‹ Traité de la conformation extérieure du cheval ... Par Cl. BourgelatChapitre 8 sur 22 · SES BEAUTÉS ET DBS DÉFAUTS DES PARTIES DE · texte numérisé non relu

SES BEAUTÉS ET DBS DÉFAUTS DES PARTIES DE

x.’arrièrb-majn.

De la Croupe.

Nous avons dit que la croupe s’étend depuis !a terminaison des reins jusqu’au haut de la queue. On en considérera :

La largeur , qui dépend de la distance et de l’éloi-

(1) Voyes tout ce qui concerne cette' maladie dans le tome 111 des Instructions et Observations sur les maladies des animaux domestiques, deuxième partie* par Ckabert. (E.)

(2) Tous ces bruits, quel que soit leur diapason , consti-

tuent, comme je l’ai déjà dit (page 53), 1 e cornage , sifflagc ou hallei. (E.) ' K ' '

gnement proportionné des os iléons qui forment les hanches. Cette partie doit être arrondie et divisée par une espece de canal régnant dans son milieu , et qui est une suite de celui dout nous avons lait mention, en parlant de ce que Ton appelle reins doubles.

Toute croupe coupée , ou avalée , ou tranchante , est défectueuse. On appelle croupe coupée celle qui, regardée de profil, paraît étroite, et ne pas avoiV sa rondeur et son étendue ; croupe avalée celle qui tombe trop tôt, et dès lors l’origine de la queue est plus basse qu’elle ne doit l’être pour être bien placée j croupe tranchante celle d’un cheval dont les cuisse^ sont très aplaties : telle est celle qui est ordinaire dans les mulets et assez commune dans les chevaux d’Espagne. Cette imperfection , au surplus, ne déplaît qu’à la vue, et elle e^t très souvent réparée dans ceux-ci par leur vigueur , la force de leurs reins et la beauté de l’action et du jeu de l’arrière-main.-

JDç la Quelle.

On considérera dans la queue :

1°. S* position. Elle ne doit être ni trop haute ni trop basse j quand elle est trop élevée , la proupc parait pointue ; quand elle es); trop basse , la-difformité est visible, mais nous ne dirons pas qu’elle annonce alors , comme on l’a prétendu, la faiblesse des reins de l’animal.

a°- Le tronçon (i) , qui doit être d’un certain vo-

(i) Que quelques uns appellent aussi le couard, de cauda, queue. (JÈ.)

lume, ferme el fourni fie crins.- Une queue qui en est dégarnie est appelée queue de rat. Une espèce de dartre qui cause de grandes démangeaisons les ronge quelquefois; souvent aussi ces démangeaisons proviennent des faux crins qui croissent sur le tronçon, et qui sont extrêmement gros et courts, car nous voyons qu’elles cessent lorsqu’ils ont été arrachés.

3°. Le port, l’animal devant la porter horizontalement, c’est ce que nous exprimons, en disant qu’il la porte en trompe (ij. ,

Des. Hanches.

On doit Considérer dans les hanches proprement ^ — . ;■ 111 ■"

(i) 4-°. La longueur : elle ne doit pas putre-passer les boulets postérieurs; plus longue, elle ramasse une infinité d’ordures , devient trie incommode à conserver, et très gênante pour le cavalier; dans la plupart des corps de cavalerie, on ne la laisse pas dépasser les jarrets, Lorsqu'on veut l’avoir plus courte encore, on- emporte tes derniers nœuds, qu’on nomme le fouet, sans rogner les crins ; et alors la queue est dite en balai. On appelle courte -queue celle dans laquelle ou a non seulement emporté quelques unes des dernières vertèbres qui. la composent , mais encore dont lés crins ont été- coupés en brosse au niveau de l’amputation. Knfin, on dit que la queue est en catogan ou cadogan lorsqu’elle a été coupée très courte et plus près du fondement. Cette amputation, qui n’est pas sans- danger, est- ainsi appelée du nom de celui, qui l’a mise à la nfode (lord Cadogan ).

On nomme queue d l'anglaise ou anglaisé e, niquée OU niquetée celle dont on a amputé les muscles abaisseurs, pour, à l’imitation des maquignons anglais, la fcire porter à la manière des chevaux de race. Ce maquignonnage est aisé à

dites , résultant des es iléons , les plus considérables des os du bassin r .

Leurs proportions arec- les autres parties du corps

reconnaître , es ce que les chevaux dont la queue a été ainsi coupée la portent plus haute et plus relevée que les chevaux de race , et par les cicatrices transversales qu’on aperçoit sous cette partie.

De F Anus ou du Fondement. -v

On doit considérer dans cette partie :

L’espèce de bourlet protubérant et ferme qui entoure l’ouverture qu’il ferme exactement. Dans les vieux chevaux , dans ceux qui sont fatigués , épuisés par le travail, cette protubérance est effacée , l’anus est renfoncé et jyesque toujours béant j il laisse échapper, au moindre exercice, des vents et même les excrémens ; on dit, dans ce dernier cas, que V animal se vide ,

Des tutneurs noires, dures, lisses, grappées entourent quelquefois cette partie, et se propagent jusqu’au tronçon de la queue et aux fesses ; elles annoncent un viçe organique dans les animaux qui en sont affectés. On a remarqué qu’elles étaient héréditaires. On les appelle mélanoses , ou tumeurs mélanoïdes ou mélaniques .

Un trou fistuleux , irrégulier, placé à la partie supérieure ou latérale. du fondement, pénétrant dans l’intestin rectum , forme une véritable fistule à l’anus , dont les bords, plus ou moins engorgés, durs et calleux, Lissent suinter une humeur sanieuse et purulente. Ce trou, pratiqué assez ordinairement par des maquignons ou des maréchaux ignorans, dans la vue de soulager les chevaux affectés de la pousse , comme si le poumon avait quelque communication avec l’intestin rectum, s’appelle sifflet ou rossignol. Il est inutile de faire sentir l’absurdité de l’emploi d’un pareil moyen dans cette affection ; les vents que le cheval chasse , avec plus ou moins de vio-

de l’animal. Sent -elles courtes ? sont-elles trop longues? Elles sont évidemment défectueuses; Dans les hanches courtes, l’arrière-main a toujours peu de

lence , en toussant , n’étant expulsés des intestins que par la contraction subite des muscles du bas-ventre , et ne venant pas de la poitrine , comme la multitude le croit. Mais il n’est peut-être pas inutile de dire que la pousse, qui est un vice rédhibitoire, cesse de l’être quand le cheval a un rossignol, parce qu’il porte alors un signe certain et apparent (patent) de la présence de la maladie.

