‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 51 sur 224 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DU TÉTRÂGONE OU LOSANGE SACRÉ. (5» tableau, n» â.)

La figure que nous appelons tétragone est formée de deux triangles opposés par leur base et formant ainsi losange.

La lettre 0 prend cette forme quelquefois, mais il est facile parles mots ou les compositions dans lesquels elle entre, comme lettre, de reconnaître sa valeur et son caractère. Elle ne sauraltétre confondue

avec te tétrâgone qui occupe le champ de la monnaie et en forme la marque centrale.

Elle ne doit pas dire aussi confondue avec ro losangé central formant les trois voyelles Â, 0, Y, fondues en losange dans le monogramme cariovingien. Le tétrâgone est antérieur au type carlovingien. n a pu en être Tinspirateur.

Nous avons établi dans nos principes, page 36, que le losange au centre des monogrammes est quelquefois plus qu'une lettre et plus que le groupe des trois voyelles A, V, 0. Il est une figure emblématique, indépendante, qui a sa valeur propre, soit concurremment avec Fexpression littérale, soit en dehors de celle-ci. Ët c'est ainsi que cette figure losangée se trouve au centre de divers monogrammes sans représenter aucune lettre. 11 importe donc de reconnaître le caractère du signe losangé. Pour le bien comprendre, il en faut voir l'application.

Nous analyserons d'abord, on le dccomposaut, le monogramme cariovingien ; suivre sur les figures du 6 du tableau. (Voir ainsi le H" 1 du S*^ tableau.)

Les quatre lettres K, R, L, S, disposées deux verticalement, deux horizontalement, en monogramme disjoint, comme est celui de Eudes, 2 - figure du n" 6, lo' tableau, donneraient le nom du roi KAIK)LVS eu monogramme abréviatif par suspension. Ces qualre letli-es ainsi disposi'ps, suffiraient à exprimer le nom royal, et telles qu'elles sont, telles (|u'on les saisit au premier coup d'œil, ces quatre lettres disent ce nom, et tout le mon Ir le comprend. Maisii y à bien plus que ces quatre lettres dans cette composition carlovingienne. D'abord nous avons, aux pages 35, 36 et 37, en traitant des lettres minuscules, démontré la valeur du groupe central. Voilà une f)remière valeur, mais il en est encore une autre au moins égale, suioii supérieure.

Il y a dans cette composition centrale à laquelle se rattachent des I(?ttres, un grand symbole, même un double symbole, qui est la buse (hi nuHiogramrae. Ainsi là où on n'a vu que quelques lettres, il faut voii, unis à ces lettres, des symboles; d'où il suit que le monogramme carlovmgien ne serait pas simplement uu monogramme

cruciforme, mais de plus un monogramme mixte. Le grand symbole, ou plutôt le double symbole (iiio Tanatomie du monogramme nous fait dL^convrir, rest la croix et le télraL'onum, ou croix losangéc. {Voir la dccotnposilion de ce type, i''^ p'jure. n" 3 du .5'- tableau.)

Le pi inre, en altachant l(s leltios de son nom à la croix, affirme sa foi. Il déclare (lue c'est par la croix, par lesus-Christ (lu'd règne «Grâlia (-lirisii. Kl parle tétragone, il affirme la puissance iiM'me de la croix à laquelle il dévoue tous ses sentiments. Ainsi, en uiilro des lelires fondues dans le losange central, il faut donner une existence et une valeur indépendante à la croix et au losange sacré. Ainsi < omposé, le monogramme caritivingien a celte valeur : « Carohl^ per crucem omnipotentem régnât. — Cnicem omnipotentcm Îesii-Clii isii amplectiturCarolns. — firali'i lesn-Chi isli omnipotentis.» YoUù le sens tout entier de cette composition monogrammatique.

