‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 38 sur 224 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L*A ET Va, (N^ 4 éa4» UMum.)

De Talpha et de roméga, Pasage, perpétuel emploi dans le même sens, a fait deux lettres symboliques, deux figures emblématiques. Elles sont un attribut de \iï&k^Signxm Deiy comme récriveni les monnaies mérovingiennes. Principium et finis, le commeneement et la fin de tout. En un mot, ils expriment cette magnifique pensée i]ue Dieu, principe et ûn de Tâme» doit être Tunique but de la vie bumaine.

La dégénérescence a quelquefois altéré ces deux lettres, sans les rendre cependant tout fait méconnaissables. L'alpha et Toméga cantonnent toujours le signe de la rédemption des hommes, la croix. Le plus souvent ils sont suspendus au bras de ce symbole sacré. Cette composition exprime alors cette pensée religieuse : Crnx principium et finis vttœ. On l i trouve aussi remplissant le champ de la médaille, combinée avec d'autres symboles ou emblèmes. On peut voir au tableau des modes monogrammatiques un monogramme vertical miparti, où Talpha et l'oméca sont unis à i'initiale de lesus. Cette composition, d'une extrême simplicité, n'avait pas été coni[aise, le principe de la décomposition n'étant point connu. Pour en i endre compte, nous allons l'analyser avec détail (voirie n^ 5 du l'^'' tableau qui reproduit seulement la marque centrale de la iiioiuinie; celle-ci est de Robert, fils de iiugues Capel, 988-1031). En voioi d'ailleurs les légendes :

Elle porte à l'avers ; f ROBET. REX F. Croix cantonnée des quatre points cardinaux.

Cette composition doit ainsi s'interpréter : Crux ubique, crux ubtque régnât.

R. f PARISn. CIVA. — I, initiale du nom de Jésus posé verticalement au-dessus de Talpha, et la môme miùale verticalement au-dessus de l'oméga.

Entre ces deux verticales est un trait abréviatif aigu qui donne une forme presque triangulaire à l'ensemble de la composition,

ABS INSCRIPTIONS MONéTAlRES. 64

mais le irait abrévialif dans la siluation qu il occupe, ne change point le mode de ce moaogramme qui est vertical» mi-parti et d'émission primaire.

Cette monnaie présente un caractère exclusivement chrétien. Sur l'avers, le prince déclare et affirme sa foi; son nom est en lép^ciide autour de la croix qu'il adopte pour symbole, symbole qui doit régner sur Tunivers, uOtt/ue comme Texpriment les quatre petites sphères ou points cardinaux qui le cantonnent.

Sur le revers, c'est la nouvelle capitale du royaume, Pai is (1), qui d»''(iare et affirme aussi sa foi en .lésus-Christ; qui exprime ses croyances chrétiennes par ce bel axiome : lesus alpha et lesus ouiéga, Jésus est principinm el finis viiœ. Jésus est le commencement et la fin, le vrai but de la vie humaine. On voit de plus ici la fonction que remplit le trait abréviatif qui est ])osé entre les deux verticales, mais tout h fait à la partie inférieure du champ de la monnaie. Ce traiL triangulaire aigu établit la relation qui doit exister entre les deux parties du monogramme. Il est conjonctif el il remplace la conjonction (jue l'on ne pouvait exprimer ici en lettres.

Cette belle et simple composition a été adoptée par plusieurs de 009 rois et par divers ateliers, mais plus particulièrement par l'atelier de Paris. Ainsi, avec diverses modalités, on trouve ce type d'abord, sous Robert, comme nous venons de le voir, puis sous Hemi I^el enfin sous Louis VI et Louis TII, c^eslMire sous quatre de nos rois. Kous pensons que ce type si simple et si grand en même temps, est celui des premiers jours du règne des princes que nous Tenons de nommer; il dut être frappé comme une constatation de leur couronnement, de leur appel à l'empire du vivant même de leur père, car ces monnaies au type de Jésus sont exclusivement chrétiennes, comme nous Tavons déjà fiiit remarquer. Les symboles sont chrétiens k Tavers et au revers; mais lorsque le jeune roi, associé à Tempire, entrera dans sa toute-puissance par le décès de son père, sa monnaie cessera d*étre exclusivement cbrétienne, elle

(4) DepaiB CHovis l«r, Puis ii*étalt phts le séjour de nos rois. Hngues, père de Robert, flia so résidence dans cette ville et en fll sa eapilale.

DB LA COIIPOSITION

deviendra poliLiijUt'; k nom du prince entourera la croix, de ce côté de la monnaie il affirmera sa croyance chrétienne, et de l'autre sera son monogramme entouré du nom de la ville où la monnaie aura été frappée.

Le type que nous venons d'analf&er a vécu prêt de deux siècles, et quoiqu'il ait été reproduit sous plusieurs rois, nous n'y reviendrons pas, croyant Tavoir suffisamment expliqué an point de vue de rhistoire et de sa eomposition.

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