GOmiVS PEms MONETAR. Buste diadémé, à droite
^. LVGDVNO FIET. Globe terrestre accosté de deux chrismes; au-dessus s'élève la croix planant aussi au-dessu» de deux , étoiles.
Pour comprendi e cette composition, il faut se reporter à ce que nous avons dit à la médaille n« 47 et l'interpréter ainsi qu'il suit : <c Orbis a cruce servatus. » « Crux excclsa in cœlis in lamine gentiam. » Celte monnaie appartient plutôt à la période des monétaires
DBS INSCRIPTIONS MONÉTAIRES. , 333
qu'à celle de l'anarchie. Le revei-s est cumiiosô avec beaucoup de soin, el nous l'avons reporté vers la lin du mouuayago mérovingien, à cause du principe que nous avons posé au commencement do ce monnayage et que nous voulons péremptoirement établir en le terminant. (7otr Utre ÎV, eh. S, p. 20.)
De la valeur des lettres qin acco^lent la croix.
Les deux lettres LV qui accostent la croix doivent fixer notre attention encore une fois et nous reviendrons plus. Aux médailles m 48, 49 et 50, nous avons donné' d'assez amples développements sur ces compositions, nous prions donc de s'y reporter.
La précieuse monnaie de Lyon que nous avons sous les yeux révèle dans la légende du revers son origine, elle y dit son propre nom. Et cependant nous retrouvons dans le champ les lettres LV gravées, ce qui est plus fort, sur ce même côté, sur ce même revers que le nom de la ville Lagdmo^ inscrit en toutes lettres dans la légende circulaire. Si les deux lettres du champ LV n'ont d'autre valeur que 'd'être l'expression du nom de la ville, nous' sommes en présence d'une anomalie {Voir tU. F, p, 23, g ÏII); mais sans être exclusif, sans rejeter cette opinion qui rentre au contraire dans notre doctrine, nous ne cessons de répéter que des lettres centrales, ou des lettres accostant un signe, peuvent avoir la mission de dire le nom du pays et d'entrer encore en combinaison avec le signe pour exprimer une sentence chrétienne; nous disons que tout spécialement ici les deux lettres LV accostant la croix ont pour fonction principale de concourir à exprimer une sentence religieuse, que nous venons de formuler, puisque le nom de la ville était déjà gravé sur ce même côté dans la légende. Et une preuve que le créateur du type l'a ainsi voulu, c'est qu'A pouvait exprimer le nom national d'une autre manière et qu'il ne Ta pas fait. Ainsi, il aurait pu l'exprimer par les lettres L D ou L G. Enfin il faut admettre, comme un principe inconlcstabie, que les lettres qui accostent un sipe chrétien et surtout la croix, sont en relation directe avec ce signe, concourant à exprimer avec lui une sentence chrétienne.
BB LA COMPOSITION
Celte monnaie est religieuse ùTavei^setau revers, et nous sommes convaicu qu'elle a été li appée en souvenir d'une mission : « Doccle geulee, baptisantes eos. »
L'avers le révèle par sa composition, encore que BoiiLeroiie ait pris l'apAlre, le missionnaire évangélisant, prêclianl la doctrine du Rédempteur, ]iour une figure nne. L'art ét^it incapable alors de reproduire autrement la scène que nous interprétons. (Voir BouteroUe, p. 35êy et la pl. page :l{0.) On trouvera aussi dans les monnaies de la Flandre que nous expliquerons, un martyr dont les traits ne seront pas mieux reproduits.
L'avers expli(iue le revers, el rice versa. Nous lisons donc ainsi l'ensemble de cette cunij Mtiou, l'avers se liant au revers : « Aposlolus docens génies ; \iial iesas Wedcinplor; \ ual \e$us Rex.
Telle est l'imporlance de celle monnaie au point de vue de nos annales historiques, ei surtout au point de vue clirétien, que nous avons cm devoir la reproduire, avers et revers, n« l*"" des monnaies supplameniaues, dernière planche. {Voir donc celle planche.)