Le tétragone a donc une valeur propre et présente un sens tout autre que le.< lettres dont nous venons de parler; il est une figure emblématique formée, comme nous l'avons dil, de deux triangles, a a duplice trigono formatum. » C'est un sym1)ole de force et d'union. C'est un syml)ole de force, la hase de sa composition csl le triangle. C'est un symbole d'union; en effet, placé au centre d'une i omposifion, il eu relie, de quelque côté qu'on le regarde, toutes les parties. Use prête aux plus nombreuses combinaisons en tous sens, à droite, à gauche ; on en trouve des exemples aux monnoyages de Béliers et de rArlois,

i« figure du n« 3 du 5* iabkau»

Pour mettre plas en lumière cette doctrine» nous devons maintenant analyser le tétragone dans son existence indépendante, presque sans aucun mélange de composition littérale. Nous le trouYons sur une monnaie de LonisHFOatremer — 986-954.

f MARSALOYICO. — Dans le champ : croix égale.

li En ir« légende circulaire : GUATIA DI REX. En 2« légende circulaire : LYDOVK'VS, En marque centrale : la croix losangéc telle que la reproduit la i ligure du n*^ 3 du 5»^ tableau. Le sens complet

SES INSCRlPnONS MONÉTAIRES^

(le celte composition csL celui-ci : « Lndovicus gi-aliâ tlci Rex adorât crucem omnipotenlem lesu-Clirisii; » sonteuce du type central seul : c Grux omnipotens lesu-ChiisLi juagit et sustinet. (Fotr la décom" sition de ce hjpe «" S, 5c tableau.)

Il faut remaniuei que cette monnaie est exclusivement chrétienne. Elle Test au droit et au revers, Mlle a la croix égale moaelaire à Pavers. On ne pouvait reproduire cette même croix au revers, on Ta donc frappée d'un autre type qui est bien la croix, mais avec un autre symbole et exprimant une idée nouvelle, ne pouvant se confondre avec lïdée qu'évoque la simple croix égale.

En Tannée 930, après la mort de Raoul, Hugues-le -Grand ne jugeant pas encore le temps favorable pour la révolution qu'il méditait, fit revenir Louis lY, fils de Charles-le-SimpIe, surnommé d'Outremer, à cause du séjour qu'il avait fait en Angleterre, et le plaça sur le trône. Ce prince étail à peine âgé de 20 ans. Aussi voilon qae cette monnaie porte à l'avers et an revers un type central chrétien. Cest la croix à Pavers et c'est la croix encore an revers, mais la croix avec une iSorme nouvelle. C'est la croix formée encore des initiales dmnes mais réumespar le losange saerét qui ajonte nne idée de puissance, crux Jesu-ChrisH poienUssima, Et antonr de celle croix, la touchant immédiatement, le nom du prince qui affirme aussi noQ'-seulement sa foi, mais encore toute sa confiance dans le sjmbote du salut, qui jmgil et sustinet.

Par les motifs que nous avons déjà donnés, nous attribuons l'émission de celte monnaie, aux premières années du règne de Louisd'Outremer. (Foir le eh. II, titre vnu aux pages 6f et 62.)

Le télragonè ou le losange est antérieur, avons^-nous dit, au type carlovingien dont il a été l'inspirateur. En effet, le losange émane du triangle sacré, n est un de ces types primordiaux dont on a peine à fixer la date de la naissance. Ce type se trouve sur les monuments chrétiens les plus anciens, et la monnaie mérovingienne l'a souvent reproduit, soit combiné en diverses manières et avec d'autres symboles, soit seul, en marque centrale, comme type chrétien. Nous le

DE LA COMPOSmOR

Tenons dans toale son indépendance sur les monnaies méiovingiennes, et sur ces monnaies, ce létragonome ou losange est un signe si sacré, que seul en marque centrale il est entouré de rayons, parce que a dupHce îrigouo formatuuty formé da double triangle, il participe de ce symbole dont il ett une modalité, pour constituer un emblème, par excellence, de force et d*unîon. Il exprime donc ces pensées chrétiennes : c Diva amaiwa, a Trinilatê fmitsimnm firmammiuwu » c Dieinum Fvudamen vment et tUBliHem. »

Donc le losange est un signe sacré, formé, comme nous Taîons tu, du triangle; aossi a-t-il élé multiplié par les artistes chrétiens de tons les temps, n entre en combinaison dans les œuvres chréti^nes du moyen-âge avec le triangle et la croix quadrllobés, que nous avons décrits au dernier chapitre du litre précédent. H se remarque au front de la croisée gothique, jusqu^à Textrémité des flèches perdues dans les nuages.

