DES SYMBOLES PORTÉS AUX N«« 15, IG, 17, 48 ET 19 DU 6«' TABLEAU
{^Ue et fin 4e ce if« <aA^f«.)
Ces syffibolos ayant dans leur composition un élément qui ne varie
pas, nous ^Youâ cru devçir les réi^i^ir eu une série, cçmme nous
DE hk œiiPOsinoN
Pavons déjà (ail i)oui- de^ com positions qu'il était intéressuiil el uiêiiie nécessaire de ne pas séparer.
Les symboles IT). 11). 17 et 49 sont connus sous le nom dechrisme, ou nionogramnu' du Ulirist.
îl fani renia muer que ces quatre ^ymltoles, s'ils ont un élément tommiui et identique, ditTùrent cependant les uns des autres, el qu'ainsi ils ne peuvent avoir une seule el même signification; ce que l'on avait admis jusqu'ici. ^
Mais la décomposition de ces symboles démontre que Ton doit se donner garde de les confondre. ^
Du symbole n° i5 du 6^ tableau.
Le premier de ces symboles ésl formé de rinittale divine, r&rti- . cale et horizontale de la croix, et porte à sa partie supérieure le G emblématique, le croissant, seconde initiale divine, Tiniliate de Cbristus, et il exprime cette sentence chrétienne : c lesus-Ghristus PMior gentium. » Nous soulignons Pastor gentinm, car cette expression est bien différente de celle qui doit caractériser le symbole suivant : Magister gentium.
C'est aux lois de Tigiatomie des types que nous devons île bien apprécier et de Ure correctement ces simples et magnifiques monogranunes.
Cette interprétation ne peut être taxée d'erreur, car la décomposition de ce signe en rend un compte exact, et de plus, elle est justifiée, confirmée par les textes les plus précis de TAncien et du Nouveau Testament.
Dieu, parlant par la bouche de ses prophètes, prend le nom de Pasteur des peuples; et les rois, dans l'Écriture et chez les Anciens, sont qualifiés de pasteurs des peuples. Isaïe nVt-il pas annoncé que le Messie paîtra son troupeau : t Ecce Bominus Deus in fortitudine ^
véniel Sicut pastor gregem suum pascet. > (Isaïe, XI, 10. H.)
£l quelle est cette nourriture des pasteurs des peuples? « Diligite lumen sapientiae oumes qui pneestis populis. » Aimez la lumière
DES INSCRIPTIONS MONÊTAIItES. 147
de la sagess«\ vous iom qui ôtes à la l«'ie des pt^nples. <i Ego pascain oves mcas et ego ;i'^riî!»;u p farmm, dicil Domirius Deus. « Mniintime je ferai pailtv mes brebis, moi-m^me je les ferai repti^»'!-. dit le St i^qieiir-Dieii, je vicudrai inoi-iûâme cherclier mes brebis et je les visiterai nioi-ni^me.
« Fit siisfilalîo super eas pasloreui imum qui pascat eas. » (Voir celte admiralde iiro[.lii'tie d'Kzéchiel. XXX, 4.)
Le boa pasteur prédit est venu, et il enseigrue ses disciples et tous les peuples : « Ego veiii ut vitam habeaut et abondaliùs babeaul, » Je suis venu pour qii ih aient la vie et une vie plus abondante. « I''.gu sum pastur bonus; 'bonus pastor aaiinaiii suam dat pru ovibiis suis, » Je suis le bon Pasteur et le bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. « Et alias oves habeo quse non sunt e\ hoc ovili ; et illas opportel me adducere et vocem meam audient et fiel timm atUe et mus pastor, » J ai encore d autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie et il fauf que je les mi^ne, et elles entendront ma voix, et il se fera un seul troupeaUf et il liy aura qu'un seul pasteur. Voilà bien toutes les nations de l'univers désignées. « Pasce agnos meos» « Pasce oves meas. » (Act. XXI, 15, 17.)
On ne saurait se lasser de citer, mais enlin il faut linir. Bien de plus touchant que cette parabole du bon Pasteur, qu'il faut lire en entier au chapitre X de saint Jean. Voilà donc notre interprétation à coup sûr bien suffisamment justifiée. Voilà bien les textes sacrés qui ont inspiré ce type qui fut si répandu au milieu des premiers fidèles et dans tout le moyen-âge.
IÎqI doute, en effet, n'est possible sur l'interprétation de ces signes; à chaque pas nous pourrions, à l'appui de no» interprétations, invoquer les enseignements de Parchéologie, cette sœur germaine de la numismatique. Sur les monuments les plus antiques, remontant au berceau du christianisme, aux premiers pas du génie chrétien dans les arts, nous trou?ons ces types hiératiques bien arrêtés chez les fidèles de la primitive Eglise; on y trouve une symbolique simple, sobre, mais élevée.