22. Bnste diadémé, à droite. Croix au-devant nr. « Per crucom; » « gratiâ Ghristi rex. >
1^. En légende : quatre croix posées entre deux points sphériques anx quatre points cardinaux = t Grux régnât inter orbes. > En marque centrale : croix anx quatre angles d'un carré, ces croix trinitairemeni combinées avec les croix de la légende. Au centre : cercle, emblème de l'éternité, ayant un point sphénque au milieu et quatre autres qui Taccostent en croix = c Crux ftindam^itum teteme civitatis, orbis per cracem et Trinitatem salvus erit in setemum. t
Cette composition a été puisée dans les livres sacrés : « Et ostendit mihi civitatem sanciam lerusalem descendentem de cœlo, a Deo liabentem rlai italem î)ei. ^
« Et civitas in quadro posita est el longiludiuo ejus lanta est quanta etlatiliulo.
» Clariias Dei illuminavit eam. et lucerna ejus est Agnus. > (Apoc, 21.)
DES INSCRIPTIONS HONiTAlRES. 227
c Ecce pono in Si «m iapidem summum^ anguiarem electum, pretiosum. » (P. E., 1^)
« Ipso summo aiigulari lapide lesu-Chrislo. » (Eph., II. 20.)
{Voir n"^ 9. 10, 12, J5, 16, 11 et 18 du 5« tableau j i et 21 dit 6^ tableau, aimi que fes textes qui y sml relatifs; p. 100 à H9,et p, 120 et suw.; p. 1ë4 el suiv.)
45. En marque centrale : un grand D à la partie supérieure duquel
est suspendue une croisette. Au-dessous : un R. Ces lettres
sont très-dégénérées.
Monogramme mixte. Emission secondaire.
Interprétation : Dm per crucem lH$àemptor.
% En marque centrale : Altarium et C carré, c Altarinm Cbristi. > L'avers et le revers doivent s*nnîr et donnent cet emblème : Grux JM Wmpiùris Ara Ghristi.
La croix, suspendue au D central de Tavers, fixe bien le caractère chrétien de cette composition. Elle le lui donne même à un haut degré.
46. En marque centrale : D, au-dessous, l'abréviattf horizontal ==
Deus = Dominus.
^. En monogramme : AVEM. c Ave Mana. » Et liant la vers et le revers, on a cette sentence : t Ave Maria Mater Det. >
Dans la Rmt$ wtwitmatiquê de Tannée 1838, ces deux monnaies ont été Tobjet d*ttn artide de M. de Saulcy.
Ce savant numismate a d'abord vu dans le D de l'avers l'expression Denarna; puis, on l'initiale da nom de Thierry IV dont le nom tudesque s'écrivait et se prononçait Diederich Deodericus, ou Tmitiale de Dagobert m.
Nous avons pensé que nous pouvions, de notre côté, présenter notre interprétation.
Et, tout d'abord, nous ne considérons point ces deux monnaies comme des monnaies royales. Klb s appartiennent évidemment à l'époque de licence et que l'on a dite de transition, M. de Saulcy le dédare lui-même; or l^état de ces deux pièces, les lettres el les signes
(iégéiiéri^s qu'elles portent, disent qu'elles sont d'émission Ircs-secoU' daire.
Et sur les monnaies de cette époque, les signes et les lettres que nous trouvons au centre des deux pièces mérovingiennes que nous exammous, formaient des emblèmes clirétiens, comme on peut le voir aux n"» 51, 5i2, 53, 54, 57, 58, 59, 60, 61, 62, 63, 64 et suiv., pl. II.
