DES EXTRÉMITÉS ANTERIEURES
De V Épaule et du Bras.
On doit se rappeler que nous avons déjà fait mention de l’erreur. danj laquelle on tombe en confondant V épaule et le bras, et en ne faisant qu’une seule partie de ces deux portions supérieures de l’extrémité dont il s’agit : l’une et l’autre semblent, à la vérité, n’en présenter qu’une extérieurement ; mais l’omoplate , qui forme Y épaule, fait des mou-
(i) Une autre tumeur dure, indolente, ronde, plus ou moins volumineuse, connue sous le nom de loupe, su montre aussi sur l’un ou l’autre côté du poitrail , et quelquefois dans le milieu ; cette tumeur, plus fréquente daus les chevaux de trait , et qui est la suite de contusions, du frottement du collier ou de la bricole , est d’autant plus à redouter, qu’elle me tic cheval hors d’état de travailler pendant long, temps, (ti)
vemens opérés par les muscles qui lui sont propres; cette partie est portée par eux en avant, en arrière, .en haut, en bas, et elle est rapprochée des côtés, tandis que l’humérus, d’où résulte ce que noüs appelons le bras, participe non seulement des mouvemens, mais en exécute lui-même en avant, en arrière , en dedans , en dehors * en rond et en manière de pivot, vu son articulation par genou avec l’omoplate, et au moyen des organes moteurs qui lui ont été départis. :> > •<
On considérera dans Y épaulé et dans le bras .•
1°. La forme. Ces parties doivent être plates : lorsqu’elles sont rondes , grosses et trop chargées de chair, l’animal est pesant, il se lasse facilement, il bronche , et le poids énorme Supporté par les jambes de devant en occasione bientôt la ruine. Il ne faut pas cependant qu’elles soient décharnées, le tissu de leurs muscles serait alors composé de moins de fibres ou de fibres plus minces ; leur force en serait donc moins considérable, et ces parties ne pourraient que devenir débiles, après un certain temps de travail.
2°. Les mouoemens, qui doivent être exactement libres : tout cheval en qui ces parties ne sont pas agissantes ne marche jamais agréablement et sûrement. L’actionne partant, pour ainsi dire, alors que de la jambe, est toujours contrainte, et toute action contrainte est nécessairement privée de fermeté, de solidité et de grâce. Si ces parties ne sont que nouées en quelque façon , ou simplement engourdies, le défaut de liberté peut se réparer par
l’art et par l’exercice. Il n’en est pas de même lorsqu’un vice de conformation est la source de leur inaction ou de leur paresse, comme quand les bras sont chevillés , paraissent attachés l’un à l’autre, et sont serrés et liés, en quelque sorte, par une cheville, pour me servir de l’expression en usage. Il est rare aussi qu’on puisse triompher de leur froideur, ordinairement caractérisée par le défaut de mouvement et par la douleur qui y est jointe, selon la différence des causes qui y ont donné lieu; et le dessèchement de ces parties, dans lesquelles la circulation ne s’exécute pas parfaitement, les liqueurs ne pouvant parvenir dans les dernières ramifications, soit à raison d’un trop long repos, soit à raison de l’interception des esprits animaux, ne doit pas laisser plus d’espérance (i).
Du reste , on doit faire attention à ce que l’action de ces mêmes parties soit franche , et s’effectue dans la direction naturelle qu’elles doivent suivre, eu égard aux différens mouvemens qui leur sont permis; car si l’animal fauche en cheminant, c’est à dire s’il décrit un demi-cercle en dehors et de côté avec la jambe, au lieu de la porter en avant au moment joù il doit marcher, il y a écart ou effort, c’est à dire une disjonction ou une sépar ation forcée du bras d’avec le corps; et ceite disjonction, portée
v ( i ) Dans ce cas , on dit que le cheval a les épaules froides, ou qu’il est pris des épaules. Ce vice est fréquent dans les chevaux anglais et dans ceux qui en descendent, surtout lorsqu’ils travaillent sur le pavé. )
au dernier degrc de violence, constitue ce que nous appelons entr’ ouverture. L’action de faucher provient donc, dans ces cas, de la douleur que l’animal ressent, et de l’engorgement qu’occasione la lymphe extravasée et épaissie en plus ou moins grande quantité entre le bras et les côtes, et quelquefois entre les côtes et l’omoplate, en suite de la rupture et de la dilacération des vaisseaux qui la contiennent. Selon les degrés du mal, la claudication est plus ou moins grande ; on distinguera celle qui pourrait avoir pour principe un heurt, un coup , ou un froissement causé par les mamelles de l’arçon, à l’enflure de la partie, et à la douleur que l’animal témoignera lorsque l’on tentera de mouvoir son bras en avant et en arrière. Au surplus, lorsque la claudication procède de l’ épaule et du bras, ordinairement elle est moindre quand l’animal ayant marché, ces parties se. trouvent échauffées: au lieu que, quand elle procède du pied, l’animal , après le plus léger exercice, boite toujours davantage (i).
