‹ Traité de la conformation extérieure du cheval ... Par Cl. BourgelatChapitre 7 sur 22 · VSa consistance. L’union trop intime des fibres · texte numérisé non relu

VSa consistance. L’union trop intime des fibres

leur trop grande tension , l’étroitesse ou plutôt l’oblitération des canaux destinés à contenir et à charrier le fluide, telles sont les causes de là sécheresse et de l’aridité dont nous venons de parler. Le relâchement de ces mêmes fibres, le moindre resserrement des vaisseaux , une plus grande abondance de porosités , et par conséquent un abord plus considéîable des liqueurs produiront l’effet opposé , de là les pieds qüe nous nommons pieds gras ; la sole est le plus souvent en eux si vaste, que le tissu de V ongle en est distendu, et que le sabot en paraît évasé. Ils sont toujours très faibles; aussi est-on, après une ferrure récente, contraint de les laisser raffermir

et s’asseoir sur les nouveaux fers. Très fiéquemraent encore ces sortes de pieds en imposent par les dehors trompeui's d’une beauté apparente qu’ils ne doivent qu’à leur défectuosité, puisque Y ongle ne paraît en eux extérieurement uni, liant et plein de vie, qu’attendu la lâcheté de son tissu et le petit nombre de fibres dont il est formé. ,

Nous exigeons donc dans cette partie une épaisseur proportionnée qui en .fait la force, qui s’oppose à sa sensibilité, çt qui garantit le cheval d’être piqué, serré et encloué aussi facilement qu’il pourrait l’être,, si la consistauce de Y ongle était plus faible. Nous demandons encore que sa fermeté soit accompagnée de souplesse. Ces deux qualités réunies lui font soutenir sanséclater les lames que l’on y broche, ce que l’on ne rencontre point dans Yongle des pieds que l’on nomtue pieds dérobés, p’est à dire de ceux dont la cçrne est si cassante, que la lame la plus dé-

lice y fait près du fer des brèches considérables, et laisse voir des éclats à l’endroit oè les clous sont rivés. De tels pieds sont' souvent déferrés, et l’étampure extraordinaire à laquelle on a recours en pareille circonstance n’occasione que trop communément dans les parties molles des offenses de la part des lames.

4°. Le lisse, le poli ou Parti. Des aspérités, des inégalités, des espèces de bosses en forme de cordons qui entourent le sabot d’un quartier et d’un talon à, l’autre, annoncent toujours une mauvaise nature à1 ongle. Dans le cas de la présence de ces cordons, le pied est dit cerclé; souvent alors l’animal feint ou boite. Souvent aussi ces cercles ou cordons , existant en dehors comme en dedans, compriment les parties molles, et la douleur qu’ils suscitent donne* lieu à la claudication. Il est donc certain qu’en général l’ongle doit être uni dans toute son étendue : il est toujours tel dans les pieds vifs, c’est à dire dans ceux qui, n’étant privés des sucs nécessaires à leur entretien par aucune cause quelconque, possèdent, si nous osons nous exprimer ainsi, cet éclat dont jouit tout corps à qui la faculté de végéter n’est pas ravie.

La rétraction, le resserrement, le rétrécissement de l’ongle, sont autant de points sur lesquels on ne doit pas passer sans attention. Il en est ainsi du dessèchement, qui en diminue la forme ; le pied rend alors un son creux , pour ainsi dire , qùaud il est heurté, on dirait qu’il est entièrement cave. Il faut aussi prendre garde que Y ongle ne soit pas fendu

sur le milieu de sa partie antérieure ; cette fente plus ou moins visible, commençant dès la couronne, est ce qu’on nomme soie ou pied-de-bœuf : cet accident, que nous mettons au rang des maladies externes , attaque plus communément les pieds des extrémités postérieures que des antérieures. Il se montre plus souvent dans les chevaux qui travaillent sur la pince, c’est à dire dans les chevaux rampins ; les mulets y sont même encore plus sujets , mais ils n’en sont pas d’un moindre service, parce que cette division est plutôt en eux extérieure qu’intérieure , et qu’elle est rarement aussi profonde que celle qui survient au pied du cheval. Elle n’est pas moins fréquente dans les chevaux qui cheminent dans les boues, ainsi que dans ceux dont les jambes sont chargées de poils, ou qui ont été élevés dans des terrains gras et marécageux. Si , à raison d’une tumeur située au dessus de la couronne, ou sur la couronne même, et dont la source est la même que celle des eaux aux jambes, la matière a gagné la partie déclive et flué dans le sabot, il en résultera des soies.

