‹ Traité de la composition et de l'ornement des jardins: avec cent soixante et une planchesChapitre 32 sur 39 · CONSTRUCTIONS DIVERSES ET OUNEMENS · texte numérisé non relu

CONSTRUCTIONS DIVERSES ET OUNEMENS

5 I*'. Serres.

Cegenre de construction doit être traité ici en première trouvons là une transition naturelle pour arriver aux ha- Kgne, parce que la serre est un jardin couvert, et que nous bitations.

Il grmt soUTcnt que l'ardiitceie de jatdim se trouTe cikwgë decoDstftiire^ auprès d'édifices habita par l'opo-^ Imce et le luxe y les serre» devant rcnfenner les plantes csMliqnes^ ces trésors du maître» qui ne peuTent résister ans iBtemperies de nos longs hivers. C'est alors qu'il doit déployer toutes lt*s ressources de son génie^ pour qu'une jurte harmonie règne| entre sa fabrique et la principale eonstruction ^ elle doit l'égaler en richesse et en élégance , mais ne jamais*afBcher phis de luxe qu'elle , à moins ce« pendant qu'elle ne se trouve £iire partie d'une scène par* ticulière ; alors elle se trouverait plutôt en rapport avec le caraetère du jardin qu'avec celui de l'habitation.

Si, par exemple^ au pied d'une colline tournée au midi, Fon avait composé une scène rappelant les bords du Gange; le cocotier élancé , le noble palmier, le bananier au fruit savoureux^et mille autres végétaux curieux arrachés à leur patrie de feu, déploieraient ici leur feuillage pittoresque, pour remplir de leur ombre une serre dont la physionomie serait étrangère comme la leur* La même intention qui obligerait à cacher soigneusement dans le sol les vases tenant leurs racines prisonnières, ferait aussi que Fartiste chercherait à donner le change aux promeneurs sur le but d'utilité de sa construction. La serre ne rappellerait plus à l'esprit les rigueurs d'une saison , inconnue dans les climats que le soleil semble avoir adoptés pour patrie en y répandant ses plus ardens rayons ; mais elle augmenterait au contraire l'illusion , si on lui donne la forme d'un temple indien, ou au moins d'un monument destiné à un tout autre usage que celui pour lequel on l'aurait édifié* C'est ainsi que nous avons figuré, PI. 54» fig* i^

use coBstraetiom qui y Thiwr,. aeni tme très bonne serre ^ et Tété deviendra une saUe de danse. Pour ne pa» perdre de sa convenance , on cache aux yeux l'appareil du chaut» fage, comme cela devrait toujours se pratiquer; cette série est d'un style gothique, parce que nous la supposons placée dans une scène de ce caractère; mais on confit qu'elle peut avoir Fapparence d'une construction indienne^ turque^ chinoise, etc., selon le genre du tableau. La Planche 33, fig. i , représente la coupe d^nne serre ordkiaire, entièrement destinée à l'utile; elle ne peut, à vrai dire, être placée que dans un jardin fleuriste, le seul dans lequel elle peut se présenter avec convenance sans aucun ornement étranger. Un entretien assidu, beaucoup de propreté, et des eouches de couleurs à Thuile renouvelées au moindre besoin, telles sont les seules conditions qu'elle exige pour produire tout l'effet agréable qu'on doit en attendre. La figure et le plan que nous en donnons ont (Ué pris dans l'établissement de M. Noisette^ ainsi que ceux d'une bâche et d'un chftssis, et c'est pour les amateurs instruits la meilleure garantie que nous puissions leur offrir relativement à la bonne construction. La serre est couverte par deux rangs de panneaux vitrés dont le supérieur a s'ouvre au moyen d'une charnière attachée en b; l'inférieur est simplement posé et retenu par des crochets, ou ajusté avec une charnière eue, comme le premier. Au milieu de la serre, et dans toute sa longueur, est pratiqué un chemin (2, de chaque côté duquel s'élève im petit mur en brique pour contenir les couches et les tannées e e. Âu-dessons du chemin passe le tuyau du poêle U On volt dans le plan un petit cabinet ^j^prati<]Ujé

à Pentr^ pour allumer le poêle ft, et empêcher la ùmét Je noire aax plantes qai sont dans rinlërienr. On peut y placer des rayons pour poser les yases contenant des végétaux robustes, tels qu'aloès, cactiecs et antres plantes grasses. Si Ton veut , on peut faire de la même construc-« tion une serre tempërëe et une orangerie on serre froide; il ne s^agit pour cela que d'établir une séparation vitrée^ comme en i , et d'y arrêter le tuyau de chaleur, que Ton fera sortir en i& , au lieu de le prolonger jusqu en l et 77K, comme nous l'avons indiqué par des points sur le plan.

