CHAPITRE XIV
DES DIVERSES MODALITÉS DE LA CROIX* {N" U du6* tOhhau.)
Des prmiôreB moiaUtét âu m //.
Nous avons commencé la première partie de ce tableau par le grand symbole du salut des hommes, et nous la terminons par ce même symbole; et nous le retrouverons encore dans la dernière partie. C'est qu'aussi ce symbole règne partout; il est le générateur ou l'inspirateur de presque tous les types chrétiens monétaires.
Nous avens établi, en commençant ce titre, quel était le type normal de la croix monétaire. Mais ce type a été modifié, et de nombreases modalités en sont nées. Le nM4 de notre 6« tableau se borne à indiquer quelques-unes de ces modalités.
La numismatique a done varié la forme de la croix monétaire. Le blason a aalarellement reproduit cette croix, et il Ta nommée croix
DES INSCRIPTIONS MOr^ti AIRES. 437
simple ou plei&e. Plus que la numismatique, le blason a varié la fonne de cette croix avec les émaux, les couleurs; il a créé un nombre considérable de types divers pour représenter ce signe de saint. Nous avons compté plus de quatre-vingts variétés de ce type créées par lui.
En numismatique du mbyen^ftge. kf? types divers de la croix sont moins nombreux el moins compliqués, parce qu'ils avaient une mission pins sévère à remplir, et que la volonté qui les créait ne pouvait se livrer aux écarts on aux twtaisies auxquels s'est souvent abandonné le blason.
Nous trouvons donc sur les monnaies la croix en sautoir, ou de Saint-André; la croix latine dont Tborizontale coupe la verticale aux deux tiers de la hauteur; la croix pallée, c^est-à-dire celle dont les extrémités sont élargies; la croix ôvidée au centre; la croix fichée, celle dont Teitrémité inférieure où toutes les extrémités se terminent par une pointe; la croix anglaise, celle dont les bras traversent les légendes; la croix bourgeoise, dont le premier type, bientôt modifié lui-même, apparaît sous Louis VIT; la croix à deux branches ou croix patriarcale; les croix ancrées et potencées dont nous connaissons la composition; la croix échancrée, dont les extrémités sont légèrement évidées; la croix fourcliée, dont les extrémités très-évidées s*ouvrent en deux comme une fourche; les croix qui sont tout à la fois patlées, fourchées, el échancrées; les croix feuiUées, fleurdelysées, fleuronnées, etc., etc. Nous trouverons ces types dans la seconde partie de ce traité.
Quelques oifterwuiom noweUes sur la croix poUaeée, (Voir la 6* croix du no U.)
Parmi les spécimens des diverses modalités de la croix, nous avons placé la croix polencée; au liire précédent, nous avons analysé et donné rint.erprélation de cette croix. Nous l'avons interprétée par rapplication que le passé avait fait de ce signe; qu'on nous permette de choisir aijûourd'hui une application, la plus éclatante qui puisse
DB LA COMPOSITIOM
affirmer et la vérité de notre doctrine et notre saine inicrprctatioa. Sur CCS applicaiions, sur ces exemples, nous insistons, parce que ce sont nos preuves.
Lorsque par son génie, Godefroy ôr r>(Uiillon se fui emparé de lerusalem et qu'il eût été acclamé lu lUie du rojaurne (ju il avait conquis, que lireiil les prim-es ses compagnons d'armes? Ils voulurent pour lui (les armoiries donl la composition constatât et consacrât le souvenir de cette conqut^lc. Ils firciu alors deux choses : en premier lieu, ils choisirent un symbole dominant, puis dans la composition de l'ensemble de ses nouvelles armoiries, ils créèrent une exception considérable. £t quel fut le symbole qui domina dans cesannes?
Par la force des ctimes, le symbole dm nouveau chef des croisés et de leur nouveau roi devait être la croix. Sans doute, mais laquelle? Non la erobt simple que portaient les défenseurs de la Tme-Sainte.