Il est encore une maladie qui peut intéresser toutes les parties du pied : elle est la suite d’un heurt violent du pied du cheval contre un corps quelconque extrêmement dur, et nous la nommons en conséquence étonnement de sabot. On la discerne à la chaleur de la partie, à la douleur que l’animal ressent, à la diminution du volume de Y ongle, à la démarche du cheval qui boite, à une tumeur à peu près semblable à celle que nous avons appelée'

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forme , à un flux île matière , s’il y a épanchement et suppuration, etc.

5°. Les parties latérales ou les quartiers, dont celui de dedans est constamment et naturellement plus faible que celui de dehors (1). Ils doivent être nécessairement égaux en hauteur, autrement 1 epied serait de travers, et la masse ne portant que sur le quartier le plus haut , l’animal ne pourrait marcher avec facilité et assurance. Leur inégalité provient de plusieurs causes, ou de la main inhabile ou paresseuse du maréchal , qui néglige de les couper oude les abattre également, vu le moins de facilité qu’il a dans le maniement du boutoir quand il s’agit de retrancher du quartier de dehors du pied du montoir, et du quartier de dedans du pied hors du montoir; ou de la surabondance des liqueurs qui nourrissent Y ongle, et qui, à raison de quelques causes occasion elles, se distribuent en plus grande quantité dans un quartier que dans un autre; ou de la conformation vicieuse de l’animal , dont le poids, s’il est cagneux ou panard , ou s’il a des jambes de veau , porte plus sur un quartier ,* et celui sur lequel il reposera le moins poussera et croîtra plus que celui sur lequel il s’appuiera davantage; ou, enfin, de la situation des poulains dans des pâturages

(1) Cette faiblesse constante ne tient point du tout à la nature, qui fait tout bien quand elle n’est pas contrariée; mais elle tient, au contraire, à l’état de domesticité, aux soins mal entendus, et surtout à la mauvaise ferrure. Ces causes 4ont détaillées pdus bas, et il est aisé de voir que la départ ne sont point naturelles. ( É .)

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moutueux et inégaux, etc. L’inégalité des quartiers ne consiste pas seulement dans celle de leur hauteur véritable ; ils peuvent paraître inégaux en élévation par le rejet et la direction de l’un d’eux en dedans ou en dehors. Ainsi, dans un pied dont Y ongle est aride et sec, un des quartiers se jetant en dedans, l’autre, qui ne sera pas réellement plus prolongé , mais dont la direction sera perpendiculaire et tombera à plomb sur le terrain, semblera avoir plus de hauteur. Il en sera de même dans le cas où un des quartiers se jetterait en dehors par les unes ou les autres des différentes causes qui peuvent donner lieu à cette difformité.

Une division de Y ongle à sa naissance, division qui, comme la soie, peut se propager jusqu’à la pince même, et qui se montre sur un des quartiers, plus souvent sur celui de dedans, attendu sa plus grande faiblesse, est ce que nous appelons du nom de seinie , et ce que les anciens ont nommé seime quarte.

6°. Les talons, qui doivent être élevés dans une juste proportion. Dans les pieds dont les talons sont Iras, communément la fourchette a trop de volume; elle est grasse , c’est à dire trop molle, et cette partie portant directement sur le sol, l’animal souffre nécessairement, et plus souvent il boite. Ce défaut est d’une conséquence encore plus grande dans les chevaux long-jointés, dont les fanons touchent jusqu’à terre; car il est bien difficile que l’art restreigne le mouvement, l’action et le jeu des articulations du boulet et du paturon. Au surplus, on distingue le

talon qui a été abattu de celui en qui le défaut d’élévation est un défaut de nature, en examinant la fourchette , qui est «ordinairement d’un volume médiocre et proportionné dans des pieds exempts de ce vice. Le trop d’élévation des talons, joint à l’aridité de Y ongle et à une faiblesse excessive, telle qu’en comprimant ces mêmes talons ils obéissent à la force qui les comprime, doit faire appréhender Y encastelure . Ces sortes de talons, qui fléchissent et plient ainsi, sont appelés des talons faibles, des talons flexibles. Il faut encore faire une grande distinction du talon faible et du talon affaibli. La faiblesse naturelle a pour cause la qualité de Y ongle même. La faiblesse accidentelle ou acquise peut provenir de quelques maladies qui auront endommagé, usé ou diminué la force de la fourchette , ou de l’ignorance du maréchal , qui n’aura pas entretenu celle qui était nécessaire pour contenir les talons, pour les empêcher de se resserrer, ou qui les aura resserrés lui-même en creusant, au lieu de parer à plat et sans pencher le boutoir quand il les a abattus. Cette mauvaise opération , par laquelle il se flatte de les ouvrir, enlève totalement 1 appui qui était entr’eux et la fourchette, et dès lors les parois de Y ongle en cet endroit, cessant d être gênées, contenues et d’avoir un soutien, se jettent et se portent en dedans d’autant plus aisément qu’il est de la nature de la corne de tendre à se resserrer.

