CHAPITRE II
DU PROCÉDÉ DE COMrOSlTION DK CERTAINS MONOGRAMMES ET DE LA FONCTION QU Y REMPLISSENT CERTAINES LETTRES.
Souvent le créateur d'un type formule un symbole ou un emblème dans lequel il aime & faire entrer une ou deux lettres du nom propre du prince. Par exemple, la lettre qui domine principalement; et,
DES iNSCRlFFiONS MONÉTAIRES.
a?ee cetté lettre combinée avec des signes ou d*antres lettres, il ex* prime une pensée religieuse, et même un dogme chrétien. De là, une variété intéressante et cariense de formules, de pensées et de maximes ou sentences qui étonnentelséduisent les esprits qa^anime Famour de la science et de la religion.
Pour donner on exemple, examinons les monnaies des comtes de Garcassonne. Nous y trouvons, en monogrammes disjoints, sous les comtes Raymond, Pierre et Roger, les formules religieuses : Crux lex mundù — Crux rictrix, — Crux vUa mundi. A ces princes, succède Bernard Atton ou Uatlon. Dans ce nom, les T dominent. Le créateur du type nouveau fera entrer les deux T dans la formule de l'idée religieuse qu'il doit exprimer, comme pour rappeler le nom du prince lui-même. Ainsi au lieu de la précédente sentence : CnLx h.r mtœ, nous trouvons celle-ci en monogramme: c Cru» Tu Trix vilœ (1). »
Et ce ([uo nous disons du nom du prinro, il lo faut dire du nom des villes ou des ateliers monélaires. On trouve souvent dans les formules exprimant une pensre religieuse, l'une des lellres prmeij)ales, souvent Vinitiale et souvent même les principales lettres de h ville ou de l'atelier monétaire. Bien de légitime et de naturel comme c6 procédé: il part d'un sentiment bien profond, il procède de IV mour du pays.
Mais on comprend combien celle remarque est importante pour la décomposition, l analyse et In lecture d'un monogramme ou d'un emblème, dont les lettres sont incomplètes ou mal formées; il faut, dans ce cas, se reporter aux légendes, on y trouve souvent un secours inattendu.
(1) La lecture des monogr&nmies diqoints et disposés en forme de croix, des eomies de Garcassonae, n'est pas extrèmemoit fiicile. — On pourrut peut-être prendre leur disposition eruciformé p'onr le symbole de la croix. — Vais telle n*est pas notre opinion. Nous considérons Irur composition comme formant une inscription mi-parli^ embrassant les deux côtés de la monnaie. Celte composition commence par la mai*que centrale de l'arers, la (Totx, et s'achève dans le type central du revers. — (Voir i' application de ces principes au monnayage de Garcassonne.)
DE Lk COMPOSITION
Ces observations reçues, devenues des règles d'interprétation, nons dévoilent l'amour du prince et dn pays consacré par la religion. Quel rapprochement t £t ne se sent^on pas élevé vers Tétude de ces monuments monétaires qui nous révèlent tant de curieux secrets, tant d'attachement de la part de nos pères ii tout ce que l'existence humaine a de plus noble et de plus sacré I