CHAPITRE XVI
DU SIGHE MAGISTRAL. (iV» 18 àu $^ tobkau*)
Nous Tenons de voir ce signe entrer dans la composition des symr boles 16 et 17 qnî précèdent. Il est donc temps de dire la valeur de ce signe, qui jusqu'ici n*a point été compris comme il aurait dû l'être.'
Ce signe est celui du Divin Maître : c Signnm divi magistri, » du Pasteur des peuples.
Gomme les grandes initiales divines, ce signe ne. se décompose pas. 11 semble que la parole de Tapôtre ait exprimé cette unité : < Hagiter vester nnus est. » (Saint Mathieu, 25.) f Deus autem unus est. » (Gai m, 20.)
Ce signe porte avec lui Pidée de souveraineté suprême, absolue; en un mot, Tidée d'un enseign«nent qui n'a point d'égal, l'idée suprême d'une doctrine divine, a Deo.
Il est un symbole du Pasteur des peuples qui doit les conduire et les conserver dans les voies nouvelles. Comme la croix, ce symbole a été emprunté aux HébrenKy^aux livres de Moïse, et les iuifs l'ont souvent gravé sur leurs monnaies.
Pour s'élever à Pintelligence de ce grand type, il faut remonter à ces sources divines.
Moïse Tavait annoncé : « Orietur steUa ex Jacobetw'jjfaconsurget de Israël. »
Et qui ne se rappelle aussi Temblème et la parabole des deox sceptres du Pasteur ayant à moner des peuples infidèles?
L'un de ces sceptres était Femblème de la beauté de Pâme, défila vertu, de Phonneur, de la fidélité au Seigneur. Mais les peuples étaient rebelles au Pasteur, et alors celui-ci leur dit : c Non pascam vos, quodmoriturmoriaturetquod succidiiur, succedatur, et reliqui dévorent unusquisque camem proximi sui. » Ët le Pasteur prit sa
DBS raSdUPTIONS HONÉTAIRES. 451
houletl«, « virgam, » son sceptre de riioaueur, « quai vocatur Decus, » et le rompit, pour rompre l alliance qu'il avait faite.
Mais le Pasteur avait un second sceptre, une seconde houlette pour mener ses peuples; les peuple de luda et dlsrai'l persévérant dans leurs iaiquilcs, le pasteur saisit alors sa houlette, « vii'gara, » qui s'appelait le cordon, * qnx vocalui tunujulus, » car il (îtait comme un lien d'union entre eux, et il le rompit, i)arce tjue ces deux peuples n'étaient plus frères ni lldèles à Dieu. (Zach., ch. XI.) Mais le Pasteur nouveau ne hrisera plu.s le nouveau lien, parce que ce lien est la Croix. « Crujc fuiiiculus ha)reditatismea3. »
Nous trouvons constamment cette même fignure, ce même sceptre dans tous les livres saints : € Virga atque correptio triboit sapientiam. > (Prov. XXIX, 15.)
« Prospère procède et régna propter veritatem et mansuetudinem et justitiam. » Etablissez votre rèpke par le ministère de la vérité, de la douceur et de la justice.
Sr 1. s tua, Deus, in seeulom seculi : VIRGÂ Directionis, YIRGÂ
REGNI TVL »
Vnfro trône, ô Dieu, subsistera éternellement et le SCEPTRE DE VOTRE RÉGNE sera un SCEPTRE de direction (i). Psa. XXXXIV, 5, 6, 8 et suivants.
Et Tapôtre saint Paul, reprenant le Verbe des Prophètes et continuant leurs traditions, s^adresse aux Hébreux dans le langage des anciens jours :
(1) Virga dircclionu : de là le substantif quBÎi&cniif directeur donné au prêtre dont les conseib dirjgant les flmes dans la oonfenien par le sacrement de la pénitence.
Ce sceptre de direction mène dans la vie diredement au but, c*e8lFà-dijre directement au salut.
C'est plus de dix siècles avant saint Paul que David appelait le sceptre du Sauveur, le sceptre du Pasteur ; c virga direetionis. »
Nous avons lu des traductions françaises de la Bible, snbstîtoant droiture et équité au mot direction. C'est interpréter et noÉT traduire; c*estd'ûlleurs aflkiblir le texte. Direction dit tout. U ne font pas craindre ici un pléonasme.