Des pieds dont les talons sont trop hauts, mais larges et ouverts, manquent ordinairement par la pince. Si le vice qui naît du peu d’élévation des

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talons est plus grand dans des chevaux long-jointes que dans d’autres, celui qui résulte de leur trop de hauteur augmente à proportion dans les chevaux court-jointés, droits sur leurs membres, bouletés, arqués ou brassicourts ; des talons excessivement élevés favorisent la mauvaise position et la direction fausse de la jambe de l’animal. Nous ajouterons que tout pied trop alongé, outre-passant en talon sa rondeur ordinaire , a des dispositions réelles à Vencastelure. Enfin , nous dirons que l’expérience nous apprend que l’inégalité des talons est pins commune dans les chevaux fins, quand cette partie est en eux étroite et serrée, et lorsqu’on n’a pas la précaution d’humectersouvent leurs pieds. Au reste, nous entendons par encastelure le resserrement nies talons ; ces parties peuvent aussi avoir été meurtries et contuses, et c’est ce qu’il est important d’exa^miner.

70. La sole : la consistance en doit être très forte et solide. Est-elle faible et molle? elle se meurtrit aisément. Le pied est toujours sensible, et l’animal boite aussitôt qu’il marche sur un terrain ferme et dans les chemins pierreux. Sou épaisseur, néanmoins, ne doit pas être telle que le dessous du pied n’ait aucune concavité; car alors le pied serait ce que nous nommons un pied comble. Ce défaut fait d’abord porter l’animal autant sur la sole que sur les quartiers, et dans la suite il porte moins sur les quartiers que sur la sole ; toute la nourriture se distribuant en pareil cas à cette partie, et la pince et les talons en étant privés, ils se dessèchent et sc

resserrent. Dans ces sortes de pieds , l ’ ongle est toujours plat, difforme et écailleux; les chevaux nourris et élevés dans des pays marécageux sont plutôt sujets à ce défaut que les autres.

On appelle pieds plais ceux qui , moins caves qu’ils ne doivent l’être, doivent encore leur difformité à leur trop de largeur et à leur trop d’étendue. Les talons en eux ne se resserrent pas, ils s’élargissent du côté des quartiers, et la fourchette porte à terre. Insensiblement le pied plat peut devenir comble. Il est des pieds plats naturellement et par vice de conformation. 11 en est d’autres qui sont plats, larges et étendus, parce que les chevaux ont été nourris dans des pays humides. D’autres, enfin , ont les talons conformés comme ils doivent l’être, mais Yongle s’étend vers la pince ; ce défaut est un effet ordinaire de I4 fourbure (1); le pied est plat, V ongle rentre dans lui-même, tandis qu’au milieu et à la partie antérieure du sabot il est cerclé. L’animal, en marchant, fixe son appui sur le talon et non sur la pince, surtout si le dessous du pied approche de la figure du pied comble par le moyen de l’élévation de la sole, qui, poussée et voûtée en dehors, présente une sorte de croissant. Les chevaux dont les pieds sont plats ne sont jamais d’un grand service, surtout si la fourbure a quelque part à ce

(1) Voyez, dans le tomell àes Instructions et Observations sur les maladies des animaux domestiques, deuxième partie, les effets de la fourbure dans les sabots, et tout ce qui est relatif à cette maladie , par Chabert. (È.)

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défaut. La sole peut ne pas surmonter et i effacer toute la cavité du pied , mais être voûtée et saillante dans une seule portion de son étendue; cette saillie forme ce qu’on a appelé un oignon. Cet accident a souvent pour cause la fburbure , quelquefois la faiblesse de la sole , son dessèchement, ou celui des quartiers qui l’aurait resserrée, sa consistance n’ayant pas assez de solidité , etc.

