‹ Traité de la conformation extérieure du cheval ... Par Cl. BourgelatChapitre 2 sur 22 · DIVISION ET DÉFINITION DES PARTIES · texte numérisé non relu

DIVISION ET DÉFINITION DES PARTIES

On doit toujours se proposer uu ordre dans la considération et dans l’examen de tout objet compliqué : celui qui nous paraît le plus simple et le plus naturel à suivre pour parvenir à porter et à asseoir un jugement certain sur la belle ou défectueuse conformation du cheval, résulte de la division de cet animal en trois parties. Ces trois parties seront l’ avant-main , le corps proprement dit, et ['arrière- main.

On considérera :

1°. Dans Vavant-main , la tête, le cou ou l’encolure , le garrot, le poitrail, les épaules et les extrémités antérieures.

2°. Dans le corps proprement dit, le dos, les reins , les côtes , le ventre , les flancs , les parties de

la génération dans le cheval , et les mamelles dans la jument.

3°. Dans V arrière-main , la croupe, les hanches , les fesses, le grasset, les cuisses, les jarrets , les extrémités postérieures, l’anus ou le fondement, la queue, et la nature dans la cavale.

Mais cette division générale ne suffirait point et ne suggérerait que des idées encore trop vagues, il faut nécessairement descendre à des subdivisions; ainsi nous dirons que la tête comprend :

i°. Les oreilles , ou ces deux parties cartilagineuses qui sont placées près de son sommet , et qui forment un cône large et ouvert.

2°. Le toupet , ou cette portion de la crinière passant entre les deux oreilles, et tombant sur le front.

3\ L e front, ou la partie supérieure et antérieure qui est au dessus des salières, du chanfrein et des yeux.

4°. Les tempes, vulgairement appelées larmiers, et qui répondent, ainsi que les joues , aux tempes et aux joues de l’homme.

5°. Les salières, ou les enfoncemens plus ou moins profonds que l’on remarque au dessus des sourcils.

6°. Les sourcils, qui sont directement au dessous des salières, et au dessus des yeux.

7°. Les yeux , dont la situation est assez connue.

8®. Le chanfrein, ou la partie antérieure qui s’étend depuis les sourcils jusqu’aux naseaux.

9°. Les naseaux, répondant aux ouvertures que dans l’homme ou appelle les narines.

io°. Le bout du nez , ou la portion qui commence à l’endroit de la terminaison du chanfrein, et qui finit à la lèvre antérieure, entre les deux naseaux.

ii°. Les lèvres, ou les parties extérieures de la bouche; l’une antérieure , répondant à la lèvre supérieure de l’homme; l’autre postérieure, répondant à la lèvre inférieure (1).

1 2°. Le menton, ou cette élévation arrondie , placée précisément au dessus de la lèvre postérieure.

id°. La barbe, située un peu supérieurement à celte dernière partie , et directement à l’endroit de la symphyse.

i4°. Enfin, la ganache, formée proprement par l’os de la mâchoire postérieure. Il eu résulte, depuis le gosier jusqu’à la barbe , une espèce de canal , qu’on nomme l 'auge (a).

Il faut distinguer, dans la seconde partie comprise dans l’avant-main, c’est à dire dans V encolure, deux portions :

i°. La supérieure , ou la crinière, formée par

(1) On a reproché à Bourgelat cette distinction des lèvres en antérieure et en postérieure , et ce reproche parait fondé si on considère la position plus ou moins horizontale de la tête de la plupart des chevaux ; mais on verra plus loin que , d’après la position perpendiculaire qu’il donne à cette partie, il ne pouvait donner aux lèvres une autre dénomination. C’est ainsi qu’il a également divisé les mâchoires en antérieure et en postérieure. (.£■)

(2) On peut voir la description des os et des autres parties internes dont il est parlé dans cet ouvrage, dans le Précis anatomique du corps du cheval, par le même auteur, 4e édition. Paris, 1807, 2 volumes in-8°.

les crins qui se montrent depuis la nuque jusqu’au garrot.

2°. L’ inférieure , vulgairement appelée le gosier, qui embrasse une grande étendue du trajet de la trachée-artère et de l’oesophage, avant l’introduction de ces canaux dans les cavités qui logent les viscères auxquels ils se rendent.