La bâche j fig. 2 , est une serre dans des proportions plus petites. Elle ne renferme qu'une tranchée , dans laquelle on établit le plus ordinairement un lit de terre de bruyère pour cultiver des plantes délicates en pleine terre. Elle n'a besoin que d'un seul rang de panneaux , parce que sa largeur ne va guère au-delà de cinq ou six pieds. Quelquefois on peut en faire une serre tempérée ou chaude^ selon le besoin^ en y établissant un tuyau de chaleur en/, comme dans la serre.

S'il arrivait , lorsque l'on veut allumer un poêle, que la fumée fit des difficultés pour passer dans le tuyau , il serait très facile de la déterminer à y entrer en chauffant ce tuyau avec un fourneau d'appel, tel qu'il est gravé dans le volume de Figures pour l' Almanàch du Box Jar- 01NIBR.

La figure 3, PI. 34) représente des détails de montans supportant les panneaux vitrés de la serre, de la bâche et du châssis. Le bois dont on les fera sera lo plus mince posaible^ cependant son épaisseur sera calculée sur sa

longueur et la force que les montans doivent avoir : il en est de même pour les panneaux; le chêne est celaî qui convient le mieux , parce que , lorsqu'il est très sec , il se tourmente beaucoup moins que les autres.

Le clidaaisf PI. 34^ fig» 3, est la plus simple des serre» et celle qui est aussi la plus employée. Il consiste le plus ordinairement en un coffre carrée long de 8 pieds ou davantage ^ et large de 4» formé avec de bonnes planches de chêne. A, fig. 2 et 3, représente les montans , creusé» en gouttière pour l'écoulement des eaux, recevant les panneaux vitrés, fig. 4* Ceux* ci consistent en un cadre en bob B , supportant des traverses ccc^ etc., aussi en bois , et soutenues en dessous aux points d d par des traverses de fer. Les verres peuvent avoir depuis 6 pouces jusqu'à 12 de largeur, selon qu'on a espacé les traverses pour les recevoir \ ils se placent à recouvrement comme les tuiles d'un toit. Le châssis est utile pour obtenir des primeurs, et pour abriter pendant l'hiver des plantes délicates , mais n'ayant pas besoin de beaucoup de chaleur.

Il est un autre genre de serres extrêmement agréables, dont on voit un très grand nombre en Angleterre , et dont nous avons connu à Paris deux jolis modèles, l'un chez M. Boursault, l'autre chez M. Noisette. Nous les aTons nommées jardin d* hiver ^ parce qu'on obtient^ par leur moyen , une charmante promenade au milieu des fleurs et de la verdure , pendant que les glaces, les neiges et les frimas désolent la campagne. Le modèle que nous en donnons. Pi. 36^ a été dessiné et mesuré chez M. Noisette-, il consiste en murs à hauteur d'appui, sur lesquels s'élèvent d'abord un premier rang de panneaux

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Titres peu incline a, a; puis un second rang formant le comble^iy b. Une allée traverse le jardin dans toute sa longueur, c, c , et peut prendre , si l'on veut , des contours gracieux; en d^ nous avons figuré une petite rotonde où l'on pourrait placer des bancs e, e. Nous donnons aussi les détails de la charpente : fig. i, A, Â, planches qui servent à tenir les fermes Tune à l'autre; B , B , autres planches servant à remplacer l'épaisseur des panneaux vitrés; C, C, planches étroites servant de faîte; D, étrier en fer. Fig. 2 , assemblage des montans formant les côtés et le comble. Ces di'tails de charpente sont sur une échelle double de celle de la coupe. Les arbustes et arbrisseaux que l'on cultive en pleine terre de bruyère, dans cette serre, doivent être choisis parmi ceux qui conservent leurs feuilles et fleurissent pendant Thiver. Les camellia surtout y produisent un effet des plus agréables.

Si une serre se trouve liée avec une maison d'une architecture gracieuse et riche ^ nous ne pouvons donner pour sa construction un modèle pi us élégant que celui que les amateurs ont pu admirer dans le magnifique jardin de M.Boursault, à Paris (Planche 37). Des colonnes Itères, que des plantes élégantes enlacent de leurs rameaux flexibles et fleuris, soutiennent le toit vitré; une allée large et pavée en dalles unies, traverse la serre dans toute sa longueur, et communique d'un côté à un salon décoré dépendant de la maison , de l'autre à une salle de billard occupant un des angles du jardin. A droite et a gauche du chemin sont des plates-bandes de terre de bruyère, où croissent ^ en pleine terre, les arbustes les plus précieux par leur rareté, et les plus brillans par leurs

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fleurs. Des bassins et des jets d'eau animent la scène, embellie encore par des statues et des bas -reliefs d'un grand prix.

On pourrait remplir en glace l'un des bouts d'un jardin d'hiver, toute la serre se trouverait répétée et doublée de la manière la plus surprenante. La dépense, cependant, ne serait pas aussi forte que l'on pourrait l'imaginer, car on emploierait beaucoup de morceaux de glaces de qualité inférieure, dont les joints seraient cachés par des tiges de plantes grimpantes. Nous avons pris des renseignemens sur ce fait dans le grand magasin de glaces de M. Bouchard, rue Poissonnière, près le boulevart, à Paris, et nous savons que, non-seulement la chose est possible , mais encore qu'elle a été exécutée par lui.