Une meurtrissure, une contusion à la sole, occasionée ou par la marche du cheval dans des chemins pierreux, ou par quelques pierres ou graviers nichés entre le fer et l’ongle, ou par l’appui du fer même sur cette partie, sont ce que nous appelons sole battue, sole foulée. Cette maladie est quelquefois suivie de celle que nous nommons bleinie. On en compte de trois sortes : la bleime sèche, qui est le résultat de la sécheresse du pied ; elle attaque communément les pieds cerclés, les pieds encaste lés , et plutôt le quartier de dedans que celui de dehors ; la bleinie encornée , dans laquelle la matière abonde : échappée des tuyaux qui la contenaient, elle se pervertit bientôt, et ne trouvant plus d’issue libre, elle chemine, pénètre sous la sole qu’elle soulève, sous lè quartier, souffle au poil et cause de vrais ravages; enfin, la bleime foulée, qui est la suite d’une contusion , d’unc foulure, et à laquelle les pieds plats et les pieds combles sont conséquemment très sujets.

Des clous de rue, des chicots peuvent offenser la sole. Nous disons que le cheval a pris un clou, de rue lorsqu’on marchant il a rencontré un clou dont

la pointe, étant tournée en haut, est entrée dans sou pied. Un pareil accident peut arriver si, en courant ou en marchant dans des bois ou tailles nouvelles, il rencontre un éclat de bois terminé en pointe, c’est ce que nous nommons un chicot.

L’animal peut encore avoir été encloué ou serré. Dans le premier cas, la lame perce clans le vif} dans le second, elle le serre seulement, et l’animal boite (x). Enfin, la sole est dite baveuse lorsqu’elle est enflée et molle comme une éponge. Cette mollesse peut être accidentelle ou naturelle : naturelle, si cette partie est d’une contexture plus lâche, alors elle se prêtera trop à l’impulsion des liqueurs qui la dilateront, et qui, y séjournant en trop grande quantité , donneront lieu au défaut de consistance et au gonflement; accidentelle, si la stagnation des liqueurs dans cettet partie est produite par l’arrêt de la circulation des humeurs qui s’y portent. Dans le premier cas, le pied sera toujours faible, sensible, difforme, plat, comble; dans le second, il ne sera pas impossible de le raffermir.

8°. La fourchette , qui doit être proportionnée au pied , c’est à dire n’être ni trop ni trop peu nourrie. Dans le premier cas, elle est dite fourchette grasse ; dans le second, fourchette inaigre. La petitesse ou le

(1) Il peut aussi avoir été piqué ; dans ce cas , le clou, après avoir pénétré dans le vif, a été retiré , assez souvent aussi l’animal eu boite. Les maquignons profitent ordinairement de l’une de ces circonstances, qu’ils supposent ou même qu’ils provoquent, pour faire passer de vieilles boiteries comme étant récentes et devant bientôt disparaître. ( É .)

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dessèchement de cette partie a été regardé comine le partage d’un pied encastelé , sous le prétexte du rétrécissement des talons , qui la prive de nourriture et l’affame. On pourrait dire , au contraire , que son dessèchement, qui, d’ailleurs, est une preuve certaine de l’aridité de Y ongle , contribue à Yencastelure, et prouve que l’animal y a disposition. Le volume trop considérable de cette partie est un défaut très grand , auquel, ainsi que nous l’avons dit , les chevaux qui ont les talons bas sont très sujets. Cette disposition en Volume et en maigreur caractérise toujours un mauvais pied, parce que le pied ne peut être véritablement bon qu’autantque la nourriture se distribue dans une juste égalité à toutes les parties qui le composent.

Une tumeur ou excroissance fibreuse et spongieuse, d’une odeur très fétide , dont la substance est assez semblable à Y ongle pourri et ramolli, qui, quelquefois , est de la nature du cancer, et qui a son siège au bas des talons , le plus souvent à la fourchette et quelquefois à la sole, forme ce que nous appelons fie ou crapaud. Cette excroissance est d’abord indolente , mais elle cesse enfin de l’être ; et soit que les fies ou crapauds soient de plusieurs espèces, et diffèrent les uns des autres par la qualité de l’humeur qui les produit, et par la quantité des fibres et des vaisseaux qui prennent accroissement , les racines eu sont en plus ou moins grand nombre, et leurs effets se manifestent par des accidens plus ou moins terribles. Les chevaux dont les jambes sont chargées , qui ont été affectées par des eaux dont le

maréchal a empêché le libre écoulement par îles topiques astringens appliqués mal à propos et sans égard aux mauvais effets qu’ils doivent produire ; ceux qui ont été fourbus, farcineux , dont les pieds sont trop creux, élevés, les talons larges et dont la fourchette , dans ses côtés ou dans son milieu, suinte une humeur rousse et purulente , y sont plus sujets que les autres. On comprend que cette maladie ne peut être que funeste et très rebelle. Les pieds de derrière, qui sont dans une continuelle humidité, en sont plutôt atteints que les pieds de devant.

