‹ Traité de la composition et de l'ornement des jardins: avec cent soixante et une planchesChapitre 33 sur 39 · ITALIENNE · texte numérisé non relu

ITALIENNE

Pailla j Casin.

En latin comme en italien le mot idUa signifie une maison de campagne^ Cependant en Italie, l'usage est d'appeler villa une maison de plaisance considérable hors de la ville avec des jardins d'agrément ornés de tout le luxe des arts. C'est ce que nous appellerions un palais, un château. On a donc tort, en France et en Angleterre, de désigner sous le nom de viUa la moindre bicoque.

Le Casin (casino) est, en général, une maison de campagne de petite proportion : cependant on en voit eu Italie de très grands et très riches, que l'on décorerait volontiers ici du nom de châteaux.

PI. 44) fig- 1% Casin de Raphaël, dans le faubourg du Peuple à Rome. C'est là que le grand peintre venait passer quelques instans de récréation avec ses nombreux élèves. L'intérieur est encore orné, particulièrement sous le péristyle, des peintures à fresque exécutées par eux.

2. Celui-ci existe aussi auprès de Rome comme celui de Raphaël. Il porte éminemment le caractère d'architecture italienne.

3. Très simple casin dans le faub. du Peuple à Rome. 4« Casino negroni près de la promenade de Vacqua

sole à Gênes. Celui-ci rappelle l'architecture toscane quant à l'ensemble. Les détails, de fantaisie, tiennent du gothique.

Nous avons esquissé quatre caractères dilTérens de ce genre de maisons de campagne.

PI. 4^9 Fabriques dliabitattons an hameau omêiiomr pose par M. Canîssié, pi. 30* Fig. i. Presbytère^ a^ vestibule; bj cuûine; c, parloir ou petit salon ; d^ oratoire ; e, salle à manger; fj jardin fleuriste; ^, jardin potager. Fig* 2* Ecole: a, école de garçons; b^ école de filles; c, eours; d, hangar pour les récréations; e^ Teslibule et parloir; f^ atrium du logement des matlre et maîtresse ; gy escalier. Fig. 5, observatoire.

PI. 469 Fabriques italiennes dlinbitation. Ce genre de construction se fait remarquer par des lignes pures et une simplicité pleine d'élégance. Nous allons donner plusieurs exemples de ces habitations. Les fenêtres sont de petite proportion et peu nombreuses à cause du climat. De même les toits débordent de beaucoup la ligne du mur , afin de concentrer autant que possible la fraîcheur intérieurement ; ces toits sont peu inclinés^ parce qne l'on a moins à craindre le^ neiges et les pluies continuelles. On remarque fréquemment, dans les fabriques italiennes, des galeries couvertes, des terrasses ornées de vases de fleurs, et enfin la gracieuse pergole.

Les fabriques de la pi. 47^ sont destinées au hameau orné de M. Canissié, pi. 20. Fig. i , petite maison. Fig. 2, chaumière vue de face et de côté. Fig. 3, pavillon principal du hameau : a, vestibule; b^ antichambre ; c, salle à nanger ; d^ salon ; e, salle de billard \f^ cabinet de jeu ; g, serres formant jardin d'hiver et galerie de fleurs ; A, pavillon d'ami; i^ pavillon d'habitation du matlre.

Pour joindre ensemble tout ce qui porte le caractère italien, nous avons dessiné, pi. 48 à 5i , diverses fabriques de ce genre.

PI. 489 fig* 1 • Parillon accompagné dVise cfaarmante pergole. Fig. 2, autre pavillon desli&é à oontmr «ne laiterie dans son soubassement.

Pl. 49» fig* I9 maison d^habitation d'un métayer, 2, plan. Fig. î, pavillon pour un artiste, 4, pbiBS. Fig. 5, fontaine ; 6, volière.

PL 5o, fig, I, 3, pavillons d'ornement pouvant servir deivndez-vous de chasse, 2, 4^ plans. Fig. 5, exèdre couvert pouvant servir de belvédère s*il est placé sur une terrasse élevée.

Pl. 5 1 , fig. I . Le dessin de ce pavillon, où tout respire la grâce et l'élégance, avait été proposé à noire grand artiste Talma. Sa mort en a empêché Texécntion. Les fig. 2 çt 5 sont des pavillons de repos. Le n* 4 peut servir d'entrée à une propriété. Sous le pérystile est un grand escalier. Les n<» 5, 6, 7 offrent des porches d'exécution anglaise, destinés aux mômes usages que ceui de la pl. 67.

Maisons transportables.

Voici une fabrique qui, sans doute, n'a jamais été indiquée dans aucun livre. Nous avons reçu en communication de M. Gavori, architecte, le plan d'une maison i un étage, pl. 52, dont toutes les parties peuvent se démonter, et le plan d'un semblable avec rez-de-chaussée seulement, pl. 53. Nous avons fait construire un pavillon transportable d'une partie du jardin à une autre, pl. 64. !

