CHAPITRE Vr
DE LA DÉGÉNÉRESCEiNGE DU TYPE ET DE SES EFFETS.
An Gommencement de ce titre nous avons jeté un con|» d'œil sur la dégénérescence dn type en général, et nons avons ensoite passé à Tanalyse de la dégénérescence des lettres.
Celle-ci nous fera mieux apprécier la dégénérescence du type h laquelle nons devons revenir. Nons sommes donc amené àTenamen du 3" tableau.
Nous mettons en première ligne, sur ce tableau, le monogramme carlovingien. On le voit d'abord dans toute la pureté de rémission primaire, puis il s'altère et devient presque méconnaissable. Chose très-étrange, ce monogramme ne s*est métamorphosé en aucun autre par la dégénérescence. Comme nous Pavons dit» il est resté luimftme*
Le n» 2 du 3" tableau présente un monogramme dont la lecture n'a jamais été faite, dont la composition n'a jamais été saisie et était insaisissable avant rétablissement de nos principès. Ce monogramme est d'ailleurs d'émission secondaire, c'est une difficulté de plus à vaincre. Pour démontrer cette émission secondaire, nous l'avons reproduit tel qu'il a dù sortir de la volonté créatrice; en comparant les deux tvpes, on en saisit immédiatement la différence (1).
Mais pour recunnaitre les éléments constitutifs de ce type, il faut : l" se rappeler nos principes sur les lettres centrales du monogramme carlovingien; 2« nos principes sur la dégénérescence.
Dans le monogramme que nous examinons, nous Uuuvuns au centre de la croix la tigure du losange, emblème d'union et de force, car il relie tout l'ensemble de la compositiou, il unit toutes les par-
(1) Pour saisir cette composition, Tune des plus difficiles que nous connaissions, il n'en faut pas perdre de vue l'empreinte.
ties de la croix et présente saecessivementles lettres nécessaires à la formation de Tinscription à lire. Nous trouvons ici fondues dans la figure centrale losangée, successîTement et allematiYement, les deux lettres A, V et V, A.
Passant ensuite aux autres lettres qui cantonnent la croix, «ous en trouvons deux que la dégénéresceni» a évidemment altérées, ce sont denx S coupés en deux tronçons (voir au tableau les lettres dégénérées et le texte qui les explique). Le reste de Tinscription est formé de lettres normales. Connaissant ainsi toutes les lettres qui composent Tinscription, nous la devons lire aisément en suivant attentivement cette composition sur le tableau. La lettre initiale est le grand S' majuscule et monogrammatique; partant de cette lettre Set continuant à droite, nous avons VS. du losange, puis un L; nous reprenons au losange la lettre Y et enfin 1"S final dégénéré; ce qui nous donne ces cinq lettres el le mot SALVS. A gauche, la lettre initiale du second mdt à trouver est TS dégénéré; c>sl la po?n des deux L qui nous indique ici l'initiale du second mot. Poursuivant cette lecture, nous avons TA losaniié L ensuite, puis TV du losange, et enfin TS monogrammatique pour leffre finale du mot, (lui est encore SALVS. Ainsi Tensemble de cette composition nons offre cette devise émanée de Fidép religieuse et deux fois répétée en sens opposé, Crux Sains à di oite de bas en ha ut et Cmx Salus à gauche de haut en bas du champ de la monnaie. (Pour plus de développement, voir au monnayage de Senlis.)
Le n" 3 nous montre deux G s'attecbanf à l,i croix en se faisant face. Ces deux C sont réguliers On en saisii 1*' sens, Grux Christi, Crux Christiana, Crux Consolainx. Mais bientôt ces deux C vont s'altérer et la dégénérescence va en former deux croissants. Ainsi, comme nous lavons précédemment établi dans nos principes, le croissant a été formé d'une dégénéresi-ence du C, lettre initiale du nom du Christ; et, par voie de conséquence, le croissant a souvent le sens de ce nom sacré, il le dit, il Texprime.
DBS wscnimoNs MomKfAiiuts.
LiVP^ meigae la métamorpbo» et 1a filiation iTnn type par la
lia première figure de ce numéro est le monogramme de Feniqaes d*An|eis. Pois ce monogramme dégénère et forme )xent6t un type nouveau, le type des deux clefs, ainsi issu, comme on le Toit, du monogramme de Fonlques-Nerra par une sucoesûon de dégénérescences.