Nous nommons encore cerises de petites tumeurs charnues, rouges, situées à côté, dessus, ou au bout de la fourchette ; elles attaquent rarement les pieds des extrémités antérieures , et si on les néglige elles peuvent dégénérer en crapauds (i). Enfin, la fourchette se pourrit, et tombe par morceaux à la suite des teignes dont elle peut être attaquée. Cette maladie s’annonce aisément, surtout dans les fourchettes grasses, par la fétidité qui l’accompagne, ainsi que par la grande démangeaison qu’elle cause au cheval , qui est souvent , et même sans cesse

(i) Les cerises sont ordinairement le résultat de la maladresse du maréchal, qui, en parant le pied, entame le vif avec le boutoir. Cet accident, qui n’a presque jamais de suite dangereuse dans les pieds antérieurs, toujours plus au sec , ne fait des progrès dans les pieds postérieurs que parce que l’humidité constante dans laquelle ils sont habituellement abreuve les parties molles, les fait boursoufler au dessus de la corne, et excite un pincement qui fait boiter l’animal. (E-)

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obligé de frapper ou de battre du pied contre terre.

Les fourchettes maigres n’en sont pas exemptes. Il arrive que souvent elles se corrompent lorsque nous laissons trop long-temps des chevaux sur leurs vieilles ferrures, et que le pied e n est trop rarement paré. C’est ce que l’expérience a démontré, même dans des chevaux fins , dans des chevaux d’Espagne, et dans des chevaux barbes (x).

nES BEAUTÉS ET DES DEFAUTS DES PARTIES DU CORPS.

Du Dos.

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Quoiqu’on ait jusqu’à présent, et assez communément, confondu le dos et les reins , il y a cependant entre ces parties une différence bien sensible. On considérera dans la première :

i°. Sa situation , qui se trouve précisément entre le garrot et les reins, et proprement à l’endroit sur lequel doit reposer la selle.

2°. Sa conformation. Cette partie annonçant la force de l’animal , lorsqu’elle est bien fournie, c’est à dire lorsqu’elle présente , dans un cheval qui a

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(î ) Voyez, dans 1 'Essai théorique et pratique sur la ferrure, à l’usage des élèves des Ecoles vétérinaires , par Bourgelat , des détails beaucoup plus étendus sur les beautés et les difformités du pied ; sur la composition, le mécanisme, la nutrition, l’accroissement et la reproduction de l'ongle, et sur les différentes ferrures qui lui conviennent. Voyez encore la Structure du sabot du cheval et expériences sur les effets de la ferrure , par M. Bracy Clark , et le Traité du pied, par J. Girard. (É.)

de l’embonpoint, une sorte de canal qui règne dans son milieu et dans sa longueur s c’est ce que vulgairement et improprement on a appelé des reins doubles. Elle doit être encore unie et égale. Si le dos du cheval est cave dans le milieu de son étendue , ou plutôt s’il est bas, l’animal est dit ensellé. Il y a difficulté d’ajuster au même cheval la selle qu’on lui destine, et l’arçon, en pareil cas, doit être charpenté relativement à ce défaut. Des chevaux ainsi conformés ont l’encolure haute et relevée , la tête bien placée, l’avant-main beau } ils ont de la légèreté, mais la plupart sont très faibles et se lassent aisément. Le défaut opposé est celui du dos élevé , que nous désignons , en disant que l’animal a un dos de mulet (1). Il n’est pas aussi très aisé de le revêtir d’une selle.

L’appui et le frottement de la selle peuvent avoir offensé cette partie et occasioné une blessure plus ou moins forte , mais qui peut , n’étant pas négligée , n’avoir aucune suite fâcheuse.

Des Reins.

Nous avons dit que les rewwsont situés à l’extrémité du dos, entre cette partie et la croupe , c’est là que sont les vertèbres lombaires (a). Elles jouissent,

(1) On dit encore qu’il a le dos de carpe, et cette expression est plus exacte que la première , puisqu’on a pu comparer le dos du cheval à celui de la carpe long-temps avant l’existence du mulet. ( Ê .)