On trouve encore quelquefois , pendant l’été , autour de l’anus, et même à l’entrée de l'intestin rectum, dans plusieurs chevaux, la chrysalide d’une mouche appeléet œstre hémorroïdal, que. l’on a regardée jusqu’à présent, quoique très improprement , comme un. ver, et qui y est fortement adhérente. La présence de cette chrysalide estassez ordinairement l'indicé que l'animal en a une plus ou moins grande quantité dans l’eatomac. *.

Des Parties de la Génération dans la Jument.

On doit considérer dans ces parties î

1°. Le périnée, ou l’espace compris entre'le fondement et les parties de la génération ; espace qui est bien plus étendu dans le cheval , et qui est divisé par une ligne mitoyenne apparente, nommée le raphé.

2*. La vulve', ou l’orifice externe du vagin , est cette fente longue, perpendiculaire , placée immédiatement au dessous de l’anos ét du périnée.

3°. Les lèvres, ou les bords' de la vulve, collées l’une contre l’autre , fermant exactement l’orifice , légèrement arrondies et comme dentelées et replissées le long de leurs bords. ' *

4#. Le clitoris, placé à la partie inférieure de la vulve , en dedans des lèvres, et absolument caché quand elles sont

jeu} aussi les chevaux conformés ainsi sont-ils très difficiles à résoudre à un certain ensemble , exprimé communément par le terme d 'asseoir, terme dont la véritable signification» entendue par très peu de personnes, en a ijnposé au point que les jarrets d’une foule de chevaux sont chaque jour sacrifiés d’après la fausse idée qu’on y attaché. Quoi qu'il en

fèrmées; il ressemble assez, par sa forme, à la caroncule lacrymales >< • i -

Toutes ces parties sont dénuées de poils ;■ la peau qui les forme est fine , lisse, polie, ordinairement noire, quelquefois marbrée} l’intérieur, qu’on aperçoit en écartant les, lèvres, ou lorsque la jument vient d’uriner, ou qu’elle est en chaleur, doit être d’une belle couleur vermeille..

Quelquefois ces parties sont parsemées d’une multitude de petits tubercules qui sont de. véritables verrue » ou porreaux. Les jumens qui en sont affectées doivent être exclues des haras. Il en est de même de celle* où> l’on. aperçois sur ces parties, ou autour, des dartres , c’est à dire des places plus ou moins larges où’ la peau est sèche et farineuse , et qui excitent des démangeaisons plus ou mpins vives : ces soldes de vices étant ordinairement héréditaires.

Une plus ou, moins grande quantité de plis le long des parties latérales , et surtout 4 Imparti? inférieure de la vulve, qui, alors, est pour ainsi dire avalée et plus large, indique que la jument a pouliné un plus ou moins grand nombre de fois. ,, . ;

Une tumeur oblongue , blanchâtre, rougeâtre, et quelquefois .noirâtre , semblable à une figue , qui sc montre dans l’intérieur et à l’orifice de la vulve ,, dont elle écarte les lèvres , et qui » quelquefois , sort même au dehors , forme ce que l’on appelle chute du vagin ; ou est un véritable polype, et peut donner lieu à des accidens qui doivent faire 'rejeter de toute espèce de service la jument qui en est affectée. (£.)

soit, on doit penser que, dans le cas du trop peu d’étendue des parties dont il s’agit, l’animal est d’autant plus éloigné du point d’union , qu’elle dépendrait totalement ici du point de la courbure , dès lors forcée, des vertèbres lombaires, et si les reins n’avaient pas assez de longueur , cet éloignement serait encore plus considérable, à raison de cette complication. Le derrière du cheval en qui cette imperfection réside est toujours raide; il 11e travaille que des jarrets, qui , situés perpendiculairement, relèvent sa croupe et son arrière-main , qu’il lui est comme impossible de plier: or , pul mouvement n’est liant, s’il n’est produit par l’accord de toutes les partiès combinées qui doivent être mues.

L’inconvénient qui suit la trop grande longueur des hanches est sensible. Dans tout mouvement de progression de l’animal, il yi a constamment une flexion plus ou moins grande non seulement de toutes les portions articulées de l’arrière- main , mais encore des vertèbres des lombes. C’est dans la force et dans la souplesse de ces vertèbres que Consistent principalement l’action et la beauté des mouvemens du derrière; car le cheval ne peut le baisser et le plier pour amener ses pieds sous lui et près de sou centre de gravité , que la courburq et la flexion des vertèbres nesoient apparentes : or , si les hanches ont trop de longueur , il est aisé de concevoir que, vu leur étendue et le pli des vertèbres ot des autres articulations, ces mêmes pieds do derrière outre-passeront à chaque pas, dans leur portée, la piste ou la foulée des pieds de devant; ils avanceront

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( Mo)

au delà du centre de gravité même, et l’aniinal r n’étant pas dans son degré de stabilité et de force , se montrera et sera nécessairement faible. Le défaut

de ces sortes de chevaux est moindre quand ils ont à monter des montagnes ; l’élévation du terrain s’opposant au port de leurs pieds trop en avant, et la facilité naturelle qu’ils ont à s'asseoir , faisant qu’ils percutent aisément, et que le devant en eux est pour lors chassé et relevé avec plus de véhémence ; mais ils souffrent infiniment quand il s’agit de descendre, non par la peine qu’ils ont à plier les jarrets, mais parce qu’ils sont à tout moment prêts à s’acculer.

La saillie considérable des os iléons , dans le cheval gras et en bon état, forme ce qu’on appelle des hanches hautes , et l’animal alors est réputé cornu . Cette difformité n’est désagréable qu’à la vue.