La serre représentée, PI. 35, fig. 1, existe à Alton- Towers , en Angleterre. Par l'étendue de sa façade et la richesse des ornemens, elle est certainement une des plus belles que l'on puisse voir. Elle forme comme le couronnenjent d'une grande scène, où sont répandus à profusion des terrasses, des pavillons, une grande tour chinoise et des constructions de tous genres, auxquelles le comte Charles de Shrewsbury fit travailler cent artistes et ouvriers depuis i8i4jusqu'aumoraentdesamort, en 1827. Elle se détache sur une colline boisée, où elle est, par elle-même, d'un grand effet. Son plan est une portion de cercle , que les Anglais appellent crescenly croissant; le dôme du milieu a 56 pieds de hauteur. Le mur du fond est en maçonnerie , le reste de la construction en pierre, et tous les châssis et supports en fer et en cuivre. Le pavillon du milieu contient une serre chaude, et les deux

autres des serres à divers degrés. Entre le pavillon central modèles de serres en fer et en bois, avec tous les détails et ceux des ailes régnent deux galeries à air libre, soute- nécessaires h leur construction.

nues par des colonnes en fer, et ornées de piédestaux supportant des vases de fleurs. Les serres de la société royale ^^horticulture de Bruxelles, que nous avous fait graver dans le Bon Jardinier de 18:28 , sont construites sur un modèle à peu près semblable ; mais les galeries à jour de celle-ci sont remplies par des serres. La forme de celle de Alton-Towers est plus agréable, et ses galeries, en variant Fornement , font un effet beaucoup plus noble et plus architectural.

Nous n'avons pas jugé à propos de faire graver ici les magnifiques serres nouvelles du Jardin des Plantes de Paris; elles sont d'une proportion qui ne convient qu'à un établissement du premier ordre, et ne peuvent servir k de simples amateurs; mais nous engagerons les personnes qui n'ont jamais été à même de jouir de la vue des scènes produites par la réunion des palmiers, des bananiers et des autres plantes des tropiques, à aller visiter les grandes serres : h , elles seront saisies d'étonnement , et elles admireront la végétation luxuriante des arbres d'un autre monde dans un local assez vaste pour que ces végétaux , *ux formes élégantes, aient pu y conserver leur port naturel , s'entrelacer et se grouper de manière à représenter une de ces forêts vierges que peu d'Européens puissent se flatter d'avoir vues autrement qu'en peinture.

Nous avons fait graver sur la PI. 27 uïie trop petite esquisse de ce magnifique tableau.

On trouvera dans le volume intitulé : Figures pour l'Almanach du Bon Jardinier , un grand nombre de

Les serres en fer ont , sur celles en bois, l'avantage de l'élégance dans les formes , et celui de masquer beaucoup moins la lumière. Un nombre immense de ces serres ont été construites, depuis quinze ans, en Angleterre et en Belgique; mais nous dirons avec regret que l'expérience leur a été défavorable sous le rapport de l'économie du combustible ; il est bien constant que , par la propriété inhérente au fer d'être conducteur du calorique , elles en consomment pour une valeur presque double » outre que le métal peut transmettre aux plantes qui en sont proches des courans électriques , peut-être nuisibles.

Nous avons encore fait dessiner en Angleterre, à Pf^O" horn-Abbey, une orangerie (grecn-house) construite suc un plan tel, que les plantes qu'elle renferme sont accessibles un plus long espace du jpur que dans les autres serres à la bienfaisance des rayons du soleil. Le plan, fig. 2, PI. 35, indique la forme de cette orangerie.* On conçoit quels avantages résulteront, pour les végétaux, de celte forme semi-elliptique, exposés qu'ils sont longtemps à l'influence de l'astre qui les vivifie. L'élévation est d'une architecture à la fois simple et noble. Si cette serre ne doit recevoir que des orangers et autres arbres qui ne végètent pas l'hiver, le toit n*en sera pas vitré; dans le cas où on la destinerait à des plantes végétantes, un vitrage formerait la couverture; enfin, on pourrait utiliser une semblable construction, soit comme serre froide, serre tempérée, ou serre chaude.

Dans le volume des Figures du Bon Jardinier, que

arons â^à cité» se trouve, pi. XLVI, Veapalier dorangera cle M. Fion ; nous aurions pu simplement xenvoyer à cette gravure pour l'exemple d'un conservatoire semblable ; nous avons prëféré donner ici la serre complète, et montrer que M. Fion n'est pas un cultivateur comme beaucoup d'autres , mais qu'à la fois bomme de goût et amateur d'orangers et de camellia, il sait allier l'élcgance à la simplicité, et l'économie au luxe architectural, autant qu'il est possible de rapprocher ces diverses qualités. On peut juger par la petite esquisse que nous donnons, PI. 35, fig. 3, combien est pittoresque dans son ensemble la serre qui recouvre en hiver son délicieux espalier d'orangers.