Le garrot , ou la troisième partie de l’avantmain , est cette portion élevée, et plus ou moins tranchante, située au lieu de la sortie de la partie supérieure de l’encolure. Il est formé par les apophyses épineuses des sept ou huit premières vertèbres dorsales.

Le poitrail, ou la quatrième partie de l’avantmain , est à la face antérieure de l’animal. Il commence dès le point d’élévation de la portion inférieure du cou.

Les extrémités antérieures comprennent :

i°. Les épaules, formées par un seul os , appelé l’omoplate ;

a°. Le bras, qui résulte de l’os connu sous la dénomination d’humérus.

L’une et l’autre de ces parties, revêtues des muscles et des tégumens, ont été très long-temps confondues et prises pour l’épaule seule , et cette erreur séduit encore le plus grand nombre.

3°. L ’ avant-bras , formé par le cubitus, placé au dessous du bras, et se terminant au genou.

4°. Le coude , situé à la partie supérieure et postérieure de l’avant-bras, et résultant de l’apophyse olécrane.

5°. L ’ars , ou plutôt la veine céphalique, qui chemine au devant ou au dedans de l’avant-bras.

6°. La châtaigne, ou cette espèce de corne molle et spongieuse , dénuée de poil , placée au dessus de chaque genou, à la partie interne de l’extrémité inférieure de l’avant-bras.

70. Le genou, composé de nombre de petits os ou osselets, formant l’articulation de l’avant-bras et du canon.

8°. Le canon, s’étendant depuis le genou jusqu’au boulet , et étant situé à la partie antérieure de l’extrémité dont il s’agit.

9°. Le tendon , qui en fait la partie postérieure.

io°. Le boulet, étant entre le canon et le paturon. " ii°. Le paturon, étant entre le boulet et la couronne.

12°. Le fanon , ou le toupet de poil qui se trouve derrière le boulet.

i3°. U ergot, ou la corne de même nature et de même consistance que la châtaigne , mais dont le volume est plus petit , et qui se trouve couverte et cachée par le fanon .

i4°. La couronne, c’est à dire cette portion qui couronne la portion supérieure du sabot, et qui est plus compacte que la peau partout ailleurs.

i5°. Le sabot ou Y ongle, qui, terminant les quatre extrémités inférieures, forme le pied de l’animal. La partie supérieure en est la couronne ; la partie inférieure \a. fourchette et la sole; la partie antérieure la pince; la partie postérieure les talons ; enfin, les parties latérales interne et externe sont distinguées

par les noms ije quartier de dedans et de quartier de dehors.

i6°. La fourchette , ou cette corne qui forme dans la cavité du pied une espèce de fourche en s’avançant vers les talons. Elle tire son nom de cette bifurcation .

1 70. La sole, tapissant toute la partie cave du pied qui n’est pas occupée par la fourchette ; la consistance en est beaucoup plus dure que celle de cette dernière partie (i).

On doit considérer dans la subdivision du corps :

i°. Le dos , situé entre le garrot et les reins, et contenant une partie de l’épine et des vertèbres dorsales , ainsi qu’une partie des côtes.

a°. Les reins, ou plutôt les lombes , situés directement à l’extrémité du dos , entre celui-ci et la croupe , formés par les vertèbres lombaires.

3°. Les côtes, communément au nombre de dixlmit de chaque côté, se terminant au ventre ou à l’abdomen , renfermant une partie des viscères de cette cavité et tous ceux de la poitrine.

4°. Le ventre ou Y abdomen, dit aussi par quelques uns le coffre , placé à la partie inférieure du corps, au bas et en arrière des côtes , et renfermant l’estomac, les intestins, le mésentère, le foie, la rate, les reins, etc.

5°. Les fanes , ou les parties latérales du ventre,

(i) Ainsi nommée de sa ressemblance à une sandale ou à une semelle de soulier (so/ea), ou au poisson qui porte le même nom. Quelques auteurs latins appellent le fer à cheval solea ferrea, semelle de fer, comme on appelle les sabots solta lignea , semelle de bois. ( E .)

bornés supérieurement par les lombes j antérieurement par les fausses côtes, postérieurement par les hanches , inférieurement par le ventre. »

* 6°. Les parties de la génération., dans le cheval , occupant la' portion inférieure et postérieure du ventre (i). -, .