Cependant le losange se combinait principalement avec les figures sphériques. Le cercle est^un symbole de Tétemilé. Le losange dont les quatre angles sont prolongés, est une modalité de la croix. Le cercle soutenu par deux losanges aux angles étendus exprime cette pensée : Qnuipot«n$pmxU 9$ tuilinet in œtemum» (i^tigneéunp S, 5* tttbkau,)

Yoilà les pensées chrétiennes que nos sSenx écrivaient en dentelles de pierres au firent ou aux ailes élevées de leurs temples gothiques, temples chrétiens par excellence, comme ils les gravaient sur leur monnaie, petits monuments d*or, d^argent ou de bronze, destinés à survivre souvent aux plus belles œuvres de Tarchitecture.

GHAPITRË IV.

DES VASBS SACRÉS BUGHARISTtQims MÉBOVIRaiBHS.

Nous avons réuni dans une mémo suite les vases sacrés eucharisli'iues des lénips iiu'rovingiens.

Nous avoui^ disposé la série de ces vases scion l'ordre chronologique, c'esl-^i-Uire selon le temps où ces vases lurent en usage.

Digitiztxi by LiOOgle

DES inSGRIPTIONS HONÉTAIRES.

De Ut CoUmbe eucharistique, (N» 4 du ô« tableau.)

On renfru uïii d abord la sainte hoslie dans des colombes d'or, idée ingénieuse et chrétienne : de là ce symbole que nous offre la monnaie mérovingienne au n» 4 du 5« tableau.

La colombe, comme TEsprit-Saint, semble descendre des deux sur la terre pour la sanctifier et verser aux âmes le nouveau pain de vie, la nouvelle manne sacrée.

Sans doute il ne faut pas chercher à ces époques la grâce de la forme, l'art était défiillant, mais Tesprît religieux était tout-puissant.

Snr notre monnaie, au-dessous de la colombe eucharistique, la croix est posée entre deux sphères, et sur l'un de ces globes l'Esprit-Saint verse la manne céleste, le pain des anges qui doit vivifier la terre; et la colombe n'est-elle pas un emblème de l'Eglise? Beelem per coUmbam figurata est.

Est-il rien de plus religieux, de plus intéressant et déplus curieux que cette composition?

La science archéologique y trouve aussi ses enseignements. Si on voulait créer & nouveau une de ces colombes d'or eucharistiques, telle qu'elle sortait des mains de l'artiste mérovingien, c'est sur les monnaies qu'il en faudrait saisir la forme.

Du Toreuma. (N» 4 du 5« lableau.)

Hais l'Eucharistie n'était pas seulement conservée dans des colombes d'or, elle l'était encore dans des vases d'une antre forme, que l'on portait sur l'autel avec les reliques et les images des saints aux jours de fête, puis on les déposait dans les sacristies ou dans les trésors des églises.

Ces vases pouvaient ofhrlr diverses formes, mais celle qui dut être, avec la forme de la colombe, la plus suivie, dut être celle que quelques monnaies mérovingiennes nous ont conservée et que nous reproduisons immédiatement au-dessous de la monnaie à la colombe.

Ce vase, d'un carré assez large h i^a base, est ornementé en formant cimi nceuds, deux h la Itaso et trois à la partie supérieure, celui du milieu dominant l enscmble. 11 s'élève donc en forme de dôme sur un pied droit.

Cette composition rappelle la forme do 1" Arche d alliance ; audessus du pied ({iii soutient le vase et touchant celui-ci, est figurée une hostie indiqua a t. la destination de ce vase sacré.

Cette forme serait, selon nous, postérieure au vase à la colombe. Elle se rapproche davantage de la forme de l'ostensoir, qui prévaudra plus lard.

Du Va90 9Mhamtique. (N« 6 du 5> tableau.)

Au-dessous de ce second vase sacré, nous en retraçons un troisième. On dirait le même vase par sa lorrae, et on [lotniait croire qu'il devait être la partie intérieure, dont le précédent aurait été rt'iivcloppe extérieure.

Telle est l'opinion que nous nous sommes formée. Ce vase n'est vraiment pas dissemblable du précédent, comme on peut le voir par les rapprochements que nous idTre sa décomposition.

Ce vase eucharistique cUm une enveloppe intérieure des saintes hosties, et sa forme est renianiuable à cet égard : au lieu d'être élevé sui' un pied, U se repose rayonnant sur un supjtort formé de deux C adossés ou de deux S alfrontés, comme on le voit sur d'autres monnaies. Vas Chrisli; ms Salvatoris.