De V Avant-Bras.
L’ avant- bras , pris jusqu’à présent pour lé bras , résulte de l’os que nous nommons cubitu#. On en considérera :
i°. La- longueur , qui doit être proportionnée , soit à l’épaisseur du corps, soit à la hauteur de l’animal , soit, enfin , aux justes dimensions des autres
(i) C’est ce qu’on appelle communément vieille boiterie,
ou boiterie de vieux mal. ( E .)
parties qui terminent les extrémités antérieures. Un avant-bras trop court est un vice essentiel de conformation , en ce que dès lors le canon se trouve nécessairement plus long, son étendue devant suppléer à celle qui manque dans le cubitus : or, dès que le canon , infiniment moins considérable et moins volumineux que le cubitus, et formant la partie la plus menue de la jambe , réparera , par son plus de longueur, la brièveté de l 'avant-bras, l’extrémité en sera beaucoup plus faible et sujette à une ruine plus prochaine. Il est vrai que les mouvemens de l’animal en paraîtront plus beaux , en ce qu’ils seront plus relevés, puisque, l’articulation du genou étant dans une situation plus haute, le cheval troussera davantage, et fera montre de beaucoup plus de liberté et de ressort ; mais cette apparence de vigueur d’action est trompeuse , et n’en impose qu’aux yeux.
a0. La largeur. Cette partie devant être pourvue de muscles considérables et bien prononcés , c’est alors qu’on dit, en se servant, è la vérité, d’une expression très impropre, que Y avant-bras est ner~ veux. S’il est maigre et peu fourni , il péchera parle défaut de force* défaut qui naîtra de la moindre quantité ou du peu d’abondance des fibres qui entrent dans la composition des muscles dont le cubitus est recouvert, et qui le soutiennent.
3°. La distance entre l’un et l’autre. Lorsqu’elle est telle qu’elle doit être , le cheval est parfaitement ouvert. Est-elle trop forte ? il ne peut être que chargé : il est par conséquent lourd et pesant. Est-elle
petite et médiocre? il est serré du devant: ce qui dénote en lui une faiblesse , d’ailleurs prouvée et démontrée par son allure : car il croise et s'entretaille pour l’ordinaire en marchant.
On dit f au surplus , que les chevaux sont frayés aux ars , ou dans la partie latérale interne et supérieure de l 'avant-bras, lorsqu’il y a écorchure avec inflammation, en suite d’un frottement continuel de cette partie contre le corps. Un voyage de longue haleine occasione cet événement, surtout lorsque le cuir est naturellement délicat; mais il ne présente rien de redoutable , quoique l’animal en soit souvent incommodé au point de faucher en marchant , comme s’il avait fait un écart .
Du Coude.
