‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 95 sur 224 · f GUILDËBëRXI. T6te, à droite, diadémée · texte numérisé non relu

f GUILDËBëRXI. T6te, à droite, diadémée

+ ^ OTIinH. Dragon se délouinantde la croix en se

tordant.

Monogramme symbolique.

Il faut remarquer cette composition; elle est la première et la seule Je la série mérovingienne qui, sons les traits du dragon, ait symbolisé Satan, c'est-ft-âtre les vices combattus par la croix et dont

celle-ci arréie les fureurs, ee que rend bien Texpression irritée du dragon, se retournant sur lul^méine pour se détourner de la croh.

« In Die illâ visilabit Dominus super levialhan serpenlem

vectum et super levialhan serpenlem lorluosum. » (Tsaïo.) « Increpel Dominus in te, Satan. i» (ZacJi. III, 2.) < Ut per luortt'in desirucret piim qui habebat imperium mortis. » « Et ynoiei tus est Dï a o IWo magnus, serpensanliquusquivocalurDiaboluset SMtanas in teriani. »

« Nunc facta est salus et virlus, et regnum Dei nostrl et poleslas Christi ejns. » (Apo.)

C'est de ces texle.-^ qu'est sortie la composition de cette monnaie méi'ovingienae. Elle exprime dnnr eeite pensée religieuse : «t Cnix vincit Draronem. Ci iix luroribub vitu obstat. Draconis imi>eriuiii per crucem sublalum est. »

On voit, la douldo fonction de la (Toiselte. Rlle n>st pas seulement le poinL de départ ou linal de la léj^ende, niais elle entre eu combinaison avec la figure centrale et forme l embième dont nous connaissons maintenant roriginc. Le dragon se retournant irrité sur luimême est maître du champ, comme pour indiquer qu'avant le règne du Clirist, le dragon avait Tempire. « Habebat imperium mortis, » cl l'huuLble signe du salut fait ubslacle à sa puissance désormais vaincue dans ses excès.

Dans la série des monnaies de la Flandre si clirélienne, nous retrouvons uu symbole analogue.

De ^wéeifrétatum de Pexergm CONOB imeril $ur In momuÊiei des premiert raie Bwgondee et Méromgient*

Nous arrivons à la troisième période mérovingienne, celle que ' nous appelons la période d'anarchie monétaire.

Si on a bien observé les deux premières, on a dû remarquer quelle garantie de poids, de pureté de métal, de valeur leur était donné. Les rois Burgondes, comme les rois Francs, avaient adopté le sys^ téme monétaire romain, et ils indiquaient la valeur de leur monnaie d*or d'après ce système. Sur les monnaies de la période d'anarchie,

DBS INSCRIPTIONS MONÉTAIRES.

cette marque de garantie va <lispaiaitn\ cl si siii quelques rares monnaies elle apparaît encore, elle ne sera pas sure.

Cette marque de la valeur mouélaire. nous l'avons indiquée. Elle se révèle par les lettres CONOD. Chez les Grecs, les nombres s'écrivaient par des lellre-^, sans eu rhaiiger l'ordre, mais en y nilercalant trois signes particuliers empruntés aux llébi fMîx J,es deu.\ lettres OB inscrites sur les monnaies romaines et mérovingiennes appartiennent donc au système numéral grec, et ne sonl cependaal qu'une expression du système monétaire romain.

C'est à partir d'Aurélien — 275 — - que la monnaie porte le signe de sa valeur. La petite piè('e de enivre vaut XXÎ numma, et ce chifTro est frappé à l'exergue. ISi la monnaie sort d'un atelier grec, elle est frappée des deux lettres KA:= :21, et ce serait une erreur de voir dans ces deux lettres les initiales de Gartliage. Celte ville frappait alors sa monnaie des lettres CÀKT.

Ce ne fut que sous Dioclélien que Ton commença à inscrire le nom de l'atelier sur les monnaies — ^28i. — Cependant, sous Probus' — 276-^288 — TAtelier de Home se différenciait déjà par un R, un foudre, ou une couronne de laurier, ou un croissant. Mais on ne sait aucun autre atelier a\ant un signe différent à cette époque.

La pièce d'argent était appelée, en nombre rond, centésimale, parce qu'elle était à la taille de 95 à la livre romaine, soit une dragme (1,4 poids métri(iue).

La pièce d\>r, Taureus, était à la taille de 7:2 à la livre loniaine, ainsi (pie cela résulte d'une loi de Yalenlinien Tc", qui ne créait point un nouveau système, mai^ l'onsacrait Pctat de choses existant. « Auri massa transmitletur m LWII solides. » (Cod. 1. X. fit. 70, g 5.)

C'est cette taille (ju'expriment les lettres ou chiffres grecs OHr:z72. Mais que signifie la première syllabe? On a fort, croyons-nous, en ce qui concerne l'exergue COiNOR de la monnaie d'or, de le traduire par ces mo's : « CONstantinopoli OBsignata, -» Kl quoi qu'en aicnl dit quelques auteurs, nous ne pensons point (pie la première syllabe de cet exergue doive se traduire par Constant inopoU; nous croyons que les trois lettres CON signifient « concisa libra; ma^sr? rourim in LXXil. » Livre coupée, taillée^ mise en parties, conci&a. En un

mol. jiii ce a la laiJle Ue 72 à !a livre. Telle est la valeur du mot coHcimy vl il rentre bien dans les leimcs de la loi ci-dessus citée. C'est Ici preiiiM l e fois que cette interpréiation est donnée et nous la croyons bien iundce.

Et s'il faut justifier notre opinion, les momiinents ne nous manquent pas. Ainsi, dans la eolleelion de l'un de nos collègues, M. André, existe un solidus aurevs sur lequel on lit : CONOB MD, (vesl-à-dire pièce à la taille de 72 dan.s la livre ~ MD ^ MEDIOLANVS, Milan.

Notre collègue possède encore une autre pièce d'or de Valentinien, c'est un solidus et l'exergue porte : CONOB RN. Sol d or à la taille de 72, libra concisa in LXXII : RN=RAVENNA, Ravmne.

Daus ce système monétaire, il avait point de demi-sol à la taille de 144 à la livre, mais il y avait des triens, ou tiers de sol, à la taille de 2i6 à la livre. On n*a qu'à peser un solidus et nn triens droits de poids et de titre, et non nsës par le frai, ils pèseront nn poids métrique correspondant aux proportions de lenr taDIe. Régulièrement, le tiers de sol aurait dû porter cxmsiîçf mais tel n'iétait pas Tusage. Le sol et son tiers portaient également la même inscription, CONOB, pour eiprimer non le poids de chacun, mais le système dans lequel ils étaient frappés. Les premiers rois Burgondes et les premiers Mérovingiens ont scrupuleusement suivi ce système, et Toilà pourquoi nous avons dù donner notre interprétation sur cet exengue.

DIS INSCEUPTIOIIB IfONÉtAlRCS. i99

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