Nous répéterons à ce sujet ce qui a été dit dans les Figures du Bou Jardinier : « Nous ne pouvons asssez nous étonner que depuis plus de vingt ans que les praticiens et amateurs admirent l'espalier d'orangers de M. Fion , aucun d'eux n'en ait encore établi un à peu près semblable dans l'une de ces serres tempértes où les murs restent nus^ ou ne sont garnis çà et là que de quelques plantes grimpantes, la plupart insigniGointes. Un tel espalier n^exige pourtant pas de grandes dépenses^ et n'offre guère de difficultés dans son entretien; cependant il devient le plus bel ornement d'un jardin , et son produit n'est pas à dédaigner. »

La continuité d'une aussi longue galerie est interxompne par un rocher artiGciel à jour, fig. 4» ®^*vant de cadre au tableau d'une autre serre , où se déploient, à travers cette arcade de rocailles, les ridieflita que Flore j a semées généreusement sur les plus

beaux camellla et sur une infinité de végétaux prà:iettx.

Vis-à-vis de ce brillant espalier, digne du jardin des Hespéridesj commence un autre espalier, non moins intéressant, et qui fait le fond, la tapisserie, d'une riche serre de camellia. Le frontispice , fig. 5, PI. 35, présente l'entrée de cette magnifique serre ; construit en bois de bouleau qui a conservé son écorce, il est orné intérieurement des bustes de l'illustre Linnée et d'André Thouin de vénérable mémoire. On y lit celte inscription : MagU niieacet arte nalurcu

Nous avons figuré presque tout ce qui orne le jardin de M. Fion. La serre portative, fig. 6, PI. 35, destinée à protéger des intempéries un arbuste précieux abandonné à la pleine terre, est entièrement vitrée. Une porte verticale permet d'aérer et de soigner l'arbuste ; elle a 7 pieds de hauteur. Nous avons parlé précédemment , page 102 de divers objets représentés sur la PI. 37, fig. i, 3, 4? nous citerons encore, PI. 27, fig. 3, le petit kiosque élevé sur un rocher donnant entrée à une grotte ; construit de bois en grume sur lequel s'enLtcent les mille rameaux du lierre grimpant , ce kiosqae est très pittoresque.

Nous avons indiqué dans le volume des Figures pour LE Bon Jardinier un poêle en terre fabriqué par un jardinier ^ c'est sans doute le plus économique qu'il soit possible de concevoir. Nous allons en décrire un antre, plus important et plus puissant, etnonmoinséconomîque, fabriqué par M. Fion.

On a construit sur le sol  d'une serre, fig. 7, PI. 35, un poêle, B, en briques, le plus simple possible, sur lequel est un tuyau C, aussi en briques^ le t ont assemblé avec

de l'argile, débouche dans le tuyau de terre culte, E» dont la partie de t en t^ seule est en tôle , afin d'y adapter des clés.

Comme nous l'ayons expliqué , page 79 ( lo* ddilion ) du Tolume déjà cité , la fumée ne peut prendre son cours dans un tuyau d'une certaine étendue sans un fourneau d'appel. Ici , c'est un très simple fourneau en forme de petit poêle en tôle» G, correspondant lui-*mème, par un petit tuyau , au grand tuyau, E. Au moment d'allumer le poêle y on brûle quelques copeaux dans le fourneau d'appel ; la chaleur qu'il produit échauffe la colonne d'air ascendante , et cet effet suffit pour faire circuler la fumée du poêle. Avant de faire le feu, on ferme la clé 7i, que l'on n'ouvre que quand le cours de la fumée est bien établi. Il n'est pas nécessaire de construire un fourneau d'appel dans cette partie.

Le tuyau horizontal est masqué , en devant et en dessus, par une planche qui intercepte le rayonnement du calorique^ lequel agirait directement sur les plantes. Le dessus forme une tablette qui convient pour différentes espèces de plantes en pots.

Par cette description , on comprendra que le poêle de briques et ses tuyaux de terre cuite masqués par des planches doivent répandre une chaleur douce très convenable i la santé des plantes.

Ce n'est ici ni le Heu ni l'occasion de parler des soins à donner à une serre. Le Bon Jardinier^ ouvrage réimi primé chaque année , en a posé les bases élémentaires. Ce traité et la Retcjb HORTICOLE qui l'accompagne ^ mettent les amateurs au courant des modifications et des

améliorations progressives que la pratique a fait connaître.