Cepomlani au revers, M. de Saiilcy a vu, sur ces deux pièces, le monogramme de Metz. Nous avouons qu'il nous est difficile de voir ce monogramme sur le iv 45. Sm- le n - 4fk on put voir, comme nous le disons nous-mème, les deux leltres E M. On lire un argument en faveur de rattribulion de ces monnaies à Metz, du lieu où elles ont été trouvées.
Elles ont été trouvées aux environs de Trêves; or Trêves était un important atelier monétaire. La dégénérescence des types a dû s'y faire sentir moins promptement et moins profondément que dansnn grand nombre d'antres ateliers mérovingiens si souvent éphémères, et surtout à Fépoque de licence oû nous sommes; d'où, pour nous, la conséquence que ces monnaies ne proviennent pas de Tatelier de Trêves, mais plutôt de ces ateliers que l'impuissance des pouvoirs publics de la fin des rois mérovingiens avait laissé se produire partout.
VeulK»n absolument qu^elles émanent de Patelier de Metz, nous n'y faisons point opposition. Nous trouverions alors un nouvel exemple de ces créations monétaires du moyen-âge visant souvent aù double but d*évoquer, et avec le nom du payis, une idée religieuse, une idée chrétienne bien affirmée ici par cette croisette suspendue, dans le centre de la monnaie, au grand D avec lequel elle se lie ainsi in> timement. €ette composition nous reporte à ceUe que présente le n« 00 de la même planche. La première : «Crux B» ïiBiimptùris; » la deuxième : c Grux Domina in Altis, » suivant le texte des livres, sacrés.
DES WSCRIFTIONS MONÉTAIHES. 329
Ih FinUrprélatim de» émix hures M A qtU aeeottent la erùiXf Mf Â, . iur un grand nomb-e de numnaiet méronnffiennn.
Nous avons parcouru et expliqué les types principaux des monnaies mérovingiennes. Avant de quitter cette numismatique si remarquable, nous devons donner l'inlerprélation lîo deux lettres qui accosLent la croix sur un grand nombre de monnaies. Ces deux lettres so;it M et A placés de chaque cOté da symbole de la rédempUon, aa-dessoas de son horizontale.
On trouve ces deux lettres sur presque toutes les momiaies frappées à Marseille par les rois mérnvinf?i('ns.
Or, les moimaies dont nous parions offrent trois périodes d^émission.
i» Période.
C'est Ghiotaire l** frappant la monnaie de son effigie avec son nom en légende. Au i^, o*est la légende : c Victoria 60TTIG A; » et au centre, la croix accostée des deux lettres M A. Ici, dit-on, pas de doute, ces deux lettres expriment le nom de la ville, le nom de râtelier monétaire où cette pièce a été ftappée, c'est Marseille, « MastiUa. > Nous somme? d*aecord, mais nous ajoutons, avec notre doctrine déjà forte de tous les faits, de tous les exemples que nous avons établis, que ces deux lettres H A, placées de chaque côté de la croix, se liant à ce signe sacré, sont aussi Texpression d'une sentence durétienne, et nous dirons bientôt queUe est cette sentence qoe ron n'a pas trouvée.
%• Période.
C'est le fils de Ghiotaire, GHERBERTVS, Gheibert ou Caribert, frappant la monnaie de son effigie avec son nom en légende; et au ^, c'est la légende HASSILIA; puis au centre, la croix accostée des deux lettres H A = Mf A. MattUia, voilà bien le nom de la ville ot a été firappée cette monnaie, le voilà en toutes lettres inscrit autour de cette monnaie. Et poui quoi donc le reproduire au centre par ses deux premières lettres? Pourquoi aussi chacune de ces deux lettres placées de chaque côté de la croix?
' DE LA GOHPOSniON
Le champ de la monnaie est précieux. Tespaec y pu \ncn restreint el on évite les doubles emplois. Ne eroyonsdonc pas que res deux lettres centrales M A, alors qu'auloiir (Telles est insrril le imm de Massilia. et alors surloiil qu'elles a'^coslent l;i eroix, soient la vv[n'tition pdii' suspension du nom de Massilin. Non! res deii\ lettres aux cAlés du symbole de la Rédemplion ont une autre mission à remplir, elles se lient étroiiemenl à ce signe et composent avec lui une sealeuce chrétienne.
