‹ Traité de la conformation extérieure du cheval ... Par Cl. BourgelatChapitre 3 sur 22 · DES BEAUTÉS ET DES DEFAUTS DES PARTIES DE D’AVANT- MAIN · texte numérisé non relu

DES BEAUTÉS ET DES DEFAUTS DES PARTIES DE D’AVANT- MAIN

La division du corps du cheval, les subdivisions et la dénomination des parties qui le constituent , ne sont qu’une simple introduction à l’étude que l'on doit en faire. Pour établir sur de vrais principes la connaissance parfaite de cet animal, il s’agit de rechercher les beautés et les défauts de chacune des portions que nous venons de définir, £t dont nous avons marqué la situation.

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' DE L A tête en général.

En considérant la tête du cheval, il fiiul en examiner :

i°. Le volume. Il est certain que cette partie doit nécessairement correspondre à celles avec lesquelles elle forme un tout, et leur être exactement proportionnée : est-èlle trop petite? est-elle trop grosse? elle' pèche également. L’excès du volume peut provenir de deux causes, ou de trop d'amplitude des os , ou d’une trop forte abondance de chair. Dans l’un et dans l’autre de ces cas j*la tête est également lourde et pesante j dans le dernier, elle est dite tete grasse , et l’animal est alors sujet aux fluxions et aux maux d’yeux, comme celui eu qui cette partie est trop décharnée ; car, lorsque- la tete est grasse , lés vaisseaux y sont, pour l’ordinaire, mous , relâchés, et très disposés à des en gorge m en s ; et dans l’état de dérharnement et d’émaciation, ils se trouvent trop près des os, et n’ont pas la même liberté dans leurs oscillations et «laits leur jeu i alors les stagnations peuvent être aussi fréquentes. Du reste, on ne doit pas confondre une tête dite sèche avec celle qui est véritablement décharnée, la tête sèche et belle étant celle en qui lès vaisseaux sont appareils.

2°. La longueur. Une tête trop courte est défectueuse, par cela même qu’elle n’est point d’accord et en proportion avec les autres parties de l’animal (1). Un artiste qui, par un préjugé singulier, —

(i) Voyez les proportions, du cheval, duos la deuxième partie.

associerait à l’encolure et au corps d’un cheval de carrosse la tête d’un bidet , dans l’espérance de donner plus de noblesse k sa figure, se tromperait grossièrement ; le gustuso n’e^t qu’une erreur de l’art, ou plutôt du sculpteur et du peintre, quand il les éloigne delà vérité, et qu'il offense la nature.

11 en est de même d’une tête trop longue ,.lête que nous nommons tête de vieille ; elle pèche par une raison semblable.

3°. La position. La tête n’est bien placée qu’aulant que le front tombe perpendiculairement au bout du nez. Quelques uns', pour désigner celte position, qui donne beaucoup de grâce au cheval, et sans laquelle nul homme üe peut saisir le véritable appui de sa bouche et le maîtriser, disent très mal à propos et très improprement que le cheval est bien bridé ou se bride bien , au lieu de s’exprimer comme on le doit,- en disant que le cheval est bien placé. Cette partie sort- elle de la ligne perpendiculaire en avant? le cheval est dit porter au ■vent; tendre le nez. Sort-elle de la ligne perpendiculaire en arrière? il est dit s’armer, s êncitpuchonner. Il s’arme ou s’encapuchonne de deux manières, en appuyant ou contre son poitrail , ou contre son encolure les branches du mors : dès lors, il se rend maître du levier qui devait opérer la pression de l’embouchure sur les barres , et il se soustrait aux efforts d’une main ignorante. Il s’y Soustrait aussi quand il tend le nez, qu’il porte au vent ; et telles Sont les deux actions de tout cheval qui veut résister ou se défendre j car la sortie de fa

ligne perpendiculaire en avant opère , pour ainsi dire , une disjonction de la tête et du corps , et interrompt en quelque sorte la communication des muscles , qui , dans la vraie position de cette partie* sé répondent parfaitement, et de manière que la sensation imprimée sur les barres semble se propager à toutes les parties de la machine , ou plutôt en solliciter l’action.

4°. L 'attache. Une tête bien attachée est celle qui part immédiatement du sommet de l’encolure, et qui , bien loin d’être comme plaquée , ainsi que dans certains chevaux, contre cette partie et d’en faire en quelque sorte portion, en est parfaitement distincte et séparée.

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