C’est de l’apophyse olécrâne que dérive le coude. On en considérera :
La situation. Sa pointe ou son extrémité supérieure doit être directement vis à vis le grasset , et en opposition à cette partie. Le coude trop en dedans se trouve nécessairement tourné et serré contre les cotes ; cette position s’oppose à la liberté de son action et de celle de l’extrémité même. Telle est sa conformation dan6 la plupart des chevaux que nous nommons panards , c’est à dire dans la plupart des chevaux dont les pieds sont tournés en dehors. Le coude est>il trop en dehors? sa situation donne lieu à un vice directement contraire , et l’animal est dit cagneux-, les pieds sont tournés en dedans; et, soit qu’il marche, soit qu’il se campe, les pinces se re-
gardent , comme les talons se regardent dans le premier. L’une pt l’autre de ces imperfections mettent le cheval hors du degré et du point de force dans lequel il doit être. Il ne peut, en elfet, se soutenir et cheminer franchement et sûrement, si le poids de son corps, élevé sur ses quatre jambes comme sur quatre colonnes , ne porte et ne repose sur une base fixe et solide, c’est à dire sur toute l’étenduo de son pied ; car une partie de ce même pied étant surchargée , il est certain que la machine est dans upe position contre nature et peu stable. Or, dans le cheval panard, la masse est plus rejetée sur les quartiers de dedans que sur les quartiers de dehors, et dans le cheval cagneux, les quartiers de dehors en supportent , aq contraire, la plus grande partie. L’animal, dans l’une et dans l’autre de ces circonstances, ne peut donc être absolument que hors de cet équilibre et de ce point de fermeté qui est le principal fondement et le premier soutien de l’édifice.
On aperçoit quelquefois à la tête ou à la pointe du coude une tumeur dure de l’espèce de celles que nous nommons loupes ; quelquefois on n’y rencontre qu’une simple callosité; l’une et l’autre constituent la maladie appelée du nom à’e'ponge, dénomination qu’ellp tire et qu’elle reçoit de la cause qui la produit; car elle n’est occasionée que par le contact violent et réitéré des éponges du fer qui appuient contre cette partie lorsque les chevaux se couchent en vaches , c’est à dire, lorsqu’étant couchés , leurs jambes sont repliées de manière que
leurs talons répondent aux coudes , et soutiennent presque tout le laix de l’avant-main (i). '
De la Châtaigne,
On doit considérer dans la châtaigne :
i°. Son volume , médiocre dans les jambes sèches et peu chargées de poils et d’humeurs , est plus considérable dans celles où les liqueurs abondent.
' î°. Sa consistance. Elle augmente en dureté dans le cheval qui vieillit, parce que , les vaisseaux s’oblitérant alors peu à peu, toutes les parties se dessèchent.
On a soin de- la couper lorsqu’elle est trop considérable, et non de l’arracher, dans la crainte d’oc-
casioner une plaie.
Du Genou .
On considérera dans le genou :
i°. Son volume. Il doit être en proportion avec la jambe de l’animal , descendre et se terminer également dans ses parties latérales. Une inégalité éminente sur l’une d’elles est pour l’ordinaire l’efïct d’une tumeur de l’os. Nous la nommons osselet: les suites en sont funestes, puisqu’elle tend à priver l’articulation de son jeu naturel.
a°. Sa forme , qui doit être plate et non ronde; car, dans ce dernier état, elle annoncei’ait une jambe
(i) Quelquefois aussi c’est une tumeur molle, ulcérée , qui laisse suinter une humeur roussàtre, dont le siège est dans le tissu cellulaire, et qui sort en plus grande abondance et comme d’une éponge lorsqu’on la comprime. Peut-être aussi est-ce là une des causes du nom qu’elle porte. (£.),,
travaillée. Il d’n serait de mêipe si cettte partie (était '
enflée* • ' « cc4v\sn\*.ij >i&i v.*v •’ ' ' •'
3°. Son effacement. Le genou effacé est celui sur lequel l'avant- bras tombe perpendiculairement. S’il sort de la ligne perpendiculaire en avant, l'animal est dit arqué ou frrassicourt. Le premier de ces défauts provient d’un trayail long ou excessif, et on le reconnaît , àurtout dans un animal d’un certain âge , aux différentes maladies dont ses jambes sont d’ailleurs affectées , et qui en décèlent la ruine j il a pour cause' encore les entraves 'que l’dn métaux poulains. Le second est un vice de conformation. On ne saurait les regarder l’un et l’autre comme indifférens, puisque, par lafausse position du genou, la jambe perd une grande partie' de la force qu’elle aurait sans l’inclinaison. de cette partie.