Godefiroy régnait à lerusalem, là où, sur 'la croix des Hébreux, ^t mis à mort le Sauveur des hommes. Ce M donc cette croix que Pon choisit pour élément principal des armes du nouveau roi de Jérusalem, et ce Tftu, croix des Juifs, quatre fois répété, forme la croix |»olM^ qui lût le symbole dommant des armes du nouveau souverain. La croix poteneéei crux potensl crux potentissimal Cette croix a donc bien le sens et la valeur que nous avons indiqués, en voilà une prouve nouvelle. (Fotr 1$ // du 4* tahUau el \m textes qui y seul reïalt/«.) •
Mais cela ne suffisait pas. S'il est un principe fondamental, c*esl que dans la constitution des armoiries on ne doit jamais mettre métal sur métal, ni couleur sur couleur. Si ce principe est violé, c'est alors une armoirie à enquérir, car il (àut-une causei)ien grave à une exception aussi considérable. Eh bien 1 on viola ce principe fondamental dans la oonslitulton des armes du nouveau roi de lerusalem. Les princes chrétiens lui donnèrent d'argent à une croix potmcé0 ^or accostée de quatre croisettes de même.
Accostée de quatre croisette» de même, c'est^-dire que dans ces armoiries on multiplie le symbole dn salut, et aux sphères indica-^ tives des points cardinaux, on substitue quatre- croisettes qui rem-
DES DfSCMPnONS MONÉTAIRES. 199
plissent la méine mission : » Crux potens ubique rcgnat. » G*e8t la croix affirmée à tous los roins du monde par la croix!
On voit avec. qnv\ soin ont été composées ces armoiries; avec quel pins grand soin ont donc été formés ces monogrammes, ces signes,- symboles el emblèmes qui devaient être frappés sur les monnaies des souverains, destinées qu'elles étaient à circuler au milieu des nations?
Enfin, pour confirmer de plus en plus, s'il était nécessaire, noire doctrine, nous rapprochons de ce grand événement, la prise de lerusalem par Godefrov de Houillon — 5 juillet 1099 — un trait de la vie d'Héraclius — U septembre 039. — Quatre cent soixante années avant la conquête des croisés, Tempereur Héraclius entrait à Terusalem portant lui-même sur ses épaules la croix de Notre- Seigneur l.-C, reconquise sur les Perses. C'est ce glorieux événement que FEglise honore parla fôte de l'Exaltation : une médaille fnf frappée à Gonstantinople pour en perpétuer le souvenir. Voici cette médaille :
t DN HERACLIVS P.PA. Buste dMléradius.
^ VICTORIA AVGVSTA. Dans le champ, Croix potmcée fil
En exergue CONOB.
Toujours la croix polencée I parce que, comme nous l avons établi, celte forme est la plus haute expression de la puissance de ce signe du salut des hommes. C'est le signe du salut répété quatre fois et posé au nord, au midi, à l'orient et à l'occident.
Ainsi, à travers les siècles, pour exprimer la vertu de la croix, sa toute-puissance, c'est toujours à la forme polencée que 1 on recourt. Ke trouvons-nous pas dans ces faits une éclaUinte affirmation de» principes que nous avons posés dans les cliapitres précédents? (F. p, 77 el iuw.)
CTft dernier mot sur la croix égaie manitairé.
Avant de quitter ce grand type de la croix, qu'il nous soit permis de jeter un denuer coup-d'œil sur la croix égale monétaire et de montrer jusqu'à quel point elle a été dominante dans la numismatique du mo>en-àge.
140 DE LA GOHPOSITION
Nous n'avons point ;i revenir sur sa composition; Tanalyse que nous en avons donnée l'a fail f-nnnailre mous ne voulons parler que de l'application qni en a élé faite. Nous l'avons dit. la croix égaie monétaire, quoique Lien antérieure ;i Charlemagin'. j orla son nom, parce que ce prince Fadmit comme le type dominant, comme le type normal de ses monnaies, et pendant plusieurs siècles ainsi lirent ses successeurs. Lorsque Louis 1"^ succéda à Gharlemagne, son père, au commencement du 1X« siècle — 814 — il fit frapper nn sol d'or qui mérite une aitenrion toute particulière. C'est plus qu'une monnaie, c'est un monument chrétien, c'est Tune de ces monnaies qui sont de vraies médailles et que l'on doit conserver comme nn trésor. Voici la description de cette monnaie :
t DNHLVDOVICVS IMPAYG. Tête de Louis tournée à ganche.