Le 5 du 3* tableau présente le type à la téte de Louis-le-Débonnaire. Ce type est extrêmement célèbre dans notre nuraismniiqne par ses dégénérescences, sa persistance et le grand nombre de pays et de villes sur lesquels il a rayonné.
Nu! type n'a été mieux étudié, plus approfondi dans ses dégénérescences qui ont varié et se sont modiûées selon le pays et selon les ateliers monétaires.
Rien n'a été plus remarquable et plus intéressant que ce tournois scientifique où combattaient M. J miVrain, MM. Cartier père et fils, le savant Lelewel, M. B. F il n ci M. Duchalais.
Il reste aujourd'hui acquis a la science que ce type appelé chinonais et chartrain est né de la téie turonienne de Louis-le-Débonnaire.
Voilà notre base : le type primitif et générateur, c'est le type à la téte turonienne. Mais ce type dégénère, puis se transforme et se métamorpliosc complètement. Le profil, pur et net d'abord, s"altère dans ses traits; les éléments de sa formation deviennent dissemblables, et un type nouveau, souvent propre à chaque pays, apparaît. Ce n'est plus la tSte toronienne de Lonis^Ie-Débonnaire, on peut dire qa*il n'en existe plus aucun élément; c'est un tout autre type. Mats quel est ce type?
D'accord jusqu'ici avec les demlcn numismates que nous venons de nommer, nous allons nous séparer de leur opinion pour nous rattoefter à celle que font naître les inscripllons qui accompagnent fréquemment le type nouveau.
' G*estdoncun type nouToau que la dégéuéreseenee-a formé par
BE Là GOMPOSmOR
suite d'altérations: mais alors on ne peut plus dire que ce soit la tête dégénéré;^ de Louis-le-Débonnaire.
Non, ce n'est plus cette tête en effet, et nous remontons alors vers Popinion de MM. Cartier père et fils élayée et de l'histoire et de l'étude du type nouveau. Nous remontons vei*s cette opinion, car elle a une base solide, un bon côié qu on doii maintenir; cependant nous ne l'adoptons pas compiuiemuul, parce qu'elle est erronée dans une certaine partie.
Le type que la foi chrétienne des populations a admis et qu'a produit la volonté créatrice, c'est une figure emblématique et mystérieuse de la Vierge; ce u'esl pas simplement le type du voile de la Vierçe, comme l'ont maintenu MM. Cartier, mais celui de la Vierge elle-même recouverte de son voile et vue de profil. Nul doute ne peut exister à cet égard, puisque les sigles et signes qui accompagnent cette figure révèlent qu'elle est la figure de la Vierge mère du Christ. Pour de plus amples développements, voir au monnayage de Tours, Chartres, Chinon et antres.
Et ce deniier type de la Vierge voilée dégénère lui-même, et des mêmes élémento modifiés la dégénérescence en forme un type nonveau, celui du cliâtel à la Vierge. Ce chêtel se distingue du cbêtel Tournois de diverses manières, plus particulièrement par la rose emblématique, rota mjfttita, qui est au centre de ce chàtel.
Le n« 6 du même tableau offre la dégénérescence du type REX, écrit en triangle au monnayage de Nevers, aboutissant, par une suite d^altérations successives, à la création du type à la faudUê, La filiation de ce type se saisit au premier coup d'œil. Ainsi, comme nous rétablirons dans TappUcation de nos principes, ce type n*est point de création directe. Û est Tœuvre de la dégénérescence.
Nous terminons le 3« tableau par une vue de la dégénérescence d^un monogramme mixte, c'est-à-dire composé de lettres ordinaires et de lettres emblématiques.
DES INSCJUPTIONS MONÉTAIRES.
La dégénérescence altère la lettre G que Ton voit sur le premier tjpe. Sur le second et sur le troisième type, l'un des G est remplacé par une étoile, et le second C est converti en croissant.
La dégénérescence opère ici on type nouveau, une composition toute différente de la première, — et la sentence religieuse n*est plus la même.
Nous aurions pu présenter un plus grand nombre de types nés (le I3 (légénérescence. mais ceux que nous avons choisis suffiront pour faire comprendre ses effets.