4°. La distance de l’un à Vautre. Des genoux trop rapprochés et serrés l’un contre ’ l’autre , les pieds étant écartés , constituent encore les chevaux que noas appelons cagneux, et ces genoux sont dits genoux de .boeuf. Une pareille difformité, dont on doit toujours accuser la nature , les rend incapables de service. r. •„ ,V~ • j-
5°. Les poils qui en recouvrent le tégument. Lorsque le getutu est dénué de poils , nous disons que Je cheval ést couronné. La chute de ces mêmes poils est ordinairement occasioneé par celle de" l’animal. On doit donc sejléher, en pareil cas, de la» bonté de ses jambes, à moins q'U’oû ne soit< positi-. vernent sûr qu’il s’est couronné par accident , comme en heurtant de cette partie contre l’auge.
Des fentes ou des crevasses au pli du genou, d’uù découle une humeur séreuse et fétide, sont nommées Tnalandres quand elles sont longitudinales, et râpes quand elles sont transversales. C’est au moyen de ces distinctions puériles et de ces différentes dénominations accordées à des maux qui reconnaissent une seule et même cause, que l’art vétérinaire est demeuré aussi obscur et aussi confus.
Il est des râpes et des malandres tellement endurcies, qu’elles embarrassent le mouvement de la jambe, et font boiter l’animal.
Du Canon.
II faut considérer dans le canon
i°. Son .épaisseur ou son diamètre^ Il doit être proportionne à l’avant-bras. Sa grosseur est-elle trop considérable ? la jambe en est défectueuse. Est-il trop mince ? l’animal manque de force , à moins que ce défaut ne soit réparé par celle du tendon , comme dans les chevaurt barbes, dans lés chevaux turcs, dans les, chevaux de la vraie race limousine, ete.
2° . Sa longueur . Voyez De V Avant-Bras, page 92.
On a encore très mal à propos multiplié les noms , relativement aux tumeur» osseuses <^ui peuvent affecter le. canon. On a appelé suros une tumeur dure , 9itué«rdans cette partie r ét qui dépend dè l’os même; osselet, cette même tumeur placée sur le canon dans •la partie, inférieure dè la jambe du côté du boulet ; et fusées, deux ou plusieurs suros contigus et les uns sur les autres. On a nommé suros simple celui qui occupe la partie latérale du 'canJbn, plus communé-
mont l’interne que l’externe j suros chevillés, deux suros dont l’un à la partie latérale interne, l’autre à la partie latérale externe , sont tellement vis à vis l’un de l’autre, qu’on dirait que le canon est traversé par une cheville osseuse ; suros nerveux , ou mieux suros tendineux, ceux qui avoisinent le tendon; suros près V articulation , ceux qui sont près du boulet.
Le suros simple dans la partie latérale interne n’offre , pour l’ordinaire, rien de dangereux. Il pro • vient quelquefois d’un vice intérieur lorsqu’il occupe la partie latérale externe , et alors il peut avoir de mauvaises suites , vu la présupposition de l’épaississement de la lymphe , qui n’en est que plus disposée à s’arrêter dans les endroits où elle rencontre le plus d’obstacles à sa circulation , ët c’est sans doute dans les os que résidera principalement cet obstacle. Nous trouvons nombre de chevaux dont la plupart des vertebres sont exostosées par cette cause. Le suros chevillé est toujours à craindre ; le suros tendineux rénd le jeu des tendons difficile et douloureux par le passage de ces mêmes tendons sur la tumeur osseuse; le cheval boitera plus ou moins bas, et pourra devenir incapable de service: Le suros près de l’ articulation, s’étendant insensiblement jusque dans l’article même, en empêchera et en détruira le mouvement. ’ ...
Du Tendon.