Il reste donc à traiter Vart de chauffer les eerres* Deux moyens principaux sont en usage : le chau&ge par la chaleur sèche rayonnant des poêles , des tuyaux de fu« mée et des calorifères ; et celui par la chaleur douce et humide produite par des tubes d'eau chaude en circulation. Des articles détaillés sur cetle dernière méthode , et de bonnes figures ont été insérés dans les Figures pour LE Bon Jardinier et dans le numéro de janvier 1858 de la Revue horticole. 11 y a tout lieu d'espérer que le temps et la pratique apporteront avec eux des perfectionnemens dans ce mode de chauffage, le plus favorable^ sans contredit , pour la santé des plantes. Quoi qu'il en soit^ nous allons donner la description 9 accompagnée de figures détaillées , de deux calorifères. Nous croyons être d'autant plus utile en donnant ici cette description, que nous n'avons pas connaissance qu'il en existe dans aucun autre ouvrage manuel. D'ailleurs, le système des calorifères parait approcher de sa perfection , tandis que celui du chauffage par l'eau chaude en circulation est beaucoup moins avancé.

Le calorifère représenté PL 38 a été récemment exé« cuté , et l'on y a apporté toute la perfection dont cet appareil est susceptible.

Un poêle chauffe par la seule communication directe du calorique qui rayonne du combustible et du tuyau conducteur de la fumée. Tout se borne à diriger ce tuyau dans les chambres que l'on veut échauffer. Il n'a qu^utt seul courant.

Un calorifère se compose de deux conrans ; i^ celui de

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la fumée ; 2* celui de Pair qui environne les tujauz porteurs de la fumée ; il sVchauffe par leur contact , et porte epsuite cet air échauffé dans toutes les directions que l'on veut donner aux tuyaux qui le renferment 5 il sert donc à la fois à chauffer et à renouveler Pair.

. L'appareil auquel on donne le nom de calorifère, se compose d'une sorte de poêle ^ fig. i. La fig. 2 représente le plan pris sur la ligne VX. A est la grille du foyer. Sur le même plan que cette grille porte la cloche en fonte B, de laquelle partent les tuyaux conducteurs de la fumée C, F, fig. 3, communiquant successivement à tous ceux placés au-dessus, et terminant son cours par l'extrémité verticale F. Cette réunion^de tuyaux porte le nom àejeu âH orgue; leur nombre ici est de 8 , formant une sorte de grille conrnie celle représentée fig. 4» ^^ ^^ ^^ prise sur la ligne O, P, fig. 3. On peut en augmenter ou diminuer le nombre selon la capacité des salles à chauffer.

Au-dessus du jeu d'orgue, le vide E est séparé comme l'indique le plan fig. 5 , pris, sur la ligne S, T, en 4 parties par des cloisons en tôle.

La cloche en fonte , B , est supportée sur l'assise de brique, J, par des calles de 2 lignes de hauteur, de manière à laisser passer l'air froid , qui , arrivant de l'extérieur de l'appareil , s'échauffe au contact de la cloche, et des tuyaux, se divise ensuite au moyen des 4 cloisons supérieures, et prend son cours par les tuyaux G pour aller parcourir et échauffer les appartemens ou les serres. Si les 4 cloisons qui séparent le vide E n'existaient pas, le courant d'air pourrait, par quelque circonstance particulière^ se porter à un angle plutôt

qu'à l'autre , et la chaleur se répandrait inégalement;

Les 8 étages du jeu d'orgue communiquent entre eus de deux en deux , par les courts montans qui sont eu D. Un des montans est bouché ; le montant voisin est vide,' et ainsi de suite. Les cloisons horizontales qui sont dans le tuyau vertical F , forcent la fumée à faire un plus long trajet en la faisant revenir sur elle-même.

Les tuyaux du jeu d'orgue sont en tôle; leur construc* tion en fonte serait nuisible , en ce que leur échauffement serait plus long à se faire , et la fumée , par cette raison, ne pourrait y circuler. Le nettoyage a lieu par les trousextérieurs, fig. 1^ fermés par des tampons ou carnoia en tôle.

Cet appareil coûte 2,5oo fr.

Le calorifère PI. 59^ a été fabriqué par M. Morin , rue Saint- Jacques , 22^ à Paris.

Celui-ci est beaucoup moins compliqué, et ne revient qu'à 35o fr., sur une dimension de 3 pieds carrés, et pouvant échauffer un espace de 10,000 pieds cubes.

PI. 39 , fig. 1 , plan pris au niveau du foyer que l'on voit sur la fig. 4- Cette cage du foyer a son foyer A , ses côtés J, et le dessus L, fig. 4^ en plaques de fonte. ( Dans la gravure , ce qui est fonte est indiqué par des lignes cordées. )

Les lettres d , dans les fig. 1,2,0, indiquent un espace dans lequel la fumée circule avant de monter dans les tuyaux F. Elle s'introduit dans cet espace par les conduits O, fig. 3, 4» et prend ensuite son cours dans les tuyaux F, H, fig. 2, 5, 4» réunis par la buse G.