(2) Qui en forment la base, d’où l’on a appelé aussi ces parties, plus proprement peut-être, les lombes. (É.)

comme on le sait, d’un mouvement infiniment plus

considérable et plus apparent que les vertèbres dorsales. On considérera dans les reins :

La longueur , qui doit être proportionnée. Un cheval en qui cette partie est courte est plus susceptible de l’union ou de l’ensemble ; il ramène plus aisément sous lui ses parties postérieures; sesmouvemens néanmoinsse font sentir bien davantage au cavalier, leur réaction étant infiniment plus dure que dans l’animal dont les vertèbres auraient plus d’étendue, et qui , par cette raison , se rassemblent avec plus de peine.

On fera attention que la selle n’ait pas porté sur les reins, et ne les ait pas offensés. On jugera, par les actions du cheval et par ses allures, de l’intégrité de ces parties ; s’il sent une douleur extrême en reculant; si la croupe se berce, si elle chancelle quand il trotte, il souffre d’un effort, c’est à dire d’une extension forcée des Kgainens qui servent d’attache aux vertèbres , ou d’une contraction plus ou moins violente des muscles. Dans le cas où cette extension a été très forte, à peine peut-il faire quelques pas en avant; il traîne son derrière, et il est sans cesse près de tomber (i).

(t) On dit alors que l’animal a un tour ou un effort de t

reins , ou qu’il est éreinté; c’est ce qu’on appelle vulgairement tour de bateau, parce que, dans ce cas, le cheval chancelle, se berce, et imite assez, dans sa marche, les mouvemens d’un bateau agité par les vagues. Les chevaux affectés d'un effort de reins doivent généralement être regardés comme incapables de rendre aucun service. (Zÿ.)

Il est , au surplus , des chevaux qui se bercent en trottant , sans avoir essuyé aucun effort : souvent cette allure lâche provient d’une faiblesse naturelle; souvent aussi elle est occasionée par un service forcé ou prématuré; souvent encore, parce que l’animal a été employé de trop bonne heure à celui des cavales; et en général nous voyons qu’elle est assez commune dans tous les chevaux qui leur sont destinés , et qui sont occupés à les saillir.

Des Côtes.

Il faut considérer dans les côtes :

Leur ampleur. Le demi-cercle osseux qu’elles forment de châque câté devant commencer à l’épine du dos , parce qu’alors elles embrasseront mieux les parties et les viscères qu’elles contiennent , si la forme en est plate et avalée , elles sont dites côtes serrées, et les chevaux ainsi conformés, chevaux plats (1). La cavité du thorax étant nécessairement moins vaste en eux, et les poumons trouvant dans les parois de cette cavité un obstacle à leur dilatation , ces sortes de chevaux n’ont jamais beaucoup d’haleine. On peut ajouter qu’en général les chevaux plats et qui sont grands mangeurs ont ordinairement 1 e flanc avalé et un ventre de vache, c’est à dire un ventre qui tombe et qui descend, un dos de mulet, et la croupé en est rarement belle.

Des durillons, ou des cors, ou des tumeurs dures

(1) On dit aussi, dans ce cas, que les chevaux ont la côte plate. ( É .)

sur cette partie , comme sur le dos et sur les reins , sont le résultat du frottement continuel et violent d’une selle mal ajustée (1).

Du Ventre.

On considérera dans cette partie :

i°. Son volume : il doit être proportionné à la taille de l’animal, et par conséquent médiocre dans les chevaux de légère taille , et d’une plus grande étendue dans les chevaux de carrosse et de tirage.

2°. Sa forme. S’il s’élève du côté du train de derrière à la manière de celui des lévriers, le cheval est dit manquer de corps , étroit de boyaux, cousu (a) , et l’on comprend que le défaut opposé à celui-ci est d’avoir un ventre de vache. Dans un

vieux cheval, dont le ventre est avalé, qui mange beaucoup et qui tousse de temps en temps , la pousse est à craindre. Il arrive que des chevaux maigres commençant à s’engraisser montrent d’abord trop de ventre ; mais si leur flanc n’est pas retroussé , et s’ils ont la côte bien tournée , la nourriture passe insensiblement à la croupe , et le ventre diminue proportionnément.

(1) Ces sortes de tumeurs , ordinairement sèches et un peu enfoncées à leur centre , humides , détachées et relevées à leurs bords , adhèrent fortement et profondément : ce sont de véritables escarres de la peau , qui sont long-temps à se détacher et à guérir, et qui exigent ou un coussinet circulaire sous la selle , ou son débourrement dans l’endroit du cor, pour que le cheval puisse travailler avant sa guérison. {£.)