On à jusqu’à présent très mal à propos compris, ainsique nous l’avons observé, sous la dénomina-
Oigitiz
tkm générale de neafe , lés tendons situés à la partie postérieure du’- canon, faut en considérer : i°. Le volume , qui doit être proportionné à l’épasseur du canon , de manière k augmentée la largeur de la jambe en çet, endroit , et à aider en quelque sorte à lui donner la forme platè qü’elle doit avoir. Des tendons grêles et petits annoncènt la faiblesse de cette partie , qui s’arrondit au moindre travail» et nous disons, dans cét état, que l’animal
a dfigjtunbes de-veaîk. \ <
a°. V égalité, de, ce volume dans toute l’étendue de ces mêmes tendons. Lorsqu’il est moins considérable immédiatement au dessous du pli duvgenou, les tendons sont appelés et regardés cofririîe/ftt?&r. Ce n’est pas qu’ils ne soient pourvus d une même quantité de fibres queées muscles dont' ils dérivent et dont ils sont une suite ; mais ces fibres sont comme ^i^glée^tadl!>Ues et plus serrées en cet endroit que dans U* surplus de la longueur de ces parties : d’çù il arme, qu’elles ne répondent qù’avec peine au mouvement de contraction des fibres charnues , çt que cette interception de mouvement influe sur •les différentes actions de la portion de l’ extrémité è
3° LeUr écartement de Vos. Cet écartement donnant plus de forcé oü plus d’effet à la contraction musculaire en les. éloignant du centre dé mouvement , s’ils en sont près , cette force ou cet effet diminue , la jambe en est plus travaillée par des efforts violens et pénibles. '
4°. Le trop de sensibilité qui, y supposant de la
douleur , les tire1 de leur état naturel : or , une partie souffrante ne peut être mue que la douleur n’accroisse, et cette augmentation de douleur doit nécessairement priver celles-ci de la facilité et de la liberté qu’elles auraient dans 4eur action et dans leur jeu.
5°. Leur sécheresse. On aperçoit quelquefois, par le tact , une sorte d’humeur que l’on croit mai à propos placée entre le canon et les tendons. Cette humeur n’est autre chose que l’humeur synoviale, qui est dans leur gaine même et qui y séjourne à raison de l’obstruction des vaisseaux chargés de la reporter dans la masse. Elle doit nécessairement contracter, par son séjour , de très mauvaises qualités qui influeraient infailliblement dans la suite sur la force et la bonté de l’extrémité.
Un epup quelconque donné sur le tendon donne, lieu à une tumeur ou à un engorgement qu’on appelle encore , par suite d’une mauvaise déno-> mination , nerf- ferrure , pour tendon féru. Cet accident, selon le degré de ses effets, peut être plus ou. moins dangereux.
Du Boulet.
On doit considérer dans 1 e boulet r i°. Sa position. L’animal est bien planté quandla face antérieure du boulet se trouve, environ deux ou trois doigts plus en arrière que la couronne. S’il avance autant que cette dernière partie , s’il est sur une ligne perpendiculaire au genou et au canon, le cbeval est droit sur ses membres, et cette situation
défectueuse annonce qu’il est ruiné. Dans le cas, aussi , où le boulet est sur une ligne perpendiculaire à la pince , le cheval est bouté ou bouleté , position si contraire à sa conformation primitive , qu’il est totalement à rejeter. Il en est encore une vicieuse à laquelle on ne saurait trop fàire’d’attention ; c’est celle où cette partie se trouve , par une erreur de la nature , rejetée trop en dehors ou trop en dedans : alors l’animal est d’autant plus mal articulé, qu’elle ne répond d’aucune manière juste et positive à la ligne du canon , et l’extrémité perd, dans ce cas, une grande partie de sa force. S’il est mal tourné, si sa face antérieure est dévoyée intérieurement , le pied suivant cette direction , l’animal est cagneux , comme si elle regarde la face externe , l’animal est panard ; défauts qui peuvent encore provenir du genou comme du coude , ainsi que nous l’avons dit.
