cette ligne, lorsqu’elle est déterminée par des arbres à tête pyramidale , tels que les Pins , les Sapins, etc. ; à tête oblongue , comme la plupart des aunes, des saules, des peupliers; à têtes rondes , tels que le chêne, le frêne j l’orme et la plupart des arbres en général; cette différence, dis-je , est telle qu’elle mérite une attention trèsspéciale. Rien de plus froid et de plus monotone que la ligne dentelée, formée par les sommets des arbres résineux , alignés ou réunis en masses; tandis qu’une simple rangée d’arbres à tête ronde produit une variété agréable à l’œil.
La différence n’est pas moins sensible entre les aspects qu’offrent des allées ou des
I yfy EXECUTION D^S JARDINS.
masses de ces différens arbres , considérés de face. L’invariable régularité des branches de ceux de la première espèce exclut les moindres accidens de forme, d’ombre et de lumière, et présente une surface uniforme de verdure, assez semblable à unehaié d’une grande élévation. Au contraire, l’inégalité qui existe eutre les branches des arbres «à tète ronde forme dans la surface des mas- ' sif s> des saillies et des renfoncemens dont les dimensions, les formes et les positions déploient une variété sans bornes.
Les arbres à tête pyramidale ne produisent jamais plus d’effet que lorsqu’ils s'élancent entre des rochers et sur une surface très- irrégulière, mais surtout sur l’escarpement de quelque haute montagne, où leurs formes et la direction de leurs tiges semblent en harmonie avec les pointes de roc dont son sommet est hérissé. Voilà pourquoi les forêts d’arbres résineux sont tristes et monotones dans les vastes plaines de la Pologne et de la Russie, tandis qu’elles ont un caractère de grandeur et d’intérêt au milieu des accidens variés qu’offre le sol de la Suède et de la Norvège.