Le chrisme était lemonogranmie que Constantin avait inscritsur le labarum; au-dessops des bras île la croix étaient suspendus l'Alpha
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- et l'Oméga, « Ego sum Alpha et Oméga, principium et finis. » Et ce monogramme, Conslanlin Fruiprunlait lui-même à la symbolique des premiers fidèles. Et si, depuis ces temps recuites, iiuus suivions pas à pas Tœuvre des chrétiens, nous verrions ces types sacrés se multiplier et s'étendre partout, sans s'altérer jamais; ils sont restés et ils vivent encore de nos jours, comme la religion dont ils sont un symbole, dont ils sont un langage. On les retrouve au front des églises, au fond des sanctuaires, et jusqu'au fond des tombeaux, sur les vases funéraires et sur les flancs des riches sarcophages comme sur la pierre tu mu la ire la plus modeste. Sur le lombeau J Ilouurius, h Ravenne; sur le sarcophage des caveaux de l'église de Sainl-Seunii, à Bordeaux. En un mol, ces signes sacrés sont partout où s'avance, partout où règne la religion du Christ.
Il est un autre type chrétien, celui de l'Agneau pascal, que nous vprrons au n» 24 de ce 6« tableau. De longs siècles avant que Sainl- Lonis eût frappé les monnaies de ce symbole, on le trouve sur tous les monuments des premiers jours de l'ère nouvelle, ce type sacré de PAgneau sans tache, tantôt surmonté de la croix, tantôt du chrism du bon Ptttteur que nous venons d'analyser.
Ravissante composition qui évoque la double idée du Christ, tout à la fois l'agneau de Dieu, sainte vicâme qui efUieera les péchés du monde, et le Pasteur des nations qui let» conduira an repos éternel de rétemité : c ïhqpeetate pastoreni^ vestrum, requiem mternitatis dabit vpbis. » (Isaïe.) >
Du ^fmbole i6»
Le symbole n« 16 est un mode du chiisme, dont la composition diffère du cbrisme précédent, et, par conséquent, présente une signification différente.
n est composé de Hifitiale de lesus, horizontale de la efipit, et du signe magistral. Nous apprécierons ce signe au n^ 18 qui va suivre. Le s]rmhole dont nous nous occupons ne dit plus Ietm<lknttutpaiî9r gentUm, mais lem-CSuittus magiiler gaitHum. lesus-Ghrist est venu pour enseigner ses, apôtres et tons les honmu» : c ûmnes popuii»
omnes homines per crucrm et per lesam-Christnm docentur, ut Deo lotos se dedant et omma atl iilililatera proximi ordinent, ipsisque inimicis bene facianl. » Tous les peuples et tous les hommes sont enseignes par la ci oix et par l.-C, afln qu'ils &e donnent à Dieu, qu ils oidunnent toutes choses pour Tavantage et l'édification du prochain, et qu'ils fassent du bien à leurs ennemis eux-mêmes. Je vous exhorte donc, disait saint Paul aux Romains, selon le ministère qui m'a été donné par grâce, < que celui qui eçt appelé au ministère de TEglise s'attache à son mloîstère; que celui qoi a reçu le don d'enseigner s'applique à enseigner, i € Dies autem appropiuquai, ahjiciamus ergo opéra tenebranim et induamur anaa lads, > t ittais rev6Us&<Aroiis de Nôtre^ei^eur lesns^^irbt. > < Sed indnimini Dominnm lesnm-Ghristam. » < Nos aatempredîeaimis leamii- Gbfititom crucifixom. » La prédication de la ooii est la varia et la IMUMance de Dieu, t Dei firtns est. >
. On deit remarquer la composition des chrismes qui, sélon les paroles que^noos venons de rapporter, ont pour élément èt pour base la croix da Christ. La croix est le permanent enseignement de lesttB-Qhrist.
Du symbole w> 17»
Le symbole n« 17 est aussi nne modalité des deox types précédents, c'est-ènlire on autre mode d'être du cbrisme, et par cela même qu'il difièto des deux précédents, il a une si|niflcation dliféretite. La croix n*est plus formée par le signe magistral d'une part, et par l'initiale de lESVS d'une autre part, coupant ce signe à angles droits. C'est la symboli(iue X, la lettre s^noiholique du Christ qui s'unit au si^ne magistral. Cette .symbolique est eUe-méme une <^ix. L'ensemble de cette composition présente donc cette signification : c lesus-Christus per crucem magister gentium. > c Crux magistra est vit». » € Crux Dei virtus est. »
Et que sont nombreux les textes où ont été puisés ces symboles : t Non enim misit me Christns baptisare sed erangelisare non in sapientîA terbi ut non evacuetur crux Ghristi* » (Litk de S. Paul.)
160 DE LA COHPOSmON
Verbmn etiini crucis Uei virtus Car le verbe de la croix
est la ver lu de Dieu. L'enseignement de la croix^est la puissance de lesus-Christ.