Nous verrons aux monnaies mérovingiennes un sixième vase eucharistique aux initiales de la Vierge Marie.

Si, au contraire, on veut voir un vase sacré nouveau, d'une forme spéciale, il demeure évident que sa fonction aurait toujours été celle que nous venons de lui attribuer, et le support aux deux G adossés, initiales du saint nom du €farist, n'en est qne pins remarquable. Cette composition démontre combien rœnvre des artistes de Tépoque mérovingienne était pénétrée du souffle religieux. Peut-^tre cette forme n*est-e]le autre que la lalane contenant TEucharistie et que ron déposait dans le lorenma.

DES INSGRIPTIOIIS MONÉrAIRBS. 97

Du CaKee A deux ames. (N* 7 dn 5» tableau.)

Mais liientôtaiix coloml)es (ror, aux autres vases ourhorisliques vont succéder des formes nouvelles, qui seront appelées à de plus longues destinées.

' Les Pères d'un concile assemblé à Tours par Tordre de Cherberl — 567 — ne trouvèrent pas convenable que Ton renfermAl la sainte hostie avec les reliques et image» des saints et qu'on la posât avec eux sur l'autel.

Ils jugèrent que la divine Eucharistie, objet de Tadoration des lidèles, devaii être dans un lieu élevé, et ils ordonnèrent qu'elle fût suspendue dans (juehjue vase ou calice au-dessus de Tautel.

Les colombes d"or furent suspendues, mais à l'époque du concile de Tours on abandonnait déjà cette forme charmante. Le toreuma en forme d'arche, vase sacré, ciselé, ornementé, fut alors lui-même remplacé par le calice à deux anses, fialice ansato.

Nous disons que la forme des colombes et celle do l'arche furent abandonnées pour le calice à deux anses. La numismatique mérovingienne nous rapprend; ces trois formes ont cependant coexisté. On tronve sur les monnaies da eommencement du siècle les deux premières formes; elles règlent encore quand apparut le calice à deux anses, et elles <Hit dû nécessairement, pendant un temps encore assez long, coexister avec leur nouveau rival.

Le eaUx tmtatus n*a dû se produire qu*à Pépoque du concile de Tours dont nous venons de parler, c*est-Â-dire dans Tannée 567. Ghei)>ert, qui avait fait assembler ce concile, qoi régla la manière dont on devait garder TEucharistie dans les églises, voulant conserver le souvenir de ce statut nouveau, dut frapper ses monnaies du calice à deux anses, et, en effet, sur le plus grand nombre de ses monnaies se trouve au revers la forme nouvelle du vase sacré eucharistique, et Gherbert ou Garibert dut se bâter, car il mourut dans Tannée même oû le concile de Tours s*était assemblé

Nous avons dit aussi que les autres formes des vases sacrés anté-

rieores au calice à deux anses avaient coexista avec lui. L'obsorvation que nous avons présentée suffirait pour l 'éUiblir, mais les monnaies m('rovint(it'nii(^s vinnnent en féniuijjurr. Ainsi )n forme aux lieux initiales du ('lirist, i|ue nous cousidérons comme la lulune du vase h la forme de TArclie d alliance, est reproduite sur une monnaie de Sigisberl ^ ^ Or, Sifrisbert était frère tie Clierbert; il régna en même temps que lui et lui survéï ut même pendant plusieurs années. Et chose tjui nous a toujours rrapité, c'est que presque toutes les monnaies aunuui de Cherhei t ou de Caribert sont au type du calice à deux anses, et jusqu i' i p;is une seule monnaie de Sigisbert I^"^ n'a été retrouvée, que U'Uis sachions, à ce tyiie. (pii a rependant joui d'une grande laveur et qui a été frappé en divers lieu.x sous la période mérovinfirienne.

Celte particularité tend à jusUlier l'opinion que nous avons émise, que Chei bert avait adopté sur sa monnaie le calice h deux, anses pour perpétuer le souvenir du statut dn concile de Tours qu'il avait fait asseniblpr, tandis que Sigisbert, n'ayant pas les mêmes mollis,, a conservé sur ses monnaies la forme plus ancienne.