Il arrive aussi quelquefois que l’un des iléons semble plus bas que l’autre : dès lors les hanches paraissent inégales, et l’on dit que le cheval est épointé ou éhanché. Cet événement, lorsqu’il est accidentel et non un vice naturel de conformation , ne prouve pas le dérangement des os ; il peut être la suite d’un coup , d’un heurt qui y aura occa— sioné une dépression et un affaissement, ce qui est encore plus facile dans le poulain, en qui ces os sont moins compactes.

Quant aux efforts dont on à cru les hanches susceptibles, il estaisé de revenir de cette erreur, en considérant dans le cheval , ou même dans le poulain un peu avancé en âge , l’uniou intime des os pairs qui forment le bassin; union qui est telle que non

seulement elle a lieu dans les os d’un même côté , mais encore dans ceux du côté opposé , en sorte que ces mêmes os n’en constituent, pour ainsi dire, qu’un seul.

Des Cuisses et des Fesses.

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Nous entendons parler ici, sous le terme de cuisse, de cette partie jusqu’à présent confondue avec ce que nous avons nommé et ce que l’on doit appeler proprement les hanches,, Elle est formée , ainsi que , nous l’avons dit, par le fémur. On en examinera :

La confirmation. Elle doit suivre et accompagner la rondeur de.s hanches. Est-elle aplatie? elle rend, ainsique nous l’avons déjà remarqué, la croupe tranchante. Une chute, un écart qui le plus com* munément a lieu en dehors , sont les causes de ce que nous appelons effort ; et cet effort, qui doit être regardé comme un effort de la cuisse, et non comme un effort de la hanche, est plus ou moins violent,

, selon le degré d’extension des ligamens de cette articulation. L’animal bôite alors plus ou moins bas , il baisse la hauche en cheminant, il traîne toute la partie affectée.

En ce qui concerne la luxation de la cuisse, ellê paraît être extrêmement difficile à quiconque réfléchit sur le nombre et la force des muscles et des ligamens qui entourent cet article, et sur la profondeur de la cavité cotyloïde qui reçoit presque toute la tête du fémur (■)

(i) Elle a néanmoins lieu , et j’ai eu occasion de l’observer trois lois. Elle est incurable. (E )

Quant aux fesses, elles doivent être pfoportionnées à la forme de la croupe, des hanches et des caisses (l)».

Des Jambes.

Nous nommons du nom de jambe la partie que l’on à jusqu’à présent très improprement appelée du nom de cuisse / elle est formée par le tibia. Ou en considérera :

i°. La longueur, qui doit être proportionnée.

2°. Le volume, qui doit être en raison de celui des hanches et de la cuisse ; si cette partie est trop longue, sèche et peu fournie, elle pèche contre la beauté. Cette imperfection fait paraître le train de derrière serré ; elle annonce toujours la faiblesse de l'animal. La jambe doit donc être proportionnément charnue; le cheval en qui elle n’est point telle est dit mal gigotté , surtout si le dehors en est maigre et le derrière tranchant.

Le grasset, ou plutôt la rotule, n’est point, ainsi que nous l’avons dit, articulée avec les oS qu’elle recouvre. ‘Elle roule, elle glisse, elle est vacillante , et fait sur l’éminence antérieure de l'extrémité du fémur l’ofïice de poulie. Elle est assujettie par les tendons des muscles extenseurs de la jambe. Lors de léur contraction , elle glisse sur la partie infé- - ,

(i) On an considérera : i°. La pointe , ou la partie la plus saillante et la plus élevée, qui est formée par la tubérosité de l’ischion.

2°. La courbure, ou le pli, qui en est la partie inférieure , et qui se confond latéralement avec la jarfibe. ( È .)

rieure «lu fémur, elle les éloigne du centre de mouvement, et elle donne dès lors et ainsi plus de force à leur action (1).

Un mouvement particulier et extraordinaire, un effort, peut avoir fait souffrir une extension aux fibres desligamens capsulaires ou latéraux , ou aux fibres mêmes des muscles et des tendons dont nous venons de parler, et alors on dit que le cheval boite du grasset. On peut s’en assurer en observant, dans l’animal qui chemine, le peu de mouvement de cette partie, la contrainte dans laquelle il est de la porter en dehors, et enfin le traînement et la lenteur de celles qui lui sont inférieures (2).

Quant aux tendons ou à la corde tendineuse , supérieure à- la tête ou à la pointe du jarret, si elle a souffert, ou d’un coup, ou d’une extension violente, il y a engorgement, douleur dans la partie, difficulté et souvent impuissance de mouvement.

Des Jarrets,

Les jarrets exigent l’attention la plus sérieuse; quelque légers, en effet, qu’en soient les défauts,, ils sont toujours très nuisibles. Le mouvement progressif de l’àmmal n’est opéré que par la voie dfe la

(1) Elle est aussi maintenue par de forts ligamens qui s'attachent à la partie supérieure du tibia , et par un grand ligament capsulaire. (É.)

(2) Le grasset , dans le cheval, répond au genou dans

l’homme , comme 1 e jarret du premier répond au talon du second. (E.) •

percussion, la machine ne peut être mue et portée en avant qu’autant que les parties de l'arrière-main , chassant continuellement celles de devant, l’y déterminent : or, toute imperfection qui tendrait à les affaiblir, et principalement à diminuer la force et le jeu du jarret, qui , d’ailleurs, par sa propre structure, est toujours plus fortement et plus vivement occupé que les autres parties, ne sera jamais raisonnablement envisagée comme médiocre et d’une petite conséquence. On en considérera :

1°. Le volume, qui doit être proportionné au tout , dont il fait une portion. De petits jarrets sont toujours faibles.

2°. La forme: ils doivent être larges et plats.

3°. La force : des jairets qui tournent, qui. balancent, qui se jettent en dedans quand l’animal chemine, sont ce que nous appelons des jarrets mous. Il est dos chevaux qui , en cheminant, portent aussi les jarrets en dehors : ni les uns ni les autres ne peuvent être facilement unis, parce que, dès que cette partie est hors de la ligne , cette fausse direction la met hors d’état de suffire au poids même de l’animal.