Deêcription delapL 53 far M. Gcusforu

PI. 5», fig. 1, pièce d'eivkrëe où est l'escalier dn premier ëfAge; la moitië de la. surface da rez*de*chati»^ serti un salon ou salle à manger^ et derrière la pièce d'entrée est un c»btnet pouTant être utilisé comme caiaine.

Fig. 3, le premier étage est dlrisé de méme^ sauf que le palier est rétréci par une alcôre disposée sur la largeur.

Pour rendre celte maison mobile, il faut qu'elle soit entièrement construite de bois assez léger, et que toutes Iles pièces soient ajustées de manière à pouvoir se démonter facilement et sans crainte de ruptures. A cet effet , les pands poteaux» 6g* 2 et 5, sont retenus par trois moïses ^Ds la hauteur et sur chaque face. , La moise inférvbure 6, fig. 5 , sert au niveau du "plan- Icber qui est disposé en feuilles encadrées.

; Ces moïses sont raidies et retenues d'équerre par les icrohc de Suint-Ândfë , fig. ^, auxquelles on rapporte l^lamboardes pour supporter le plancher. Ces croix de ot-André se rapportent an plancher haut du deuxième

Dans les mettes moïses reposent les bâtis en menuiserie dont le poteau d^huiseeriee^ fig. 5, porte les gonds des C^Mte et portes* Ces bâtis ont , en outre , des poteaux |f sngtes/^ pMiant une lang^tte qui s'embreuve dans une CMlissefittte dans les grands poteaux f ces bâtis sont enfile reeottverts à l'extérieur de feuilles de zinc ou de Ule, dosées, sur lesquelles on fait les peintures. Des pMrtet oafkrécaeii via tiennent en outre les bâtis aux po- 'caax» L'iaAérieiv des bfttia est caché par des châssis ten-

dus^e toiles^ sur lesquelles on fait des pctniBres o« qnr l'on couvre de papier.

Le plancher du premier étage est plus simple qne les autres : on se sert de lambourdes de 5 ponces de large sor 4 de hauteur, et elles reposent suer des tasseaux cloués aux moises et retenus par des brides coudées. Leparmet^ toujours enfeuillesys'appliqtte dessus^ le dessous des plafonds est aussi formé de châssis légers vissés sur les moises et soutenus par les corniches rapportées, en menaiserie, se vissant à la hauteur nécessaire.

Le comble est fermé de quatre arbalétriers A, battant sur les t£les des poteaux cormiers B, comme aux fig. i5 et i3 bis^ pi. 54) et de l'autre dans le poteau du milieu , formant poinçon, fig. 12, pi. 54/Des bouts de pannes Dj fig. 12, assemblées dans les arbalétriers au moyen de chevilles retiennent les arbalétriers, et pour diminuer Pespa* cement du comble, on assemble dans ces pannes des cfae* vrons E, allant bâtir sur le poteau du nrilien; le tout est retenu pardes plates*bandes à vis.

Tout le comble est couvert ensuite par desvoliges snr lesquelles on étend des toiles cirées ou des toiles à bannes goudronnées. Ces dernières sont meilleures en ce qu'elles ne se percent pas aussi facilement à l'effet de la pluie et du soleil.

Tôt» les omemens extérieurs sont en menuiserre et ra» tenus par des ferrures ; les grands poteaux devront étropréfifrablement en sapin plutôt qu'en chêne, le bais étant moins sujet à se coffiner. A cause de la grande flexibilité, tous les bois doivent être de clmx et pmts sur tovtes les faces pour leur éviter Flmmidilé qui ks ferott gonfler oa

resserrer, ce qui nuirait à la perPection et à la solidité. La fig. 7, pK 54j représente une moise portant le parquet avec toutes les entailles & y pratiquer pour les grands poteaux, les poteaux des châssis et les croix de St-Ândré ; la fig, 8 est la coupe de la croix de St- André et TentaîUe dans les moïses. Fig. g, lambourdes intermédiaires supportées par les cbantignoles , et affleurant les moïses au milieu du bâtiment^ fig. lo, assemblage de la croix de St- André pris au milieu ; fig. 1 1 , assemblages el poteaux de l'escalier; fig. i2, détail de la forme du comble: arbalétriers avec leurs pannes et chevrons ; fig. 1 3 et 1 5 bis, assemblage et coupe de l'arbalétrier et de la tête des poteaux ; fig. 14^ caissons formant pilastres et cachant les poteaux i fig. 1 5, les corniches en menuiserie à hauteur des moïses.

PI. 53. — Ce pavillon construit tout en menuiserie, est composé à chaque angle d'un poteau cormier a de 5 à 6 pouces d'équarrissage retenu haut et bas par des sablières , les serrant en outre par des équerrcs en fer qui sont entaillées à fleur du bois; les pelits poteaux dj sont aussi serrés par des moises embrassant ceux du centre e, et soutiennent en haut les arbalétriers/, dans lesquels ils sont assemblés.

Le comble est composé de ces arbalétriers dans lesquels on assemble les pannes^, qui portent les petits chevrons en ais de bateaux , sur lesquels on assemble de la volige très mince quo l'on recouvre soit de toiles à bannes, soit de zinc le plus léger.

