‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 20 sur 224 · SYMBOLES OU EMBLÈMES · texte numérisé non relu

SYMBOLES OU EMBLÈMES

Nous aYons fort peu de livres didactiqaes sur les monnaies françaises du moyen-âge.

D'excellents onvrages ont certainement applani bien des difiieoltés; de grands progrès ont été faits. Cependant tdle est encore ranarchie qui règne dans l'étude de la numismatique que celle-ci, au lieu d'être attrayante, fait reculer d'effroi les jeunes intelligqices qui voudraient s'y livrer. Un enseignement sûr est presque impossible à relie heure. Des manuels, entassant infiniment de matériaux, ont produit, comme type, des monnaies- de troisième ou quatrième émission , c"est-à-dire tellement dégénén'es dans leurs éléments essentiels, que ces monnaies, au lieu d'éclairer, ne jelteuL f|ue trouble et confusion dans les notions que l'on veut acquérir. Pour renseignement d'une science aussi compliquée, il faut choisir les types les plus purs. Il faut des types d'émission i)rimaire. Vous descendez de ce type primordial à toutes ses filiations; vous le snivez dans ses dégénérescences. Votre marche s'illumine dans les labyrinthes que vous avez quelquefois à travei^er; tout s'éclaire en effet, les attributions sont moins incei i iiin >, les dates d'émission moins douteuses. Voilà, pour renseignement, les choix nécessaires.

Lorsque nous parlons des mon n i le > primordiales, nous n'enten- (! ijs pas parler des monnaies pi iiuitives copiées sur les types royaux. Amsi les monnaies au uiunogramme carlovingien ont été presque partout, dans les momiaieries féodales, les monnaies primitives. Les premiers types féodaux, les types primitifs, furent une

DE LA GOMPOSlTtOM

copie exacte des espèces royales dont le type fut immobilisé pendant un laps de temps plus ou iiiums long, selou le degré de ini>>;tnce et d'indépendance du grand feudataire. Quand nous employons !e mot primordial, c'est relativement au type spécial, relativement à l'espèce dont nous paiioas. Par exemple, si nous voulons faire connaître le type couanicn, nous devons en présenter le type primordial, c'est-à-dire celui d'émission primaire. Il sera, à coup sûr, le plus pur, le plus complet, le plus ri^vélateur de la volonté qui ■ Ta créé. ^ Voilà ce que nous appelons un type primordial ou d'émission primaire. Si au lieu de ce type nous plaçons sous les yeux un type de troisième ou quatrième émission, c'est-à-dire de Iroisièmc ou quatrième dégénérescence., au lieu d'éclairer, nous courons le risque d'égarer. Les é'Iémenls essentiels altérés n'exprimeul plus la volonté créatrice du type primordial ou d'émission primaire; ou celui-ci n'est plus, là où ii fait défaut, on est le plus souvent exposé à tomber dans Terreur. Autant que possible, il fau^ donc remonter à la première émission de chaque type. Là peat èlrq puisée une saine instractioa et uçe saine inlerpréilation de oos tipas. Lorsque nous ne pourroas foire aobwment, nous le dirons. On comprend que tout type dégénéré s'émr^ d« la loi de son existence, et que dès lors il ne peut ètn un guide fldUe. Le type régulier et complet seul ne trompe jaqiais. Il faut avant tout chercher Texpreasion compléta de la volonté créatrice du l^.* fie ce qui précède résultent les principes suivanta i

{9 Reconnaître tout d'abord rémission de la monnaie $ 90 Monnaie de rémission primaire;

3** Monnaie d'émissions postérieures ou secondaires, tertiaires, etc.

L'émission primaire offre loqjourale type primordial, c'eslMire normal. Le monogramme d^émission primaire pr ésente soit dans les légendes, soit dans la marque centrale, lâ symbole flomplet et l'expression certaiUQ def volontés qui ont présidé à l|i composition

DES INSCRIPTIONS MOÎIÉTAIRES.

«MMogrammatiqae. Noos ne savions trop insisteir sùr llmpoitaiiee de ces principes.

Il n'y a pour nous que deux émissioiis : primaire ou secondaire; quel que soii le degré de dégénérescence de celles-ci, fut-il type de quatrième 09 cinquième émission, nous n^emploierons qne le terme â^émitsion teeonéairê pour le désigner.

Dans le monogiaiiime normal ne se rencontre jamais le mot de la légende, et vice versa ; dans la légende, jamais le mot du monogramme. A ce principe nous avons trouvé deu\ ou trois exceptions. Ctiose remarquable! Ce principe était si puissant qu'il a résisté aux prescriptions les plus loiiiitiles de la troisième ordonnance de Gharles-le-Cliauve touchant le règlement des monnaies. Celte ordonnance fut faite au parlement de Pistes, le 7 des calendes de juillet de Tan 854.

L'art. 3 de cet édlt portait : « In dcnariis nostrœ monetœ, ex una » parte nomm noslrum habeatur in gyro et in medio noslti nomtnts » monojn^aiiiiiMi; ex altéra vero parte nomen eiviiatis et in medio > cmx halieatur. »

Rien de plus formel que les prescriptions de cet article. Eh bien ! nonobstant ces prescriptions, les maîtres des hôtels des monnaies et les graveurs, dominés par un principe constant et plus conforme à ce qui est de raison, continuèrent à frapper la légende disant le nom du roi au côté opposé à celui où se gravait, en marque centrale, le monogramme royal qui était la répétition du nom inscrit dans la légende. Aussi ne rencontre-t-on que quelques monnaies conformes à Tédil de Pistes, — quatre ou cinq au plus. Ce sont bien là des exceptions conliimant la règle. . .