70. Les mamelles, clans la jument, an nombre de deux, situées inférieurement et à la partie la plus reculée de l’abdomen. Dans certains, chevaux, on les trouve sur le prépuce (2); elles sont plus visibles dans les uns que dans les autres ; il en est dans lesquels on n’eu rencontre pas le moindre vestige. Elles sont très sensibles dans les ânes. *• ün envisagera dans Y arrière-main :

i°. La croupe, ou la partie supérieure du train de deirière. Elle s’étend depuis le lieu de la terminaison des reins jusqu’à la queue (3)«- ‘

(1) Ces parues sont composées du fourreau, du membre nommé aussi verge, pénis, et de? testicules. , .

On trouve encore à ta partie intérieure «lu entre., en avant de Couverture du fourreau, une légèrp protubérance , quelquefois une cavité, ou une petite cicatrice,' qui forme le nombril- en», {'ombilic. (Ê.)' J '

(?) C’èst à dite , à Ta jia>tie antérieure et inférieure du fourreau, près de l’orifice qui donne issue au membre. (£.)

(3) La queue , qui est la continuation de la croupe, est cette partie llottante, garnie de cnns , qui est formée par l’extrémité de la colonne vertébrale ou du rachis.

L'anus ou le fondement est l’ouverture placée immédiatement sous la queue, formant l’extrémité de l'intestin rectum, et servant à l’expulsion des excrémens.

Les parties de la {génération , dans la jument, placées

2°. Les fesses, commençant directement à la queue, et descendant de chaque côté jusqu’au pli aperçu à l’opposite du grasset.

3". Les hanches , formées par les os des îles , et mal à propos confondues avec la cuisse, lorsque cette dernière partie, ainsi que les premières , sont revêtues de leurs muscles et des tégumens.

On considérera dans les extrémités postérieures :

i°. L* cuisse , formée par le fémur, articulée supérieurement avec les ns des hanches par l’espèce d’union mobile que l’on nomme genou, et inférieurement avec le tibia par celle que nous appélnns charnière.

3°. La jambe , formée par le tibia , et très improprement appelée jusqu’ici \a •cuisse.

3°. L'ars, ou plutôt la veine saphène , passant sur la portion latérale et interne de cette partie.

4®' Le grasset, ou cette partie nommée ainsi dans le cheval, considérée extérieurement, et placée directement à l’endroit de la rotule, c’est à dire \ . /

de l’os qui glisse sur l’éminence antérieure de l’extrémité inférieure de celui qui forme la cuisse; il couvre l’articulation de cet os avec le tibia.

5°. Le jarret, situé/entre le tibia ou la jambe et

immédialement au dessous de l’anus , et composées de la nature ou de la vulve proprement dite, des grandes livres et du clitoris.

Le périnée ou le raphé est cette ligne ou cette partie de la peau dénuée de poil, qui s’étend, dans le clieval , depuis l’anus jusqu’au fourreau ; et, dans la jument , depuis ia vulve jusqu’aux mamelles. (E:)

le canon de l’extrémité postérieure. La partie antérieure en forme le pli , la partie postérieure la tête ou la pointe, les parties latérales les faces de dedans et de dehors. '

6°. La châtaigne. Sa consistance est la même que celle que nous avons observée aux parties latérales internes et inférieures de l’avant-bras; mais icj. la situation en est différente , puisqu’elle se trouve placée au dessous de l’articulation du jarret , à la partie latérale interne et supérieure du canon , et que , dans les extrémités antérieures, elle est au dessus de l’articulation du genou.

70. Le canon, le tendon, le boulet, Y ergot, le fanon, le paturon, la couronne, le sabot, la fourchette et la sole; toutes ces parties ne différant en aucune manière de celles dont nous avons fait mention en parlant des extrémités de l’avant-main , si ce n’est qu’ici le canon a un peu plus d’épaisseur, de longueur ou d’étendue,

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