(r Thronus taus, Deus, in secalum secuU, VIRQA œquîtatis, VIRGÀ RËGNl TVi. »
Votre trône, 6 Dieu, sent étemel, et le ic^trê de votre règne sera un SCEPTRE d'équité : c Dilexistî justiiiam et odisti iniqnitatem. » (Saint Paul aux Héb., I, 8, et sniv.) Et comment s'établira la doctrine nouvelle du Divin^laltref lesu&^lhrist fiit le premier apAtre, le premier envoyé de son Père : t Gonsiderate aposlolum et pontiflcem confessionis Nostrœ îesum. » € Apostolus magnus est Ghristus. »
Et sa mission accomplie, lesus-Gbrist a envoyé aux peuples de la terre ses apdires, comme il avait été lui-même envoyé par son Père. . « Factam est autem in illis diebtts exiit in montrai er«re et erat peinoctans in oratione Dèi. »
c Et cnm dies foetus esset, vocavit discilmlos sàM eligit dnodèleim (Bk it^is qnos et apostolos nominavit et îdisit eos ad aniiôntlundnm regnuin Del In.lndeà. » c Edce ego mitto foâ tient oves in inedio Ittporum : ^lote ergo prndentes sicot settfentè^ et simplices iicut colftmbtti. Ciim âatém tradeni vos noiite cogitare quomôd(>atlt4uid loquamini : dabitur autem vobis in illâ horft quid loqiiamini, non enim vos estis qui loqtiamiiii, sed Spiritns PatHs qui loquitoi- in vobis. Euiites ergo docete omnes gentes baptisantes eos In tiomine Patris et FiUi et Spiritûs Sancti. i (Math.) c Eunteà lli nnivetsum munduin piibâKsate évangeliuiH oliml créattitffi. v (Marc.) 4 Et ecce ego vobiscmn sdmomnitaùs diebns nsqnèad consommalionem sœeuli.» Et enfin, au moment où après sa résurrection le Gbrist allait remonter au ciel, le Divin-Malire enseignant encore ses disciples, il leur dit : c Pax vobis, sicat misit me pater, et ego mitto vos. » c Sed accipietis virtntem Spiritus Sancti in vos et eritis mihi testes in lemsalem. i . et dsqne ad tdtimum terrœ. »
Voilà à quels grands actes le signe du Souveraiii-i^Oiktire, du Pasteur des peuples, le signe du Dlvin-MaUre nous reporte; nous croyons avoir donnéi par les textes nombreux que nous avons cités, une idée suffisàiite de sa valeur.
Quelquefois ce signe accoste ou éantoime la Èroix; on comprebd
déâDnùais la valeur àè cMto cOln^sition : t Grox llagistta vilœ, Magistni mundi. »
Du sfmhole n« f9 du tableau.
Ce symlu le fort simple, p(. aiirès ce qui précède, chacun doit en saisir facilement la cnmpusilion. "
Il est formé de la croix el d'un H qui se lie el se forme avec la partie supérieure de la verticale de cet(o fpoix. La seconde figure du même numéro est identiquement la même que la première; seulement, les derniers traits de l'R sont (légénérés. Malgré cette dégénérescence, ou plutôt môme à cause de cette dégént'rescence, nous avorts cru devoir graver ici cette figure, parce qu on la trouve souvent sur les monnaies mérovingiennes, el que 1 on pourrait ne la pas saisir défigurée par la dégénérescence.
Nous avons indiqué sa sii^nificalion au tableau, «s, losu.s-Chrislus Redemptor mundi. Grux redemit mundun». « ^ Ego sum Dominus et non est absque me salvator. » « Et non est in aliu aliquo salus. » « Ego tester palam salvatorum meum. »
Du nj/n$ wiOékie* toMea»,
Ce signe est la crosse épiscopale : elle est issue du signe magistral dont nous avons expliqué la valeur au commencement de ce chapitre.
La crosse épiscopale ou bâton pastoral «virga pastoralis» est un eïnblème de la dignité épiscopale, et il est en même temps un sym> bole de la puissance spirituelle et de discipline que révéque, le pas- - teor chrétien doit exercer sur le troupeau qui lui est confié, c Attendite Tobis, » disait saint Paul aux prêtres et évéqnes de l'Eglise d'Ephèse, cattendite vobis et universo gregi in quo vos Spiritus ' Sanctusposnit Epiêcopos, regere ecclesiam Del quam acquisivit san- ^ guine sno. i Prenez.donc garde à vous-même et à tout U troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établi évéques, pour gouverner TEglise de Dieu qu'il a acquise par son propre sang.
Ce signe est frappé sur de nombreuses mcnnaies dans le but, soit
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d*atte8ter que le droit de battre monnaie appartient à lï vêque ou à rabbé, chef du monastère, soit d'offrir un emblème de la puissance spirituelle et de discipline, et quelquefois dans ce double but.
La crosse remonte aux temps les plus anciens; ce sceptre pastoral fut au temps des apôtres d'une extrême simplicité. Il devait ne pas présenter une forme autre que celle du signe magistral qui est tracé au n* 18 de ce tableau; ce n'était qu'un blton de bois recourbé, et au plus d'un mètre et quelques centimètres de hauteur.
La crosse nouvelle est beaucoup plus hante, et c'est pourquoi nous l'avons décomposée,^ parce qu'en effet l'antique bAton pastoral, ttirga pastoralîs, nous parait surmonter une t^ge ou support qui lui sert de base.
GHAPITRË XVII.