4°. La distance de l’un à F autre : des jarrets serrés et dont la pointe ou la tête est très rapprochée ou se touche, constituent les chevaux que nous nommons j arretés , ou crochus, ou clos du derrière. Ils ne peuvent s’asseoir que très difficilement; à la moindre descente, leurs jarrets se lient, s’entreprennent l’un et l’autre, et le derrière, en eux, ne peut avoir aucune foxxe. . .. -

5°. Le pli : qiiand il est trop considérable , et que lu flexion de cette partie est telle naturellement que dans le repos le canon se trouve fort en avant et sous l’animal, nous disons que les jarrets sont coudés, et il en résulte une seconde espèce de chevaux crochus. La courbure extrême de ceux-ci met l'animal hors d’état de mouvoir la partie avec aisance. L’un et l’autre de ses pieds sont trop près du centre de gravité, ou du point milieu du quadrilatéral formé par ses quatre jambes, et pour peu que le derrière soit chassé’, iUoufre-passent ce point , de manière que le cheval ainsi conformé ne peut conserver le juste équilibre d’où dépendent la mesure et la facilité de son action. Telle est la source de la faiblesse oommune à ces sortes de chevaux, et le vice est bien plus grand, si, par une erreur de la nature, il se trtnive joint à celui des reins trop longs, des lfanches trop étendues, etc.

6°. La substance, qui doit être sèche, \esj arrêts étant bien évidés .* des jarrets' charnus , des jarrets pleins ou gras, sont toujours chargés d’humeurs, et sujets par conséquent à une multitude de maux. ’ ‘ ’•

Ces maux, outre les engorgemens et les enflures qu’un trdvail excessif et indiscret pèut y produire, et que, dans les jeunes chevaux, Pattèniioq et le repos peuvent garantir, sont :

i°. Les capelets ou passe- campanes ; on nomme ainsi une tumeur mouvante et plus ou moins valu ^ mineuse qui n’intéresse que le corps-de la peau y et qui sc montre sur la tète ou sur la pointe dis 1

lo

jarrets (1). Elle ne préjudicie pas absolument à l’animal, mais si elle accroît en grosseur et en consistance , elle peut gêner le mouvement des parties sur lesquelles elle est placée : le trop grand travail, un frottement de cette partie contre quelques corps durs, une gourme à jeter ou mal jetée en sont les causes ordinaires.

2°. Les solandres : on appelle de ce nom , dans les extrémités postérieures, ce que l’on nomme malandres dans les extrémités antérieures. Les solandres arrivent au pli du jarret comme Les malandres au pli du genou j quand elles sont transversales , on les appelle râpes.

3°. Les vessigons : une extension violente , un travail forcé , des contusions, des coups, la viscosité de la lymphe, l'obstruction des vaisseaux, etc., occasionent le plus souvent cette maladie, qui consiste en une tumeur molle, indolente et d’un volume plus ou moins considérable. Sa situation est précisément entre la corde tendineuse qui passe sur la pointe du jarret r çt la partie intérieure et latérale du tibia. Elle n’est visible que lorsque le cheval porte et s’appuie sur l’extrémité qui en est affectée.

(i) La tâte ou la pointe en est la partie postérieure la plus élevée; elle est formée par l’extrémité supérieure de L’os appelé calcanéum dans l’homme, et par les tendons qui s’y attachent, ou qui glissent dessus, et qüi , dans ce dernier, sont connus sous le nom de tendon d Achillë.

Quelquefois le capelet intéresse la £îi!ne des tendons qui passent sur cette partie ou qui s’y terminent, alors c est Une tumeur synoviale. (■£•) *

Dans le moment de la flexion, elle disparaît et s’efface , aussi les maquignons ont-ils le plus grand soin de ne pas permettre à l’animal qui en est atteint un instant de repos sur la partie viciée. Quelquefois cette tumeur est double, c’est à dire qu’il en est une au dedans et l’autre au dehors du jarret r c’est ce que nous nommons des vessigoiïs chevillés. Ce mal ne donne pas toujours lieu à la claudication} mais il augmente en vieillissant, la tumeur durcit , elle empêche l’animal de mouvoir avec facilité le jarret, par la gêne qu’elle cause aux ligaméns et aux tendons, dont quelquefois aussi elle occupe la gainé .

4?. La varice : on entend par ce mot dé varice une dilatation , arrivant dans l’animal plus fréquemment à la veine saphène , dans sou passage à la partie latérale interne du jarret; on assigne ordinairement cette situation à cette maladie. La dilatation a lieu plus souvent en cet endroit, attendu l’action violente et les grands efforts auxquels cette partie se trouve obligée. Ellé peut s’effectuer aussi dans d’autres vaisseaux du même genre j surtout si le sang, étant trop épais, s’arrête dans une ramification veineuse quelconque. Le défaut dè circulation empêchant le sang qui suit immédiatement celui qui est arrêté de passer et de suivre son cours, et ce sang qui séjourne ,: étant continuellement poussé par celui qui survient, forcera incontestablement le vaisseau et le dilatera. On reconnaît la varice à l’inspection et au gonflement de la veine j en appuyant, un doigt sur le lieu même où l’on observe la dilatation ou la tumeur, on la fait disparaître sué-le-champ ,

parce que la pression détermine le sang le long du vaisseau. Elle reparaît et se montre de nouveau aussitôt que cette pression cesse. Au surplus, lorsque la dilatation est excessive , elle est accompagnée de douleur. Quelquefois il y a dilatation et relâchement des'ligamens capsulaires de l’article ; mais cet accident est particulier, et ne tient en aucune façon de ce qu’on appelle proprement varice (i). J

5°v La courbe , qui est une tumeur ou un gonflement du tibia même à sa partie inférieure et interne! Elle occupe conséquemment celle des apophyses condyloïdes qui est de ce même côté. Sa fomye est oblongne; elle est plus étroite à la partie supérieure et à Son origine, qu a sapartie inferieure. L’augmentation insensible du gonflement ne peut que gêner l’article t et intercepter peu à peu le mouvement (2).

" 6°. Les éparvins, -malheureusement trop corn- , rnuns. On en a distingué de trois sortes, 1 ’éparvin sec, V é porcin de bsctif et 1 eparvin calleux .

On a désigné par le nom d 'éparcin sec une maladie dont l’effet est de susciter une flexion convulsive et précipitée de la jambe qiii.en est attaquée , 'anmoment, où elle se meut. Ce mouvement irrégulier

(1) C’est alors nnç véritable tumeur synoviale ou articulaire, qui est. ordinairement la suite de la faiblesse ou des efforts îles jarrets. (£.)