(a) On dit encore , et par analogie avec le lièvre et le lé- \ l ier, qu’il est levrette. (É.) * J ’î,1 .

( la8 )'

Trop de repos, trop de chaleur, des efforts donnent lieu à une enflure qui règne quelquefois

sous le ventre , et qui se propage depuis le fourreau , plus ou moins près des extrémités antérieures. L 'enflure , qui est l’effet des deux premières causes, ne présente lien de dangereux, elle est pour l’ordinaire oedémateuse; on la reconnaît en ce qu’elle cède visiblement et facilement à l’impression du doigt, dont elle conserve quelque temps la trace. Une tumeur à V ombilic est ce que nous nommons exomphale ; c’est une véritable hernie : il est rare que les chevaux qui en sont atteints puissent être de quelque service.

Des Testicules , du Fourreau et du Membre .

On doit considérer dans les testicules :

i°. Leur volume : plus il est considérable, plus certaines personnes font cas de l’animal qu’ils destinent à étalonner; d’autres ne l’en apprécient jamais davantage.

2°. Leur état. Ni l’un ni l’autre ne doivent être enflés ; les mêmes causes qui produisent l’enflure sous le ventre peuvent donner lieu à celle des testicules et du fourreau : celle qui provient des efforts faits par l’animal est toujours le plus à redouter

L’enflure du scrotum que l’on appelle vulgairement les bourses, reconnaît pour cause, ou un amas d’eau, ou un amas d’air; au premier cas, la maladie est nommée hydrocèle , et au second , pneumatocèle .. La dureté et le gonflement du testicule, ou l’engorgement et le gonflement de la peau et des autres

membranes qui l’enveloppent, donnent lieu à une tumeur dure , connue sous le nom de sarcocèle.

Un dépôt d’humeurs , un véritable abcès dans le scrotum, ayant le plus souvent pour causes des ôoups, des contusions et des meurtrissures, forme ce que nous nommons hernie humorale. Les suites de cette hernie, annoncée parla tension des bourses, par la douleur , par la fièvre , par la dureté et le dessèchement des testicules , sont ordinairement funestes (i ).

On doit savoir encore que les testicules se retirent quelquefois, de manière qu’ils se logent entre l’anneau , et sont noués ou invisibles en quelque sorte. Cetté violente contraction, qui ne peut, ainsi qu’on doit le penser, arriver qu’à des chevaux entiers, surtout à ceux qui éprouvent de vives douleurs, et dont la maladie consiste principalement dans un grand feu, est très commune en Italie et dans les pays chàuds; l’animal se relève et se couche sans cesse, il s’agite comme s’il était furieux, et il

(0 11 y a une autre hernie appelée intestinale ou inguinale, parce qu’elle est due à la sortie de l’intestin par l’anneau inguinal et à sa chute dans le scrotum. Elle est moins commune en France que dans les pays où l’on se sert beaucoup de chevaux entiers, comme en Italie et en Espagne j et on n’y fait le plus souvent attention que lorsqu’elle occasione des accidens auxquels il n’est quelquefois plus possible de remédier. On la reconnaît à une légère tumeur dans l’aine , qui se prolonge le lohg du cordon spermatique du côté du scrotum , à la gêne que l’animal éprouve dans sa marche, surtout en partant, et enfin aux coliques dout il est affecté de temps en temps. (É.)

succombe bientôt y s’il n’est secouru promptement. Du reste, il ne serait pas étonnant (le trouver des chevaux dont les testicules ne seraient pas descendus (laps le scrotum , et qui cependant n’eu seraient pas pleins habiles à la génération. Nous dirons de plus que l’animal dont il s’agit et principalement ceux qui sont entiers ne sont pas exempts d’une érection continuelle et douloureuse , que l’ou appelle en eux , comme dans l’homme, du nom de priapisme. Une tension, une raideur convulsive semblable, suivie d’un désir immodéré de la jument, n’est autre chose que ce que nous nommons satyriasis . Dans un certain relâchement des muscles, il y a chute du membre , etc.

Quelquefois le fourreau se trouve si fortement resserré, qu’il ne laisse aucun passage au membre pour sortir. Le cheval urine alors dans cette partie , et ce resserrement est une espèce de phimosis { 1). Quelquefois aussi le fourreau est tellement gonflé , qu’il ne permet plus au membre de rentrer, et cet état est comparable à celui d’un homme atteint d’un paraphirnosis (2).