Chaque mot, chaque signe a sa valeur et sa signification propre dans une composiUon moaogrammaiique normale.

Lorsqu'un emprunt est fait soit aux monnaies romaines, soit aux

Digitizeo lj oOOgle

34 DB LA COMmiTION

monnaies imp( 'nales ou royales, le mul ou le signe emprunté présente à la |)r< niiin i' origine, c'est-à-dire, sur la monnaie d'émission primaire, le 6en:3 el la signification qui lui sont propres. .

Dans les émissions postérieures commence la dégénérescence des types comme celles des mots et des légendes. Les monnaies de seconde et troisième émission peuvent donc être et sont souvent altérées dans leur valeur et dans leur sens» comme elles le sont dans leurs éléments.

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On ne doit jamais, à moins qu*Q ne soit pas possible de fiiire antrraniNit, rechercher la comporition d'un type sur des monnaies de seconde émission.

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Le type monogramme, emblème ou symbole, le type de première émission est donc toujours régulier, r"es!-à-dire qu"d expi'ime ce que Ton a voulu qu'il e^l i miât. Il est. en outre, le meilleur au point de vue de la composition, de la netteté des signes graphiques. Le faire est supérieur. L"idée à exprimer se dégage complète, sa signilii aiion se .^aisit plus aisément et il n'induit jamais en erreur. C est à ces signes que se reconnaît le type d'émission pi unaire. — Pour discerner cette émission, beaucoup de tact, une longue habitude d'observation, sont les meilleurs maîtres. — Ici, les règles sans la pratique sont insuffisantes.

Donc le premier soin de tout numismate, avant de se livrer à la lecture d'un type, est de s'assurer qu'il possède une monnaie d'émission primaire. Sur la monnaie d'émission secondaire il peut y avoii- dégénérescence, c'est-à-dire, altération non-seulement dans les signes graphiques, rnai.^ môme dans les noms qui, modifiés, ne sont plus ceux de la monnaie primordiale. La signification, la nature môme du type, peuvent être ainsi profondément altérées. Nous en signalerons des exemples.

Une collection composée de monnaies d émission primaire serait d'un prii infini et d'une extrême rareté.

DES INSCaiIFTlÔlfS WMÈtASKES.

Ce choix fait, lonqa^il est possible, il fiiut reconnaître le degré d*imion de la légende avec la marque centrale.

La lecture de la légende étant toujours plus aisée que celle du type central complique, il est mieux de commencer Tétude de la monnaie par cette lecture.

On passe ensuite & Texamen et à la lecture des monogrammes, s^rmboles et emblèmes qni emplissent le champ de la monnaie.

Si la légende et la marque centrale se lient étroitement entre elles, si elles constituent Tensemble de la composition monogrammatiqoe

ou emblématique, il faut commencer la lecture par la marque centrale ; le symbole ou le mot important est an centre. Ainsi sur les monnaies au monogramme carlovingien, le nom du prince forme la marque centrale; autour de celle-ci, en légende, sont inscrits GRATIA BEI REX. Il est évident qu'il faut commencer la lecture par la marque cenirale. On doit lire : KAHOLUS GRATIA DEI REX. Comme tout à l'heure, sur la monnaie du Maine nous avons In : CRVX SIGNVM DE! VIVI. — Quelle est cependant la composition de cette monnaie? An cenlie : la croix; — en légende, autour de ce symbole, Sigmm Dei vivi. Il est de toute évidence que la légende et la marque cenirale sont dans les liens de la plus étroite relalion. Quelle est r^lme tle cette composition? c'est la croix, Crux! Quel en est Fortrane? la létrende. — Donc, le premier mot à exprimer est celui de la nianjue cenirale, cflni du symbole; la légende devra achever la lecture. — LVnsemiiie de rinscripiion donne cette belle devise : GRVX SIGNYM DE! VIVI.

Hais tes combinaisons sont extrêmement variées; une inscription commencée dans la légende ne s'achève souvent que dans le centre.

DK Là cmfcmvm

Dans ce cas, il est mnnifeste qu'il fant commencer la lecture par la légende. Lorsque lo monogramme fait suite à la légende, il est de toute évidence que la marque centrale ne doit pas reproduire la légeiule, ni m^me aucun des noms qu'elle renferme, puisqu'elle est complément de celle l/'k'ende. De là le principe (|ue nous avons déjà étalili. à savoir : (jue dans les composiiiuus centrsiles OU ne répèle jam^à leâ mots de la légende eaiouiant le syiaboto.

H arrive aussi que l'expression de la pensée, commencée sur Tavers en lettres ou en emblèmes, ne s'achève que sur le revers de la monnaie. Cette comi)ositiou est fréquente parmi les types des monnaies religieuses. Nous appelons alors ces inscriptions, des inscriptions ou emblèmes mi-parli, parce (jn^elles sont sur Tun ei l'autre côté de la pièce, sur le revers et l'avers. On doit, dans ce cas, commencer la lecture par l'avers, et bien prendre garde à la marque centrale de celui-ci. (Voir aux monnaies des comtes de Fezenzac, de Toulouse et de l'Artois.)

Nous donnerons des règles spéciales sur la lecture des monol^rammes lorsque, quittant les principes généraux, nous arriverons à l'analyse littérale du monogramme, c'est-à-dire, à U décompositioa de chacun des elémeutâ qui le forment.

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