‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 16 sur 224 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

puissance et développbmsht du christianisme dams les gaules. — le christianisme dans l'œutrb monétaire.

Le pagiinisme tHait vaincu, le druidisme était expirant, lorsque les diverses parties des Gaules passèrent sous le sceptre des Francs.

La religion chrétienne avec son Eglise entrait à ce moment dans sa puissance; elle régnait et florissait au milieu des populations qu'elle relevait et animait de son souffle éternel. La religion du Christ, ses préceptes divins, venaient de sauver 1p monde; ils le pénétraient alqrs d'une vie nouvelle et réievaient au\ plus sublimes

DES IHSCltlPTlOIlS MONfiTAUBS.

aspiiations. C'est dans ce milieu, c'est au sein de cette action chrétienne et toute vivifiante qu'il faut se placer pour apprécier l'œuvre de ces temps de foi ardente, pour juger l'œuvre que cette foi vive accomplissait partout sur la pierre, sur le marbre et sur tous les métaux.

Hors de ce milieu il serait impossible d'apprécier l'œuvre monétaire di' ■ f^s temps; ne serait-ce pas se mettre en dehors de l'histoire et du mouvement des esprits? L'œuvre monétaire des premiers siècles de notre muiiarchie est une page de notre histoire, une empreinte ineffaçable des idées et des mceurs de ces temps de reconstruction sociale.

Le langage de la religion sur les monnaies de nos pères est donç Tun des faits le plus éclatant qui se puisse voir. Il est général dans ces Gaules compiises au christianisme et où retentit toujours la voiv des apôtres. La religion est mêlée à toute leur existence, elle est identifiée à leur vie, elle les presse, les entoure, les enveloppe de ses consolations, de ses grandeurs et de ses espérances. C'est un fait immense, victorieux, qui domine la Tie des individus, des peuples et des rois, entraînant leurs résolutions dans tontes les cir^ constances de lenr erâstence.

Ainsi nos ancêtres mêlaient la pensée religieuse, Tidée chrétienne, aux transactions de Tîntérét temporel, à toutes les réalités de la vie, comme pour les relever et les sanctifier.

Ainsi, sur leurs monnaies, sous des formes authentiques et significatives, se manifestait leur sentiment chrétien. La numismatique nationale est un hommage incessant rendu à rœnvre divine du Christ; elle est comme une adoration perpétuelle de son saint nom, comme une adoration perpétuelle du Sauveur des hommes.

Lé christianisme pénétrait donc partout, nous le répétons, dans ces temps de foi vive. Les institutions, les lois, les mœurs violentes et emportées subissaient sa douce influence.

Contemporain des générations successives, il apparaît comme antérieur à répoque que Ton étudie, et passe en héritage de l'une à Fautrè de ces générations qui se succèdent. La monarchie française est chrétienne à sa naissance. La religion du Christ est son berceau.

Notre numismatique est comme une œuvre de la religion ellemême, qui y parle son langage, y dit ses sentences, y prodame et y révèle ses dogmes.

Oui, nous en sommes convaincu, dans nos interprétations, dans nos principes et nos doctrines, nous portons la vérité. Elle dérive de la foi de nos pères, de leurs mœurs et de leur état social, elle est une conséquence inévitable de leurs croyances sublimes et des pré* ceptes divins qui éclairent et sauvent le monde. Dieu a été. la base et le couronnement de cette numismatique chrétienne et nationale, disons-le avec orgueil, de cette numismatique si grande, si pleine d'enseignements divins, t Christus eH fonâummtum, >

n fàut donc se pénétrer de Tesprit chrétien qui vivifiait les peuples de ces temps pour s'élever à rinlelligence de l'œuvre monétaire que nous allons étudier. C'est parce que jusqu'ici on s'était placé trop en dehors de ce milieu que tant de symboles et tant de signes sont restés incompris et inexpliqués. L'esprit religieux d'alors portait son souffle sur tous les arts, il enveloppait l'œuvre humaine tout entière de son influence et versait de toute part, et sur tout, sa semence divine, son christianisme avec ses signes, ses sentences et ses noms divine. En nous gardant nous-mt^mes sons cette douce et pénétrante influence, nous marcherons à sa lumière et nous suivrons un guide qui ne nous égarera, pas. On dirait que nos pères, en composant les types, monogrammes, symboles ou emblèmes de leurs monnaies, écoutaient et entendaient encore ces paroles de l'apôtre : c Omne qundnmque facitis in verho aui in opère, onmiain nomine Domini Jesu-Christi, gratias agenles Deo et patri per ipsum. » (Coloss., 3, f 17). Et la numismatique répondait à Tapôtre : — Elle recevait et posait la sentence divine; elle recueillait et inscrivait la parole évangéllque!

La numismatique française, depuis son origine, est la voix des sit'des acclamant la gloire du Christ! « enanant gloriam Dei; * elle est la voix des générations et des peuples qui se sont succédé, glorifiant chaque Jour dans son œuvre et par son œuvre le Rédempteur du monde !

De ce qui précède il résulte, et il faut établir comme un principe :

TfES INSCRIPTIOMS MONÉTAIRES.

1° Que le type monogiarninatique, symbolique ou emblématique des monnaies mérovingiennes ou ft^odales, consUtne presque constamment une composition religieuse dont les signes, symboles et emblèmes sont chn'tiens;

"i" Que les monnaies de ces époques, alors même qu'elles présentent une composition politique ou nationale, c'est-à-dire propre au pays où ces types sont frappés, offre encore un si^e chrétien, la croix sur Tune de leurs faces. Ainsi deux ordres d'idées ont présidé aux compositions des types monétaires : — l'idée religieuse, — ridée politique et nationale et avec celle-ci l'idée religieuse encore, ridée chrétienne toi^ourst

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