(1) On dit alors que le cheval pisse dans son fourreau. Quelquefois la difficulté de la sortie du membre est due à son engorgement, et à ce qu’il est plus ou moins couvert , A sa partie inférieure, de chancres et de porreaux qui en augmentent le volume, ou qui rendent sa sortie douloureuse. Œ.)

(a) Des Mamelles dans la Jument.

On doit en considérer le volume , qui est peu - considérable, et qui forme de chaque côté un simple pli de la peau,

D es Flancs. . .

On doit considérer dans les flancs :

i°. Leur ampleur. Ils doivent être pleins à l’égal du ventre et des cotes. Des flancs creux sont nommés flancs retroussés , flancs coupés. Les chevaux dans lesquels cette imperfection existe sont dits efflanqués et ne sont pas propres à un grand travail. Pour l’ordinaire , ils ont les côtes serrées , ou ils souffrent des pieds , des jarrets , ou ils ont une ardeur extrême ; enfin , ils n’ont jamais assez de corps, ou ils le perdeiit aisément.

2°. Leurs mouvemens , qui ne doivent être ni trojl lents , ni trop vifs , ni inégaux. On doit , surtout à l’égard des vieux chevaux , prendre garde qu’il n’y ait altération dans cette partie , c’est à dire que les mouvemens n’en soient pas plus précipités qu’ils ne doivent l’être. De tels mouvemens dénotent souvent la fièvre dans les chevaux de tous les âgesj mais si , dans les chevaux âgé?, ils sont accompagnés d’une toux sèche et fréquente, la pousse doit être appréhendée ; un signe univoque de cette maladie est l’action redoublée du flanc , action qu’il importe

très foft dë considérer attentivement, La respiration

à l’extrémité duquel est placé le mamelon. Si elles sont grosses, tuméfiées, dures; si le mamelon ès\. volumineux , si, en le pressant, il laisse échapper une humeur jaunâtre, blanchâtre , grumeleuse , séreuse ou laiteuse , c’est . une preuve que la jument a porté ou nourri , et cet état peut donner lieu à tous les accidens qui sont la suite de la suppression du lait. (É.)

suppose deux mouvemens; celui par lequel l’animal inspire ou attire l’air, et celui par lequel il l’expire et le chasse. Ces deux actions une fois connues, il , nous suffira de dire ici que le mouvement dont il s’agit a lieu dans l’expiration. Elle est , en effet, entrecoupée par une nouvelle inspiration, l’animal, en inspirant , n’ayant pu prendre une suffisante quantité d’air, attendu l’état vicié de ses poumons, et c’est cette expiration entrecoupée par une nouvelle inspiration, qui forme le mouvement redoublé dont nous parlons.

L’ altération du flâne dans de jeunes chevaux exige de grands ménagemens ; la mauvaise nourriture , un grand feu , un travail excessif et forcé l’occasionenl. Du reste , la pousse ne se montre que rarement dans les chevaux au dessous de six, sept à huit années , à moins qu’elle ne provienne ou de l’étalon ou de la mère, et qu’elle ne soit, dès lors, une maladie héréditaire.

Dans la courbature , Y altération du flanc est telle, que le mouvement redoublé aperçu dans la pousse subsiste; mais ici la difficulté de respirer est très violente, l’animal ne peut se tenir couché. Cette maladie, jointe à d’autres maux, tels que la fourbure , la gras-fondure , est très aiguë et très dangereuse.

La portraiture est souvent une suite de la courbature. Le cheval flortrait est étroit de boyau. Il est dans les muscles qui garnissent ses flancs une telle contraction , qu’ils se montrent comme deux cordes extrêmement tendues depuis le fourreau jusqu’au

lieu où portent les sangles de la selle , et même le long des côtes. Le flanc est douloureux, le poil paraît mal teint et très hérissé en cet endroit (i).

Nous ajouterons ici qu’il est des chevaux souffleurs et des chevaux gros d’haleine. Le fane des uns et des autres n’est point agité au delà de ce qu’il doit l’être naturellement après que l’animal a couru; mais ils souillent extraordinairement et fournissent presqu’autant, non dans des courses violentes., mais dans un travail ordinaire, que s’ils n’àvaient pas cette incommodité. Les chevaux gros d’haleine souillent moins que les chevaux souffleurs. Il en est surtout parmi ceux-ci, qui , en travaillant, font entendre un râlement désagréable , et, en général , ces sortes de chevaux fatiguent ceux qui en font usage (a).

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