‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 37 sur 224 · DES LETTRES SYMBOLIQUES ET EUBLÉMATIQUES · texte numérisé non relu

DES LETTRES SYMBOLIQUES ET EUBLÉMATIQUES

Nous entrons ici dans une voie nouvelle. Jusqu'à ce jour, on n'avait lu que les monogrammes écrits avec les lettres de l'alphabet

ordinaire.

Mais il existe, comme nous l'avons établi au tableau des monogrammes, des compositions monétaires formées avec des lettres symboliques ou emblématiques seules ou combinées avec divers signes. Sous ce rapport, la numismatique mérovingienne et du moyen-âge a des richesses infinies qui n^ont point encore été explorées. Ses combinaisons ingénieuses, riches dMdées, parient à rinlelligence et an cœur le dooble langage de la religion et de Famonr du pays.

Nous appelons lettre symbolique ou emblématique la lettre qui concourt, avec un signe, à former une figure, ou la lettre dont la forme spéciale forme une fipre que l'usage (son long emploi dans le inème sens) a rendue symbolique ou emblématique.

La lettre emUématifiae aevMe duiiger de foime, et quelquefois se fonifere a?ec le sigiie dont eUe s'empere poor conpoeer une figurt, il semble pev aisé alors de la décoaYrir.

Itieii de plus simple cependant, il ftiat reeontir fl Tanatemie des signes, au principe de la décomposition.

Hais avant de procéder à cette opération, il est essentiel de se placer dans Tordre dHdées où cette figure, où celle lettre a été composée. En un mot, il Taut la décomposer avec Hdée même qui l*a formée. Nous Tavons déjà dit et nous ne pouvons cesser de le répéter, c'est là le grand principe, le principe supérieur, sans lequel on ne saurait parvenir à pénétrer le sens des belles compositions que forment ces lettres symboliques. A ces lettres et à ces emblèmes monétaires on peut appliquer cette parole de TEcritare : Qui me mvenerit, t»v«m>l vUam. (Proverbe 8, 35.)

Nous devons aussi poser le principe que le monogrammiste par emblèmes, comme celui par lettres conjointes, s*est le plus souvent étudié i exprimer, par ses combinaisons, des pensées diverses, à évoquer dans Tesprit des idées différentes, mais toujours du même ordre. En un mot, sa visée a presque toujours été de parler le plus possible à Tâme et à Pintelligence avec le moins de signes et le moins de lettres possible.

La sobriété dans Texpression, la concision dans la composilion monogrammatique ou emblématique, sont ici des lois imposées par la nature même des choses, et qui, par refibrt que les volontés créatrices des types ont dû faire sur elles-mêmes, les ont rendues fort habiles et admirablement ingénieuses dans les compositions si remarquables que nous examinerons.

La filtre on le signe symbolique ou emblématique, comme la lettre mcmogrammatique, se répèle autant de Ibis que Texige le aens de Taxiome ou de la senfenee (yu'O frui exprlsmr.

DES INSCRiPTIOMS MOINÉTAIRBS,

fin marque centrale, lana FemMAnie xeligieai, il est fk^nent de répéter les mêmes signes on lettres s^boUqnes, afin â*affirmer plus énergicfaementfaxieme chrétien. Ainsi la croix est» même en monogramme, proclamée deux foie dans la même composition centrale, le signe du salut. Nous en avons vu nn exemple an n* % dn 9« tableau.

Les lettres symboliques ou emblématiques sont aussi le pins son* vent mêlées aux lettres ordinaires. Nous ne pouvons comprendre que la présence dans ces compositions des lettres de l'alphabet ordinaire niaient pas donné jusqu'ici la révélation des signes symbb-< liques, des lettres emblématiques avec lesquelles les lettres de l'alphabet ordinaire étaient constamment combinées. ITétait-il pas de toute évidence que Tensemble de chaque composition était un langage? même un langage plus accusé, plus expressif, appelant et fixant Ta ttention plus énergiquement que la lettre usuelle? Mais la pente de Thomme est au far niente, à rindolence, à ses aises, et ce qne son esprit ou son intelligence ne saisit pas ou ne comprend pas sans effort, et comme an premier coup d'œil, il le déclare inintelligible. C'est plus commode en vérité, mais alors l'âme humaine en est moins élevée, car celle-ci n'est grande, haute et vraiment sublime que par ses nobles aspirations et par les efforts généreux qu'elle fait sur elle^nême ou sur sa pensée et sur Tœuvre des autres hommes.

La flrtrénérescence a porté peu d'atteintes à la composition emblématique. Celle-ci s'altère seulement par relTacement de ses formes, mais par cela même qu'elle ne subit (|u'une faible dr^frf^nérp<^renrp. eîîe n'^ pas de filiation. Elle n'engendre aucun autre type, aucun autre emblème j elle modifie seulement ses axiomes ou ses sentences.

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