Le calice à deux anses a eu un assez long règne, car Anastase-le- BibUotliécaire, écrivain du IX« siècle, dit que Charlemagpe en donna un an pape Adrien b'" : « Calicem cum duabus ansis. » On le retrouve encore au IX*^ siècle, mais la coupe avait changé de forme. Ce calice ne se fléchissait plus en croissant. Les anses avaient aussi varié dans leur forme; elles n'étaient plus détachées à la partie inférieure de la coupe; elles adhéraient, au contraire, à cette coupe par leurs extrémités supérieure et inférieure. La forme du support s'était aussi métamorphosée.

Ce support s^était allongé et sa partie inférieure arrondie s^était évasée. Il y eut deu.x principales sortes de calices. Ceux avec lesquels le prêtre célébrait le saint sacrifice et ceux avec les^iuels il administrait la communion aux fidèles. Ces calices étaient en oi , ai geni, bronze. On en fit aussi en ivoire, en corne, eu verre, en éiain et môme en bois. Le pape Léon IV défendit Tusage des calices en bois et en verre et cette défense fut maintenue par le concile de Tibur

Jl0 la Monslrahce, (N<* 8 du 5« tableau.)

Hais à côté de ce calice et longtenaips après que rasage on la mode (pourquoi ne pas appeler le monstre par son nom) eût fait aban> donner la forme à la colombe et à Parche, s*élé?e un vase eucharistique nouveau, le vase à la croix radiée. Ce n^est pas encore le maginifiqne ostensoir, qui de sa forme et de sa béiinté sera appelé le soleil, mais il est un grand pas, un grand acheminement vers cette forme. Nous reproduisons celte mmstrtmce selon Tancien langage, cette monstrance à la croix radiée, sous le n« 8 de notre 5* tableau, qui nous offre ainsi réunis k peu près toutes les formes antiques des vases eucharistiques (1), Voilà ceux qui ont régné depuis les temps les plus anciens du christianisme jusqu'au XTI* siècle qui vit apparaître Tostensoir, vase sacré auquel, à cause de sa forme, fut donné le nom de soleil. La lulune ou boite de cristal qui se trouve au centra et qui renferme la sainte Eucharistie, y est entourée de rayons, image de ceux de Tastro du jour.

L'ostensoir est le seul nom qui désigne aujourd'hui ce vase eucharistique.

Le calice à deux anses, après un assez long règne, fUt remplac<^ par une coupe semi-sphérique élevée sur un support ayant un pied large et arrondi à sa base.

Le rapprochement de ces œuvres religieuses, la succession de ces formes avec la succession des âges, sont comme un jour projeté sur rhisloire de Tart.

Quelle distance des formes, des compositions du Bas-Empire aux formes, aux compositions, aux œuvres religieuses mérovingiennes I

Nulle comparaison n'est possible, surtout à partir du siècle. C'est un monde nouveau qui s'élève, fouillez, cherchez, rien de semblable ne s'était encore produit. Des peuples nouveaux et la religion

(1) Il existe une sixième et mèuie une septième formes de vases eucharistiques mérovingiens, celles-ci aux initiales à» la Vierge; nous les trouverons aux monnaies mérovingieniies.

m LA COMPOSITION

chréUeime ont fait iiiYasion dans Pancien monde. Tout s'y modifie.

Des éléments nouveaux y créent des formes nouvelles, inconnues jusque-là. Ces éléments émergent de toutes parts da christianisme. Ainsi, les vases s^ ri's que nous ovon:^ sous les yeux nous offrent d^abord un symbole de TEglise sous la forme de la colombe et sous la forme de l'Arche d'alliance. Viennent ensuite ces vases élégants aux initiales du Christ, sauveur des hommes. Quelles variétés et quelles richesses d'ornementation !

Les archéologues et les numismates doivent une attention particulière à la forme de la coupe du calice à deux anses. Elle s'infléchit en forme de croissant à sa partie supérieure. Eu forme de croissant, c'est- fi-<1 ire que nous trouvons la parlie supérieure de cette coupe formrp de Finitiale du nom du Christ. Ainsi le croissant appartient au ciiristiauisme. Ost de lui que la grande ville chrétienne de Constantin, du premier empereur clircticn dont le nom commençait aussi par l'initiale du nom de sou Dieu, aix'çu ce divin symhole. El lorsque les sectateurs df Mnlujmet se sont emparés de la capitale de l'empire d'Orient, ils ont gardé le symbole chrétien ijui dominait au sommet de tous les temples. Le croissant n'est point un symbole du culte des Osmanlis, il est un emblème emprunté à la religion du Christ.

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