3* Période.
Enfin, sons les Mf^rovintriens, on a frappé sur des nionnnirs émanées des atriiers i\o Soissons et de Troyes ces deux lettres M A aux côtés de la croix. Il faut reniarquci- i\ur l'une de ces villes, Soissons « SuessoneSf » n a dans son nom numismatique ni M ni A, et que Trojes « Tricasses » n"a qu'une de ces lettres, TA. Donc, si sur des monnaies émanées de ces villes on voit les deux lettres M et A accostant la croix, il est bien évident que ces deux lodres ne peuvent être l'expression de Suessones ou de Tricnsscs. ILlles sont donc l'expression d'une sentence qu'elles foriuen! avec la croix. Ajoutons que l'on a trouvé ces deux lettres en marque centrale, accostant la croix sur des monnaies frappées pardes rois mérovingiens qui n'ont jamais possédé MarseiUe. Mais (]u'importent toutes ces preuves à certains esprits, l'évidence ne peut les convaincre.' Ces monnaies, h ces deux lettres initiales, ont été frappées en quelqup lieu aujourd'hui ignoré, inconnu, qui avait ces deux lettres pour initiales. Voilà ce qu^ils répondent. Les numismates de bon sens jugeront. Nous avons dû établir notre interprétation, snrtoul en présence do l^étrange détiat qui s'est élevé.
Mais quelle signification donc ofhrent ces deux lettres M A dans leur relation avec la croix?
Rien de pins simple. < Grux M«»tfs Kdorabihtit La croix, bienfait adorable! N'esl-ce pas toujours le même esprit» inspirant à travers les Bièdes, depuis le commencement, toutes les volontés créatrices des types monétaires du moyen-âge? La numismatique mérovingienne n'a4«lle pas dit : c Alpha et Oméga signum Dei? » NVt-elle
pas écril : Le seul Roi c'esl Dieu « Rcx Deus! » N'a-t-elle pas. «nis- •^rmr ses légendes à la croix, répété : « Cruxrkti ix, t> a Criijc ëalusy » « Lntx, anrhora orbis, » « Crux ave, » « Cru e rjloriosa, » « Crux adorobilis, » « Cnix Ara sahitis? » !S'a-l-elle pas iiis» rit ces admirables seiileiices : « Crux mirabilia fccit ! « « Crux Ameuilas Dei! > Et enfin, des siècles après, un autre roi de France n'a-t-il pas gravé autour de la croix celte même sentence que nous venons de jnï^tinrr : « Crux Muwus Divinnmf » la croix, bienfait divin t El sur les monnaies mérovingiennes : a Crux yiunus kdorabile. » I/adoraiiun u est due qu'à Dieu, et la croix, ce môme bienfait qui est adorable, n'cst-i! pas divin? N'est-ce pas là identité de pensées, de sentiments? Môme souffle chrétien animant ces monnaies, même foi et même grandeur dans son expression, dans son admiration !
DEUXIÊIE EPOQUE.
DE QlEUlUES TYPES DES ilOIS €AULUV1\GIENS ET CAPÉTIENS.
Nous nous huiiiùiis a reproduire un nuinlire très-restrciiU de monogrammes, synibolos et emblèmes de Tépoque rojale des Curlovingiens et des Capéliens.
En établissant nos principes, nous avons déjà reproduit iilnsi<Mirs de ces types royaux, nous devons donc éViier un double emploi en y revenant. I)\iu auli'e cCûé, nous devons relruiivcr dans le monnayage des grands liefs royaux et des r^rands ft udalaires, des compositions au nom des rois de France, donl nous donnerons l'analyse avec le plus grand soin.