(2) Voyez la description et la figure d’une. courbe considérable, que j'ai insérée dans le tome VI, troisième partie des Instructions et Observations sur les maladies des animaux jlontesfiques. (£)

est exprimé par le terme de h arper. Il est très visible dès les premiers pas que fait le cheval et jusqu’à-ée qu’il soit échauffe, car alors on ne l’aperçoit- que très faiblement, à moins que la maladie ne soit parvenue à un certain période : en ce cas l’animal harpe toujours. Un cheval crochu, avec ce défaut, serait totalement incapable de service. On n’a pas rejeté dans les manèges ceux dans jes-deux jambes desquels il se rencontre également, parce qu’au moyen de- ces prétendus éparvins , leurs courbettes en ont paru plus trideç et les battues plus Sonores} mais tout air ou toute allure dont on asseoira la beauté et la justesse sur un défaut même des parties paraîtra toujours vicieuse à des yeux instruits. Ce mal, au surplus, qui n’existe point dans le /arrêt, mais dans les muscles mêmes, qui servent aux mouvemens de flexion, ou dans les nerfs qui y aboutissent, n’occasione point la claudication .'Si le cheval boite au bout d’un certain temps, c’est qu’il survient au jarret, fatigué par la continuité de l’action forcée qui résulte de la flexion convulsive dont il s’agit, quelqu’autre maladie.

L’ éparvia de bœuf est une tumeur humorale qui occupe, dans le boeuf, presque toute la portion de la partie latérale interne du jarret. Elle est produite, dans cet animal, par des humeurs lymphatiques, arrêtées dans les ligamens de l’articulation. Elle est molle dans son origine , mais elle s’endurcit par le séjour de l’humeur qu’elle occasione, et qui devient insensiblement plâtreuse. On ne peut pas nier la possibilité de l’existence d’une pareille tu-

meur dans les jarrets du cheval ; mais s’il s’en trouve affecté , elle est d’une nature qui n’a rien de particulier à cette partie, et elle pourrait également se montrer sur toutes les autres.' Ainsi nous dirons que la seule tumeur qui doit véritablement être regardée, dans cet animal, comme éparvin est celle qui est calleuse ou osseuse , et dont le siège est dans l’os même. Elle n’est qu’un gonflement survenu à la partie du canon que les anciens nommaient éparvin, c’est à dire à la partie latérale interne et supérieure de ce môme os. Ce gonflement est produit par les mômes causes que la courbe.

70. Le jardon , et suivant quelques auteurs la jarde : c’est une tumeur ou un gonflement à la partie latérale externe et supérieure du canon. Elle est dure, du même genre et du même caractère que la courbe ou Y éparvin; les suites n’eh sont pas moins funestes. t-

8". Les cercles, ou plutôt le gonflement de toutes les parties qui environnent et qui ceignent \e jarret. Des coups, des efforts, *ine hydropisie de l’article , etc., peuvent y donner lieu ; très souvent ils dégénèrent en une ankylosé vraie , et les os étant soudés, il y a perte totale de mouvement dans cette partie.

Quoi qu’il en soit, tous ces maux différens, connus jusqu’à présent plutôt par le siège qu’ils occupent que par leur caractère et par leurs causes , survenant à une partie chargée des plus grands efforts à faire, sont toujours fort à craindre, sans parler de cteux auxquels elle peut être sujette conséquem-

ment à ces mêmes efforts , et qui n’ont point reçu de dénominations propres et particulières.

Du Canon, ou des extrémités postérieures ejt inférieures. ,

Nous avons déjà compris dans l’extrémité postérieure toutes les parties dont elle est formée , et qui doivent répondre au corps de l’animal et aux parties qui constituent les extrémités antérieures, soit par leur largeur^ soit parleur longueur, soit par le ut épaisseur.

Nous avons donc à examiner r :

' i°. Le canon, sujet aux mêmes infirmités que celui des jambes de devant, c’est à dire à des suros simples, à des suros chevillés, à des suros prés des tendons , à des s tirés' près de V articulation, à des as* selets, à des fusées.

2.°. Le tendon, qui peut êtr er failli, qui peut avoir ét èféru, qui doit être,’ comme celui de l’extrémité antérieure, ferme, détaché de Pos, sans enflure, etc., et qui peut être affecté dans sa longueur d’une gale crUstacée , et quelquefois coulante , que nous désignons par le terme d 'arête ou queue de rat, soit qu’il n’y ait pas d’écoulement de matière, soit que les croûtes en soient humideâ ou visqueuses. Ce mal n’arrive aux jambes que' dans les chevaux épais, chargés d’humeurs, et dont les extrémités sont garnies d’une grande quantité de poilsi Quelques autours l’ont lait connaître par le nom d g grappes.

3°. Les boulets. Ils né sont pas exempts de molettes : au contraire, elles sont ici beaucoup plus

communément sur le tendon, et elles acquièrent plus fréquemment de la dureté. On y rencontre aussi des osselets, des marques d’entretailluro, des entorses, des luxations, plus dangereuses que dans les boulets de devant, à raison du travail de ceux dont nqus parlons, et de l’affluence plus considérable des humeurs.

Un vice intérieur, des coups sur le tendon, des meurtrissure^ donnent souvent lieu à une tumeur connue sous le nom impropre de jaoart nerveux du boulet. O11 a compte trois autres espèces do jaoarts : \e jaoart simple, qui se montre particulièrement et le plus souvent sur le derrière du paturon ; le cheval en boite, mais les suites n’en sont point à craindre} un second yaourt, aussi improprement dit jaoart nerveux , qui a son siège à l’intérieur ou à, l’extérieur du paturon, sur un des tendons de cette partie} enfin 1 a yaourt encorne , situe près de la couronne, au dessus d un des quartiers, plus souvent sur celui dq. dedans que sur celui de dehors l il peut, ainsi que 1 atteinte encornee, occasioner de vrais ravages dans 1 intérieur du pied. Toutes ces tumeurs sont, au surplus, dans le cheval, les mêmes que celles que. nous appelons furoncles dans l’homme.

