‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 57 sur 224 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DE L'£HfiL£MË DU N» 18 DU 5« .TABL£AU.

Nous plaçons sur le même tableau, à la suite des signes dont Bons venons de déterminer le sens et la portée, un emblème monétaire composé de ces mêmes signes; étant donc dans le même ordre

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d'idées, nous avons dû le rapprocher de ses éléments conslitatifs. Cet emblème est composé da G symbolique, qui s'ouvre pour contenir un globe rayonnant. Le C symbolique on croissant, qui est issa de Tinittale du nom d»Gbrist, nous dit ce nom sacré. Le globe lumineux, Taslre radieux qu'entoure et que semble soutenir ou contenir le «roissanl symbolique, est rèxpressîon du monde que le Christ à racheté : Le monde est réjoui, le globe est radieux de sa rédemption; et Tensemble de cette composition exprime cette belle pensée : c Christus complexit orbem suâ redemptione radiosum. t — Le Ghiist embr^isse le monde radieux de sa rédemption. Cet emblème a été apporté des Croisades. Il devint la bannière monétaire des prûices revenus de la Terre-Sainte. Le roi de Navarre el le comte de Toulouse, Raymond VII, à leur retour des Saints-Lieux, frappèrent leurs monnaies de ce symbole sacré. U toi donc comme * . leur bannière, rendant témoignage à leur foi. Comme d'autres princes, en souvenir de cer grands événements, de ces entreprises béroiques où ils avaient été acteurs, fran^rent leurs monnaies de trois croisettes trinitairement disposées. Ainsi fit Savaricus de Hauléon. Et pouvaienIrUs composer une plus noble bannière moné.lairet Quel souvenir à conserver que celui de ces grands actes de foi et de religion t Que celui de ces grandes guerres de l'Occident contre, rorient, et ce souvenir le pouvait-on mieux confier qu'à ces légers monuments de bronae, d'or ou d'argent, que lèvent des transactions et des relations humaines emporte et sème partout, que la terre peut recevoir en son sein pour les rendre, quelquefois intacts, de longs siècles après, aux générations de l'avenir, heureuses en les retrouvant de toucher par eux k ces temps anciens si glorieux et si chers.

Dans l'appréciation de cet emblème, l'ancienne numismatique n'y met ni tant de soins, ni tant de recherohes, ni tant de profondeur. Que lui importe où et qwud il est né, d'où il vient et ce qu'il dit et ce qu'il vaut? Son origine, sa naissance, sa grandeur, les souvenirs qu'il évoque, les événements dont il témoigne, que lui importent toutes ces grandes choses» cet emblème est extrêmement simple pour elle, et c^est si apparemment vrai? C'est la lune et le soleil t

Sans doute, ces signes, ces emblèmes ont été empruntés à l'Orient,

Hiix lieux où les croisas ont combatla. Ils oui clé rmitnmlcs a Coiis- Innfinople, où le C emMômatiqne, le croissant, comme nous l'avons (icmoiilré, issu de l'iniliale du Cliiist, régnait depuis le Hl" siècle, depuis le premier empereur clirétien, depuis Constantin. Mais c'est précisément parce que nous connaissons l'origine de ce signe, que nous savons sa valeur et le sens chrétien qu'il présente. Et comment rendre compte de cette composition, en y voyant le soleil et la lune? D'après celte composition, la lune serait tiuain' fois plus grande que le soleil, car son croissant, qui ne forme guère qu'un quart de cercle, renfermerait le grand astre du jour dans toute la splendeur de ses rayons. Evideinmeal, e( d'après cette composition e( d'après les raisons que notis avons données, on doit voir un signe d'un ordre plus élevé, un .symbole chrétien dans celle composition, et ce symbole est celui que nous avons expliqué.

Un numismate, qui a rendu de grands services à la numismatique française, avait eu le soupçon de la valeur emblématique du croissant, mais il avait cru pouvoir se dispenser de l'interpréter : « Le croissant, dit-il, se trouve sur tant de monnaies de pays dififérents, que ce devait être avec l'étoile ou le soleil un symbole, que loute- , fols je n^essaierai pas d'expliquer. » Ce langage est comme une Ineur de la vérité un instant entrevue. Elit sans doute, le croissant, les sphères et tons les signes et figures empreints sur les monnaies sont des symboles, et c'est à les interpréter que nous, nons nous dévouons ; et ils sont ce qu'il y a de grand et de dnraUe dans ces compositions inspirées par le souffle dirétlen.

DE LA GOHPOSITIOIt

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