^ MVNVS DÎVINVM. Croix égale monétaire dans une couronne sommée d'une rose et fermée par un nœud à sa partie inférieure.
Quel remarquable revers que celui de celte ninnnaie! L'empereur veut rendre un témoifiiKige de sa foi d'une niiiiin re éclatante, que fait-il? Va-t-ii l ecounr à des combinaisons plus ou moins ingénieuses? Non point, et rien de plus simple, de plus grand et de plus magnifique en mAinr temps que sa composition.
Il inscri! 1 1 roix, monétaire la plus simple, et je dirai la plus belle des croix m tii - taires, la croix égale! C'est donc que cette forme est la forme ik t niale. Tl la pose dans une couronne. Voilà le seul ornement de cette composition: mais de quelle iuscription entoure-t-il le signe du chrétien? De ces deux mots seulement : « MVNVS DIVINVM. » Réunissant la marque centrale à la légende, cette monnaie nous offre cette inscription : « Crux! munus divinum ! * la croix! bienfait divinî
Voilà cerlaiiu ment la piofessiuu de foi la plus éclatante que pùl faire un empereur très-chrétien.
Et si no "s voulions descendre dans les détails de cette composition, il faudrait remarquer le nœud qui ferme la couroiiiie. 11 s unit à cette couronne par trois traits qui sont comme Tinitiale de lesus et qui se terminent en forme de deux S, un de chaque côté, en sorte que Ton pourrait y voir cette pensée : « Crux lesus-Chrisli
DBS INSCBiPTfONS MONÉTAIRES.
Ui
Salvatoris munus divinnm. > (Vùiree type dans l'ouvrage de Leblanc.)
Et plus tard, lorsque cet empereur, en 817, aura associé à Tempire son fils Lotfaaire : « îsk ornai potettate et honore, in omnt conscriptione et nomismate, » nous trouverons en conséquence des monnaies an nom des deux empereurs.. De quel signe éiaient-elks firappées? Elles portèrent de chaque cdté Tuu des noms des deux emperours; et en marque centrale au revers et à l'avers, la croix égale t
Voici la description de Tune de ces monnaies :
t HLOTÀRIVS mP. Au centre crmx égaki
1^ t HLVDOVICVS IHP. Au centre croix égalet
Ainsi la cnÂx égale est hien la croix monétaire.
Cette monnaie n'a point, à proprement parler, de revers : elle n'a que deux avers, offrant chacun le nom de4*nn des empereurs avec le même type chrétien, en marque centrale. Ces deux princes sont bien ici c in omne poteslate... et nomismate. »
Cette monnaie dut être frappée à Pélévation de Lottiaire au gouvernement impérial par Louis son père.
EUe est aussi une justification de nos prindpes sur les Ijfpes exclusivement chrétiens adopjtés pour les jeunes princes à leur avènement, et surtout à leur élévation au pouvoir du vivant de leur père.
La croix et les symboles et les inscriptions monétaires qui en découlent comme d*nne source divine, qu^une volonté inspirée a gravés sur ces légers monum«its qui devaient être le sceau et la fin de toutes les transactions humaines, nous apparaît comme une forme de la manifestation de Dieu, comme une forme de la révélation. Et pour que Ton n*en doute pas, continuons notre rapide coup-d*œil sur notre numismatique : Tun des rois mérovingiens qu'inspirait saint filoi, .frappa sur ses monnaies la composition suivante :
f DAGOBERTVS, effigie royale à droite.
^ t DEYS : au centre de la monnaie, la croix latine accosté des deux lettres V. G. et élevée sur un degré au-dessus du globe terrestre. — Emission primaire, monogramme mixte.