Mous ne devons pasoubfier cette humeur puante, cette sanie, qui, sans ulcérer les parties, suinte d abord-à travers les pores, et que nous nommons eaux aux jambes. Dans le principe, ejle se montre au x paturons; à mesure de ses progrès, elle s’étend en montant jusqu’au boulet, et même jusqu’au milieu du c a non, et elle cause 1 enflure totale de l’extrémité.

Quant à ce que l’un appelle porreaux, ils se présentent comme des espèces de verrues qui viennent également sur les boulets et sur les paturons. Us se propagent quelquefois jusque sur le canon, d’autres fois jusque sur la fourchette; leur multiplicité est plus dangereuse que leur volume. Souvent ils reparaissent après avoir été détruits; souvent aussi le poil tombe autour et les laisse à découvert; il y a de la difficulté à les guérir radicalement.

En ce qui concerne les mules traoersines , appelées par quelques uns mules travcrsières, on donne ce nom à des espèces de crevasses, d’où suinte- une sérosité fétide , et qui sont situées sur le derrière du boulet. Celles qui, descendant dans le paturon, paraissent affecter les tendons, ont été dites par corruption mules nerveuses. Les unes et les autres sont toujours douloureuses et ne se guérissent pas facilement, attendu que l’animal en marchant étend et plie successivement l’articulation, ce qui les ouvre,. les ferme et les irrite sans cesse.

4°. Le paturon. Cette partie peut, de même que celle du devant, être trop longne ou trop courte, et le cheval long-johité ou. court-jointe de l’extrémité antérieure l’est ordinairement du derrière.. Le premier de ces défauts est suivi des inconvéniens dont nous avons déjà parlé. Le second conduit le' cheval à être droit sur ses membres, et à devenir, avec le temps, juché ou rampin : alors le boulet se porte tellement en avant que l’animal marche et repose sur la pince. Les mulets sont extrêmement sujets à être rampins; quelques uns, au lieu de mettre ce

term'd eh usage , disent , pour exprimer la dernière de êtes imperfections, que l’animal est pinçard.

Le paturon est encore ici sujet aux formes, aux luxations, à des atteintes de trois espèces, à des crevasses qui en attaquent le pli, à l’ulcère nommé crapaudine. Il en est un d’un autre genre que cé dernier, qui porte le même nom, et qui, provenant de causes internes, est infiniment plus dangereux. Il est situé , comme l’autre , sur le devant du paturon , directement aü dessus de la couronné $ il comihence par une espèce de gale d’un pouce environ de diamètre, le poil tombe, la matière qui en découle est extrêmement fétide, et quelquefois si âcï#etsi corrosive qu’elle provoque la chute du sa

chevaux chargés de poils et d’humeurs, qui l

lent dans la botte, en sont plutôt .atteints que des chevaux; fins. Cet ulcère donne lieu à des soies ■ ou pieds-de-bœuf. ' ' ' •

Tout cheval, au surplus, qui se prend, de manière ou d’autre, dans sa longe, ou dans les cordes . de son licou , et qui s’ëst meurtri ou écorché le pli du paturon, est dit s’être enchevêtré , du mot de chevêtre, qui signifiait anciennement licou.

5°. La couronne : L’enflure, le hérissement des poils. Une crasse farineuse , une humeur fétide suintant de cette partie, sont des symptômes de la maladie à laquelle on a donné le nom de peignes. Les peignes sans suintement sont’nommés peignes secs, les peignes avec écoulement sont nbmmés peignés humides. ’

Il est encore une autre maladie semblable à

celle-ci, qui se manifeste par de petites crevasses autour de la couronne , et que l’on connaît sous la dénomination de mal d' âne ; l’animal en boite continuellement, et il est à craindre que la démangeaison ne l’incite à y porter la dent, ce qui pourrait lui occasioner non seulement un dégoût, mais une espèce de dartre et des ulcères à la langue et aux autres parties de la bouche (i).

6°. Les pieds. U ongle doit être ici comme celui des pieds antérieurs, les postérieurs étant néanmoins sujets à moins d’infirmités qu’eux, parce qu’ils sont continuellement humectés. Ils sont aussi en proie* 1 à des soies , surtout dans les chevaux rampins ; on y découvre encore* des crapauds, des cerises, des teignes, la pourriture de la fourchette, etc., et Y étonnement du sabot est en eux très fréquent, surtout eü égard à des chevaux enclins à ruer.

Des Poils ou des Robes, des Balzanes, et des différentes marques naturelles.

La variété des robes ou des poils, dans les animaux, n’est qu’un jeu de la nature, et ne saurait être un indice de leur bonne ou de leur mauvaise organisation. Toutes les conséquences qu’on en a voulu tirer sont fausses, elles opt été démenties mille fois; et il paraît, en général, qu’aujourd’hui la raison l’a emporté à cet égard sur le préjugé, et

(i) On peut voir, pour toutes les ntaladies cutanées des extrémités , l’ouvrage que j’ai publié sur les eaux aux jambes des chevaux , et qui a été couronné par la Société royale de Médecine de Paris , en 1 783. (2T.)

qu’on est assez universellement convaincu que de tous poils et de toutes marques il est de bons chevaux.

Mous diviserons les poils dont tout le corps du cheval est revêtu , en simples et en composés.

Les poils simples sont ceux dont la couleur est uniforme. On ne dit jamais néanmoins qu’un cheval est d’une telle couleur, mais on dit : un cheval de tel poil, de telle robe.

Nous appelons poils composés ceux qui nous montrent le mélange confus qu distinct de couleurs différentes, ,

Parmi les poils simples nous comptons :

1°. Le poil bai, c’est à dire celui dont la couleur approche de celle d’une châtaigne. Il est plus ou moins clair, plus ou moins obscur ou foncé, et de ces nuances dérivent en partie les bais suivans :

2°. Le bai châtain: il approche le plus de celui que nous venons de définir.

3°. Le bai clair; la nuance est moins foncée.

4*. Le bai doré : il tire sur le jaune.