L'air qui sera échauffé par le contact avec le foyer et avec les tuyaux à fumée , entre par les ouvertures K , ex-

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térienrer^ ^g. 3^ 4> quî ^ prolongent sous la plaque du foyer, où il est pris par les i5 tuyaux S. L*air est pris aussi par les trous C , fig. i et 3 , et circule dans les deux caisses en forte tAle B. Les i3 tuyaux de fonte sont dans le foyer même , et l'air circulant aussi dans les caisses B , qui sont entre le foyer et Fespace i fumée rf, se trouve

encore ëchauffé par son séjour dans l'espace qui est entre la plaque supérieure de fonte L et le rang de briques M , fig. 5y 4 j oit passent les tuyaux F, fig. 2, 3. Cet air chaud sort par les ouvertures R pour aller circuler dans les tuyaux qui portent la chaleur aux pièces à échauffer.

$ a. Habitations et fabriques d'utilité.

Cette division comprendra des maisons d'habilation ornées et des habitations de moindre importance qui présentent un caractère particulier, soit de pys ou d'époque, tel que le caractère suisse ou le caractère gothique, et qui peuvent, par leur forme pittoresque, accompagner le paysage et être confondues dans le même tableau avec les constructions que l'on skppeMe fabriques.

Ainsi que l'indique la loi des convenances, Y habitation doit être en harmonie avec Taspect général de la composition. Or, on doit comprendre que si elle est préexistante, elle imprimera son caractère au jardin j mais que SI au contraire on a acquis une portion de terrain dont le site ait un ensemble parliculier , celui-ci servira de base aux convenances qui guideront dans la conslruclion. Amsi, placée au milieu ou à l'extrémité d'un vaste jardin symétrique dont le caraclère sera la noblesse et la majesté, elle s'élèvera sous la forme à'anpalais ou d'un chd- ^auj et la richesse de son architecture le disputera aux ïnarbres et aux bronzes dont ses alentours seront ornés. Nous ne donnerons aucun conseil sur la conslruclion de ce genre de bâtiment, parce que les jardins lui étant presque toujours subordonnés, ce serait sortir de notre

sujet pour entrer dans le domaine de l'architecture.

Par fabrique , on entend toute construction de forme pittoresque placée dans les scènes d'un jardin paysager, telles qu'une cabane, un pont, une tour, un kiosque, soit qu'elle serve delogementaux hommes ouaux animaux, ou simplement de resserre, ou bien qu'elle ait pour but unique d'orner la scène, de servir d'observatoire, etc.

Les peintres de paysage appellent fabriques les édifices qui ornent leurs tableaux.

Il résultera de ces définitions que nous employerons souvent le mot fabrique d'une manière générale pour toutes sortes de constructions pittoresques.

Nous nous occuperons au § llldes fabriques d'ornement et de récréation.

Quelques auteurs ont exclu les fabriques de leurs systèmes, tandis que des particuliers les ont entassées les unes sur les autres sans goût. On doit éviter également ces deux extrêmes, et, comme le peintre, n'employer les fabriques qu'avec discernement pour ne les placer que là où le site et le caraclère d'une scène les appellent. Alors, l'effet qu'elles produisent ne peut être qu'agréable par le pittoresque qu'elles jettent sur le point de vue et par l'in-

t^rét qu'elles inspirent dans la promenade. Avant de traiter du caractère particulier à chaque construction et de donner quelques idées sur la manière de les distribuer dans une juste et rigoureuse convenance, nous devons parler de Tingénieux moyen qu'indique M. de Viart pour juger ^ avant de les construire, del'efiet qu'elles produiront dans une situation déterminée. « C'est , dit-il, de dessiner, dans une proportion suffisante pour y bien exprimer les détails, Tédifice qu'on a le projet de cons* truire, présenté sous l'aspect qu'on croit le plus avantageux. On colorera ce dessin des teintes et des ombres convenables, et, après l'avoir appliqué solidement sur un carton, on le découpera suivant toutes ses formes extérieures. Elnsuite on ira placer, au lieu où on devra construire, deux jalons bien apparens, à une distance l'un de l'autre égale à l'étendue qu'on se propose de donner au plan de Tédifice. Puis on viendra se poser, avec le dessin à la main (qu'on aura adapté & un autre jalon), au point de vue principal pour lequel le bâtiment aura été conçu^ et le disposant dans la direction des deux jalons^ situés sur l'emplacement où l'on a l'intention de bâtir, et l'éloignant insensiblement de l'œil jusqu'à ce que les deux extrémités de sa base paraissent toucher le pied des deux jalons. Alors on le fixera à ce point en l'enfonçant en terre; ce qui donnera la facilité d^observer avec réflexion et de juger complètement de l'eflet que l'édifice pourra produire après son exécution, si le dessin surtout a été ombré d'après le jour moyen attaché à la situation de l'édifice. »

Loin de chercher à dépasser la limite que nous traçait

le but de notre TRAITA ^ nous avoas senti que nous ne devions figurer que des modèles d'habitations ornées, il est vrai, mais néanmoins point luxueuses, et pouvant être accessibles à la modeste fortune comme i la richesse. Avant d'entrer dans les habitations d'architecture plus régulière, nous pénétrerons d'abord dans la, ferme ornée et visiterons les bâtimens qui en dépendent.