Gonmie le revers est digne d'attention 1 Gomme ii affirme aux po-
pulaiions la foi du prince. Aux regard.s du roi très-chrétien, il n'y a qu'un roil Le roi des rois : « Domiuus Dominanlium » — ^< Duniinator omnis terrœ, REX DEVS! » Voilà le vrai roi, Dieu ! Et pourtant quel est son sceptre? La croi\l Elle est le signe du salut, elle est élevée sur un degré comme un appel à la prière; elle est au-dessus du globe terrestre pour le couvrir et le protéger. Voilà bien Tûme et le souffle qui animent cette composition. Mais la légende est, elle aussi, un verbL' aiiimé du même souille. Et elle nuus dit : C'est par cette croix que Dieu règne, c'est par cette croix qu'il a vaincu. Deus rex, Crux vincil. Telle est la valeur des deux lettres monogru mina tiques V. C. qui accostent la croix.
A voir lés inscriptions mérovingiennes, il semble que I un louche déjà aux croisades ou que le temps en est proche; on croit entendre ce cri de guerre : XPC. Vincit ; XI'C. Régnai : XPC. IMi'EiiAT. Et ce cri de guerre deviendra bientôt la légende des monnaies de tous - les souverains.
Et ces devises et ces légendes chrétiennes, comme si tous les princes s'étaient entendus, alors qu'ils éludent le plus souvent en guerre au sein des violents efforts lentes en sens si opposés pour reconstituer des peuples, ces devises, ces légendes, ces symboles, ces emblèmes chrétiens, disons-nous, éclatent de toutes parts et sur tous les points à la fois, comme sous Taction d'un même souffle.
Quel était, chez les empereurs d'Orient, le symbole monétaire dominant? La croix 1 toujours la croix! rien que la croix ou ses dérivés t Et leurs inacripdèns monétaires? leurs légendes? Les voici :
IHS. XPS. BAZlAErZ BAXIAEON. — IBS* XPS. NIKA.
lesus-Ghrist, roi des rois. — lesus^Ghriat triomphe.
Ân titre III, chapitre II, p. U, nous avons parlé du christianisme dans rœnvre monétaire, comme d*nn principe sous l'empire duquel Toeuvre tout entière avait été composée, et sous Pempire duquel il fillait l'apprécier pour la comprendre. En ce moment, nous voyons l'application de ce principe, nous voyons son œuvre et son action.
(Test comme un grand acte de Dieu accompli par les Francs : < Gesia Dei per Francos. » La parole divine est tombée sur cette œuvre et Dieu y a dit drculer le souffle de son esprit Les signes
DES INSCRIPTIONS honétaiubs, 443
n'y apparaissenl-ils pas, ne lepreiinent-ils pas à nous parler, à nous instruire, à nous faire aimpr ex glorifier nos pères; nos origines nationales ne se mélangent-elles i)as avec les grandeurs de la foi daii:5 uiit; harmonie Louchante? C'est une double chahie de souvenirs nous attachant à la patrie, à la religion, un long héritage d'enseignements et de bienfaits.
La contemplation de ces types chrétiens si variés, si nomin aux, répandus partout, sur toute la surface des Gaules, sur l'Orient, sur l'Europe tout entière, produit une impression dont l'âme ne peut se défendre. C'est une source vive pour la foi d'où s'écliappe une vertu toujours féconde. Au sein de cette œuvre iiiiniefise, on y sent comme une action divine (jiii renouvelle la face du monde; c'est comme une vaste communion des esjirits, s'alimentanl des mêmes enseignements, vivant des mêmes symboles sacrés, se nourrissant de la même croyance. Cette œuvre monétaire n'était-elle pas pour les Gaules, pour l'Angleterre, pour l'Allemagne, pour TOrient, pour les plus grands peuples, un monument indestructible, et une affirmation per- . manente de leur foi immuable et éternelle comme leur Dieu? Les desseins de' Dieu sont toajonrs marqués d'une sagesse infinie ; là où des yenx distraits n^ont aperçu qu'une coïncidence fortuite, un regard pins attentif et plus pénétrant découvre un plan prémédité. Les clioses de k foi se rattachent entre elles par des liens que d'abord on n*aTail point soupçonnés ; ainsi en estril des œuvres divines, elles naissent» elles ne sont pas toujours comprises dans leur ensemble, elles semblent même, comme ces produits de Poeuvre monétaire, se perdre sous terre, se dérober aux recherches pour paraître à quelque distance de là plus éclatantes et plus puissantes. Ainsi, en réunissant aujourd'hui sous le regard ces monuments de nos pères, à dix ou douze siècles de distance, sommes^nous saisi de r^évation de leur foi et de leur attachement à ces préceptes divins qui devaient guider tant de générations. Ainsi, dans Tordre divin, rien ne se perd et le présent s'enrichit du passé.