5°. Le bai brun : il est presque noir. Il a cominunémént les flancs, le bout du nez et les fesses dVm roux éclatant, quoiqu’obscur : alors le cheval est dit marqué de feu. Si cette espèce de poil jaune est, au ■contraire, mort, éteint, blanchâtre, on dit que le cheval est bai brun, fesses lavées. J

6°. Le bai à miroir ou miroité : on y observe des marques plus brunes ou plus claires qui 'rendent la cronpe pommelée, et qui la différencient en partie du fond général de la robe.

Tout cheval bai a, au surplus, les crins et les ex-

trémités, c’est à dire les quatre jambes, hoirs, autrement il ne serait pas bai, il serait alezan : ainsi, c’est une sorte de pléonasme que d’exprimer cette condition dansnn signalement, à l’exemple de beaucoup de connaisseurs qui écrivent bai, les extrémités noires.

70, Les poils blancs t il est un blanc pâle ou sale , il est un blanc luisant ou argenté ,* on ne croit pas qu’il y ait des chevaux nés véritablement blancs ; les chevaux gris deviennent tels en vieillissant j

8°. Le poil noir : on en admet de deux sortes : l’un, qui n’est pas parfaitement noir, et qui a un oeil un peu roussâtre, celui-ci est dit noir mal teint; l’autre, qui est d’un noir véritable et vif, il est dit noir jayet : le premier de ces poils est infiniment plus commun que l’autre.

90. Le poil alezan : il tient en partie du fond des divers poils bais ; il a aussi diverses nuancfes, mais les extrémités n’en sont' pas noires\ U alezan clair est blond ou doré ; lorsque les crins en sont blancs, le cheval est dit alezan poil de vache. Quant à i’aletan brûlé, il est extrêmement brun, obscur et loncé (i). .

Du reste , tout cheval noir, ou bai, ou alezan, sur la robe et surtout sur les flancs duquel il est des poils blancs semés çà et là, est dit cheval rubican.

(i) De tous les poils simples, l 'alezan est celui qui présente le plus d’irrégularités, ou qui entraîne aveé lui plus d’accessoires; il n’e&t pa» tare, par exemple, de trouver des chevaux qui ne sont que bais , que b/anos, que noirs , et qui sont zains y mais il est très rare, au contraire , d’en, trouver

"TïT"

Les poils composés sout :

i°. Le poil, gris : le fond en est blanc mêlé de noir : en général sa variété naît, pu du plus ou du moins de noir, ou de la dilïérence des places cjue cette dernière couleur occupe.

2°. Le gris sale : le poil noir y domine : si les ains de l’animal sont blancs, la robe en est d’autant plus belle.

3°. Le gris brun s le noir y est en moindre, quantité que dans le gris sale ; mais cette couleur l’emporte encore sur le blanc.

4°. Le gris sanguin , ou rouge, ou vineux ; c’est un gris mêlé de bai dans tout le poil.

5°. Le gris argenté : cette robe présente un gris vif, peu chargé de noir, mais dont le fond blanc est extrêmement brillant.

6°. Le gris pommelé : on le reconnaît à des marques assçz grandes, de couleur blanche et noire , parsemées à distances assez égales, soit Sur le corps, soit sur la croupe.

7°. Le gris tisonné ou charbonné : la robe en est chargée de taches irrégulièrement éparses de côté et d’autre, comme si le poil eût été noirci avec un tiscpi . . , .

8°. Le gris tourdille : il forme un gris sale, approchant de la couleur d’une grive.

9°. Le gris étourneau : il a' été nommé ainsi par

qui ne soient qu’alezans /presque tous sont plus ou moins. marqués eip télé ont plus ou moins de blanc à cette partie, du ladre, des balzanes, etc. J’ignore s’il y a des alezans zains, mais je p’en ai point 'encore vu. (£.)

sa ressemblance à la couleur du plumage de cet

oiseau.

lo°. Le gris truité, ou le tigre : le fond blauc en est mêlé ou d 'alezan, ou de noir, semé par petites taches assez également répandues sqr tout le corps. Cette robe est encore nommée gris moucheté.

n°. L e gris souris : il est semblable à la couleur du poil de cet animal. Quelquefois les jambes et les jarrets sont tachés de plusieurs raies noires , quelquefois il en est une sur le dos. Quelques uns de ces chevaux ont les crins d’une couleur claire; les autres les ont noirs ainsi que la queue. .

12°. Le rouan ordinaire : il est mêlé de blanc , de gris et de bai.

i3°. Le rouan vineux t il est mêlé à' alezan ou de bai doré (i).

l4°. Le rouan cap ou cavessé de more : c’est une robe rouan; mais cette distinction n’a lieu que lorsque l’animal a la tête et les extrémités noires ^2).

l5°. L 'isabelle : le jaune et le blanc composent cette robe , mais la première çouleur y domine; ses nuances sont telles qu’il en est de plus clair, de plus doré, de plus foncé. Quelquefois les crins et les extrémités sont noirs ; quelquefois la raie de mulet s’y rencontre. ,

l6°. Le lonvet, ou le poil de loup : ce poil est un

isabelle foncé , mêlé A’ isabelle roux, le tout appro-

(1) Il imite, par sa couleur plus ou moins foncée, celle du -vio rouge- (JS.)

(a) Et c’est île là "que lui vient son nom de cap de more , qui veut dire ressemblant à la tête d’un Maure- (E.)

chant de la teinte et de la couleur du poil d’un loup ; souvent ces sortes de chevaux ont la raie'noire sur le dos , avec les extrémités noires ; plusieurs cependant n’ont pas ces différentes marques.

iy°. Le soupe de lait: il est d’un jaune clair et blanc : cetre seconde couleur y domine. On en a vu avec les crins et les extrémités noirs : mais ces sortes de poils accompagnés ainsi sont infiniment rares. La plupart des cheyHux soupe de lait ont la peau très délicate, et le plus communément ils ont 'du ladre, c’est è dire que les environs de leurs yeux et de leurs naseaux , séparément ou ensemble, sont dépourvus de poils. On n’y voit qu’une chair rouge ou fade, mêlée souvent , dans des chevaux de toute autre robe ayant du ladre aussi, de quelques taches plus ou moins obscures (1). „

i8°. Le poil de cerf, ou le poil fauve! : il tire Son nom de la couLeur du pelage du cerf. Plusieurs chevaux de ce poil ont la raie noire, ainsi que les crins et les extrémités.