Ferme ornée^ habitation et dépendances.

PI. 4o, fig. 1 , habitation de la ferme ornée dont le plan est gravé pi. 21. L'architecture est dans les convenances et les ornemens ne contrastent pas par leur richesse avec les bâtimens de la ferme. Fig. 2, 3, bâtimens de la ferme. On voit que l'on a cherché à en orner les formes, par le tracé même des lignes de la construction, sans y apporter aucun ornement qui pût porter à une dépense hors de sujet.

Les fig. 4> 5, 6, 7. Ecuries et vacheries ornées; fig. 8, 9, 10. Bergeries. Par la pureté des lignes on voit que les n°» 6, 7, 8, sont d'architecture italienne. L'écurie n** 8 est élevée au-dessus d'un sol humide et les animaux y arrivent par un perron en pente douce.

La PI. 41 contient trois moulins à eau dont les deux supérieurs ont été esquissés en Italie.

Un moulin est une fabrique qui réunit le plus éminemment l'agréable à l'utile. La partie de bâtiment particulièrement consacrée à l'usine s'élèvera d'une manière remarquable au milieu des autres constructions accessoires; celles-ci seront très pittoresques , si leurs formes ont de

la grâce et de la rariété, sans s'éloigner cependant du caractère qui lear convient. Les vannes, les ponts ^ les eaui se précipitant écnmenses sur les roues, le bruit qu'elles font en jaillissant, et même le tic-tac cadencé du moulin 3 tout cela combiné avec art contribue puissamment à la composition d'une scène charmante dont l'effet est toujours immanquable.

Sur la pi. 43, nous avons réuni les dessins des moulins â veni les plus pittoresques que nous ayons vus en Europe. Fig. 1. Moulin anglaisy s. Moulin hollandais^ 3. Moulin flamand. La 6g. 4 ^t celle d'un moulin existant dans un jardin particulier à Fleuri sous Meudôn; il est d'une forme originale et sert à faire monter de l'eau, comme celui de M. Panckoucke, pi* 97»

Fig. 5, pi. 4^, habitation rustique ornée dans le goût '^tàMeu pour un Tnétayer; a Cuisine, b Dépôt de graines et d'instrumens. c Chambre à coucher, d Escalier, e Cabinet. /"Four, g Fontaine.

Fig. 6, maison de forme indienne, destinée au logement cTun pécheur; elle est tirée du jardin de Muskau. Fig. 7, autre habitation ayant la même destination. La maison du pécheur fera naître dans l'âme du promeneur une douce émotion. C'est là que le chasseur, ennuyé d'attendre vainement a l'affût la sarcelle au joli plumage ou la rusée poule d'eau, viendra se reposer au coin du modeste foyer où la femme du pécheur prépare le repas de famille.

Fig. 8, g. Entrées de ferme et de maison des champs. Ce ne sont pas toujours les coiistnictions les plus travaillées et les plus délicates qui sont les plus pittoresques ;

ces deux portes , d'une architecture simple , en sont la preuve.

Nous avons donné des plans de fermes ornées et d'uu hameau orné. Dans les premières nous avons considéré ces établissemens utiles dans tout leur développement ^ et sur un grand terrain. Le hameau orné est un lieu de plaisance, une grande maison que l'on a divisée en petits pavillons séparés. Il nous reste à indiquer une seconde sorte de ferme ornée qui peut se renfermer avec toutes ses exploitations et ses ressources dans une propriété de trente arpens. Celle-ci sera la métairie ornée. Elle a beaucoup de rapports avec le hameau orné.

Souvent une maison de campagne est accompagnée d'une basse-cour , et d'une cour pour écuries et remises ; tous ces bâtimens se touchent, ils sont disposés comme s'ils étaient à la ville, et rien dans cet arrangement n'est pitto* resque; voilà ce que nous proposons de réformer. Nous supposons l'habitation du mahre placée seule et le plus avantageusement possible, mais quant aux bâtimens d'utilité nous proposons de les construire à une certaine distance de cette habitation.