Des CroUettes, (N» U du 6« tableaa.)
Les deux deraiers sigoes qui terminenl la série des eroix portées au n» U du 6* tableau sont des petites croix que Ton appelle eroisettet, c'est le terme technique. La senle différence entre elles et les antres croix, c'est que celles-ci ont un diamètre un peu plus grand; elles ont aussi là plus haute fonction. Néanmoins, selon que nous , rayons vu sur la bannière monétaire des croisés, les croisettes sont parfois type principal, signe dominant dans la composition monogrammatique, emblématique ou symbolique.
Les croisettes ont surtout des fonctions spéciales.
Ainsi, il ne suffisait jpas à nos pères de composer des types monétaires chrétiens, il ne leur suffisait pas de mettre la croix en marque centrale, ils avaient pour règle de la reproduire dans la légende suivant un diamètre très^réduit, c'est-ànlire comme une croisetle, pour indiquer le commencement de la légende et sa fin. EUe est là comme Talpha et Toméga de rinscription circulaire de la monnaie.
Donc, pour lire une légende, il faut d'abord se mettre en fiice de la croisette, et lire par la droite si Tinscription est normale, ou par la gauche si Tinscription est rétrograde.
La croisette ou légende se met le plus souvent à la partie supérieure de la monnaie Terticalement ou perpendiculairement au^ dessus de la marque centrale, quelle qu'elle soit, monogramme, emblème ou symbole. Cependant cette règle est loin d'être absolue; ainsi la croisette se place quelquefois, non plus à la partie supérieure de la monnaie, non plus au nord de la marque centrale, si on peut ainsi parler, mais à l'ouest, c'est-à-dire an côté gauche; nous avons trouvé la croisette en légende directement au bas de la monnaie, et quelquefois à droite ou à gauche. Il suit de là que la croisette en légende n'a point une place absolument fixe, mais la règle est toujours celle-ci : que pour arriver à la lecture des légendes, il faut en trouver Tétoile polaire, qui est la croisette, quelque part qu'elle soit placée, ou tout autre signe initial ou final, quelquefois mis à la place de la croisette.
DBS mscmpnpHs iion£tairb8.
Lorsqu'une croisette entre dans la composition d^nnmonoeranune ou d'un emblème, ou de quelqae manière que w soit dans une marque centrale, elle y remplit une fonclion toujours importante.
La croisette se combinant, dans un monogramme ou emblèipe, avec 4e9 lettres ou des figures, c'est ordinairement par elle que Ton doit commencer la sentence religieuse dont elle est le premier terme. Il y a deux n^anières de lire les compositions monogrammatiques on emblématiques d'axiomes chrétiens; la croix est 'toujours l'un des termes et le premier élément de ces axionies. {Voir m ^re F. De la kanre dâ$ mscripîUm aïonélatres.)
Il fout, pour obtenir la lecture, combiner parfois la croix de l'avers avec la marque centrale du revers.
Mais si la croisette est en fnarque centrale au rerers, se combinantalors avec les lettres ou figures, elle leur donne un sens complet; il n'y a plus à recourir à la croix de l'avers pour obtenir l'ejtpression ou l'interprétetion.de la sentence.
Sur les monnaies mérovinglennos et sur que)qneft-unes de la se^ conde race de nos rois, la croisette accosterà droite on ft gaufibtf l'effigie du prince, elle exprime celte pensée : que le prince règne f gratiA crucis, gratiâi^hristi, per Christum. d C est la 80ntence qui btentôt apparaîtra : c Graliâ Dei, misericordiâ Oei Rex, i» exprimée par le plus grand des symboles. Le triangle, l'étoile ou 1^ losange, accostant souvent aussi Teffigie royale, présentent un sens analogue.
Enfin, lorsque la croisette, et nous Tavons déjà dit, s'unit à des signes célestes, elle substitue Tun de ces signes, la croix n'altérant jamais Tor^r^ et la naturç des signes d^ns lesquels elle entro.