Les châssis de remplissage sont en menuiserie, tendus de toiles légères et contrecollés , soit de papiers de ten-

tures pour l'intérieur , et en zinc ou bois léger pour l'extérieur.

Fig. 1. Elévation. — a, plan du plancher bas ; — 3, détails du poteau d'angle de l'entrait et de l'arbalétrier; — 4> P^^w ^" comble; — 5, charpente de la façade , — 69 ctj salon ; — i, chambre à coucher ; — c , cuisine; — cZ, salle à manger; — c, lieux d'aisance.

Les détails de la pi. 54 s'appliquent en partie à ce pavillon.

Le cabinet transportable, fig. 16, pi. 54, a 6 pieds de long sur 4 et demi de profondeur. Construit en sapin i panneaux minces, il est couvert en zinc et peut être transporté dans son entier par quatre hommes.

Habitations anglaises, cottages, papillons (Centrée,

Le cottage peut se distinguer de deux manières : le cottage simple et le cottage composé. Celui-ci servira d'habitation dans les compositions qui ne seront pas d'une vaste étendue, parce que son caractère étant Télégance sans luxe, et ne pouvant être non plus établi sur de grandes proportions , il ne serait que mesquin dans une scène majestueuse; mais si on emploie le cottage composé comme fabrique d'ornement , on peut alors l'admettre dans les grands jardins ou parcs paysagers ; jamais dans les compositions symétriques. — Le cottage simple deviendra fabrique d'utilité : ce sera le pavillon d'entrée, la maison du garde, la chaumière du jardinier, etc.

Les cottages sont de jolies fabriques dont on peut faire usage dans les jardins paysagers , et ils sont trop peu

connus en France. Ces constructions ne ressemblent en rien à nos maisons de campagnes parfois si lourdes, si massives sous leurs toits disgracieux. Imaginez une composition d'une architeclure légère , où le stjle , parfois oriental , sliarmonise avec simplicité avec celui des plus jolis casins italiens , et s'élançant svelte au milieu d'une galerie treillagée appelée Véranda; imaginez cette construction blanchie chaque année , et dont il n'y a pas un des accessoires extérieurs qui ne porte avec lui un carac«tère d'élégance , sans même en excepter les fûts des cheminées, et vous aurez à peu près l'idée d'un cottage anglais.

Nous dirons par occasion , que ce genre de fabrique fait d'autant plus d'effet dans les campagnes d'Angleterre, que U il n'y a point de ces murs noircis et décrépits qui, chez nous, arrêtent la vue & chaque pas, nous empêchent de jouir librement des beautés de la nature, et réveillent en nos âmes les étroites combinaisons de l'égoïsme social. Ce qui le plus souvent forme la limite d'une propriété , chez nos voisins, c'est un limpide ruisseau sur le bord du* quel vient mourir une prairie verdoyante, bien nivelée, à l'herbe fine et serrée, ou bien encore c'est une haie plantée d'arbustes odorans. Si l'on n'a pas vu l'Angleterre, on ne peut se faire une idée de la coquetterie avec laquelle sont groupés les bouquets de bois, les jardins et les cottages. Si ces campagnes n'offrent pas l'admirable aspect de celles de France, si riches par leurs productions agricoles^ parleurs ooteaux tapissés de vignes, du moins Êrnt-il avouer que la gaîté et le charme instinctif que l'on éprouve devant un cottage anglais , donnent bien à l'a-

vance l'idée de comjort délicieux que l'on rencontre à chaque pas que l'on fait dans l'intérieur.

Les Anglais empruntant l'architecture des habitations italiennes, ont appelé improprement yiLL\s leurs cottages les plus beaux ; ce mot^ dont on se sert depuis quelque temps en France, est devenu , ainsi que nous l'avons déjà exprimé, un abus que nous ne devons pas partager. Adopté par les anciens Romains, le titre de villa signifia d'abord simplement^ séjour de la campagne ; Yarron reconnaissait la yiUa urbaruiy maison du maître, et la villa ruatica^ maison du fermier ou métairie \ mais après lui le luxe auquel Lucullus donna un si grand élan , remplaça la simplicité, et le mot villa ne fut plus employé que pour désigner la résidence somptueuse, extra muros^ des empereurs et des plus riches citoyens de Rome : c'est dans cette dernière acception que nous le comprenons. La villa d'aujourd'hui, c'est un palais hors de la ville, avec ses jardins réguliers ornés de statues de marbre , de jets d'eau, de quinconces ^ l'Italie nous en offre les plus beaux modèles; Lucullus, Néron, Adrien en furent les créateurs. Les plus admirables des temps modernes sont les villas Aldobrandini , Pamfili , Madama. St-Cloud et Meudon, près Paris, peuvent donner une idée de ces compositions grandioses.

En Italie, ce qui vient de plus riche après la villa se nomme Casino , Casin : celui-ci est moins symétrique dans son style et admet le genre paysager.

Or^ un cottage ne peut se désigner par un autre nom que co^/a^e.Les Anglais ont créé ce genre de fabrique, de même qu'ils ont mis en usage^ en Europe, les jardins paysagers.

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