a0. Son épaisseur ou son volume, qui doit être à raison de l’épaisseur de la jambe. Des boulets menus et petits sont la plupart trop flexibles , et cette flexibilité est uu indice presque certain de leur faiblesse: cette partie ainsi conformée, le cheval communément se lasse et se fatigue dans le plus léger travail $ elle est bientôt gorgée , et, l’enflure dissipée , il y reste ou il y survient des molettes. Nous appelons de ce nom une tumeur molle et indolente dans son principe, mais dure et sensible ensuite et par succession de temps. Placée entre l’os et le tendon , à côté , vers le haut, .ou en dedans , ou en dehots du boulet, elle est dite molette simple. Quand elle est située sur le tendon même , nous
la nommons, toujours par corruption, molette nerveuse , etie boulet des extrémités postérieures en est plus fréquemment attaqué que celui des extrémités antérieures. Enfin, nous disons quelle est soufflée, quand elle survient au dessus de la partie postérieure du boulet , et qu’elle se fait voir de.s deux côtés , en dedans et en dehors. La molette soufflée n’est pas moins à redouter que la molette nerveuse. Quant aux osselets dont nous avons 4èja fait mention en parlant des suros, ils viennent indifféremment en dedans , et eu dehors. L osselet simple est celui qui n’approche ni de cette articulation ni du tendon j celui qui descend dans 1 articulation est très pernicieux, eu ce qu’il s’oppose à sort mouvement ; cèlui qui se trouve placé entre l’os' et le tendon, et qui occupe quelquefois même le tendoji entier par sa largeur , n’est pas moins à craindre. . . '
3°. L’état dans lequel il est. Son enflure provient souvent d’un travail excessif : assez fréquemment alors le boulet est couronné , c’est è dire qu’on y observe une tumeur qui l’environne et qui le cercle ; en pareil cas, il ne faut pas se charger du cheval. Elle peut provenir aussi d’un repos trop long et d’une infinité d’autres causes, comme, par exemple, d’une luxation , d’une entorse , d’une contusion , etc. Dans la luxation, le déplacement de l’os est apparent; il y a douleur considérable et perte de mouvement. L’entorse , que nous appelons encore méniarchure, pour exprimer sans doute, par le nom du mal même, la cause qui l’a produite, est infini -
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meut plus rebelle dans les boulets de derrière que dans les boulets de devant. Elle est la suite d’un faux pas , de la position du pied à faux dans un endroit ou sur un sol raboteux, de son engagement entre deux pavés ; ce qui arrive communément parla faute des palefreniers, qui tournent trop court les chevaux en les sortant deieur place, etc. On la reconnaît à la claudication du cheval, à la chaleur, au gonflement, a l’action lente et traînée du boulet , etc. Enfin , la contusion résulte ici du frottement ou du heurt continuel et répété du pied qu’il meut contre le boulet de la jambe qui reste à teçre : nous disons alors que le cheval s’attrape , s’entretaille ou se coupe. Ce frottement ou ce heurt répété cause ordinairement la chute du poil à l’endroit frappé, insensiblement une plaie plus' op moins profonde à la partie latérale interne dù boulet, et d’autres fois derrière le boulet mérite. Tout cheval faible des reins, dont' les membres sont peu proportionnés, qui est mal planté, serré, cagneux, panard , crochu , en dedans ou en dehors , se coupe et s’entretaille (i). La lassitude, la paresse , le défout d’habitude de cheminer , une vieille ou une mauvaise ferrure y des rivets qui débordent, la
(1) Dans le cheval cagneux, la pince étant tournée en dedans, c’est avec la mamelle interne du fer ou du sabot qu’il se coupe ; dans le cheval panard, la pince étant tournée en d >hors, c’est avec l’éponge du fer ou le talon qu’il s’entretaille. Dans tous les autres cas, c’est plus ordinairement avec la branche interne du fer ou avec, la paroi tle l’ongle que ce frottement a lieu. {£'.)
froideur de l’allure, elc., sont encore autant de points à observer dans l’animal auquel on peut reprocher ce défaut.
On ne doit pas le confondre , au surplus , avec celui dont on peut accuser le cheval qui s’ attrape < Celui qui s’entretaille s’atteint toujours au même endroit; de là la chute du poil , la blessure, ou la plaie : l’animal qui s’attrape se frappe, au contraire , en difïerens lieux ; et la partie atteinte n’étant pas toujours la même , il n’y a aucune impression apparente du coup. Selon l’endroit où jl a porté , il boite dès le premier pas qu’il fait ensuite, et la claudication cesse après qu’il en a lait quelques autres. Quand il est las, il bronche en s’attrapant , il tombe même s’il chemine avec vitesse , ou s’il galope. Ce défaut, qui est la preuve d’une faiblesse naturelle, et qui provient d’une mauvaise action des jambes qui se croisent sans cesse, doit^aire rejeter un cheval , parce que ce vice tient à sa constitution , et qu’il est irréparable.
Du. Paturon.