190. Le pie : il est interrompu par de grandes taches d’uu poil totalement différent , surtout à

(1) Ces sortes de chevaux ressemblent beaucoup aux individus 411e , dans l’espèce humaine , on connaît sous le nom de itègres blancs^ ou albinos ; ils. ont assez souvent les yeux vai'ons. C’est une véritable dégénpration qui se rencontre dans quelques autres espèces , et plus fréquemment dans celle du lapin.

Le po;l café au lait est moins jaune, plus foncé’ que cedernier; le nom qu’ôn lui a donné indique'suffisalnAterit la nuance de sa couleur. (É )

■ - Jr

l’épaule et à la croupe. Si ces taches sont noires , le cheval est pie-noir; si elles sont alezanes, le cheval est pie-alezan ; si elles sont baies, il est pie-bai.

20°. *L 'auber, le mille-fleurs, ou fleur de pêcher: c’est un mélange assez confus de blanc , à! alezan et de bai, le tout ressemblant à la fleur de pêcher. 21°. Le poil-porcelaine : il n’est pas commun (x). Nous appelons du nom général de marques diverses particularités que l’on observe dans les wbes. Telles sont : k

i°. Les balzanes, qui ne sont autre chose qu’un changement en blanc de la couleur du fond de la robe, ou dans les quatre extrémités, ou dans trois, ou dans deux, ou dans une. Anciennement on appelait travat le cheval dont les deux extrémités du même côté étaient blanches ; trastraoat celui dont le pied de devant d’un côté, et celui de derrière de l’autre étaient balzans; et arzel le balzan du pied du hors-montoir de derrière : toutes ces expressions sont à présent hors d’usage. Nous disons balzan des quatre extrémités, ou du montoir, ou du hors-montoir, ou du montoir de derrière et des extrémités antérieures, etc. (a).

(i) T>ans ce poil, le fond de la robe est d’un blanc brillant, luisant, mêlé de bai ou de noir , par petites parties et de manière à imiter à peu près la porcelaine sur laquelle sont peintes quelques ileurs de diverses couleurs. ( É .)

(a) Il faut fixer les idées des élèves sur ces expressions , montoir et hors-montoir : e lies expriment, la première, le côté gauche par lequel le cavalier monte à cheval; et la seconde, le côté droit, par lequel il ne doit' pas y monter, il

Quant à la jonction du poil blanc du canon ou du boulet avec la couleur générale de la robe, il se trouve des irrégularités en pointe comme des dents de scie; ces irrégularités empruntant de la balzane et du fond du poil, la balzane est dite dentelée ; si elle est tachetée de noir, elle est dite henninee ou mouchetée ; si elle monte et s’étend, ou près du genou, ou près du jarret, ou même au dessus, ou dit que le cheval est chausse haut , chausse trop haut.

2°. V étoile ou la pelote : si elle descend un peu, ou l’appelle étoile prolongée ; si elle se propage le long du chanfrein , ou si , en suite de cette marque , le chanfrein est couvert de poils blancs , 1 animal est dit belle face ; si la lèvre antérieure est noyée dans le blanc, on dit que l’animal boit dans son blanc, boit dans du lait; si le bout du nez est seulement taché d’une bande de poils bluics fort étroite, cette bande est dénommée lisse ; et, en signalant le cheval , on ajoute lisse au bout du nez (x), etc- Du reste, voyez ce qui a été dit sur les chevaux zains.

ne faut donc employer ces expressions dans les signalemens que lorsqu’il s’agit de chevaux de selle ; car on ne peut se dissimuler qu’il deviendrait ridicule d’en faire usage pour des animaux sur lesquels on ne monte point, tels que les chevaux de trait; il faut pour ceux-ci (et peut-être vaudrait-il mieux pour tous ) indiquer simplement le côté droit ou gauche, soit dans ce cas , soit dans tous les autres où ce* expressions sont en usage. La langue la plus générale , celle qui peut être entendue du plus grand nombre, est toujours la meilleure et doit être préférée. .(/£•)

• (,) C’est liste qu’il faut, et non pas tisse, qui ne signifie rien dans le jeus où il est employé ici. C’est sans doute par

( Ifi )

3“ Les épis ou molettes naissent, selon quelques uns, d une espèce de frisure naturelle du poil, qui 8e relevant sur un poil couché, forme une marqué approchante de la figure d’un épi de blé. D’autres ;e les envisagent que comme un retour ou un rebroussement des (r). De quelque manière que la chose soit, les épis ne sont dus qu’à la configuration des pores. On les divise en ordinaires et en extraordinaires. Les épis ordinaires sont ceux qui se trouvent indifféremment et indistinctement sur tous les chevaux. Les épis extraordinaires sont ceux qui, n’étant pas communs, ont mérité de la part des esprits faibles et crédules une attention par lieu - , yéPée romaine, qui règne tout le long de encolure près de la crinière , tantôt des deux côtés tantôt d’un seul, est de ce nombre, ainsi que les trois épis séparés ou joints ensemble, que l’on voit quelquefois sur le front de l’animal.

4 • Enfin, le coup de lance , ou la câvité saus cicatrice que l’on remarque quelquefois au devant,

une faute de copiste ou d’impression que le mot lisse aura ete substitue au premier dans quelques ouvrages. Liste dans toutes les langues de l’Europe, signifie bande, raie ordure, et nous avons encore listel, liteau, linteau, dont

\ 0r;ê'ne CSt la même- Au ««Pi- , et ce qui ne peut laisser de doute sur ce qui vient d’être dit, c’est que d’anciens au teurs emploient es mots liste, litre en parlant de celte marque du cheval dans le sens que nous venons d’expliqUer • tels

sont, entr’autres, F. Grison , Olivier de Serres, de Beaurepere, etc. (E.)

(i) Les anciens les appelaient aussi remolins , d’après les ecuyers italiens, de remolino , roulé, retors. (Ê.)

quelquefois au bas du bras , quelquefois à l’encolure. Elle est plus commune, selon quelques uns; dans les chevaux turcs , dans les chevaux barbes et dans les chevaux d’Espagne, que dans les autres, ce qui semblerait se concilier avec la fable ridicule qu’on a débitée à ce sujet.

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