‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 56 sur 224 · DBS SIGNES PORTÉS AU N<» 17 DU 5« TABLEAU · texte numérisé non relu

DBS SIGNES PORTÉS AU N<» 17 DU 5« TABLEAU

De la première figure du n"* // du 4« tablmu*

Nous aurions pu poser ce signe an n« 44, mais eomme le senfi qn*il offre n^est- point tout à fait identique à celui des signes du n«i4 que nous avons analysés, nous avons cru devoir lui donner une mention séparée. Cette première figure est celle de la croix cantonnée de quatre sphères.

Les signes qui cantonnent la croix peuvent être de divers ordres, et nous avons déjà parlé des principaux. Nous ne nous occupons ici que des points, selon Tancien langage de la numismatique. pointe sont de petites sphères, de petits globes placés aux quatre* angles de la croix; ainsi posés, ils occupent ou représentent Tune des directions de la rose des vents, et donnent ainsi quatre points cardinaux unis à la croix. Us concourent à former cet emblème t Gnix ubique » c Crux régnât per totum orbem. i C'est un symbole du règne de la croix sur le monde. Ce spabole est simple, mais on n^était jamais remonté aux éléments de sa composition. Il évoque ces grands traits de TAnden Testament : i Isti sunt quatuor venti cœll qui egredinntnr et stant coram Dominatore omnis terrs. » —

DES INSCRIPTIONS HONÉTAIltES.

Ces points sont une figure de ces quatre vents, toujours en présence du maître de la terre, portant partout son nom et sa puissance. Il ne faut pas assimiler ces quatre points cantonnant la croii à

des marques distinctives d'ateliers ou d émissions.

Sans doute, ils ont pu différencier les monnaies de divers princes portant le même nom, et ont ainsi offert un moyen de fixer une attribution, mais ils sont un signe principal ayant une valeur considérable ei bien déterminée, comme nous venons de l'établir.

Du rtv^ip, on trouve ces quatre points cardinaux cantonnant la rroix aussi bien sur les monnaies impériales que sur les monnaies mérovingiennes, et aussi bien sur les monnaies baronnaies que snr les monnaies royales. Ils ne sont pas un signe purement monétaire, mais un signe appartenant aux types clii'étiens, à la chrétienté, et, par conséquent, répandus partout.

Ce signe ne se grave pas seulement sur les monnaies, mais aussi surTœuvrede rarchiteele, (bi sculpteur et du potier; il était partout et régnait dans tous les arts. On le trouve dans nos temples et sur b's tombeaux, on le trouve sur nos chartes. Dans une formule initiale d une charte de Louis VU — 4150 — en léte de la iormulc, est la croix cantonnée des quatre points cardinaux.

Cette môme composition se remarque sur Tun des vitraux de Saint-Denis, que Tabbé Suger avait fait exécuter.

Les croisés reproduisent ce signe sur leurs étendards; en un mot, c'est un signe appartenant à la chrélieuté.

De la deusoiime fgwr$ ito m /; dti 4» tablemt.

Dans récriture abrévîativa dn moyen^ge, on avait Inventé mt signe bien remarquable et bien étonnant, pour exprimer au inrésent de rindicalif la troisième pmmne du verbe latin Me, est, il est : ce mot s'écrivait par une sorte de eroisetle cantonnée de quatre points posés anx quatre angles. C'était le symbole donl nous recherchons rinterprétation et la valeur, symbole de la croix, du Christ régnant per Êoîwn orkem. Le symbole de celui qui est, de celui qui tient

dans sa main touips Ips exltruuks de la terre, c In manu suiil omnes fines terra". » Celle composition nbnWiative a élé la clef de notre interprétation, elle rétablit et la justifie.

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Det leitret m sigka qui substiiuetu les quatre tphèreteoHtomant

la croix,

SouTenl ces quatre sphères sont remplacées par d*autres sigles, par quatre S, par exemple. La croix cantonnée de quatre S exprime cette pensée : t Grox nbiqae salus, ubique signmn salutis. »

Souvent, quelques-uns des points cardinaux sont remplacés par des croisettes; ainsi la croix sera cantonnée de deux sphères et de deux croisettes, elle ofiHra encore le même sens, car la croisette, posée avec des signes célestes, en prend la valeur et, dans tous les cas, n^altère jamais l'ordre des signes dans lequel elle entre.

D*autres fois, k la place des points cardinaux on grave un autre signe, par exemple quatre étoiles; il est bien évident que celles-ci accusent énergiquement la même sentence religieuse : c Gmx régnât ubique in cœlis sicut in terrâ. t On cantonne aussi la croix de quatre croisettes. Ainsi firent les croisés, créant les armoiries de Godefroy de BouUlon. G*est la plus énergique expression du même sentiment religieux. C'est la croix arfirmée par la croix^c*estIa croix au centre et aux quatre vents du ciel, c Gmx ubique semper. »

Enfin des princes, par je ne sais quelle vaine personnalité, à la place dn sigie céleste, posent leur attribut politique, substituant ainsi l'un des pobts cardinaux qui conservent néanmoins leur signification.

Pour terminer sur ce point, nous devons dire que les interversions et substitutions de ces. signes secondaires ne sont si Dréquenis que parce qu'une autre considération les a souvent déterminées. Nous avons toujours pensé que ces sphères ou tous autres signes ou sigles accostant la croix, en même temps qu'ils entraient dans la composition des emblèmes, pouvaient aussi avoir pour mission de diffé^ rencier soit l'ateliei-, soit même rémission de la monnaie, soit une époque ou un règne; les types et les noms royaux étant les mêmes.

DBS INSCRIPTIONS MONiTAlRBS. {{7

on a voulu par ces substitutions el. intei'versions ôvilm- unp confusion de règne et de noms. Ce procède pouvait être siiflisanl pour le présent, c'est-à-dire pour les jours d'alors, mais pour les siècles futurs? C'était amasser de grandes difficultés et souvent même des impossibilités de distinctions entre les divers ateliers, les diverses époques et les divers princes. Mais ce qui restera comme une valeur acquise à la science, ce sera le type chrétien qui fera toujours entendre son langage, alors (jue ce qu'il y avait de plus humain, de plus mortel et de plus temporaire sera devenu plus obscur et plus itir*Miain. Le signe chrétien demeure : c Hanet usque ad coasommationem secuU. »

Rémmé d$ noB iév^oppemaUs sur ki signêt du m 17,

Cette figure de la croix cantonnée des quatre points cardinaux exprime donc l'être présent, toujours présent, elle est donc un emblème de la présence de Dieu qui est partout. Et c'est précisément 1 I t r même fîgure symbolique qui est frappée sur les monnaies si profondément chrétiennes de ces temps relitrieux : «Deus est ubique,

novit et-audit et vidct omnia. » — «Deusestimmensusetincircums-

criptns. »

(Jin autorité à Tappui de nos interprétations et de nos doctrines! Quaiui nous les formulions, nous n'avions pas encore auprès de nous ces autorités, ces lumières nous venani dt s irinps qui ont précédé la création des types monétaires que nous éludions, et qui sont nés sous rinspiralion du môme esprit chrétien. Mais ces autorités et ces lumières nous devaient venir, parce que nos doctrines sont vraies : elles sont la vérité môme!

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