On observera dans le patui on : '
1°. Son épaisseur, qui doit proportionnément répondre à celle des autres portions de l’extrémité dont il fait partie.
a°. Sa longueur : il ne doit être ni trop court ni trop long. Dans le premier cas, le cheval est dit court-jointe ; dans le second , il est dit long jo inté : l’un et l’autre de ces défauts proviennent toujours des père et mère. Le cheval courtr-joiuté devient
aisément droit sur ses membres , il se boule ou se boulette plus facilement que les autres , surtout si on lui laisse les talons hauts, et si l’on n’a pas soin de les lui abattre. D’ailleurs , la brièveté de cette partie ne permettant pas qu’elle soit pliante et assez flexible , la réaction est toujours dure dans ces sortes de chevaux, qui ne sont point regardés, par cette raison , comme propres au manège, parce qu’ils sont dénués du ressort et du liant nécessaires ù ceux que l’on choisit pour l’école. Le cheval long-jointe plie trop , au contraire ; la partie postérieure du ' boulet porte presqu’à terre quand il marche ; il a rarement de la force, à moins que celle des tendons ne s’oppose à l’excès de flexibilité , et ne supplée à ce défaut de conformation.
Le paturon est sujet à des luxations et à des entorses, comme le boulet, et comme toutes les autres articulations de l’animal (1). Cette partie est de plus exposée à des atteintes, c’est à dire aux coups qu’il se donne-ou qu’il reçoit des autres ch&vaux qui , trop près de lui, heurtent son paturon et marchent sur lui. L 'atteinte simple s’annonce par une contusion , par une plaie légère. Dans le premier cas, il y a élévation dans l’endroit contus, et
(i) L e paturon n'étant point lui- même une articulation, ceci ne doit -s’entendre que de son articulation* avec la -couronne, comme l’e«/o«e ou la mémarehure , appelée aussi effort de boulet, s’entend de son articulation avec le canon, qui forme le boulet; et, en effet, les efforts de la couronne sont tout aussi fréquens et tout aussi7 dangereux que ceux du boulet: (É.) ■ .
( io7 )
1 animal feint lorsqu’on le comprime ou qu’on y touche; clans le second, l’atteinte est très visible. Nous nommons atteinte sourde celle qui ne se montre que par une meurtrissure aux talons ou près des quartiers, ou dans laquelle le tendon a été contus ou féru; l’animal boite considérablement dans cette circonstauoe. Enfin, l’atteinte encornée est celle qui s’étend jusqu’à l’ongle , ou qui a lieu très près de cette partie. L’atteinte simple est un faible accident; l’atteinte sourde peut dégénérer en atteinte encornée, ou plutôt avoir les mêmes suites; et l’atteinte encornée est de toutes les atteintes la plus difficile à guérir. Quelques auteurs modernes ont donné , je ne sais par quelle raison , le nom de crapaudine à l’atteinte qui a lieu sur la couronne par l’action irrégulière d’un cheval qui passage, et qui pose l’un de ses pieds sur l’autre (1).
Nous avons dit que , dans l’atteinte sourde , le tendon peut avoir été contus ou féru , ce qui arrive dans le paturon des extrémités postérieures par le fait d’un cheval qui en suit trop prochainement un autre, et ce qui peut arriver par le fait du cheval lui-même , qui s’atteindra facilement dans les extrémités antérieures avec la pince des fers de derrière, surtout lorsque, par faiblesse, ou par une mauvaise ferrure, ou par l’ignorance du cavalier qui ne
(j) Solleysel, Parfait Maréchal , déjà cité, 1'*. partie, page 5o8. Il ne donne point à l'atteinte le nom de crapau -■ dine , mais il dit que l'atteinte est une des causes de cet ulcère, qui tient eitectivemunt de la nature du crapaud. {£.)
le soutient pas, et qui, bien loin de maintenir en lui l’ensemble , le laisse précipiter sur les épaules, il est disposé à forger.
Nous disons qu’un cheval forge , lorsqu’en marchant, et principalement en trottant, il frappe de la pince des fers des pieds de derrière sur les éponges des fers des pieds de devant, ou sur lê milieu et en dessous de ces mêmes lers ; non seulement «.alors il fait entendre un bruit désagréable qui imite celui des forgerons, mais, il peut se déferrer à chaque instant , et l’on comprend comment il peot être aux risques, de se blesser et de s’atteindre (x).