L'écurie formera un bâtiment placé près de celui qui servira & ranger les voitures j plus loin l'étable aux vaches, la laiterie, le pigeonnier, une petite grange, le poulailler, les volières où s'abriteront les paons, les canards de Barbarie et autres oiseaux de curiosité qui orneront la métairie, et seront renfermés, dans son enceinte, avec lea animaux utiles, sans pouvoir s'échapper dans les jardins. On n'oubliera pas la maison de la fermière, et même un pavillon rustique où se trouvera une salle à manger pour

les maîtres quand ils voudront aller faire un déjeuner champêtre à la métairie, qui plus souvent, peut-être, sera appelée la ferme. Tous ces bâlimens seront de conslructîon simple, mais légère et relevés par quelques peintures qui diversifieront la couleur de chacun^ de manière à les faire contraster avec goût et vraisemblance. Ils seront disposés comme au hasard autour d'une pelouse d'un demi-arpent, irrégulière, sur laquelle des arbres projetteront leur bienfaisant ombrage. On n'oubliera pas la pièce d'eau appelée mare dans les cours de fermes, mais qui, ici, sera tenue avec propreté, et dont l'eau sera renou* velée par une chute, ou par un jet qu'alimentera un réservoir supérieur. On conçoit tout ce que cette petite métairie ajoutera d'agrément k une maison de plaisance. Ce sera un tableau naturel, animé, qui formera contraste avec les jardins paysagers et fleuristes : on ira à la ferme comme on va au village voisin, ce sera un changement de lieu, puisque sa physionomie sera toute différente, et cependant on y sera parvenu sans fatigue, en traversant quelques bosquets, une prairie artificielle, dépendance nécessaire de la métairie.

Souvent nous avons vu dans des jardins un commencement d'exécution de ce projet, mais il y manquait beaucoup de choses pour le compléter. C'est seulement chez madame veuve Delisle, à Sèvres, que nous l'avons rencontré avec tous les charmes que nous lui prêtions dans notre imagination.

La planche 43 représente deux vues de laferm^, un des omemens remarquables du beau parc de madame Delisle«

Restaurateur d'une propriété créée par Louis XV pour madame de Coislin^ et possédée ensuite par M. Pujol, le beau -père de notre grand artiste Horace Ycrnet,' M. Delisle^ entre autres embellissemens qu'il exécuta dans son parc> établit un petit hameau auquel il donna le nom Ae fermée. Sept ou huit fabriques, quelques-unes rustiques, les autres d'un style plus relevé, forment l'ensemble de ce hameau, placé dans la partie haute du parc, loin du château, et autour d'une esplanade ombragée par de grands arbres. Une maison pour la fermière, modèle des habitations de ce genre, qui garde son caractère champêtre^ sont les omemens que le luxe y a réunis; c'est le principal logis de ce village en miniature. Des poteries anciennes et de tous les pays, un dressoir sculpté pour les faïences , la verrerie et l'étain, des meubles en bois taillé par les artistes des 17* et 18* siècles, sont ce qui recommande aux visiteurs l'intérieur de cette maison sous le chaume de laquelle on ne s'attendrait pas à trouver des curiosités chinoises cachées dans un cabinet, tout étonnées qu'elles semblent être d'avoir pénétré sous un toit normand, et^ mieux que cela, une tête de sainte> témoignage délicat et précieux de l'habiletd qu^ou avait au 1 5* siècle à sculpter le bois avec finesse. Des fabriques revêtues de peintures à effet par un décorateur italien servent d'écuries, de remises, de cabanes pour les animaux de basse-cour, de pigeonnier et de fromagerie. Un pavillon bourgeois, divisé en plusieurs petits corps, domine la ferme et, comme la maison seigneuriale, est assis non loin de l'église. Car^ il y a une église, ou pour dire plus vjrai, une chapelle, d'un style gothique et rustique tout à

la fois, qui se fait remarquer par ses portes de boîs senlptées à la manière des i3^ et i4^ siècles^les capricieux ornemens de quelques bois dores accrochés à ses mnrs^ les beaux vitraux à figures d^anges et de sainls que Sèvres a exécuta pour elle ^ et surtout par un délicieux tableau, T Adoration des magesj un des meilleurs morceaux de Jordaens» Une laiterie et une étable à vaches sont proches du hameau. La laiterie est un charmant détail avec ses consoles de pierres blanches^ son pavillon, sa large table ronde et ses grandes jattes de blanche porcelaine.

M. Delisle mourut avant d'avoir mis la dernière main à son œuvre chérie, Tœuvre des loisirs que lui laissait une grande industrie dirigée avec activité^ intelligence et probité. La mort le frappa subitement quand il allait jouir avec délice de tous les biens : une famille excellente qu'il aimait eu époux, eu père tendre^ des amis qu'il avait acquis par la solidité de &es qualités sociales^ enfin cette demeure quasi -royale que, lui, négociant^ s'était faite sur le terrain des menus plaisirs d'un roi voluptueux. Le ciel lui devait de plus lougs jours, car il était bon, généreux et sensible.

Le romantique jardin Delisle, par ses points de vue sur la plus belle partie des environs de Paris, par ses déb'cieux ombrages et par ses ornemens, est un des plus remarquables des environs de Paris. Nous aurons bientôt l'occasion de citer celui de M. Panckoucke où les richesses pittoresques sont répandues avec un rare discernement.

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