Nous appelons, au surplus, du nom d e forme une tumeur dure et calleuse , qui survient quelquefois entre le boulet et la couronne , à l’un des côtés ou. aux deux côtés du paturon. Ede peut attaquer le derrière comme' le devant. Cette tumeur, plutôt * indolente que sensible , fait boiter l’animal au bout d’un certain temps. Elle peut être mise au rang des maladies héréditaires, et plus elle est près de la couronne^ plus elle est dangereuse (a).
'■{)) Voyez, dans le tome V des Instructions et Observations sur les maladies des animaux domestiques, deuxième partie, tout ce qui concerne ce vice'et les moyens d’y remédier, par Q/iabert. (£.)■-. . ••• •• ••/'., .. • • r.' . „ »
(2) La forme est une tumeur osseuse , une véritable exostose, due , le plus souvent, à des atteintes ou à des efforts; elle est ptacée à la partie inférieure de l’os du paturon , ou à •la partie supérieure de celui de la couronne; dans l’un et l’autre cas, elle gène l’articulation de ces deux os , qu’elle finit quelquefois par aukiloser. (£*)%• ■■ s ’ -r
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De la Couronne .
Il faut examiner dans la couronne :
i°. Sa conformation. Elle doit accompagner la rondeur du sabot ou de l’ongle , sans la déborder. Si elle est plus élevée , ou le pied serait desséché et privé de nourriture , ou cette partie enflée serait chargée d’humeurs , source de quantité de maux.
a°. Son état. La couronne étant assez sujette à certaines plaies , suite des maux qui ont affecté l’intérieur des pieds , la matière purulente qui s’y était formée ayant reflué , ou soufflé au poil , pour me servir de l’expression usitée, et pouvant causer la chute de l’ongle entier , ou seulement de l’une de ces portions , comme il arrive dans le cas de celle de l’un des quartiers, c’est à dire de. l’événement que nous exprimons par le terme d 'avalure.
Des Pieds.
r * j vi/v » .1». *i -4 : i t yy .-v i ,7
Personne n’ignore que l’on appelle, en général, du nom de pied ou de sabot ■ Vongle qui termine l’extrémité inférieure de chaque jambe de l’animal. Cette partie, destinée à soutenir le poids de l’édifice entier, est d’autant plus essentielle, que la plupart des défauts qu’on y peut remarquer tendent à rendre le cheval inutile et incapable de servir.
On considérera dans le sabot :
i°. Sa forme. Elle est la même que celle de l’os 1 du pied, c’est à dire qu’elle présente un ovale tronqué, ouvert sur les talons et tirant sur le rond en pince. ’ T,
2°. Son volume. Il doit être proportionné À la partie à laquelle il répond , en supposant néanmoins que la couronne , qui est cette partie , soit en raison du paturon , et que le paturon soit aussi dans un juste rapport avec le boulet et le canon. Des pieds
dont le volume est excessif annoncent la pesanteur,
la mollesse, la faiblesse du cbeval , qui ne cheminera qu’avec peine dans les terrains boueux, q ui bronchera ou butera souvent, qui se déferrera sans cesse, et qui sera incapable de la moindre fatigue. D’ailleurs , ces sortes de pieds sont , pour l’ordinaire , délicats et sensibles, et ils s’échauffent très facilement sur le sol. L’excès de petitesse, c’est à dire le défaut contraire , est une preuve de la sécheresse et de l’aridité de l 'ongle, qui, toujours dur et resserré, ne peut faire qu’une impression fâcheuse sur les parties molles qu’il recouvre; aussi ces sortes de pieds sont-ils ordinairement en proie à des douleurs. Il en est de même d’un ongle trop court : alors, ou la portion vive de ce même ongle n’a pas assez d’étendue , et celle qui est hors de la portée des sucs , en ayant trop, est sujette aux éclats et aux fissures; ou bien la portion vive, se prolongeant aux dépens de celle-ci , n’est pas suffisamment défendue par l’autre, et éprouve continuellement une sensation douloureuse , résultante de l’impression et de la réaction des corps durs sur lesquels le cheval marche et porte. D’ailleurs , plus les pieds sont courts, plus la base sur laquelle chacun deux repose est étroite , et moins il a de stabilité.